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  • Deux communes lancent le stationnement payant pour les deux roues motorisés

    Deux communes lancent le stationnement payant pour les deux roues motorisés

    Il n’y a pas que les automobilistes qui doivent payer leur stationnement. C’est aussi le cas pour les utilisateurs de motos et de scooters qui doivent désormais mettre la main à la poche s’ils stationnent dans deux communes du Val-de-Marne : Vincennes et Charenton-le-Pont. Une possibilité offerte par la loi sur la dépénalisation du stationnement mise en œuvre depuis le début de l’année et qui a transféré aux villes la gestion du stationnement sur leur territoire.

    A Vincennes, où la Fédération française des motards en colère est venue manifester à deux reprises ces dernières semaines, 800 places ont été aménagées pour les scooters et motos, « de plus en plus nombreux », a expliqué à l’AFP Charlotte Libert-Albanel (UDI). Selon l’élue, qui se défend de vouloir mettre en œuvre une « mesure anti-deux-roues », il semble au contraire « assez normal de les faire contribuer » et s’assurer « l’équité entre les deux roues et les voitures ».

    Sur son site, la ville explique avoir « investi pour réaliser un nombre croissant de parcs motos, atteignant aujourd’hui plus de 150 parcs totalisant plus de 780 places ».

    Le coût du stationnement appliqué à partir d’aujourd’hui sera environ d’un tiers à celui des voitures, proportionnel à la taille d’un deux-roues par rapport à un emplacement pour voiture. Ainsi, pour deux heures de stationnement, les scooters et motos devront acquitter 1,50 euro contre 4,40 euros pour les automobilistes. Des tarifs résidentiels vont être proposés (70 centimes la journée, 2,70 euros la semaine). Amende encourue en cas de non-paiement : 12 euros contre 35 euros pour les voitures.

    La mairie de Charenton-le-Pont veut de son côté « maîtriser » le stationnement des deux roues qui « depuis trop d’années empiètent sur les espaces réservés aux piétons ». Quelque 500 places ont déjà été créées et d’autres devraient l’être dans le futur. Le tarif, 80 centimes ou 1,33 euro les deux heures en fonction du lieu, correspond aussi à un tiers du prix payé par les automobilistes. Un tarif résidentiel est prévu (2 euros par semaine) et le montant de l’amende fixé à 10 euros, contre 17 euros pour les voitures. Une tendance appelée à se généraliser ?

    M.-H. P.

  • A Londres, Thameslink passe à la conduite automatique avec ERTMS

    A Londres, Thameslink passe à la conduite automatique avec ERTMS

    Fin mars, sur le tronc commun du réseau nord – sud Thameslink en plein centre de Londres, un premier train a été exploité en conduite automatique avec conducteur en cabine (GoA2), ce qui est une première sur le réseau ferré britannique. Mais cette nouveauté est également une première mondiale, la conduite automatique étant mise en œuvre avec ERTMS niveau 2.

    D’ici la fin de cette année, 22 trains devraient pouvoir emprunter, chaque heure et dans chaque sens, le tronçon central à travers Londres, entre Saint-Pancras et Blackfriars via Farringdon et City Thameslink, quand la conduite automatique sera entièrement en service. Un préalable est l’achèvement du renouvellement du parc Thameslink, ce qui n’est qu’une question de semaines. En effet, la dernière des 115 rames Class 700 destinées à Thameslink vient d’être produite par Siemens.

  • La RATP teste le garage autonome des bus

    La RATP teste le garage autonome des bus

    Sans les mains, ni les pieds ! Au centre-bus RATP de Lagny (Paris XXe), inauguré en 2016 et destiné à devenir le premier doté d’un parc 100 % électrique, un bus hybride Iveco Urbanway se gare désormais tout seul, sans intervention de son conducteur sur le volant ou les pédales. Ce qui est une première mondiale en sous-sol pour un bus de 12 m.

    Outre le fait qu’il libère les conducteurs d’une tâche peu valorisante, ce garage « intelligent » permet également de gagner de l’espace en resserrant les bus une fois garés – « 15 centimètres de gagnés, ce sont 5 % de surface en plus », précise Marie-Claude Dupuis, directrice Stratégie, Innovation et Développement du Groupe RATP. Ce dernier est associé au CEA-List pour ce projet de garage autonome, comme pour l’essai récent des navettes autonomes du site CEA de Saclay.

