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  • Nouveau bras de fer entre IDFM et l’Etat sur une indemnisation des pertes dues au Covid

    Nouveau bras de fer entre IDFM et l’Etat sur une indemnisation des pertes dues au Covid

    L’autorité régionale des transports Ile-de-France Mobilités (IDFM) « manque à ses devoirs » en suspendant ses paiements à la RATP et à la SNCF, faute d’accord avec le gouvernement sur la compensation des pertes liées au Covid-19, a indiqué à l’AFP le 28 septembre le ministère des Transports.

    IDFM, autorité présidée par Valérie Pécresse, réclame 1,3 milliard d’euros à l’Etat (dont un milliard pour le recul des recettes tarifaires) et a annoncé la veille la suspension de ses paiements aux deux groupes publics, faute d’argent. Elle verse tous les mois environ 400 millions d’euros à la RATP et 300 millions à la SNCF, pour faire rouler les trains, RER, métro, trams et bus dans la région capitale.

    L’autorité régionale des transports s’appuie sur la « clause de revoyure » comprise dans le protocole signé avec l’Etat en septembre 2020, au terme d’un premier bras de fer après avoir, déjà, suspendu ses paiements pendant deux mois. Le texte prévoit en effet une « réévaluation de la situation en cas de nouvelles pertes de ressources imputables à la situation sanitaire ». Cette année, Mme Pécresse réclame essentiellement des subventions et non des avances remboursables.

  • Fin de parcours pour Keolis au sud-est de Londres

    Fin de parcours pour Keolis au sud-est de Londres

    Actuellement exploité sous la marque Southeastern par GoVia, joint-venture entre le groupe britannique Go-Ahead Group (65 %) et Keolis (35 %), le réseau London & South Eastern Railway (LSER), entre Londres et le sud-est de l’Angleterre, va rejoindre la liste des anciennes franchises reprises en main par le gouvernement britannique via un « exploitant de dernier recours » (Operator of Last Resort, OLR), après LNER et Northern. Cette mesure doit entrer en vigueur dès le 17 octobre, moins de trois semaines après son annonce par le ministère britannique des Transports (DfT), le 28 septembre.

    Cette fois, ce ne sont ni la qualité de service, ni la fragilité financière de l’exploitant qui sont en cause, mais la découverte par le DfT d’une somme de 25 millions de livres sterling de fonds publics que l’exploitant avait omis de déclarer. Il s’agit d’une « violation grave de l’obligation de bonne foi dans le contrat de franchise en matière financière », selon le secrétaire d’Etat britannique aux Transports Grant Shapps. « Le gouvernement estime qu’il est essentiel que le public fasse confiance aux opérateurs, qui devaient donner la priorité au meilleur pour les voyageurs. Compte tenu de l’engagement du gouvernement à protéger les intérêts des contribuables, cette décision indique clairement que nous obligerons les opérateurs du secteur privé à respecter les normes les plus élevées et [nous] prendrons des mesures rapides, efficaces et effectives contre ceux qui échouent. »

    « Quand la confiance est rompue, nous agissons sans hésiter », déclare le secrétaire d’Etat, qui ajoute qu’avec le nouvel OLR, « nous donnerons la priorité à la ponctualité et à la fiabilité que méritent les voyageurs, tout en rétablissant la confiance dans ce réseau et en mettant en œuvre les réformes énoncées dans notre Plan pour le rail. »

    Tout en rassurant les usagers d’un des réseaux les plus fréquentés de Grande-Bretagne (640 000 voyageurs par jour avant le Covid), Grant Shapps en félicite le personnel, « qui a été en première ligne pour fournir des services tout au long de la pandémie de Covid. La décision prise n’a aucun lien avec leur professionnalisme et leur dévouement et elle n’affectera pas les emplois ».

