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  • « Si on est excellent, personne (à part nous) n’aura envie de gérer nos gares »

    « Si on est excellent, personne (à part nous) n’aura envie de gérer nos gares »

    En janvier, Marlène Dolveck a quitté HSBC pour devenir directrice générale de SNCF Gares & Connexions. Elle avait aussi auparavant passé 12 ans au sein du groupe La Poste. « Je suis arrivée à la fin des grèves sur la réforme des retraites et j’ai été confinée le 15 mars. Autant dire que je n’avais pas imaginé mes 100 premiers jours comme cela ! » Elle se souvient de la sidération qui a suivi : « on a fermé les gares, les commerces… ». Mais la nouvelle directrice générale assure avoir profité de cette période pour se projeter dans l’avenir et travailler avec ses équipes sur son projet stratégique. « En termes de gestion de l’entreprise, on a su profiter de cette période pour en faire quelque chose de positif. » Lors du Club VRT du 13 octobre, elle a dressé le bilan de ses neuf premiers mois, au cours desquels rien ne s’est passé comme prévu, et elle a expliqué son projet pour l’entreprise.

    Un nouveau statut et des missions bien définies

    L’entité dont elle a pris la tête, c’est 3 000 gares réparties sur tout le territoire national, 4 700 collaborateurs et 15 000 salariés œuvrant dans les gares, 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires généré par les péages et 1 500 commerces. Pour mener à bien ses missions, SNCF Gares & Connexions s’appuie sur ses filiales : Retail & Connexions pour la location des espaces et des commerces en gare ; Arep, la plus grosse agence d’architecture de France ; Lagardère & Connexions (une filiale sous forme de joint-venture avec Lagardère) pour exploiter les magasins Relay, Hubs et Connexions qui développe le savoir-faire à l’international.  

    « Nous nous positionnons comme le spécialiste de la gare en France, de la conception à l’exploitation en passant par la sûreté, le nettoyage et la commercialisation des espaces », résume Marlène Dolveck.

    Depuis le 1er janvier, SNCF Gares & Connexions est devenue une société anonyme. « Ce nouveau statut nous engage. Nous avons notre conseil d’administration, notre bilan et notre compte de résultat en propre », souligne Marlène Dolveck. Les missions de l’entreprise sont fixées par la loi. « La SNCF est notre meilleur client, mais la loi définit nos missions de façon claire et nous demande l’équité vis-à-vis de toutes les entreprises », ajoute-t-elle.

    Il s’agit notamment d’offrir une équité de traitement à l’ensemble des transporteurs qui vont entrer sur le marché, de favoriser l’intermodalité et le développement équilibré des territoires. Un exemple : l’intermodalité passe par la multiplication des places de vélo sécurisées aux abords des gares. 20 000 sont déjà disponibles, il devrait y en avoir 70 000 de plus en cinq ans. Il faudra aussi faciliter l’accès des gares aux transports en commun et à la voiture, ajoute-t-elle.

    Une stratégie visible pour tous

    Dans ce cadre, la nouvelle patronne des gares travaille à la construction d’un projet stratégique visant à créer des gares « pratiques, modernes, efficaces et remarquables ». Et elle explique : « on conceptualise ces idées et on en donne des preuves par l’exécution. Il faut que le client le voit ». Dans sa stratégie, elle tient compte du développement durable et de la RSE. « On veut mettre à nouveau de la vie dans les gares. On y ouvre des glaciers, des crèches, des salles d’escalade… pour donner toute sa place à l’humain. On travaille avec les collectivités pour redonner de la vie. »

    Gares & Connexions adapte sa stratégie en fonction de la taille et du profil des gares. Ainsi, pour développer les petites structures, Marlène Dolveck veut favoriser les partenariats public-public, notamment avec La Poste. « J’ai un attachement au service public, que je souhaite maintenir dans les territoires. »

    Avec la réforme ferroviaire, et dans un souci de cohérence, Gares & Connexions a récupéré les quais et les grandes halles voyageurs. « Il y en a de très belles à Bordeaux, à Paris, en Gare de Lyon ou à Saint-Lazare… Elles nécessitent des investissements importants », énumère Marlène Dolveck, qui souhaite une « qualité de service irréprochable ». Selon elle, « il faut donner envie. Envie de gare, envie de prendre ou rependre le train, parce que c’est un mode de transport écologique ». Pour cela, elle veut améliorer l’expérience des clients en gare, ce qui passe par la modernisation des lieux. « Cela représente l’accueil en gare de 10 millions de personnes chaque jour », indique la directrice générale en précisant qu’elle compte aussi, parmi ses clients, les autorités organisatrices des mobilités qui subventionnent une partie des travaux qu’elle effectue.

    Le commerce à la rescousse

    Pour financer l’entretien et la modernisation de ses 3 000 gares, qui nécessitent des millions d’euros chaque année, la SNCF a choisi de transformer les plus fréquentées en espaces commerciaux, en accordant des concessions à des foncières immobilières. Attirées par des rendements élevés, les enseignes ne se font pas fait prier. Toutefois, désireuse de mieux profiter de cette manne financière, la SNCF a tiré des leçons et fait peu à peu évoluer son modèle en cherchant une meilleure répartition des redevances. Ainsi, l’accord noué avec Ceetrus pour rénover la Gare du Nord est plus avantageux pour la SNCF que celui qui avait été signé pour la modernisation de Saint-Lazare et qui représentait à l’époque une première. « L’investisseur paye, mais on a une meilleure rétribution », indique la dirigeante.

