Blog

  • Les nouveaux défis du Grand Paris Express

    Les nouveaux défis du Grand Paris Express

    La moitié de la vérité


    « Depuis le lancement de ce projet magnifique en 2009, on a beaucoup promis, je ne suis pas sûr qu’on ait toujours dit la vérité. » Le 22 février, le Premier ministre a voulu au contraire tenir un « langage de vérité » sur le Grand Paris Express (GPE). Il était temps. Et, c’est vrai, il s’est engagé sur ce chemin. Mais il n’est pas allé au bout.

    Edouard Philippe a rappelé que les neuf kilomètres de la ligne 14 ont été réalisés en neuf ans, alors qu’on veut aujourd’hui réaliser 200 km en 20 ans… Le métro parisien, de plus est assez peu profond. Entre 10 et 25 mètres. Pour le GPE, on sera plutôt entre 30 ou 40 m. Parfois même à 50. Plus compliqué. Plus long. Plus cher.

    Un kilomètre par an, c’est ce qu’on a fait récemment. Dix kilomètres par an, c’est ce qu’on veut faire. A Shanghai ce ne serait pas un problème : on y a construit 588 km en moins de 30 ans. Riyad ou Doha pourraient relever ce défi. Paris au début du siècle dernier n’en était pas loin. La première ligne a été inaugurée en 1900, comme il se doit pour les jeux Olympiques. En 1913, à la veille de la guerre, le réseau comptait huit lignes, totalisant 91 km, réalisés en quinze ans. Six kilomètres par an.

    Dans le Grand Paris d’aujourd’hui, qui peut y croire ? La promesse est énorme. Elle est maintenue. Elle ne sera pas tenue. Certes, le Premier ministre a usé dans son discours d’une commodité éprouvée : « à l’horizon 2030 ». Elisabeth Borne, la ministre des Transports, en précisant le calendrier n’y a pas eu recours. Le calendrier décidé le 22 février consiste donc à décaler, au sein d’une plage de temps officiellement inchangée, toute une masse de 2022 à 2024, une autre de 2024 à 2027, et le reste à 2030.

    En 2024, du fait de ce décalage, sur un total d’environ 200 km, ce ne sont plus, selon nos estimations à la louche, 120 km qui devraient être ouverts aux voyageurs en 2024, mais 70 km. Cela paraît plus raisonnable. Tout de même, 70 km à finir dans les six ans qui viennent alors que le premier tunnelier n’a pas encore commencé à creuser… Et 130 km dans les six ans qui suivent…

    En fait, comme on ne peut pas aller plus vite que la musique, après 2024, il risque de rester bien plus de 130 km à réaliser. Ce qui rend l’objectif 2030 encore plus farfelu. Le calendrier avancé le 22 février est, selon le Premier ministre, « extrêmement tendu, réaliste, tenable mais déjà tendu ». Tenable ? Non.
    La vérité du 22 février n’est pas la vérité vraie, que permettent de cerner les financements disponibles, les marchés passés, les capacités du BTP ou l’avancement des chantiers en cours. C’est la vérité recevable. Celle qui ne fait pas trop perdre la face aux maires qui vont retourner devant les électeurs en 2020. Ou aux présidents de conseil départementaux dont le sort est lié aux élections de 2021. Ou à l’Etat, qui est après tout la source du projet et des promesses inconsidérées.

    Et pourtant, cette demi-vérité, les élus la reçoivent très mal. Déjà, en 2012, quand il avait énoncé des choses semblables dans un rapport remis au gouvernement, Pascal Auzannet avait eu droit « au goudron et aux plumes ». Il l’a rappelé vendredi dernier devant le club VR&T.  Même bronca cette année. Au lendemain du 22 février, les présidents de conseil départementaux, de gauche, de droite, et Valérie Pécresse ont dénoncé dans un communiqué commun un « scandale d’Etat ». Les communiqués propres à chacun sont moins violents. Mais tous ensemble, les grands élus sont intenables. Si scandale d’Etat il y a, il n’est pas d’aujourd’hui, où l’on commence à raconter moins de calembredaines. Mais d’hier, quand l’Etat et la région ont tout promis et que tout le monde a fait semblant d’y croire ou s’est pris au jeu. Ils n’ont pas eu tort. On était dans une logique performative : énoncer le projet, c’était le rendre irréversible. Mais on est allé trop loin dans les promesses. D’où la difficulté d’atterrir.

    F. D.

     

    Décisions et déceptions

    Ligne 14 Nord
    Saint-Lazare – Mairie-de-Saint-Ouen – Saint-Denis-Pleyel
    8 km. 40 000 voyageurs/heure à l’heure de pointe.
    Anciennes dates :
    Saint-Lazare – Mairie-de-Saint-Ouen : 2019
    Mairie-de-Saint-Ouen – Saint-Denis-Pleyel : 2023
    Nouvelles dates :
    Saint-Lazare – Mairie-de-Saint-Ouen : 2020
    Mairie-de-Saint-Ouen – Saint-Denis-Pleyel : 2024

    Le prolongement nord de la ligne 14, de Saint-Lazare à Mairie-de-Saint-Ouen (5,8 km), était programmé par la RATP, maître d’ouvrage. Indépendant du GPE, il est essentiel au dispositif. Ce tronçon était récemment annoncé pour 2019. Mais, comme l’a rappelé Edouard Philippe, « un peu avant l’été 2016, la réalisation des parois moulées dans le cadre du prolongement de la ligne 14 avait conduit à une entrée de 30 000 à 40 000 mètres cubes d’eau et retardé le chantier d’environ 18 mois ». La RATP a revu les plannings pour résorber en partie ce retard, d’ordinaire estimé à environ treize mois. Quoi qu’il en soit, on annonce aujourd’hui le prolongement pour l’été 2020.