    En réponse, Keolis UK a fait la déclaration suivante : « Nous sommes naturellement déçus par la décision du DfT, mais [nous] travaillerons en étroite collaboration avec lui pour réaliser une transition en douceur de la franchise le 17 octobre, afin de garantir que les services aux clients ne sont pas affectés. Nous reconnaissons nos responsabilités en tant qu’actionnaire et présentons nos excuses au DfT. Ce qui s’est passé à Southeastern ne reflète pas notre engagement à travailler en tant que partenaire de confiance. Nous continuons de coopérer à l’enquête indépendante en cours. »

    Interrogée par VRT, la direction de Keolis a précisé que la durée de la franchise allait arriver à son terme. En effet, la période contractuelle actuelle devait de toute façon prendre fin au plus tard le 31 mars 2022, après une prorogation de 18 mois plus six en option accordée fin mars 2020.

    P. L.

  • La Renfe s’installe à Paris

    La Renfe s’installe à Paris

    Pas un bureau de tourisme de plus, mais une délégation pour la France : le conseil d’administration de Renfe a décidé le 27 septembre la création d’une succursale de l’opérateur à Paris. Objectif, se saisir de toutes les opportunités sur le marché français, et en particulier pour les services à grande vitesse. L’Hexagone étant présenté comme une « cible prioritaire » à Madrid.

    Une fois obtenu le feu vert du ministère espagnol des Finances, Renfe pense être à même de construire sur place son offre pour la grande vitesse entre Paris – Lyon et Marseille. De même afin de poser sa candidature à des services publics comme elle vient de le faire dans les régions Grand Est et Hauts-de-France pour des lignes TER, par exemple dans les Vosges.

    Renfe s’était positionnée sur la grande vitesse entre Lyon et Marseille, mais elle a rencontré « des difficultés techniques au niveau des systèmes d’information ». Pour autant, elle n’est pas restée inactive pour s’internationaliser en Europe. Elle vient de boucler l’achat de la moitié du capital de la compagnie tchèque Leo Express. Une opération qui lui ouvre les marchés voyageurs en Europe centrale : République tchèque, Pologne, Slovaquie… A l’horizon 2030, Renfe entend obtenir 10 % de ses recettes via ses activités à l’international.

    Michel Garicoïx

  • Train de nuit Paris – Vienne : les réservations sont ouvertes

    Train de nuit Paris – Vienne : les réservations sont ouvertes

    Le 28 septembre ont débuté les ventes des billets du nouveau train de nuit entre Paris et Vienne, deux mois et demi avant sa première circulation, prévue le 13 décembre. Les réservations sont ouvertes sur Internet (sites Oui.sncf, NightJet, ainsi que sur les sites des distributeurs agréés), en gares et boutiques SNCF, au 3635 (tous les jours de 7 heures à 22 heures), et dans les agences de voyage agréées. Le tarif le plus bas sera de 29,90 euros en place assise, alors que le plus haut niveau de confort sera offert par un service « premium » avec cabine lit privatisable comprenant une douche et un repas à la place, à partir de 89,90 euros. Entre ces deux offres, les voyageurs pourront également choisir les compartiments couchettes de quatre à six places, « idéales pour les familles », à partir de 59,90 euros.

    Cette nouvelle liaison internationale de nuit est une collaboration entre SNCF Voyageurs et les Chemins de fer fédéraux autrichiens (ÖBB), dans le cadre du protocole d’accord signé en décembre 2020 entre les deux collaborateurs avec la Deutsche Bahn (DB), les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF). Elle desservira les gares de Paris-Est, Strasbourg, Karlsruhe, Munich (Ostbahnhof), Rosenheim, Freilassing (dans le sens Vienne – Paris), Salzbourg, Linz, St Pölten et Vienne (Meidling et Hbf).

    Trois allers et retours sont proposés dans chaque sens : les mardi, vendredi et dimanche dans le sens Paris – Vienne, les lundi, jeudi et samedi dans le sens Vienne – Paris.