    Reste que, si la SNCF veut être mieux rémunérée, elle devra aussi payer une part plus importante des travaux de rénovation. Donc disposer de moyens suffisants. « C’est le sujet du contrat de performance sur lequel nous travaillons avec l’Etat. Nous verrons alors quelles sont nos marges de manœuvre. Nous sommes plutôt peu endettés, mais comme nous sommes la fille de SNCF Réseau, nous partageons son objectif de cash-flow à zéro en 2024 », rappelle Marlène Dolveck. « Plusieurs possibilités d’investissements s’offrent à nous : les subventions, les PPP et ce qu’on peut financer. »

    Des vents contraires

    Actuellement, les débats montent autour du développement commercial des gares. Des élus écologistes, notamment, remettent en cause ce modèle économique. « Il y a des sujets politiques, des tendances qui amènent certains à dire que le commerce, ce n’est pas bien », constate Marlène Dolveck, avant de rappeler : « le commerce permet de faire baisser les péages. » C’est donc vertueux pour le ferroviaire. « Si les tarifs des péages sont moins élevés, cela permet de faire baisser les prix du transport et d’attirer les voyageurs. » Elle insiste sur le fait que le commerce est vertueux pour l’écosystème global et souhaite continuer à le développer, d’autant que la demande est forte. « Beaucoup de commerçants sonnent à notre porte, parce qu’ils veulent s’installer dans les gares. »

    Autre sujet de préoccupation, la montée des critiques contre la publicité. « Elle finance l’écosystème », prévient Marlène Dolveck tout en reconnaissant qu’il faut réduire la consommation énergétique des panneaux publicitaires électriques. « Il faut trouver le bon équilibre pour ne pas griller du carbone inutilement et faire vivre les entreprises publiques. » Mais elle s’interroge : « entre un panneau digital qui fait tourner une vingtaine de publicités et une vingtaine d’impressions qui nécessite de faire venir un colleur en voiture pour les installer, je ne sais pas ce qui est le moins vertueux. » Et elle met en garde : « ne plus avoir de publicité serait très mauvais pour nos finances et pour l’écologie. »

    L’ouverture à la concurrence en toile de fond

    Qu’est-ce que la publication du décret « gare » va changer pour Gares & Connexions avec l’ouverture à la concurrence et la possibilité de transférer la gestion d’une petite gare à un opérateur ferroviaire ? « Plutôt que de se poser la question, je préfère prendre les choses à l’envers et dire à mes équipes : le sujet c’est d’être bon. Si on est excellent, personne n’aura envie de s’occuper des gares, car c’est un vrai métier. »

    Pour que Gares & Connexions conserve la mainmise sur toutes les gares, il faudra faire des efforts de productivité et d’efficacité, reconnaît Marlène Dolveck. Et proposer un catalogue de services pour l’ensemble du marché et des entreprises ferroviaires. Dans ce catalogue, chacun devra trouver à la fois du low cost et du high‑tech, bref du sur-mesure avec les tarifs en toute transparence. « Pour que les régions n’aient pas l’impression de subir et de se faire imposer les choses », insiste la nouvelle DG. « Si je suis compétente, il n’y a pas de raison d’aller voir ailleurs. S’il y a des insuffisances, je comprendrais qu’ils changent. » En revanche, les petites haltes ne peuvent pas s’autofinancer. D’où l’intérêt du système de péréquation actuel, faisant financer les travaux des petites gares par les plus importantes.

    Interrogée sur l’arrivée de nouveaux clients, Marlène Dolveck reconnaît que, pour l’heure, les candidats ne se bousculent pas. « Il n’y a pas de file d’attente pour venir sur le marché français. Même Thello s’est désengagé », regrette-t-elle. La crise n’a rien arrangé. La dirigeante promet aux opérateurs qui viendront qu’ils seront bien accueillis et pourront bénéficier de tout ce que Gares & Connexions fait pour la SNCF. « Tout ce qu’on réalise est pensé pour assurer une équité de traitement. On conceptualise tout en pensant à la concurrence. Aujourd’hui, la SNCF est notre meilleur client, mais demain, ce pourra être différent. »

    Interrogée sur ce que pourrait être la gare de demain, Marlène Dolveck répond : « je ne suis là que depuis neuf mois, j’y ai réfléchi, mais je n’ai pas encore trouvé la réponse. Définir la gare du futur est complexe alors que tant de nos gares sont si différentes, au cœur des mobilités et de la révolution des usages. La gare du futur sera sûrement plus « verte », mais la définir en une formule n’est pas facile et, à ce stade, je ne l’ai pas encore trouvée. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que Gares & Connexions est le spécialiste de la gare d’aujourd’hui et de demain, et que ce n’est pas la peine de chercher ailleurs. »

    Valérie Chrzavez


    La Covid va coûter plus de la moitié du chiffre d’affaires des commerces

    Pendant le premier confinement, SNCF Gares & Connexions a décidé de suspendre le loyer des commerces en gare. « Nous avons renoncé à un mois et demi de loyers. Cela n’a pas été suffisant, car les commerçants nous demandent de les aider plus encore. Pour certains, on regarde si nous pouvons mettre en place des redevances variables », souligne Marlène Dolveck, en rappelant que les tarifs sont fixés un an à l’avance. Conséquence de la crise sanitaire, la moitié du chiffre d’affaires des commerces ne devrait pas être réalisée.

    Pour la suite, les tarifs régulés sont en négociation avec l’Autorité de régulation des transports (ART). « Ce sont avant tout des calculs mathématiques et on ne décide pas de grand-chose », précise Marlène Dolveck.