    Un retard très gênant pour les usagers de la ligne 13, pleine à craquer au nord, qui comptent sur la 14 pour respirer. 1 800 personnes exigeantes viennent de s’ajouter à ces usagers : le conseil régional d’Ile-de-France, qui s’installe en ce début d’année dans son nouveau siège, près de la station Mairie-de-Saint-Ouen, aujourd’hui desservie par la seule ligne 13. Valérie Pécresse pendait la crémaillère vendredi 9 mars. Si l’on avait respecté le premier calendrier, on aurait pu se rendre à la fête par la ligne 14 : le prolongement devait initialement être terminé « à l’horizon 2017 »

    La suite, de Mairie-de-Saint-Ouen à Carrefour-Pleyel (environ 2 km), prévue par la loi Grand Paris, est du ressort de la SGP. D’un point de vue opérationnel, cette séparation de maîtres d’ouvrage n’est pas ce qu’il y a de plus efficace. Cette dernière section était prévue en 2023. Cela reste le cas, même si elle figure avec le tronc commun de la 16 et 17 dans un ensemble de lignes prévu pour 2024. A priori, à temps pour les JO.

     

     

    Ligne 14 Sud
    Olympiades – Aéroport-d’Orly
    14 km. 300 000 voyageurs/jour
    Ancienne date : 2024
    Nouvelle date : sans changement

    Bien venue pour les jeux Olympiques (pas seulement, heureusement), cette ligne est censée être terminée au printemps 2024. Pas de marge. Il y avait donc une extrême urgence à passer les marchés de génie civil. Or ils ont été bloqués pendant plusieurs mois, le temps que le gouvernement revoie tout le dispositif. Le conseil de surveillance de la SGP, le 13 février, a adopté un budget provisoire permettant de notifier les marchés urgents.
    Pour la 14 Sud c’est la RATP qui les passe, la SGP lui ayant confié la maîtrise d’ouvrage. Mais il fallait aussi certaines signatures de la SGP. Bref c’est parti, et les premiers marchés de génie civil ont été passés par la RATP.
    Lot 1 à Léon Grosse/Solétanche Bachy.
    Lot 2 à Dodin Campenon Bernard/ Vinci Construction France /Vinci Construction Grands Projets/Spie Batignolles PPCI/Spie Fondations/ Botte Fondations.
    Lot 3 et 4 non encore attribués.
    La RATP en fait état dans un communiqué du 8 mars et se fixe pour objectif de faire de la ligne 14 « un axe essentiel pour les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024 ». Conformément au calendrier officiel inchangé mais peu vraisemblable.

     

    Ligne 15 Sud
    Pont-de-Sèvres – Noisy-Champs
    33 km. 300 000 voyageurs/jour
    Ancienne date : 2022
    Nouvelle date : 2024


    C’était un secret de Polichinelle. La 15 Sud, techniquement, ne pouvait pas être prête en 2022. La SGP a maintenu jusqu’au bout la fiction. Le Premier ministre a fait de cette ligne l’exemple de ce qu’il voulait éviter : « en 2014, elle était annoncée pour 2020, un an plus tard elle a été décalée en 2022 et […] elle n’arrivera pas avant 2024, ça n’est pas admissible, je pense qu’il eût été préférable de prendre dès le début les marges raisonnables. » Il serait bien venu de le faire aujourd’hui aussi. Certes, le Premier ministre n’annonce 2024 qu’avec la plus grande prudence. Des professionnels affirment plus directement : avant 2025, ce n’est pas tenable. Mais le Val-de-Marne s’en sort plutôt bien. Il y aura des retards dans l’exécution des travaux, et les riverains vont en pâtir, mais au moins tout est enclenché. Pour la ligne 15 Sud, ou pour le prolongement sud de la ligne 14. Pas surprenant. Le département, dès l’origine, a remarquablement travaillé le sujet. Et fait dans le cadre de l’association Orbival l’unité entre la droite et les communistes, entre Jacques J.-P. Martin et Christian Favier, pour porter un projet qui a toujours été présent dans les nombreux avatars du métro du Grand Paris.

     

    Ligne 15 Ouest
    Pont-de-Sèvres – Saint-Denis-Pleyel
    20 km. 600 000 voyageurs/jour
    Anciennes dates :
    Pont-de-Sèvres – Nanterre : 2025
    Nanterre – Saint Denis-Pleyel : 2027
    Nouvelle date :
    2030 (on n’annonce plus de phasage)

    Cinq ans dans la vue, c’est beaucoup pour un chantier qui n’a pas commencé. Les raisons de financement et de lissage selon les capacités industrielles sont sans doute fondamentales. Elisabeth Borne parle de « complexités inédites » des futurs travaux. C’est vague. Mais elle donne un exemple : « La construction d’une gare sous le quartier de La Défense. » Prévue sous les quelques milliers de tonnes de béton du centre commercial des Quatre-Temps dont il va falloir reprendre les fondations, cette gare est très compliquée à réaliser. Selon un professionnel, elle l’est plus encore que celle d’Eole qui nécessite la reprise, aujourd’hui en cours, des fondations des bâtiments abrités par le voile de béton du Cnit.

    Les usagers de l’AUT IDF regrettent vivement le report de la 15 Ouest. Pour deux raisons. La première vaut aussi pour la 15 Est : boucler la boucle de la 15 est ce qui permet le mieux de désaturer l’ensemble du métro parisien. C’était d’ailleurs l’un des objectifs du projet Métrophérique de la RATP dont, à l’issue d’une histoire compliquée, la ligne 15 reprend pour l’essentiel le tracé. Deuxième raison, c’est à l’ouest que les besoins sont le plus importants. 600 000 voyageurs/jour attendus : c’est deux fois plus que la 15 Sud. La 15 Ouest passe par la Défense. Quand on a dit ça, vu la structure de l’emploi en Ile-de-France, on a à peu près tout dit.