    Le matériel roulant mis en œuvre sera une rame Nightjet de sept voitures du parc ÖBB. Au total, 360 places seront offertes, avec trois niveaux de confort (ou « classes » dans le communiqué SNCF) : 132 places assises dans deux voitures en compartiments de six personnes, avec salle de douche et toilettes en voiture ; 156 places dans trois voitures couchettes à compartiments de quatre à six personnes (quatre en période Covid), également avec salle de douche et toilettes en voiture, cette offre comprenant en plus un set de literie et un « petit déjeuner viennois intégré avec de l’eau minérale » ; enfin, deux voitures-lits permettront à 72 personnes de voyager en compartiment single, double ou triple, en cabine standard offrant un lavabo, ou deluxe avec douche et toilettes. En outre, les voyageurs en voitures-lits bénéficieront d’un « Welcome drink », d’un « welcome bag », d’un nécessaire de toilette, d’un linge de lit, d’un service de réveil, d’un petit déjeuner à la carte (avec boisson chaude à volonté), voire d’une restauration chaude et froide à la commande.

    « Pour garantir un voyage des plus agréables et dans le respect des conditions sanitaires, tous les trains sont nettoyés et désinfectés quotidiennement », précise la SNCF, qui ajoute que « l’offre est adaptée pour permettre de respecter les distanciations sociales ». Des gels hydroalcooliques et des masques seront vendus à bord, d’autant plus que si « le port du masque est obligatoire selon les règles du pays traversé », c’est le modèle FFP2 qui est de rigueur sur le territoire autrichien.

    P. L.

  • Le design du MI20, le prochain RER B, a été choisi

    Le design du MI20, le prochain RER B, a été choisi

    Lancée le 1er juillet par Ile-de-France Mobilités (IDFM), la consultation pour le design du MI20, le futur matériel du RER B francilien, a donné lieu à 18 000 votes.

    Pour l’extérieur, c’est la proposition 2 qui l’a emporté : un bout avant « qui sourit ». « La douceur et la rondeur de ses formes traduisent un train élégant, à l’esprit accueillant, confortable et attentionné », indique IDFM.

    MI20 RER B.

    Pour l’intérieur, un plus grand nombre de suffrages est allé au design C, à sièges en îlots individuels : « les parties hautes des dossiers et les extrémités d’assises sont séparées afin de préserver l’individualité dans un espace collectif ». Entre les dossiers, « l’espace offre davantage de transparence et de lumière à travers la rame, pour un sentiment de bien-être et de sécurité accrus ». De plus, « les barres de maintien et cale-hanches sont intégrés dans le siège avec soin pour un effet qualitatif et une robustesse assurée ». Enfin, l’éclairage « assume une approche dynamique et digitale, dans un esprit de modernité assumé ».

    A l’occasion de la présentation de ce design, IDFM rappelle que des travaux préalables seront nécessaires pour adapter les infrastructures (hauteur de quais, renforts d’alimentation électriques) mais également les ateliers de maintenance (création d’un nouvel atelier à Mitry et adaptation de l’atelier existant à Massy). Les usagers du RER B devraient pouvoir juger le MI20 sur pièces en 2025, lors de l’arrivée des premières rames.

  • Un véhicule de livraison autonome devrait circuler l’année prochaine à Troyes

    Un véhicule de livraison autonome devrait circuler l’année prochaine à Troyes

    L’année prochaine, un véhicule autonome de livraison devrait circuler dans les rues de Troyes, au beau milieu de la circulation. « Cela fait deux ans que j’attends ce moment », s’enthousiasme Hervé Dechene, cofondateur et VP Strategy de SprintProject, un cabinet de veille technologique qui travaille pour 12 grands groupes de logistique, et qui porte ce projet de véhicule de livraison autonome. « Il fallait que tous les éléments soient réunis : un véhicule autonome, un chargeur, et un territoire ».