    Mi-octobre, Gares & Connexions anticipait six mois difficiles, puis un retour à la normale très progressif, avec des modifications d’usages des transports. Mais Marlène Dolveck relativise : « la crise ne va pas tout transformer. Peut-être que, durant quelque temps, on prendra moins le train, mais quand il n’y aura plus de virus, on sera content de vivre comme avant. »

    Ces impacts financiers la conduisent à rééquilibrer les investissements, parfois à les réduire. « Mais, à ce stade, ce n’est pas dramatique. Si cela se termine à la fin de l’été prochain, on sera en capacité de gérer », affirme-t-elle. Aussi refuse-t-elle de se projeter dans le scénario du pire et préfère souligner que le plan de relance lui accorde 120 millions pour avancer sur des projets d’accessibilité et continuer à investir fortement.

    « En attendant la reprise, on se réinvente. Je pousse mes équipes à trouver de nouveaux leviers du chiffre d’affaires. Il n’y a pas de martingale, mais on y travaille », assure-t-elle. C’est ainsi que Gares & Connexions discute avec un patron de chaîne hôtelière sur un projet de valorisation de ses gares, et travaille sur le développement de la logistique urbaine et le stockage pour le « dernier kilomètre ».

    Gares & Connexions a aussi noué un partenariat public-privé d’une durée de 12 ans avec Dalkia, une filiale d’EDF, pour créer une plateforme qui agrégera l’ensemble des données techniques et descriptives de ses 122 principales gares sous la forme de maquette numérique.

    Le gestionnaire des gares travaille depuis plus de deux ans sur la méthode BIM dans le domaine de la conception des gares, et pour faciliter leur exploitation et leur maintenance. « Nous allons digitaliser les données et créer des jumeaux numériques de 122 de nos gares et les réunir sur une même plateforme. Ce sera d’une grande utilité pour connaître en temps réel l’état de notre patrimoine », souligne Marlène Dolveck qui veut aussi valoriser le patrimoine foncier au cœur des villes.

    « Le fait d’avoir des mètres carrés dans les centres-villes a une grande valeur pour les logisticiens. » Ce business n’est pas encore rentable mais, pour Marlène Dolveck, c’est l’avenir. « Il faut démarrer, favoriser la logistique et les livraisons dans nos gares, et exploiter nos commerces. »

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  • Valérie Pécresse : « Je crois à la reprise des transports »

    Valérie Pécresse : « Je crois à la reprise des transports »

    La présidente de la région Ile-de-France (et d’IDFM) tacle SNCF Réseau, raconte les négociations avec la SNCF et la RATP, veut « doper » la politique vélo et s’exprime sur la reprise du transport aérien. Une interview organisée le 4 décembre, dans le cadre de l’AJTM (Association des journalistes des transports et des mobilités).

    Après une année très difficile, comment s’annonce 2021? 

    Valérie Pécresse : La situation actuelle est tendue. La crise a privé les transports publics franciliens de 2,6 milliards d’euros de recettes. Soit 25 % du total.

    Quand on perd 25 % de recettes, c’est compliqué. Pour compenser ces pertes, j’ai engagé un bras de fer avec l’Etat avec un triple objectif : ne pas baisser l’offre de transport, ne pas augmenter le prix du Pass Navigo (sinon on aurait dû l’augmenter de 20 euros) et maintenir notre plan d’investissement qui court jusqu’en 2028. Grâce à ce programme, tous les trains seront soit rénovés, soit neufs d’ici la fin 2021. Cela concerne plus de 700 rames.
    Le gouvernement a accepté de verser en cash un milliard d’euros pour les pertes liées au versement mobilité et 1,6 milliard en avances remboursables (avec un remboursement plus important à partir de 2028, ce qui correspond à la fin de notre programme d’investissement).

    Cette solution sert aujourd’hui de modèle aux autres autorités organisatrices des mobilités (qui réclament un plan de soutien au gouvernement, ndlr). J’avais essayé de les emmener avec moi au moment des négociations avec l’Etat mais cela n’a pas été possible, les élections en juin les ont désorganisées et elles attendaient l’arrivée des nouvelles équipes municipales.

    Quel est le niveau de fréquentation des transports publics franciliens actuellement? 

    V. P. : En novembre, la fréquentation atteignait 35 % de niveau habituel,. La première semaine de décembre, ce taux est remonté à 40 %.

    La sujet, pour la région, cela va aussi être de faire revenir les touristes. Ce qui passera notamment par la reprise des grands salons professionnels.

    Le budget d’IDFM est-il encore menacé en 2021? 

    V. P. : Pour 2021, nous avons inscrit dans nos comptes un besoin de financement d’un milliard d’euros mais nous sommes encore dans le flou. Tout dépendra de la situation sanitaire et du vaccin. On considère que le virus impactera l’économie jusqu’en juin. Et les touristes ne reviendront pas avant l’été.

    On peut aussi considérer qu’avec le télétravail et le lissage des pointes, la crise peut avoir un effet bénéfique sur les transports publics. S’il y a du télétravail un ou deux jours par semaine, je ne crois pas qu’il y aura un impact sur les recettes. Même quand on est en télétravail deux jours par semaine, on continue à utiliser les transports publics aller faire ses courses, emmener ses enfants à l’école ou se déplacer pour ses loisirs… Le pass Navigo  dézoné est suffisamment attractif pour que les Franciliens continuent à l’acheter. Il y a une prise de conscience sur le fait qu’on doit pouvoir mieux utiliser les transports.

    Mais pour moi, 2021 sera l’année de la qualité du service. Ce qui se retrouvera dans les nouveaux contrats de la SNCF et de la RATP.

    Vous allez justement signer le nouveau contrat avec la SNCF le 9 décembre. Qu’est-ce qui va changer et où en êtes-vous du côté de la RATP, avec laquelle les négociations paraissent très tendues?

    V. P. :  On sait que je me bats et que je suis une négociatrice dure car je crois que les grands opérateurs de transport doivent mettre les clients au centre du jeu.