     

    Ligne 15 Est
    Saint-Denis-Pleyel – Champigny-Centre
    23 km. 300 000 voyageurs/jour
    Anciennes dates :
    Saint-Denis-Pleyel – Rosny-Bois-Perrier : 2025
    Rosny-Bois-Perrier – Noisy-Centre : 2027
    Nouvelle date : 2030 (on n’annonce plus de phasage)

    Même retard à l’est qu’à l’ouest. Elisabeth Borne parle de « risques géologiques particuliers dans la plaine centrale de Seine-Saint-Denis ». Ce retard n’a pas la même incidence qu’à l’ouest. Il ne s’agit pas, avec cette branche, de répondre à une très forte demande de transport, mais de permettre à la Seine-Saint-Denis d’être mieux reliée aux bassins d’emploi. Très important mais, en termes d’offre. Le département déplore donc le retard. Rappelons que cette ligne, grosso modo projetée par le réseau Métrophérique de la RATP, n’avait pas été retenue par Christian Blanc, et n’avait même pas été esquissée par le projet Arc Express du Conseil régional. Et n’avait pas été portée par le conseil départemental alors communiste. Le PC craignait, avec le métro et la relation directe avec la Défense, un bouleversement sociologique du département… que souhaitait au contraire Claude Bartolone, devenu en 2008 président de la Seine-Saint-Denis. La ligne, ajoutée grâce à l’accord Etat-région de 2011, est dessinée dans la foulée. Pas tout à fait le même poids que la 15 Sud historiquement portée par le Val-de-Marne.

     

     

     

    Ligne 16
    Saint-Denis-Pleyel – Clichy-Montfermeil – Noisy-Champs
    29 km (y compris le tronc commun avec la 17 d’environ 5 km). 200 000 voyageurs/jour
    Ancienne date : 2024
    Nouvelles dates :
    Saint-Denis-Pleyel – Clichy-Montfermeil : 2024
    Clichy-Montfermeil – Noisy-Champs : 2030

    « Si l’arrivée de la gare à Clichy-Montfermeil a été bien été confirmée pour 2024, quid du reste de la ligne ? Phaser la ligne 16 et ne pas la relier à la 15 Sud serait un véritable non-sens en termes d’exploitation et financiers », dit Stéphane Troussel.
    Officiellement, il n’est pas question de ne pas aller au bout. Mais on fait étape à Clichy-Montfermeil. En 2024, ce qui est très ambitieux. Mais politiquement, on ne peut pas dire le contraire. La desserte de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, c’est un marqueur fort du projet de métro du Grand Paris, depuis Nicolas Sarkozy et Christian Blanc jusqu’à Emmanuel Macron. Le président de la République, à Clichy-sous-Bois le 13 novembre dernier, a lui-même confirmé l’objectif 2024. On peut penser que la réalité des travaux en décidera autrement. Il faudra déjà, en partant vers l’est depuis la gare Saint-Denis-Pleyel, pousser assez vite au-delà du tronc commun de la 16 et de la 17, quasiment jusqu’à Aulnay, pour rejoindre le centre de maintenance du matériel, sans lequel ni la 16 ni la 17 ne pourraient fonctionner… En tout cas la 16 est bel et bien partie. Un énorme lot de génie civil de 1,7 milliard, a été attribué en février par la SGP à un groupement de génie civil emmené par Eiffage.
    Ligne 17
    Saint-Denis-Pleyel – Le Mesnil-Amelot
    20 km (sans compter le tronc commun avec la 16 de 5 km ni le tronçon de la seule 17 desservant Le Bourget). 130 000 à 160 000 voyageurs/jour
    Anciennes dates :
    jusqu’à CDG : 2024
    CDG – Mesnil-Amelot : 2030
    Nouvelles dates :
    Saint-Denis-Pleyel – Le Bourget-Aéroport (sous réserve) : 2024
    Le Bourget-Aéroport (ou débranchement du tronc commun) – Triangle-de-Gonesse : 2027
    Triangle-de-Gonesse – Le Mesnil-Amelot : 2030


    Pour Stéphane Troussel, « bien que la desserte des sites olympiques soit en grande partie confirmée, elle ne l’est pas en totalité. Or, ne pas réaliser la gare du Bourget-Aéroport pour les Jeux revient à tuer le village des Médias et l’opportunité d’urbaniser un quartier aujourd’hui trop routier. Cette desserte n’est pas une option technique, c’est une nécessité ». Sur la carte du gouvernement, la desserte de l’aéroport du Bourget est prévue pour 2024. Mais en pointillés. Car on saura bientôt, dit Elisabeth Borne, « s’il est techniquement possible de desservir la gare du Bourget-Aéroport pour les jeux Olympiques, les sites du Village Médias et du centre principal des médias étant situés à proximité ». Et « si tel n’est pas le cas ces sites seront desservis par un système de navettes ». Avancer l’hypothèse, n’est-ce pas déjà la retenir ?

    Au-delà de l’aéroport du Bourget, la ligne 17 doit aller jusqu’au triangle de Gonesse. Arrivée maintenant prévue en 2027 au lieu de 2024. Protestation de Marie-Christine Cavecchi qui regrette que la seule gare du Grand Paris située dans le département du Val-d’Oise, qu’elle préside, prenne trois ans dans la vue. De son côté, l’urbanisation du Triangle de Gonesse joue de malheur. Le 6 mars, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par des associations de défense de l’environnement, a annulé l’arrêté préfectoral créant la Zone d’aménagement concertée (ZAC), indispensable à la création du complexe de commerces et de loisirs Europacity, de 800 000 m² de bureaux ou de la gare du Grand Paris Express. L’urbanisation du Triangle et le métro vont de pair, chacun justifie l’autre et les deux vont mal.

    Au-delà de Gonesse, Roissy est promis en 2030 et non plus en 2024. La Seine-Saint-Denis déplore « une mauvaise nouvelle pour le territoire. Cette ligne permet de répondre aux besoins de desserte locale du bassin d’emplois de Roissy ». Un argument que contestent certains spécialistes du transport, pour qui ce bassin d’emplois étant vaste et dispersé, la solution métro n’est pas la plus adaptée. Pour sa part, du fait du faible trafic attendu, la Fnaut juge « incompréhensible le maintien de l’intégralité » de la ligne 17.