    Troyes Champagne Métropole vient en effet d’accepter l’expérimentation sur son territoire. Il s’agira d’un schéma de distribution BtoB (destiné aux professionnels), plus précisément de transport des colis entre un centre commercial et un entrepôt urbain de DPD Group, une filiale du groupe La Poste spécialisée dans la livraison de colis jusqu’à 30 kg.

    Les trajets en centre-ville comptent d’innombrables difficultés : feux, stops, priorités à droite, dépassement de véhicules, piétons qui traversent en dehors des passages piétons. Tout ce qu’un conducteur sait gérer en théorie, mais qu’un véhicule autonome doit apprendre. « Il nous fallait donc un véhicule autonome qui fonctionne déjà réellement, pas un modèle encore en développement qui pourrait ajouter des difficultés au projet », poursuit Hervé Dechene. « Nous avons donc choisi celui de Neolix », l’entreprise chinoise qui en est au stade de la production industrielle.

    « Il ne s’agit que de l’achat d’un seul véhicule. Nous avions bien précisé à Neolix qu’il n’y aurait pas de commande qui suivrait. Et toute la partie logicielle de navigation est développée par LMAD – pour Last Mile Autonomous Delivery – une start-up française à capitaux européens totalement indépendante du constructeur », précise encore Hervé Dechene.

    L’expérimentation, qui va durer trois mois, cherchera à évaluer l’acceptabilité de l’engin (dont la taille est de 2,6 m x 1 m). Et à répondre à des questions, comme : doit-on « signaler » le véhicule par des bandes réfléchissantes, des couleurs vives – mais sans « distraire » les automobilistes-, ou le laisser tel quel ?

    Développé avec 12 clients de SprintProject, ce projet de véhicule de livraison autonome pourrait accueillir d’autres partenaires, Hervé Dechene n’excluant pas de faire entrer d’autres sponsors dans le projet.

    Yann Goubin

  • Les travaux ferroviaires se sont retrouvés aux Mecateameetings

    Les travaux ferroviaires se sont retrouvés aux Mecateameetings

    Pour leur deuxième édition en tant que salon d’exposition de matériel de chantier ferroviaire, après trois éditions comme rendez-vous d’affaires, les Mecateameetings 2021 ont été un succès selon Mecateamcluster, leur organisateur. En effet, la fréquentation de cet événement biennal unique en France a quasiment doublé depuis la précédente édition, en 2019. Et ce malgré le fait que l’édition 2021 était la première depuis la crise sanitaire… ou peut-être, justement, parce qu’elle a fourni à la branche des travaux d’infrastructures ferroviaires une première occasion de se retrouver depuis longtemps ! Toujours est-il que du 22 au 24 septembre, plus de 750 participants représentant près de 300 entreprises se sont retrouvés autour des trois voies-école de la plateforme Mecateam à Monceau-les-Mines (Saône-et-Loire), où 45 engins étaient présentés sur 1,2 km, et le long desquelles quatre pavillons de 15 stands étaient répartis autour d’un pavillon central.

    Une grande partie des participants aux Mecateameetings sont des membres de Mecateamcluster, spécialistes dans la conception, la fabrication et la maintenance d’engins de travaux d’infrastructures ferroviaires, mais aussi donneurs d’ordres (SNCF Réseau, Infrabel, groupes de BTP…) En dix ans d’existence de ce cluster basé dans la Communauté urbaine Creusot-Montceau, le nombre de ses membres est passé d’une dizaine à plus de 130.