    Dans le cadre de son nouveau contrat, la SNCF proposait la même offre de transport mais pour 200 millions d’euros de plus! C’est pourquoi ça a pris un peu de temps… On a changé la logique pour mettre les clients au coeur du contrat. En tant qu’autorité organisatrice, je suis la première cliente des opérateurs. Parmi les avancées, j’ai obtenu 100 millions d’euros de bonus-malus et un remboursement automatique des voyageurs quand le taux de régularité est inférieur à 80 % pendant au moins trois mois.  En contrepartie la SNCF voulait récupérer 100 millions d’euros dans le montant de base du contrat…  Aujourd’hui, le contrat avec la SNCF est un bon contrat.

    Avec la RATP, on n’est pas en retard. On devait signer en décembre. Il n’est pas impossible que ça prenne deux ou trois mois supplémentaires. Les risques ne sont pas très élevés pour la RATP qui gagne beaucoup d’argent. C’est IDFM qui assume les risques et qui réalise les infrastructures.

    Ni la RATP ni la SNCF ne peuvent se plaindre car nous sommes la seule région qui a un taux d’exécution de son contrat de plan Etat-Région atteignant 90% en décembre. Dans les autres régions, ce taux atteint 60 % en moyenne. Nous allons d’ailleurs devoir signer un avenant au CPER d’1,7 milliard pour 2021 et 2022 pour pouvoir continuer les travaux.

    Nous nous sommes déjà mis d’accord sur les investissements : ils doubleront dans le prochain contrat SNCF et RATP. Mais prenez garde à ceux qui veulent remettre en cause le financement! Le budget de fonctionnement des transports publics franciliens atteint 10,8 milliards d’euros. Ce sera même 11,8 milliards avec le Grand Paris Express en 2030. On doit donc trouver 12 milliards par an. Il est impossible d’augmenter la contribution des entreprises. Si ce n’est pas les entreprises, qui paiera? Les contribuables? Allez expliquer aux Franciliens qui ont choisi de se déplacer en vélo de payer davantage d’impôts pour les transports publics…  La qualité de l’infrastructure se paye.  Il faut réfléchir à des recettes nouvelles.

    L’appel d’offres pour Nexteo sera-t-il lancé en décembre comme vous le demandiez? 

    V. P. : Nexteo est voté. L’appel d’offres sera lancé avant la fin de l’année. Le problème maintenant, c’est qu’il faut que SNCF Réseau arrête d’être en retard sur ses chantiers et arrêtent d’avoir des surcoûts de 30 % comme sur Eole.

    Nous avions proposé d’avoir un contrat avec SNCF Réseau comme nous en avons un avec Transilien. Mais c’est compliqué car le réseau ferré accueille aussi d’autres trafics, les trains grandes lignes, les trains de fret…

    Mais on a un sujet avec SNCF Réseau, un vrai. 800 millions d’euros de régénération sont programmés par an sur le réseau francilien. Mais Réseau n’arrive pas forcément à les réaliser. Il est vrai qu’il doit aussi faire face à des commandes politiques. On lui demande par exemple d’accélérer Roissy-Picardie. Je ne sais pas combien cela concerne de passagers. Mais sur les lignes du RER B et D, on a 1,6 million de voyageurs par jour. Je ne veux pas jouer la grosse région Ile-de-France contre la petite Picardie, mais il faut donner la priorité aux lignes les plus fréquentées.

    La commande du nouveau matériel roulant (MI20) pour le RER B se fait attendre. Qu’en est-il? 

    V. P. : Nous allons voter les crédits le 9 décembre. La RATP doit signer ce marché. Le vrai sujet, ce n’est pas les quelques semaines de retard éventuel de ce marché. Le vrai sujet, c’est la décision du tribunal administratif sur CDG Express. Nous avions obtenu de la SNCF et d’ADP que sur les 2 milliards d’euros du projet, 500 millions soient affectés au RER B. La décision du tribunal suspend non seulement les travaux sur CDG Express mais aussi les travaux sur le RER B (dont la reprise du pont de Soissons à Saint-Denis, indispensable non seulement à CDG Express mais aussi aux RER B). Maintenant l’affaire va aller devant la Cour d’Appel. J’ai écrit à la Cour d’Appel pour expliquer qu’il y a un intérêt primordial à régénérer le RER B avec les 500 millions. Si les travaux sont stoppés, il y aura un vrai retard. Tout le monde n’a pas bien vu les conséquences de cet arrêt qui ne concerne pas seulement les accès de l’aéroport mais aussi les 900 000 voyageurs du RER B Nord.

    Quelle est votre réaction sur l’accord sur la gare du Nord entre Paris et la SNCF? 

    V. P. : Je suis extrêmement satisfaite et soulagée de la fin du blocage pour cette gare qui est en quelque sorte la porte de Paris. Le chantier va enfin pouvoir démarrer, sans sacrifier aux conditions de voyage ni aux ambitions du projet de modernisation de la gare. La région a toujours soutenu ce projet. Je ne pense pas que les commerces du quartier seront lésés.

    Je suis satisfaite car on va doubler les escalators et les ascenseurs, ce qui va apporter une plus grande accessibilité à la gare. Et les voyageurs du quotidien ne perdront plus de temps dans leurs acheminements pour prendre leurs trains. Nous resterons vigilants sur ces questions.

    Mais au départ, le projet était auto-financé. S’il y a moins de commerces, il y aura moins de recettes pour financer le projet…

    Allez-vous poursuivre votre politique en faveur du vélo ? 

    V. P. : La pandémie, mais aussi avant les grèves à la SNCF et à la RATP, ainsi que l’arrivée du vélo électrique, ont permis de faire bondir l’utilisation du vélo. On recensait 650 000 trajets en vélo chaque jour en Ile-de-France il y a dix ans. Nous en attendons 2 millions en 2021.