    Quant à la desserte de l’aéroport, il y a bien une solution de rechange (mais coûteuse pour l’usager), qui, comme la ligne 17, figure dans le dossier de candidature de la France aux JO : le CDG Express. Pas sûr non plus que cette promesse soit honorée.

     

    Ligne 18
    Aéroport-d’Orly – Versailles-Chantiers
    35 km. 100 000 voyageurs/jour
    Anciennes dates :
    jusqu’au CEA-Saint-Aubin : 2024
    CEA-Saint-Aubin – Versailles : 2030
    Nouvelles dates :
    jusqu’au CEA Saint-Aubin : 2027
    CEA-Saint-Aubin – Versailles : sans changement


    C’est le sujet le plus délicat. Ailleurs, les territoires se sont approprié le projet et peuvent se batte pour l’avoir, plus ou moins tôt, plus ou moins tard. Pour la 18, ce n’est pas le cas. Il n’y a pas d’unité dans le territoire. Déjà, l’accord « historique » du 26 janvier 2011 soulignait que la ligne faisait l’objet d’un désaccord, l’Etat voulant un métro, le conseil régional, sous la pression très forte des écologistes, demandant un BHNS. Les oppositions sont toujours là. Et localement fortes. Un jour un collectif de chercheurs demande le métro comme promis, un autre, le lendemain, met en cause sa légitimité. Et, quand bien même métro il y devrait y avoir, le gabarit retenu – celui du métro parisien – ne convainc pas tout le monde. Ni, le choix de passer sous les champs, etc. Des défenseurs de l’environnement contestent avec de sérieux arguments le projet. Les grands élus tiennent. A commencer par la présidente de la région, élue des Yvelines et ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, très attentive au développement du territoire de Saclay. Selon elle « sur le plateau, la colère gronde ».
    A l’issue d’une réunion de travail avec le préfet de région, Valérie Pécresse et François Durovray (président du conseil départemental de l’Essonne) ont rappelé qu’à leurs yeux « s’il est indispensable d’accompagner le développement du plateau par des solutions de desserte locale de type bus, il est illusoire d’imaginer que cela suffirait à remplacer un métro, seul à même d’assurer une desserte efficace depuis Paris et le développement de ce grand pôle ». Ils demandent au gouvernement d’utiliser « des pistes d’optimisation possible pour une mise en service anticipée de la ligne ».
    Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau, et président de l’Union des élus pour la ligne 18, « demande un rétroplanning opérationnel précis de la réalisation de la ligne 18 ». Et veut revoir le projet d’aménagement du plateau : « Il n’est pas possible de poursuivre l’urbanisation du plateau de Saclay au même rythme après le report de la ligne 18. »
    On dit le ministère des Transports opposé à une ligne que le trafic escompté ne justifie pas. Un tramway ? Mais la loi Grand Paris indique un métro. En reviendra-t-on à une piste avancée en son temps par Pascal Auzannet, le prolongement d’Orlyval ? Ou à la solution cousine, celle d’un Val en PPP, esquissée par la RATP, du temps de Pierre Mongin, avec Bouygues et Siemens ? Keolis, aussi l’an dernier, avait invité à revoir cette ligne, ainsi que d’autres, en ayant plus largement recours au viaduc. Politiquement, techniquement, la ligne 18 n’est toujours pas bien calée.

     

    Sept mots-clés

    Dépassement
    Passer de 25 à 35 milliards d’euros (à la louche) c’est ce qui a fait bondir le gouvernement et a valu à la SGP de se faire étriller par la Cour des comptes. Cela dit, comme le fait remarquer Bertrand Lemoine, ancien directeur général de l’Atelier international du Grand Paris, lors de la dernière séance du Club VR&T, des dépassements de cet ordre sont monnaie courante. En se fondant sur les travaux d’un chercheur danois qui a examiné 85 grands projets dans le monde, Bertrand Lemoine rappelle qu’en moyenne, pour un coût estimé à 1, on arrive à 1,45. Ce n’est pas une raison pour s’en satisfaire, mais la sous-estimation des coûts, comme la surestimation des retombées économiques ou de la vitesse de réalisation font partie du jeu. Et permettent de se lancer un projet qui sinon ne sortirait pas… Le problème avec le Grand Paris, c’est qu’on est passé de 1 à 1,3 avant que les travaux aient vraiment commencé.

    Economies
    Le Premier ministre souhaite que l’on parvienne à une économie d’environ 10 % par rapport aux estimations actuelles. Pas facile, car tout n’a pas été compris dans le devis. Il a cité quatre gares dont les travaux d’interconnexion n’ont pas été intégrés. S’il doit encore gonfler, comment dans l’autre sens le faire baisser ?
    Il y a une piste qu’évoque volontiers Valérie Pécresse : renoncer aux gares cathédrales. Politiquement difficile depuis qu’on a fait rêver les maires avec de somptueuses maquettes. Cela peut-il rapporter beaucoup ? Grosso modo, les gares représentent le tiers du coût du génie civil. Et, sur ce tiers, l’émergence ne représente qu’environ 15 %. La partie émergée de l’iceberg. Le gros de la masse et des coûts est ailleurs : la « boîte de la gare », les quais et les sorties avec leurs escalators, sorties coûteuses, puisqu’on est en profondeur… Sur ces sujets, la grosse économie a déjà été faite à la suite du rapport Auzannet et du choix de rames courtes et donc de quais courts pour les lignes 16 et 17.
    Reste que le coût des gares a été gonflé par le choix qu’a fait la SGP de ne pas les standardiser, en privilégiant paradoxalement une esthétique municipale plutôt que métropolitaine. Leur entretien en sera rendu plus coûteux. Un bon connaisseur de la ligne 14 invite à se méfier des « moutons à cinq pattes ». Changer un carreau de la belle « lentille », station Saint-Lazare, coûte 4 000 euros (chiffre dont nous avons demandé la confirmation à la RATP sans avoir jusqu’à présent de réponse).
    Reste d’autres pistes d’économies. Augmenter la part des lignes construites en viaduc, qui est d’aujourd’hui 10 % du total. C’est ce qu’a proposé Keolis pour les lignes 16, 17 et 18 dans une contribution sur l’optimisation des coûts du Grand Paris Express. On pourrait faire sur les tronçons concernés une économie d’environ 30 à 40 % en génie civil.