    Pour l’expérimentation au centre-bus de Lagny, effectuée dans le cadre du dispositif de recherche European Bus System of the Future (EBSF), cofinancé par l’Union européenne, tout est embarqué dans le véhicule : quatre caméras, cinq lidars de détection et une centrale inertielle assurent la localisation à l’intérieur du site RATP, préalablement reconnu et synthétisé sous forme de carte 3D. Ici, au 3e sous-sol, « pas de GPS », rappelle Philippe Watteau, directeur du CEA-List. En revanche, le Wi-Fi du centre bus couvre la zone de garage et permet une supervision du véhicule. Ce dernier se déplace à l’intérieur du site RATP jusqu’à 8 km/h, avec arrêt d’urgence en cas de détection d’obstacle, en marche avant comme en marche arrière.

    P. L.

  • Réforme ferroviaire : le dialogue de sourds

    Réforme ferroviaire : le dialogue de sourds

    Les premières discussions sur le projet de nouveau pacte ferroviaire doivent commencer cet après-midi à l’Assemblée nationale, le jour même – ce n’est bien sûr pas un hasard – où les organisations syndicales lancent leur mouvement de grève à la SNCF. Un mouvement très suivi puisque près de 33,9 % des cheminots (77 % des conducteurs) étaient en grève le 3 avril, selon la SNCF.

    Premier thème qui sera débattu par les députés en commission : l’ouverture à la concurrence, sur lequel le gouvernement rappelle avoir organisé plus d’une trentaine de réunions notamment avec les organisations syndicales. Et estime avoir réalisé des avancées. « Nous sommes en train de remplacer les ordonnances par des dispositions législatives pour tout ce qui concerne l’ouverture à la concurrence », a indiqué la ministre des Transports le 30 mars, en présentant les dispositions décidées par le gouvernement. Et Elisabeth Borne d’ajouter : « Ces dispositions vont pouvoir être débattues par le Parlement. Si certaines organisations syndicales sont opposées à la concurrence, on ne pourra pas être d’accord. Mais sinon, il est possible de discuter des modalités. Nous ne sommes qu’à mi-chemin de la concertation. »

    Une ouverture remise en cause par les quatre organisations syndicales représentatives à la SNCF qui ont unanimement fustigé la méthode gouvernementale et le fond du projet. Selon la CGT Cheminots, la concertation a été « stérile » et les organisations syndicales sont « déçues et en colère » de ne pas avoir été entendues. Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire, regrette que « la grève est désormais – malheureusement – le dernier levier pour aboutir à des résultats ».

    Erik Meyer, secrétaire fédéral SUD-Rail, estime que « les dispositions retenues par le gouvernement reprennent toutes les préconisations du rapport Spinetta. Le gouvernement a même ajouté un point : l’ouverture à la concurrence à partir de 2023 pour les trains franciliens et il renvoie aussi au conventionnement régional pour le maintien des dessertes non rentables. Ce qui confirme notre analyse que nous allons vers une vraie fracture territoriale ».

    Point par point, les dispositions retenues par le gouvernement pour ouvrir le ferroviaire à la concurrence:

    – pour les grandes lignes, la concurrence prendra la forme de l’open access à partir de décembre 2020. Ce choix permettant à de nouveaux opérateurs de venir proposer librement leurs services est justifié par la possibilité d’offrir un plus grand choix aux voyageurs tout en laissant à la SNCF celle de maintenir son offre.

    Pour garantir le maintien des dessertes par TGV des villes petites et moyennes, le gouvernement propose de moduler le montant des péages en baissant les tarifs des liaisons les moins rentables et en augmentant ceux des plus rentables. Par exemple, les péages pratiqués inciteront les opérateurs à desservir Paris – Chambéry et non pas seulement Paris – Lyon.

    Il y aura un avis conforme de l’Arafer sur les péages « car nous avons besoin plus que jamais d’un régulateur fort », a affirmé Elisabeth Borne, tout en ajoutant que « les textes devront encore prévoir ce qu’il se passera en cas de divergences de vues avec l’Arafer ».