    L’utilisation accrue s’observe aussi en grande couronne où on ne pensait pas que cela arriverait. Plusieurs actions y ont contribué : les aides à l’achat d’un vélo électrique et le lancement des Véligo qui sont aujourd’hui au nombre de 20 000 et qui facilitent le passage à l’achat d’un vélo personnel. Je rappelle que les Véligo ont représenté le plus gros marché public européen passé pour des vélos électriques en location longue durée. En novembre, on avait versé 66 000 primes à l’achat d’un vélo électrique d’un montant de 500 euros. On en avait budgété 30 000. On va maintenir cette prime car on arrive à déclencher l’acte d’achat avec cette prime.

    Pour qu’une politique vélo fonctionne, il faut pouvoir circuler en toute sécurité et disposer de parkings sécurisés. On travaille sur tous ces sujets. Avant la crise, le plan vélo était doté de 200 millions d’euros. Nous sommes en train de doper ce plan. La région veut aider les collectivités à financer leurs politiques en faveur de la bicyclette, comme c’est le cas du Val d’Oise qui travaille sur ses départementales. La région concentre ses efforts pour supprimer les discontinuités dans les cheminements : la subvention est passée de 2 millions à 6 millions d’euros pour supprimer les points bloquants.

    Notre volontarisme a rencontré celui du collectif Vélo Ile-de-France qui nous a proposé le RER V. C’est-à-dire 9 lignes pour les vélos qui reprennent les trajets des grandes pénétrantes dans Paris. La région a pris le leadership pour la coordination du projet. Nous prévoyons aussi d’implanter un parking vélo dans chaque gare d’Ile-de-France, avec 140 000 places d’ici 2030. Et j’ai proposé 70 000 places sécurisées le long du tramway parisien.

    Selon vous, quel modèle économique faut-il mettre en place pour les transports publics malmenés par la crise? 

    V. P. : Je suis peut-être déraisonnablement optimiste mais je crois à une vraie tendance de fond à la hausse pour les transports du quotidien. Je vous livre une anecdote : le patron de Vinci Autoroutes m’a raconté avoir constaté une baisse du trafic sur l’autoroute A86 juste après l’arrivée des nouveaux trains Franciliens sur la ligne L. Donc quand la qualité des transports publics s’améliore, on préfère les utiliser.

    Je ne pense pas non plus que le transport aérien est mort. Les vols longs courriers vont continuer à augmenter. La Chine, gravement affectée par la crise du Covid, enregistre aujourd’hui un trafic aérien en hausse.

    Je ne crois donc pas à une baisse à venir de la mobilité. C’est pourquoi je me mobilise sur la décarbonation des transports. Les véhicules électriques sont trop chers pour les particuliers. La région a donc décidé d’octroyer une prime de 2500 euros à tous ceux qui optent pour le rétrofit transformant une voitures thermique en véhicule électrique. Nous pensons qu’il va y avoir un changement des règles du jeu et nous souhaitons créer une filière industrielle autour de cette technique. C’est toute l’ambition de la reconversion du site de Renault à Flins qui a pour objectif de faire rouler des véhicules 1 million de km en les rétrofitant régulièrement. C’est une lutte contre l’obsolescence des voitures. Si un grand industriel comme Renault croit au rétrofit, c’est une bonne nouvelle. La région pourrait être pionnière en matière de recyclage industriel. Pour moi, c’est un très beau projet.

    En parallèle, nous subventionnons aussi l’installation de bornes de recharge électrique sur notre territoire, avec l’objectif d’en tripler le nombre : Il y a 4000 bornes aujourd’hui, nous en aurons 12 000 d’ici à 2023.

    Marie-Hélène Poingt 

     

     

  • Bombardier vise 400 embauches à Crespin dans son « Plan 1 000 »

    Bombardier vise 400 embauches à Crespin dans son « Plan 1 000 »

    La perspective d’une prochaine reprise de ses activités par Alstom n’empêche pas Bombardier Transport de préparer l’avenir de son usine de Crespin, premier site industriel ferroviaire français avec près de 2 000 salariés, dont 700 ingénieurs et cadres. Et parmi ces salariés, 160 ont été embauchés en CDI depuis le 1er septembre (100 ouvriers auparavant en contrats temporaires et 60 cadres, techniciens ou agents de maîtrise), sur un total de 400 prévus dans le cadre du « Plan 1 000 » de Bombardier.

    Ce plan « sans précédent », dont l’intitulé traduit l’ambition de moderniser l’usine de Crespin et d’en porter la capacité de production à 1 000 véhicules par an dès 2021 (contre 700 voitures de train ou de métro par an en moyenne ces dernières années), a été lancé le 4 décembre en petit comité – mesures sanitaires obligent – en présence de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Valérie Létard, sénatrice du Nord et vice-présidente du Sénat, Michel Chpilesky, sous-préfet de Valenciennes, Béatrice Descamps, députée de la 21e circonscription du Nord, et Laurent Degallaix, président de la Communauté d’agglomération de Valenciennes Métropole.