    Au total, 11 pays étaient représentés aux Mecateameetings cette année, contre sept en 2019. Après une ouverture vers la Belgique et des partenariats en Allemagne, la manifestation a mis la Suisse à l’honneur en 2021. Une vingtaine de sociétés helvétiques étaient ainsi venues, ce qui pourrait représenter un premier jalon vers des partenariats commerciaux coordonnés par Mecateamcluster. Outre la conférence organisée par le Swiss Business Hub France, un des points forts des Mecateameetings 2021 a été la signature d’un contrat de location longue durée de 30 ballastières entre l’entreprise de travaux de voie Transalp Renouvellement et le loueur suisse de wagons Wascosa. Ces ballastières radiocommandées, à déchargement insonorisé et dotées d’un éclairage pour travail en pleine nuit, ont été entièrement reconditionnées par les Ateliers de Joigny.

    Evénement unique en France, avec exposition et démonstration de nouveaux engins dédiés aux travaux ferroviaires, les Mecateameetings se sont inspirés du concept de la manifestation britannique Rail Live !, indique Frédéric Debleds, directeur général de Mecateamcluster. « Le modèle plaît bien aux entreprises », ajoute ce dernier : « nous sommes sur la bonne voie, mais essayons de gommer les défauts », par exemple en réunissant toute la manifestation sur un seul plan au lieu de deux en 2019. Il faut dire que les Mecateameetings disposent d’un atout maître, avec la plateforme de Montceau-les-Mines, qui regroupe les trois voies-école (2013), le centre de formation voisin (2019), un hall de maintenance de matériel roulant (2018) et l’atelier (2019) où Erion assure l’entretien de ses locomotives. Et les projets ne manquent pas, la plateforme pouvant encore s’étendre de cinq à huit hectares avec droits de préemption.

    Dix ans après son lancement, Mecateamcluster affiche deux ambitions pour les dix prochaines années, selon Frédéric Debleds. D’une part, dupliquer le modèle sur 2 ou 3 sites (atelier, centre de formation), dans d’autres régions « vers le sud et vers l’ouest ». Et la deuxième ambition tourne autour de l’innovation, non seulement pour les engins, mais aussi pour l’infrastructure, alors que l’intérêt pour les lignes de desserte fine va croissant. A cette fin, la ligne SNCF Réseau entre Etang-sur-Arroux et Autun, à une douzaine de kilomètres du Creusot, pourrait permettre de tester des schémas de régénération de voies moins onéreux pour des trains légers.

    P. L.

  • Transdev va devenir l’opérateur « virtuel » du futur métro du Grand Paris Express avec une filiale du Singapourien SMRT

    Transdev va devenir l’opérateur « virtuel » du futur métro du Grand Paris Express avec une filiale du Singapourien SMRT

    Transdev a annoncé le 27 septembre avoir été retenu pour devenir l’opérateur « virtuel » des futures lignes du métro automatique du Grand Paris Express (lignes 15, 16, 17 et 18) avec Strides International Business (la branche internationale du Singapourien SMRT). Cette mission fait partie du contrat d’assistance à maîtrise d’ouvrage remporté par la société française de conseil Transamo (qui s’est associée avec ces deux entreprises), après l’appel d’offres lancé par la Société du Grand Paris (SGP) et Ile-de-France Mobilités (IDFM).

    « Il s’agit de préfigurer le futur opérateur pour assurer que la future exploitation et la maintenance du métro pourront être réalisées dans de bonnes conditions. Avant le choix final des opérateurs pour chacune des lignes, la SGP et IDFM avaient besoin d’aide pour qu’une entreprise joue le rôle de futur exploitant », explique une porte-parole de Transamo. Le choix de Transdev s’explique par le fait que « cet opérateur a fait le choix de ne pas se positionner sur ces lignes de métro », ajoute-t-elle. Quant à Strides Interrnational Business, « cette entreprise va nous apporter son regard d’exploitant de métro automatique avec une expérience internationale ».

    Selon Transamo, le contrat durera quatre ans, avec la possibilité d’ajouter deux années supplémentaires. Il représentera 7,5 millions d’euros selon la SGP.

    M.-H. P.