    Les tarifs sociaux sont conservés pour tous ces services.

    – Les TER pourront être soumis progressivement à la concurrence à partir de décembre 2019 pour les régions qui le souhaitent et au plus tard en décembre 2023. Avant décembre 2023, une région pourra confier l’exploitation de ses trains directement à la SNCF mais pour une durée maximale de dix ans. Des exceptions sont aussi prévues pour des situations très spécifiques comme par exemple de petits réseaux ou une complexité géographique particulière.

    Les TET sont soumis au même calendrier que les TER. « Nous nous sommes engagés dans un important renouvellement de matériel. Il faut que nous calions les calendriers en tenant compte de l’arrivée de ces matériels », a précisé la ministre des Transports.

    – Le réseau ferroviaire francilien connaîtra un régime particulier. Pour les lignes créées entre décembre 2019 et décembre 2023 (c’est-à-dire les tram-train T12 et T13), l’autorité organisatrice Ile-de-France Mobilités pourra choisir soit d’en confier directement l’exploitation à SNCF Mobilités soit de lancer un appel d’offres. Les autres lignes, qui ne sont pas des RER pourront être mises en concurrence entre décembre 2023 et décembre 2033, tandis que les lignes du RER C, D et E pourront l’être progressivement à partir de décembre 2023.
    L’ouverture à la concurrence des RER A et B, dont l’exploitation est partagée entre la RATP et SNCF Mobilités, est programmée en décembre 2039.

    Valérie Pécresse a aussitôt indiqué « qu’elle souhaite la mise en concurrence possible de toutes les lignes nouvelles et de tram-train dès 2019 et des lignes Transilien dès 2023 afin d’inciter les opérateurs à une amélioration de la qualité de service ». Elle prend toutefois « acte du report de l’ouverture à la concurrence des lignes de RER au plus tôt en 2033 du fait de leur complexité ». Mais, a ajouté la présidente de l’Ile-de-France, « un délai supplémentaire aussi important pour la mise en concurrence des RER ne peut être acceptable qu’en cas d’optimisation des coûts d’exploitation par la SNCF et de forte amélioration de la régularité de ces lignes qui ne sont actuellement pas à la hauteur des attentes des Franciliens ». En conséquence, elle demande que « ce calendrier puisse être accéléré par Ile-de-France Mobilités si ces conditions ne sont pas remplies ».

    – Si la SNCF perd un contrat, des agents seront transférés vers l’entreprise qui l’aura gagné. Il sera d’abord fait appel aux volontaires, mais s’ils sont en nombre insuffisant, il y aura transfert obligatoire. Dans ce cas, ou si un salarié de la SNCF choisit de travailler dans une autre entreprise ferroviaire, il est décidé qu’il conservera son niveau de rémunération, son régime spécial de retraite et la garantie de l’emploi.

    En revanche, tout ce qui relève d’accords d’entreprises, l’organisation du travail par exemple, pourra changer en fonction des entreprises et de leurs choix. « Le maintien d’autres garanties telles que les facilités de circulation ou l’accès aux médecins spécialisés sera assuré dans des conditions définies par accord de branche », a également indiqué Elisabeth Borne, en ajoutant que des mesures d’information seraient prises pour accompagner les salariés.

    Toutefois, le gouvernement n’a pas encore tranché le cas où un salarié refuserait son transfert. « Qui prendra la décision de le licencier ? La SNCF estime que le contrat de travail doit être transféré… Ce point par exemple n’est pas tranché », explique Lionel Jorand, secrétaire général Union Solidaire Transports. Une nouvelle réunion sur cette question est prévue début avril… si la grève d’ici là ne vient pas tout bousculer.

    Marie-Hélène Poingt

  • Le Transsibérien jusqu’à Vienne en 2033 ?

    Le Transsibérien jusqu’à Vienne en 2033 ?

    Le nouveau gouvernement autrichien, une alliance de la droite conservatrice (ÖVP) et de l’extrême droite (FPÖ), a relancé le projet « Nouvelle route de la soie » qui prévoit le prolongement de la voie du Transsibérien jusqu’à Vienne sur un écartement russe pour le trafic marchandises. « Nous voulons cette ligne d’ici 2033 », a insisté fin mars Norbert Hofer, le ministre (FPÖ) chargé des infrastructures.