    Du travail pour quatre années au moins

    Chiffré à 25 millions d’euros, ce « Plan 1 000 » est lancé dans un contexte plutôt porteur pour le site de Crespin. « Notre carnet de commandes est rempli pour, au moins, les quatre prochaines années », a précisé Didier Fernandes, vice-président Gestion de Projets, Bombardier Transport France et Benelux. « Nous devrons livrer en 2021 près de 400 voitures pour le Francilien et plus de 500 voitures de la plateforme OMNEO. À cela s’ajoutent les voitures intermédiaires du RER NG destinées aux lignes D et E du RER, les véhicules intermédiaires et les voitures de tête non motorisées du train M7 de la SNCB et, prochainement, les nouvelles voitures du métro parisien MF19 », a rappelé le dirigeant. Ceci alors que « la France traverse une crise économique sans précédent », comme le rappelle Laurent Bouyer, président de Bombardier Transport, France et Benelux. « Les Hauts-de-France ne sont pas épargnés par les réductions d’effectifs (…). C’est pourquoi il est important pour nous, qui sommes implantés depuis plus de 30 ans dans la région, de lancer en cette période trouble un plan d’investissement massif qui va améliorer nos capacités de production et développer nos activités, au profit de toute la filière ferroviaire et de toute la région ». Concrètement, Bombardier précise que des discussions sont en cours avec des entreprises en difficulté dans les Hauts-de-France pour bâtir une approche collaborative (prêts de main-d’œuvre, transferts d’employés). La création prévue de 400 CDI s’accompagne par « la diminution de la proportion d’employés en CDD ou en intérim », mesure visant à « conserver le savoir-faire et l’expertise au sein de l’entreprise ».

    Modernisation, digitalisation et robotisation

    Ce plan doit permettre à Bombardier d’augmenter ses capacités de production « en créant de nouveaux postes de montage et de nouvelles lignes de production, en acquérant de nouveaux outils plus modernes et plus performants et en adaptant toutes les zones communes en conséquence ». Il s’agira également « de moderniser en profondeur l’outil de production, à travers des actions de digitalisation et de robotisation qui contribueront à améliorer la performance des opérations et à réduire la pénibilité de certaines activités, par exemple en chaudronnerie ou en peinture ». Parmi les techniques dont l’acquisition est prévue à Crespin, Bombardier cite les robots de ponçage les outils de contrôle assistés par visée laser.

    Le volet environnemental a été intégré dans le plan de Bombardier, qui précise que près d’un million d’euros seront investis dans une initiative de réduction des émissions de composés organiques volatils (COV) de ses activités de peinture. Enfin, l’augmentation de la cadence de production chez Bombardier aura nécessairement des répercussions chez les fournisseurs, qui bénéficieront également d’investissements directs permettant de s’équiper des outillages nécessaires. « Ce volet représente quatre millions d’euros d’investissement, essentiellement au bénéfice de PME françaises », précise Bombardier.

    P. L.

  • Le contrat de Keolis renouvelé à Châtellerault

    Le contrat de Keolis renouvelé à Châtellerault

    La Communauté d’Agglomération du Grand Châtellerault, dans la Vienne, a renouvelé le 16 novembre le contrat de Keolis pour l’exploitation et la maintenance de l’ensemble du réseau TAC. Ce contrat de délégation de service public débutera le 1er avril 2021 et durera 5 ans. Il générera un chiffre d’affaires cumulé d’environ 15 M€.

    Parmi les nouveautés, Keolis doit renforcer l’offre de transport les soirs et les week-ends, ainsi que sur les lignes les plus fréquentées. Le service de transport sera également étendu à de nouvelles communes de l’agglomération, qui passeront de 12 à 17. Ce qui permettra à 64 000 habitants (contre 55 000 aujourd’hui) de bénéficier d’un service de mobilité.

    « D’ici la fin du contrat, Keolis aura également comme objectif d’augmenter la fréquentation de 15 % et les recettes commerciales de 27 % », note l’opérateur dans un communiqué.

  • Inveho prend pied en Allemagne

    Inveho prend pied en Allemagne

    Spécialiste français de la construction et de la maintenance de wagons, Inveho poursuit sa croissance, externe, cette fois. Le 4 décembre, quelques semaines après s’être lancé dans la production de réservoirs d’air, Inveho a annoncé la conclusion d’un accord portant sur l’acquisition des activités maintenance des wagons et essieux de Villmann-Gruppe, numéro deux allemand du secteur.

    « C’était une opportunité sur le marché allemand », explique Julien Mathiaud, Managing Director d’Inveho, qui s’inscrit dans une stratégie de développement à l’international, « dans la perspective d’une augmentation de la part modale du rail ». Avec cette acquisition, Inveho (une filiale d’Ermewa Group), élargit sa présence au niveau européen en incorporant trois sites dans deux Länder de l’est de l’Allemagne : l’un dans le Brandebourg (Fahrzeugwerk Brandenburg, FWB, à Brandebourg), les deux autres en Thuringe (Fahrzeugwerk Niedersachswerfen, FWN, à Ellrich-Woffleben et Waggonbau Altenburg, WBA, à Altenbourg). Avec ces trois sites, 450 collaborateurs devraient rejoindre Inveho, qui compte jusqu’à présent 400 salariés sur six sites (Achiet-Le-Grand, Créteil, Vernou, Orval, Fos-sur-Mer et Miramas).

    Cette acquisition, qui devrait être conclue courant janvier 2021 sous condition d’une autorisation par l’autorité de la concurrence compétente, doit donner naissance au premier réseau privé européen de construction et de maintenance de wagons de fret, avec un chiffre d’affaires de plus de 110 millions d’euros envisagé pour 2021, dont une trentaine de millions pour les trois sites allemands.

    Si les activités de Villmann-Gruppe liées aux wagons (maintenance, révision, modernisation, rénovation, modification, nettoyage, grenaillage) sont globalement les mêmes que celles d’Inveho, ce dernier pourra désormais assurer en interne l’entretien et la fabrication d’essieux, assurée dans les trois sites allemands, dont l’un permet de faire le calage de roues. Une opération qui « n’est offerte par aucun atelier privé en France », souligne Julien Mathiaud.