  • Huit milliards d’euros pour les transports dans le budget 2022

    Huit milliards d’euros pour les transports dans le budget 2022

    Le budget global du ministère de la Transition écologique devrait atteindre 49,9 milliards en 2022. Sur ce total, huit milliards seront consacrés aux mobilités, dont 1,2 milliard au contrôle aérien et 6,9 milliards aux infrastructures, services et opérateurs de transport. S’ajoute l’effort fait dans le cadre du plan de relance, soit 4,7 milliards pour le ferroviaire (principalement pour le réseau ferroviaire), 1,4 milliard pour la mobilité du quotidien, 0,7 pour l’accélération d’infrastructures et 1,7 milliard en faveur de véhicules moins polluants.

    Pour favoriser des mobilités plus vertes, il est notamment prévu 100 millions d’euros pour déployer les installations de recharge pour véhicules électriques en 2021-2022 sur les autoroutes et routes nationales, avec l’objectif d’atteindre 100 000 points de recharge ouverts au public. Citons aussi 300 millions d’euros programmés pour les petites lignes ferroviaires en 2021-2022, avec l’objectif d’avoir rénové 1 500 km de lignes d’ici la fin du quinquennat.

  • La RATP gagne le contrat d’exploitation du réseau numérique du Grand Paris Express

    La RATP gagne le contrat d’exploitation du réseau numérique du Grand Paris Express

    C’est un contrat « majeur », souligne le groupe RATP, dont la filiale RATP Solutions Ville a remporté l’appel d’offres lancé début 2020 par la Société du Grand Paris (SGP) pour déployer et gérer le réseau de fibre optique le long des lignes du futur métro. Le contrat devrait rapporter 500 millions d’euros cumulés sur sa durée fixée à 25 ans.

    « L’infrastructure de transport donne l’occasion de réaliser un réseau numérique à très haut débit », explique Valère Pelletier, le directeur général de RATP Solutions Ville, en rappelant que le métro historique parisien est déjà équipé de 170 000 km fibre optique le long de ses lignes, déployés et opérés par RATP Connect. D’où le choix en sa faveur de la SGP, qui a voulu, poursuit-il, s’appuyer sur l’expertise d’exploitant de transport et de réseau numérique de la RATP.

    Ces infrastructures, qui seront réalisées au fur et à mesure de l’avancée du métro (200 km de lignes sont prévus), vont permettre « de galvaniser l’accès au Très Haut Débit des territoires desservis par le Grand Paris Express », souligne la RATP. Elles bénéficieront en effet non seulement aux voyageurs mais aussi à plus de 20 000 entreprises, administrations et centres de recherche, indique la Régie. « Les premiers clients seront raccordés à ce nouveau réseau fin 2022 », précise-t-elle.

    Le contrat comprend un autre volet : la mise en place de minis data centers urbains. Dans chacune des gares ou presque en effet (le Grand Paris Express comptera 68 gares, mais seule une cinquantaine est concernée), il sera prévu des espaces de stockage informatiques au plus près des sites des clients. RATP Solutions Ville commercialisera ces minis data centers. « Ce marché est émergent mais est appelé à se développer », affirme Valère Pelletier. « Les entreprises voudront avoir les temps de latence les plus courts possible. On va aller chercher de nouveaux clients », ajoute-t-il.

    Les risques industriels et commerciaux reposeront sur le concessionnaire qui pourra vendre ses services notamment aux opérateurs mobiles qui voudront s’y brancher, et qui en déployant la 4G puis la 5G, auront besoin d’hébergement pour gérer les flux de données.

    RATP Solution Ville qui va y consacrer un investissement chiffré en dizaines de millions, versera une redevance à la SGP. La toute filiale nouvelle filiale de la RATP créée en début d’année, qui doit réaliser 110 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel (dont 30 millions avec les télécoms), affirme s’attendre à gagner de l’ordre de 20 millions d’euros par an avec ce contrat. Une trentaine d’emplois directs devraient être créés.

    Marie-Hélène Poingt