    Son homologue russe, Maxim Sokolov, et le président des chemins de fer de la fédération (RZD), Oleg Belozerov, sont venus à Vienne pour souligner à leurs yeux l’importance économique du corridor logistique ferroviaire Europe – Asie. Ils ont signé avec compagnie nationale des chemins de fer autrichiens (ÖBB) un article supplétif à l’accord de principe déjà signé il y a quatre ans entre les deux compagnies pour la planification de ce projet 400 kilomètres entre Kosice, en Slovaquie, jusqu’à la périphérie de Vienne.

    La partie russe estime que ce projet, estimé à 6,5 milliards d’euros, devrait trouver des financements sans difficulté. « Les banques internationales et des fonds de pension y trouveront un intérêt », a assuré Oleg Belozerov. Selon les différentes études de faisabilité, le coût du transport par le rail entre la Chine et l’Europe devrait être moins cher qu’en avion et beaucoup plus rapide qu’en bateau. « Un transport de marchandises depuis la Chine jusqu’à Vienne devrait durer dix jours », estime Andreas Matthä, le président de la ÖBB.

    Christophe Bourdoiseau

  • Espagne : Madrid-Atocha aura une troisième gare

    Espagne : Madrid-Atocha aura une troisième gare

    A côté de sa station banlieue (Atocha-Cercanías) et du terminal grande vitesse Puerta de Atocha-AVE qui dessert déjà les villes du nord-est au sud de l’Espagne, Madrid-Atocha (photo) aura une troisième gare à l’horizon 2024. Confié à l’architecte Rafael Moneo, cet édifice sera en grande partie souterrain avec un grand vestibule donnant au sud des installations AVE. Sous les voies existantes, il accueillera les convois au débouché du troisième tunnel ferroviaire de 7,3 km sous Madrid. Achevé à l’été 2017, cet ouvrage confié à un consortium Siemens-Thalès-Alstom pour 322 millions d’euros mènera les trains AVE à la gare de Chamartin plus au nord.

    D’un coût annoncé le 13 mars de 423 millions d’euros par le ministre des Transports, Iñigo de la Serna, ce sera une gare de passage et ses quatre voies permettront des relations AVE directes entre le nord et le sud de l’Espagne, par exemple Santander – Alicante ou Irún – Málaga. Cette nouvelle gare « Atocha-AVE » fait partie d’un programme plus vaste de 660,6 millions d’euros diffusant la grande vitesse sous et dans Madrid. Il inclut 237 millions d’euros afin d’adapter les installations de Chamartin aux circulations AVE.

    En 2017 Puerta de Atocha-AVE a accueilli 22 millions de voyageurs, avec la troisième gare son potentiel passera à 40 millions de passagers.

    M. G.

  • La Nouvelle-Aquitaine se dote d’un syndicat mixte intermodal

    La Nouvelle-Aquitaine se dote d’un syndicat mixte intermodal

    Les élus du conseil régional ont validé lundi la création du Syndicat mixte intermodal de Nouvelle-Aquitaine, le Smina, qui sera officiellement installé le 4 juin. Il a pour ambition d’améliorer l’offre de transport et l’intermodalité sur l’ensemble du territoire régional.

    La première action visible de cette nouvelle instance, qui vise à réunir la région et l’ensemble des 27 autorités de la mobilité, est d’ores et déjà connue. « Ce sera la mise en ligne dès septembre 2018 du projet de système d’information multimodal. Concrètement, un site internet va répertorier des informations claires et exhaustives en matière d’itinéraires, d’horaires et de tarifs. Il délivrera aussi de l’information trafic en temps réel », explique Renaud Lagrave vice-président du conseil régional en charge des Transports.

    Viendra ensuite le temps de la discussion entre les différentes autorités de la mobilité afin de coordonner les offres. Enfin, cette nouvelle instance planchera sur la mise en place d’un titre de transport unique. « Si on réussit à améliorer tout ça, ce sera déjà une belle avancée », reconnaît Renaud Lagrave. Pour y parvenir, le Syndicat mixte intermodal de Nouvelle-Aquitaine sera doté d’un budget prévisionnel de 1,7 million d’euros en année pleine, dont 50 % en provenance de la région.