    Effectifs
    Le Premier ministre a confirmé ce qu’il avait déjà dit. L’effectif de la SGP est aujourd’hui plafonné à 200 personnes. Il faut plus de monde pour qu’elle puisse pleinement jouer son rôle de maître d’ouvrage. C’est un point sur lequel insistent particulièrement Christian Favier, le président communiste du Val-de-Marne, ou Jacques Baudrier, conseiller PC de Paris et grand connaisseur du dossier. Des communistes qui veulent qu’une société publique recrute c’est dans l’ordre des choses. Mais il s’agit en l’occurrence de recruter pour mieux gérer. Dépenser des millions d’euros en salaires, pour éviter d’en payer des centaines auprès d’entreprises trop peu contrôlées. Faire en sorte que la volonté d’économiser ne conduise pas à dégrader le projet : en supprimant des sorties de métro moins nombreuses ou en renonçant à des interconnexions.

    Financement
    On ne présente plus Gilles Carrez qui, sans surprise, a été chargé par le gouvernement de prévoir le nouveau financement. On pensait que le 22 février, le Premier ministre présenterait, avec le calendrier, une solution pour le financement des surcoûts. Ce n’a pas été le cas. Mais le député LR chargé du dossier ne semble pas inquiet. La solution de recettes affectées perçues en Ile-de-France lui semble toujours la bonne. En fait, la seule. Impossible de faire payer des travaux que l’on dit pharaoniques à l’ensemble du pays. Trop risqué de s’en remettre à l’annualité budgétaire. Quant aux promesses de l’Etat, on sait ce qu’elles valent : l’Etat devait apporter 4 milliards, puis a dit qu’il n’en donnerait qu’un et finalement n’a rien versé. On devrait donc garder la solution des taxes franciliennes affectées et ajouter quelque 200 millions aux 550 millions aujourd’hui perçus. Mais sur qui vont-elles peser, selon quel dosage  ? Les personnes ? Les m² de bureaux ? Les nuitées des hôtels ?

    Gouvernance
    Philippe Yvin, président du directoire de la SGP depuis quatre ans (décret du 20 février 2014) va être remplacé. A l’heure où nous écrivons, le nom de son successeur n’est pas connu. En tout cas, pas de nous, même si quelques noms nous parviennent. La décision ne devrait pas être prise avant le prochain conseil de surveillance de la SGP, le 22 mars. Mais la gouvernance ne se résume pas au nom du président du directoire. Avoir un conseil de surveillance où siègent, de droit, les présidents de conseil départementaux et la présidente du conseil régional, tous chauds partisans du projet, est-ce la meilleure idée ? La Cour des comptes en doute : « La composition du Conseil de surveillance qui avait répondu à l’objectif initial de parvenir à élaborer un projet consensuel à l’égard des grands élus d’Ile-de-France, tout en garantissant la majorité aux représentants de l’Etat, ne lui apporte pas l’expertise nécessaire sur les sujets techniques et financiers. »
    Oublis
    Les travaux d’intermodalité de quatre gares n’ont pas été intégrés. Sur les quatre, trois n’ont pas été étudiées. C’est le Premier ministre qui le dit, sans donner la liste de ces gares. Il s’agit de Bry-Villiers-Champigny, de la correspondance de Saint-Denis-Pleyel avec la ligne H, de Verts-de-Maisons et de Bois-Colombes. Seule cette dernière a été étudiée. Cette carence, c’est ce qu’il reste d’une ignorance générale des coûts d’intermodalité, dénoncée par l’exécutif régional du temps de Jean-Paul Huchon, et particulièrement par Pierre Serne. Ce qui avait permis de sous-estimer la facture.
    Prolongement
    On ne parle pas du prolongement de la ligne 11 de Rosny-Bois-Perrier à Noisy-Champs. Les pointillés qui la font aujourd’hui figurer sur les cartes semblent lui promettre les calendes grecques. Cette ancienne branche d’une provisoire ligne orange a été retirée de l’enveloppe SGP pour devenir le prolongement d’une ligne de métro RATP. Une façon qu’avait trouvée la RATP de renforcer sa présence dans le jeu, et de se consoler d’avoir été privée d’une ligne 14 prolongée jusqu’à Roissy. Une ligne prolongée, c’est de l’exploitation assurée sans appel d’offres, au moins jusqu’en 2039. Un premier prolongement de la 11, jusqu’à Rosny-Bois-Perrier, est en cours. La RATP est censée automatiser la ligne, à l’occasion du prolongement suivant. Une étape qu’on dit socialement délicate. Les négociations ne sont pas près de s’ouvrir.

  • Les trains à grande vitesse low cost débarqueront en 2019 en Espagne

    Les trains à grande vitesse low cost débarqueront en 2019 en Espagne

    Dix ans après le démarrage de la grande vitesse complète entre Barcelone et Madrid, Renfe prépare désormais le lancement de trains à grande vitesse et à bas coûts, les « Smart train EVA ». Le ministre espagnol des Transports, Iñigo de la Serna, vient de le préciser, ces trains devraient relier en 2019 l’aéroport catalan de Prat à Madrid à un tarif inférieur de 20 à 25 % à ceux de la grande vitesse actuelle (AVE).