    À noter qu’Inveho ne fait l’acquisition que de certaines activités du groupe familial Villmann, même si ces activités sont du même ordre de grandeur que l’acquéreur ! « C’est le Mittelstand allemand : M. et Mme. Villmann vont rejoindre Inveho, tout en continuant de gérer indépendamment les autres activités de leur groupe », précise le Managing Director du spécialiste français. Et si les neuf sites du nouvel ensemble peuvent mutualiser les certifications qualité, les achats ou les bonnes pratiques, « chacun garde son organisation ».

    P. L.

  • Essais concluants pour le développement du futur TER Hybride

    Essais concluants pour le développement du futur TER Hybride

    Une étape clé a été franchie dans le développement du TER Hybride avec la validation des essais du stockage d’énergie destiné à ce train, un peu plus de deux ans après le lancement de ce projet par Alstom, en association avec la SNCF et les régions Centre-Val de Loire, Grand Est, Nouvelle Aquitaine et Occitanie. Objectif : remplacer la moitié des moteurs thermiques d’un Régiolis bimode par ces systèmes de stockage composés de batteries lithium-ion permettant de récupérer et stocker l’énergie de freinage pour la réutiliser en fonction des besoins. Les promoteurs du TER Hybride espèrent ainsi économiser 20 % de l’énergie consommée et de diminuer dans les mêmes proportions les émissions de gaz à effet de serre, tout en réduisant les coûts d’utilisation et de maintenance. La consommation de l’énergie stockée pourra être combinée à l’emploi des moteurs thermiques, ces derniers pouvant aussi être arrêtés lors de stationnements prolongés en gare. Enfin, les acteurs du projet ajoutent que le stockage d’énergie « contribuera au maintien des performances en cas de tension caténaire faible ». N’oublions pas que ce Régiolis hybride fonctionne également sous caténaire !

    Un an sur banc de test

    Après une phase d’ingénierie, le prototype de système de stockage, qui regroupe les batteries lithium-ion et un convertisseur de puissance, a été installé fin 2019 sur le banc d’essais du site Alstom de Tarbes pour validation. Les conditions d’exploitation du train ont été simulées à l’occasion en reproduisant des parcours dans les modes « zéro émission » (sur batteries uniquement) et « hybridation » (utilisation des moteurs thermiques et des batteries). La période d’essais a été mise à profit pour finaliser la conception du coffre de traction, dont la présérie est en cours de production depuis septembre dernier par le site Alstom de Tarbes.

    Un Régiolis équipé en 2021, en service fin 2022

    Côté matériel roulant, la SNCF et Alstom « poursuivent leurs travaux de développement et de démonstration réglementaire de sécurité ». Une première rame Régiolis bimode du parc TER Occitanie (liO), doit être hybridée début 2021 à l’usine Alstom de Reichshoffen. Cette rame est appelée à circuler ensuite dans les régions partenaires pour mener à bien des essais dans différentes conditions de circulation et de conduite. L’expérimentation doit se poursuivre en service commercial à partir de fin 2022 pour valider, en conditions réelles, les fonctionnalités et les performances de la solution, dans la perspective de son déploiement en série.

  • Le Sytral récupère Rhônexpress pour 31 millions d’euros

    Le Sytral récupère Rhônexpress pour 31 millions d’euros

    Le Sytral (Syndicat mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise) et la société Rhônexpress ont signé un accord sur l’indemnité de résiliation d’un montant de 31,77 millions d’euros. C’est le prix à payer par l’organisateur des transports pour récupérer la gestion en direct du service Rhônexpress (1,4 million voyageur/an) assurant la desserte rapide entre la gare de la Part-Dieu et l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry. Dans le détail, le Sytral verse 29,87 millions d’euros à Rhônexpress et 1,9 million à l’exploitant Transdev/CFTA. Parallèlement, le Sytral récupérera 6,9 millions d’euros qui correspondent au « solde non utilisé des sommes versées par la société Rhônexpress à Transdev Rail Rhône pour assurer le gros entretien et le renouvellement des équipements de la liaison ferrée ». Si Transdev assure l’exploitation jusqu’au 31 décembre 2022, le Sytral devrait décider du futur mode de gestion d’ici l’été 2021 pour lancer les appels d’offres.

    Le coût d’indemnité se solde finalement à 25 millions d’euros sur une base de négociation engagée à 41 millions. Rappelons que le Sytral (exécutif LREM dissident) avait voté la résiliation de la concession à Rhônexpress SAS en février 2020 pour une résiliation effective le 7 novembre dernier. « Le motif d’intérêt général » à l’origine de l’opération devait en priorité permettre une baisse sensible des tarifs, qui n’aura pas lieu avec le nouvel exécutif Vert et… la crise sanitaire. S’ils condamnent la « clause léonine » du contrat signé avec Vinci, les élus Verts s’opposent à une baisse des tarifs pour prendre l’avion. Ils ont en revanche voté des réductions tarifaires pour les salariés de l’aéroport et pour les voyageurs qui prendront le train à la gare TGV Saint-Exupéry.

    Claude Ferrero


    La baisse très ciblée des tarifs de Rhônexpress

    Lors de son dernier comité syndical du 19 octobre, le Sytral a adopté une nouvelle convention financière qui le lie à la Métropole de Lyon à la suite de la résiliation du contrat de Rhônexpress/Vinci (tramway rapide Part-Dieu-aéroport Lyon-Saint-Exupéry) à la date du 7 novembre. La Métropole prend notamment en charge le prêt de 61,4 millions d’euros liés aux travaux d’infrastructures. Mais surtout, la résiliation du contrat comprenait un volet baisse des tarifs d’au moins 30 % au profit des voyageurs (1,4 million en 2019). Or, le Sytral a décidé de maintenir ses tarifs, excepté une baisse de 50 % (cinq euros au lieu de 10,10 euros/aller-retour) pour les seuls salariés de l’aéroport (5 650 personnes…). Il promet une prochaine baisse tarifaire pour les 12-25 ans et… les voyageurs en possession d’un billet SNCF depuis et vers la gare TGV Lyon-Saint-Exupéry. Une reculade qui s’explique par l’impact de la crise sanitaire, qui devrait d’ailleurs entraîner une nouvelle convention financière prenant en compte les effets du Covid, ainsi que l’indemnisation de la résiliation et les risques d’exploitation à long terme dans un environnement économique défavorable.