    Une fois créé, le Smina constituera le plus grand syndicat mixte de France au regard de son étendue géographique et du nombre de réseaux de transport concernés. Les 27 autorités de la mobilité de Nouvelle-Aquitaine ont jusqu’à la fin du mois d’avril pour y adhérer. L’arrêté du préfet devrait lui être pris début mai.

    Hélène Lerivrain

  • Systra retenu sur un projet de téléphérique à Marseille

    Systra retenu sur un projet de téléphérique à Marseille

    Systra a annoncé fin mars avoir remporté une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur un projet de téléphérique reliant le Vieux-Port à Notre Dame-de-la-Garde, pour le compte de la ville de Marseille.

    La solution d’un téléphérique comportant deux stations distantes d’environ un kilomètre, et avec un dénivelé de près de 150 mètres, est apparue comme la plus pertinente pour relier ces deux sites touristiques et améliorer les conditions d’accessibilité à la « Bonne Mère » qui reçoit chaque année deux millions de visiteurs, explique Systra dans un communiqué.

    Systra est le mandataire d’un groupement composé de l’ingénierie TIM, spécialiste du transport par câble, de Transitec Ingénieurs Conseils, spécialiste en étude de trafic, et du cabinet d’avocats MCL.

    Ce groupement est chargé de rédiger le dossier d’appel d’offres pour la conception-réalisation. « Il mènera en parallèle les démarches administratives, juridiques et financières nécessaires à la réussite de l’opération. Dans un second temps, le groupement assurera le suivi des études, et supervisera les travaux avec pour objectif une mise en service en 2021 », précise la société d’ingénierie.

  • La grève perlée sous la menace d’un contentieux

    La grève perlée sous la menace d’un contentieux

    La tension monte entre la direction de la SNCF et les organisations syndicales sur les modalités de la grève de la semaine prochaine. Alors que les organisations syndicales ont prévu une grève perlée de deux jours sur cinq, la SNCF a déjà prévenu sur une plateforme interne qu’elle considère qu’il s’agit « d’un seul et unique mouvement de grève dont l’objet est la contestation de la réforme proposée par le gouvernement ».

    La direction explique qu’un agent n’a donc pas besoin de se déclarer gréviste en déposant une nouvelle déclaration individuelle d’intention (DII) à chaque fois que le mouvement reprend. « Tant qu’il n’a pas fait de déclaration de reprise du travail, il sera considéré comme gréviste lors de chacune de ses journées de service couvertes par le mouvement de grève », précise-t-elle En clair, la direction veut comptabiliser l’ensemble des jours de grève y compris les repos s’ils tombent un jour de grève, pour calculer les retenues sur les salaires, alors que les organisations syndicales avaient fait justement le choix d’essayer de préserver au maximum la feuille de paie des cheminots en prévoyant cette grève tournante, permettant aux cheminots d’y participer à tour de rôle en fonction de leurs jours de service et de repos.

    Pour la CGT-Cheminots, la direction avance des modalités de décompte des journées de grève « clairement illégales ». Les organisations syndicales, qui reconnaissent que la formule de grèves à répétition est compliquée à organiser et ont prévu pas moins de 18 préavis assortis à chaque fois de motifs différents pour relancer tous les trois jours le conflit, assurent que le mouvement restera dans les clous de la légalité.

    La Fédération CGT des cheminots affirme n’avoir « aucun doute » sur la légalité du mouvement et qu’elle a « sollicité » sur la question « un conseil juridique ». De son côté l’Unsa-Ferroviaire a publié un document très pratique sur la façon de procéder que le gréviste soit soumis ou non à une DII. Le syndicat conseille toutefois aux cheminots de reprendre le travail la veille d’un repos « afin que le repos ne soit pas considéré comme un jour de grève ».