    Les billets, accessibles uniquement via Internet, intégreront les transports connexes (métro, banlieue, bus). Les rames « 100 % connectées » offriront des services innovants et des technologies de pointe, les clients actuels de Renfe étant invités à sa « cocréation ». Elles circuleront chaque jour avec cinq fréquences par sens entre Madrid – Saragosse – Tarragone et Prat, cet aéroport au sud de Barcelone servant de base à des dessertes ultérieures de ce type vers la Péninsule. Les trains EVA(síon), s’affichant en rouge avec des portes jaunes, ciblent une population qui à ce jour préfère la voiture (jeunes, familles, petits groupes) ainsi que les correspondances avec l’avion. Cousins lointains du TGV français à bas coûts Ouigo, ils permettront aussi d’armer la Renfe face à la prochaine concurrence européenne. Sur Barcelone – Madrid, l’AVE a en 2017 obtenu une part de marché de 65 % face à la voie aérienne.

    Michel Garicoïx

  • La concurrence s’intensifie sur le créneau des scooters en libre service à Paris

    La concurrence s’intensifie sur le créneau des scooters en libre service à Paris

    « Coup » passe à la vitesse supérieure. Alors que la start-up allemande (groupe Bosch) ne proposait jusqu’alors que 600 scooters électriques en libre service à Paris, elle va tripler le nombre de ses deux roues en les portant à 1 700 d’ici la fin avril. Soit un niveau équivalent à celui déjà proposé par la start-up française Cityscoot qui était jusque-là la mieux implantée sur le territoire parisien.

    L’extension à certaines communes limitrophes est prévue en mai, annonce Coup, qui affirme aussi parier sur des véhicules plus design et plus puissants avec son nouveau modèle le Gogoro2 disposant « d’un siège plus confortable et d’un coffre plus spacieux ». Le coût reste inchangé pour les utilisateurs : un tarif fixe de 4 euros la demi-heure (même si la location ne dure que quelques minutes), puis un euro par 10 minutes supplémentaires. A cela s’ajoutent des formules à la journée ou la nuit (à la différence de Cityscoot qui arrête son service à 23 heures). Pour assurer son développement, Coup France prévoit le recrutement d’une dizaine de personnes (25 personnes travaillent pour Coup à Paris actuellement).

    La société ne communique pas sur le nombre de personnes qui ont utilisé son service depuis son arrivée dans la capitale mais se borne à indiquer que les trajets durent en moyenne 17 minutes et que le vandalisme est faible, ce qui est « une agréable surprise », selon Maureen Houel, la directrice générale de Coup France.

    Reste que pour se développer, tous les opérateurs ont des intérêts communs à faire valoir aux collectivités qui les accueillent sur leur territoire, estime Maureen Houel. « Ce sont de nouveaux services, de nouveaux usages. Nous comprenons qu’il faut les réguler, mais il faut aussi que les collectivités portent des messages qui expliquent, qui rassurent… », ajoute-t-elle.

    D’où sa proposition pour trouver un dispositif gagnant-gagnant : « Coup s’engage sur cinq points en contrepartie de cinq engagements de la part des collectivités », explique-t-elle. Elle propose d’éduquer les utilisateurs à ce nouveau service, en leur apprenant notamment à se garer. La start-up a également décidé de stopper son service en cas d’aléa comme elle l’a déjà fait lors des derniers épisodes de neige, vent, ou verglas, et à intervenir rapidement si le deux roues gêne d’autres services (pompiers par exemple). Elle s’engage aussi à assurer un haut niveau de service et de sécurité et se dit prête à participer à l’élaboration de nouvelles règles avec les collectivités. En contrepartie, elle demande un soutien financier apporté à l’opérateur et à l’utilisateur, par exemple sur le modèle du soutien de la région Ile-de-France au covoiturage (financement de deux euros pour chaque trajet). Elle défend aussi la possibilité d’emprunter les voies de bus pour faciliter la circulation et réclame de nouvelles conditions de stationnement, qui passent par exemple par la gratuité ou par la création de places s’il en manque. « Il faut repenser le partage de l’espace public et élaborer des règles harmonisées au minimum à l’échelle de la métropole ou de la région », précise la patronne de Coup France, en espérant « pourquoi pas, à plus long terme, pouvoir disposer de voies dédiées aux scooters électriques ».

    M.-H. P.

  • La position immuable de la CGT Cheminots

    La position immuable de la CGT Cheminots

    Pas de surprises dans la position de la CGT, qui affirme vouloir contribuer de façon positive au débat public sur l’avenir du ferroviaire et ne pas apparaître uniquement comme un syndicat contestataire. Dans un rapport intitulé L’avenir du service public ferroviaire et contre le statu quo libéral, présenté le 7 mars, la fédération des cheminots repousse une à une les affirmations de Jean-Cyril Spinetta dans son rapport remis au gouvernement mi-février. Selon elle, rien n’oblige la France à ouvrir le secteur à la concurrence en raison notamment de l’état de délabrement du réseau. « Cela fait partie des exceptions prévues dans les textes européens. C’est donc un choix politique du gouvernement, mais ce n’est pas une contrainte technique », explique Laurent Brun, secrétaire général de la fédération des cheminots depuis un peu plus d’un an, qui réaffirme ainsi la posture de toujours de la CGT, farouchement opposée à la concurrence.

    La fédération affiche des objectifs de forte croissance du rail : il faudrait, estime-t-elle, que la part modale du ferroviaire soit portée à 25,2 % pour le transport de marchandises (moins de 10 % aujourd’hui) et à 25 % pour les voyageurs (un peu plus de 11 %), grâce à une politique favorable au chemin de fer. Elle estime qu’il faudrait apporter trois milliards d’euros annuels supplémentaires. Pour cela, la dette doit être reprise par l’Etat dans une structure de défaisance, par le biais de la création d’une caisse d’amortissement de la dette ferroviaire de l’Etat (Cadefe), qui libérera le système ferroviaire des intérêts de la dette (46,6 milliards d’euros de dette pour la seule SNCF Réseau). Pour bénéficier de nouvelles ressources, la CGT Cheminots suggère de créer une écotaxe poids lourds, de nationaliser les autoroutes concédées, ce qui permettrait « de se débarrasser du système des péages », et d’affecter ces nouvelles ressources à la Cadefe.