  • La DB et Siemens s’associent pour un train à hydrogène en 2024

    La DB et Siemens s’associent pour un train à hydrogène en 2024

    L’iLint d’Alstom ne sera bientôt plus le seul train à hydrogène en Allemagne. Moins de deux mois après l’annonce par Siemens Energy et Siemens Mobility de leur intention de développer et commercialiser un train à hydrogène destiné « aux clients en Allemagne et en Europe », un pas important vers la concrétisation d’un premier projet a été franchi avec l’officialisation du projet H2goesRail, financé conjointement par la DB et Siemens, avec le soutien du ministère fédéral des Transports et des Infrastructures numériques (BMVI), dans le cadre du Programme national d’innovation pour la technologie de l’hydrogène et des piles à combustible (NIP 2).

    L’objectif est de tester, pendant un an, un système intégré comprenant un train à pile à combustible, un dispositif de ravitaillement rapide de ce dernier en hydrogène « vert » et un atelier de maintenance de la DB préalablement rééquipé.

    Un train à hydrogène Siemens

    Au cours de ces essais, à mener en 2024 avec le soutien du ministère des Transports du Land de Bade-Wurtemberg, quelque 120 000 km devraient être parcourus en exploitation régulière sur le pourtour est de la Forêt-Noire, entre Tübingen, Horb et Pforzheim. « L’itinéraire est particulièrement approprié, en raison de son horaire cadencé, représentatif du trafic régional, et de sa topographie variée », précisent la DB et Siemens. Sur cette relation, un élément automoteur bicaisse Mireo Plus H, dérivé du nouveau train régional de Siemens, remplacera un autorail léger Regio-Shuttle (BR 650), permettant d’économiser « environ 330 tonnes de CO₂ ». La pile à combustible du Mireo Plus H sera associée à une batterie lithium-ion afin que cette version à hydrogène soit « aussi performante » que le Mireo en version alimentée par caténaire (puissance de 1,7 MW, pour une accélération maximale de 1,1 m/s² et une vitesse maximale de 160 km/h), tout en ayant une autonomie de l’ordre de 600 km. Siemens ajoute qu’en configuration tricaisse, son Mireo Plus H pourrait atteindre une autonomie de l’ordre de 1 000 km.

    Côté DB, plusieurs conducteurs seront spécialement formés pour cette expérimentation, alors que l’atelier DB Regio d’Ulm sera rééquipé pour la maintenance des automotrices à hydrogène, qui pourra être assurée avec le soutien du personnel de Siemens Mobility.

    Un ravitaillement rapide en hydrogène « vert » par la DB

    L’hydrogène nécessaire sera quant à lui produit par électrolyse dans un dispositif mobile de DB Energie à l’atelier DB Regio de Tübingen, puis comprimé et stocké dans une installation mobile (ce qui permettra d’autres expérimentations). Ce combustible « vert » – dans la mesure où l’électricité utilisée dans l’électrolyseur provient de sources renouvelables – est enfin préparé et refroidi, en vue de permettre un ravitaillement du train en hydrogène qui ne prenne pas plus de temps que le plein de gazole d’un autorail, soit 15 minutes. Ce point est considéré comme essentiel par la DB, dans la mesure où il permet d’exploiter le train à hydrogène dans les mêmes conditions que l’autorail qu’il remplace, sans perte de temps.

    P. L.

  • La RATP entre au capital de la start up parisienne Vianova

    La RATP entre au capital de la start up parisienne Vianova

    La RATP, à travers RATP Capital Innovation, vient d’entrer au capital de Vianova, une plateforme d’analyse de collecte de données sur la micromobilité, à la faveur d’une levée de fonds menée par cette start-up parisienne (1,8 million d’euros), au côté de Contrarian Ventures, un fonds d’investissement spécialisé dans l’énergie et la mobilité.

    En proposant une vision en temps réel de l’occupation de l’espace public, Vianova cherche à aider les villes à mieux réguler cet espace parfois encombré par des trottinettes, des scooters ou des deux roues. « La plateforme supervise déjà plus de deux millions de trajets par mois, avec des villes partenaires comme Bruxelles, Helsinki, Zurich et Stockholm », indique la RATP dans un communiqué, en précisant que cette levée de fonds doit permettre à Vianova d’accélérer son développement international.

    La jeune pousse s’intéresse aussi aux flux logistiques. Elle a récemment lancé un projet de gestion de l’espace public et d’analyse des flux de logistique urbaine avec la Ville de Paris, ajoute le communiqué.

  • Voi lève des fonds pour se développer en Europe

    Voi lève des fonds pour se développer en Europe

    L’opérateur suédois de trottinettes électriques Voi a levé 160 millions de dollars (environ 135 millions d’euros) auprès du fonds d’investissement Raine Group LLC, afin de poursuivre son développement. Le loueur de trottinettes électriques vient d’obtenir des licences d’exploitation à Birmingham, Liverpool, et Cambridge en Grande-Bretagne et à Berne en Suisse. En France, où il est associé à Blablacar sous le nom de Voi Blablacar Ride, l’opérateur est présent à Marseille et Bordeaux, mais ni à Paris et ni Lyon, où il n’a pas remporté d’appels d’offres.