    Ces divergences pourraient finir devant la justice. Ces incertitudes juridiques pourraient avoir plusieurs conséquences. Notamment celle de pousser les cheminots à se lancer dans un mouvement reconductible par 24 heures, comme y appelle SUD-Rail. Ou comme First, un syndicat non représentatif à la SNCF. Pour Bernard Aubin, son secrétaire général, la SNCF pourrait d’ailleurs y trouver son avantage car une grève reconductible est « finalement moins perturbante qu’un mouvement s’étalant sur plusieurs mois ». De plus, une grève classique pourrait s’étioler plus facilement si le gouvernement affiche sa fermeté. En attendant, « la direction sème le doute et les interrogations », résume Bernard Aubin en estimant « qu’incontestablement, la SNCF tente de déstabiliser les candidats à la grève ».

    Marie-Hélène Poingt

     

    Comment sont décomptés les jours de grève ?

    Le décompte des jours de grève est effectué par les pôles RH des établissements, calculé par trentièmes selon le principe suivant : un trentième de rémunération en moins par mois quand on fait un jour de grève.

    Les jours de grève sont décomptés à la fin du mois et les retenues de salaire ne peuvent être étalés pour adoucir la fiche de paie des grévistes.

    Par ailleurs, « aucun jour de grève n’est transformable en jour de congé », a affirmé il y a quelques jours Guillaume Pepy devant des journalistes. Le PDG de SNCF Mobilités a rappelé que c’est l’ancien président de l’entreprise, Louis Gallois, qui avait demandé le non-paiement des jours de grève, tandis que lui-même avait décidé il y a dix ans que l’entreprise n’accepterait, en cas de conflit, ni l’étalement des retenues sur salaire, ni la transformation en jours de congés.

    Plateforme interne SNCF sur la grève.pdf

  • Dijon se lance dans l’« open payment »

    Dijon se lance dans l’« open payment »

    C’est une première en France, annonce Keolis qui a présenté le 27 mars le dispositif d’open payment mis en œuvre dans le tramway de Dijon, en partenariat avec Worldline, acteur du secteur des paiements : lorsqu’il monte à bord, l’usager peut désormais directement payer son titre de transport avec sa carte bancaire sans contact, sans qu’un ticket soit délivré. En cas de contrôle, la carte bleue est vérifiée grâce à des appareils spécifiques dont ont été équipés les agents. Le paiement est plafonné chaque jour : en cas de validation avec la CB plusieurs fois dans l’heure, seul 1,30 euro (prix du ticket horaire) sera débité. Et s’il y a plusieurs voyages différents dans la journée, le montant maximum sera de 3,90 euros (ticket journalier) afin de facturer le titre le plus avantageux. Pour obtenir un justificatif, on peut se rendre sur un site internet où on accède à son profil.

    L’open payment est pour l’heure déployé dans les deux lignes de tramways dijonnaises. A partir de septembre prochain, les principales lignes de bus suivront, et l’ensemble du réseau sera équipé avant la fin de l’année. 400 000 euros ont été investis par la collectivité à travers la DSP confiée à Keolis. 300 000 pour le système global et 100 000 pour l’achat des équipements. 200 000 euros sont mobilisés pour la campagne de communication (affichage dans les rames, en gare, achats d’espaces sur les réseaux sociaux…) et financés par les partenaires (Visa et le groupe BPCE avec la Caisse d’Epargne et Natixis). D’autres villes ont des projets similaires dans les mois à venir : Bordeaux en 2019, et Paris en 2020.

    Frédéric Baverez, le directeur exécutif France de Keolis, a listé les raisons qui l’ont poussé à choisir Dijon. Notamment le fait que la ville représente un « laboratoire » pour les innovations de l’opérateur, la première DSP de mobilité globale ayant d’ailleurs été signée à Dijon. Frédéric Baverez a aussi vanté le dynamisme du réseau et l’importance du nombre de voyageurs occasionnels. Ce sont eux les premiers visés par la solution de l’open payment. Keolis vise 700 000 utilisateurs de l’open payment en un an (soit 5 % des visiteurs annuels accueillis par Dijon). Une incertitude demeure : combien de détenteurs de passe vont-ils en profiter pour basculer sur le système par carte bancaire ? Keolis compte scruter les comportements des voyageurs ainsi que les éventuels freins à l’usage.

    Camille Selosse