    Elle propose aussi de flécher intégralement la TICPE (qui a rapporté au total 28,5 milliards d’euros sur les produits pétroliers en 2016) sur le financement des infrastructures. « Ces recettes sont largement suffisantes pour financer la totalité des infrastructures de transport, dans une logique de développement durable qui doit se mettre en place progressivement », indique la CGT qui demande aussi que la SNCF doit redevenir une entreprise unique et intégrée. Et pour rendre le système plus efficace, il faut conserver le statut, affirme la CGT, en affirmant que « personne n’est capable de nous démontrer que le statut coûte plus cher ».

    La fédération, qui devait présenter son rapport au Premier ministre le 13 mars en présence de Philippe Martinez, déplore la « logique d’audition » et non pas de « concertation » mise en place par le gouvernement. Elle attend de connaître le 14 mars le texte gouvernemental l’autorisant à recourir aux ordonnances puis le projet stratégique de la SNCF que Guillaume Pepy doit remettre aux pouvoirs publics le 15 mars. C’est aussi ce jour-là que les quatre syndicats représentatifs à la SNCF doivent faire savoir s’ils choisissent de déclencher un conflit.

    M.-H. P.

  • Thierry Mallet : « En France, nous avons de nouvelles opportunités de croissance »

    Thierry Mallet : « En France, nous avons de nouvelles opportunités de croissance »

    Thierry Mallet était, le 8 février, l’invité du Club Ville Rail & Transports. L’occasion pour les participants de poser leurs questions au PDG de Transdev. Des Assises de la mobilité à la concurrence des bus en Ile-de-France, en passant par les TER, les cars Macron, les expériences de véhicules électriques à Rouen, le péage urbain, les bus électriques aux Pays-Bas et en France…

     

    Cela fait un an et demi que vous avez pris les rênes de l’entreprise. Quel état des lieux pouvez-vous dresser ?

    bus Transdev Pays-Bas
    Transdev est présent dans 18 pays en plus de la France. (Ci-dessus, à Amsterdam où l’exploitant fait circuler 300 bus électriques.)

    « Transdev, c’est 83 000 hommes et femmes qui transportent dix millions de personnes chaque jour. L’entreprise a réalisé 6,7 milliards d’euros de CA l’an passé, dont 63 % à l’international [résultats de 2016, ceux de 2017 étant attendus en mars, NDLR]. La France reste son premier marché, avec 34 000 salariés et 19 000 véhicules, puis arrivent les Etats-Unis, l’Allemagne où Transdev est le deuxième opérateur ferroviaire régional, les Pays-Bas où nous faisons circuler 300 bus électriques. Nous sommes aussi présents en Suède, en Australie, en Nouvelle-Zélande… dans 18 pays, sans la France. En France, les Assises de la mobilité, la future loi d’orientation et l’ouverture du fer à la concurrence vont nous offrir des opportunités de croissance. C’est en France que beaucoup d’innovations sont mises en œuvre avant

    Côté ferroviaire, l’exploitant fera jouer son expérience internationale. Il est par exemple le deuxième opérateur ferroviaire régional en Allemagne (ici dans le Land de Saxe-Anhald).

    d’être exportées. Mais il arrive aussi qu’on y importe le savoir-faire d’autres pays, comme l’électromobilité des Pays-Bas ou le yield managment, l’expérience clients des Etats-Unis. »

    Vous avez comme actionnaires la Caisse des dépôts et Veolia qui veut se retirer. On pensait que cette question d’actionnariat serait réglée l’an dernier, elle ne l’est pas, où en est-on ?
    « La Caisse des dépôts détient 70 % de notre capital. C’est un actionnaire historique et un partenaire fort qui nous accompagne dans notre développement. D’ailleurs, le transport est clairement dans la feuille de route du nouveau directeur général de la Caisse. Veolia a, en revanche, annoncé depuis longtemps sa volonté de sortir de notre capital. Il faut lui trouver un remplaçant, en prenant le temps de trouver le bon partenaire. Cela pourrait être un industriel qui nous permettrait d’accélérer notre croissance à l’international. Veolia a aussi la possibilité de demander à la Caisse de lui racheter ses parts fin 2018. D’ici à la fin de l’année, il faut que ce soit réglé. »

    Rapports Duron, Spinetta et projet de loi mobilité, qu’en attendez-vous ?
    « La démarche des Assises a été extrêmement positive. En partant du terrain, elle a permis de faire connaître des solutions et de remonter des idées. En ce qui concerne les infrastructures, la priorité doit être mise sur la mobilité du quotidien et l’entretien du réseau existant. Nous sommes en phase avec le gouvernement et attendons qu’il fasse des choix, car il n’y a rien de pire que les non-choix. Or, le rapport Duron c’est un menu avec plusieurs options. Il va falloir trancher. Mais la question est bien posée. Il faut remettre à niveau le réseau ferré et routier. L’enjeu ce sont les financements. Je pense qu’avant d’en chercher de nouveaux, il faut chercher à faire des économies. Rajouter de nouvelles taxes n’est pas le bon mode de fonctionnement. On a besoin d’un cadre financier clair. Pour cela il faut préserver le versement transport sans l’augmenter. Il faut jouer sur plus d’efficacité dans l’exploitation. Moduler les tarifs en faisant payer davantage les usagers, quitte à accorder la gratuité à certaines classes sociales. Les péages urbains sont aussi une piste intéressante. Quand on regarde l’exemple de Stockholm, l’argent du péage urbain a servi à renforcer les transports publics. Et cela peut être une solution pour lutter contre l’autosolisme. C’est un moyen intelligent d’organiser la ville. On peut mettre en place un système de tarification intelligent et social avec le digital. Le fer paye pour l’usage du rail, l’automobile paye les autoroutes. En ville, il y a une bataille pour l’usage de l’espace urbain. Pourquoi ne pas faire payer l’entrée des villes ? En augmentant le tarif des infractions au stationnement on est arrivé à faire payer davantage les gens qui jusque-là ne le payaient pas, et certains ont renoncé à leur voiture pour ne pas avoir à payer 25 euros de parking par jour. Cela a libéré des places pour se garer. Et a eu un effet positif. C’est une première brique vers l’instauration d’un péage. »

    Comment améliorer l’offre dans les déserts de mobilité ?
    « 40 % de la population ne bénéficient pas d’offre de transport. Il y a deux catégories de déserts de mobilité. Il y a les zones périurbaines, où des gens qui travaillent dans les métropoles sont allés habiter pour faire des économies, mais où, faute de transport, ils sont obligés de posséder deux voitures. L’enjeu est de prendre en charge ces zones. Une solution a émergé aux Assises de la mobilité, celle de la gare autoroutière de Briis-sous-Forges (91), qui permet aux habitants de rejoindre par bus la gare de Massy TGV et RER en laissant leur voiture au parking, avec un départ toutes les cinq minutes. Cela a permis de recréer de la densité et de remettre du cadencement, indispensable pour que le multimodal fonctionne.

    Les autres déserts de mobilité, ce sont les zones rurales pour lesquelles il faut inventer des solutions, notamment autour de mobilités solidaires. On pourrait s’inspirer de ce village néerlandais où, en tant qu’opérateur, nous formons des chauffeurs bénévoles et mettons à disposition des véhicules dix places pour transporter les gens à la demande. Cela s’appelle le door bus. Il y a aussi plus de covoiturage à organiser. On pourrait aussi mutualiser le transport médical pour le déplacement des habitants. Et il faut des plateformes pour que les gens soient au courant des possibilités offertes. Il n’y a pas de solution unique. A chaque territoire ses caractéristiques et ses solutions à inventer. »

    Concernant la mise en concurrence du TER, vous souhaitiez, il y a un an, que l’on se lance rapidement dans une expérimentation, sans attendre que tout soit réglé. Il n’y a toujours pas eu d’expérimentation. Où en est-on ?
    « Plus que d’expérimentation, on a besoin d’anticipation. L’ouverture à la concurrence est prévue pour 2023. Si on ouvre en 2020, ce sera bien. Mais il y a des sujets qui ne sont pas encore réglés comme l’accès à l’information et aux données. Il faut aussi regarder les enjeux de transfert de matériel roulant, d’accès aux dépôts et organiser les transferts de personnel. On a travaillé sur la façon d’assurer les transferts des équipes SNCF vers un nouvel opérateur. On devrait disposer cette année d’une loi d’ouverture à la concurrence pour commencer à anticiper. L’objectif de tout cela, c’est l’amélioration de la qualité de service. Aujourd’hui, lors de chaque appel d’offres, on veut plus de monde transporté pour moins cher. A nous de trouver des solutions en faisant des rabattements, des cadencements, en renforçant certaines lignes ou en les remplaçant par des cars. Il y a de vrais gains à chercher dans l’organisation du fer. »

    Quel est l’intérêt d’ouvrir à la concurrence ?
    « L’ouverture à la concurrence, si elle est bien faite, permet de réduire les coûts. En Allemagne le prix du train-km régional est de neuf euros contre 18 euros en France. C’est une grosse différence. S’il n’a pas de mise en concurrence, il n’y aura pas de pression et les efforts nécessaires pour réduire les coûts ne seront pas faits. Si on ouvre à la concurrence, cela se fera, mais pas instantanément. Il faudra du temps. Il y a un transfert obligatoire du personnel à réaliser, mais pas des conditions de travail. On peut trouver des gains de productivité en faisant plus avec les mêmes équipes. »

    ZOE véhicule autonome Rouen Transdev
    C’est à Rouen que Renault et Transdev vont expérimenter un service de transport à la demande sur route ouverte réalisé avec un véhicule autonome.

    Parlez-nous de votre expérience de mise à disposition de véhicules électriques pour tous à Rouen ?

    « Transdev et Renault vont expérimenter un service de transport à la demande avec des ZOE autonomes sur route ouverte. L’objectif est de regarder la réaction des gens et de tester la technologie en milieu non dédié. C’est une étape pour aller vers le robot-taxi. La prochaine étape sera un système où les véhicules ne seront pas indépendants des infrastructures. Où celles-ci leur donneront des informations afin d’assurer un niveau de sécurité maximale. C’est ce qu’on veut mettre au point à Rouen. »

    Pour les applications, vous dites vouloir lutter contre Google. Comment ?
    « L’application Moovizy à Saint-Etienne a pour objectif de rendre les déplacements intermodaux plus faciles. Moovizy inclut transport public, train, voiture, parking, permet d’acheter des billets, donne de l’info… l’application est utilisée par 35 000 utilisateurs/jour, le même niveau que Google. Ce qui prouve que si on colle au terrain, qu’on bénéficie du nom du réseau local et qu’on fait un produit adapté, on peut avoir un service bien meilleur que ce que propose Google qui reste global. L’enjeu c’est la mobilité locale. »

    On a assisté à la concentration du marché des cars longue distance. Que compte faire Transdev ?
    « C’est un marché important, un vrai succès commercial. Il y avait une vraie demande de mobilité. Le service proposé est de haut niveau, avec des cars confortables équipés de Wi-Fi. Les gens sont ravis. Certes le niveau de prix est très bas, 4 centimes du km, mais c’est un marché important à mi-chemin entre transport privé et public. Transdev n’a pas envie d’en sortir. »

    En IDF vous êtes candidat ou vous le serez sur tous les appels d’offres, les prochains trams, le câble, CDG Express, le métro du Grand Paris Express. Comment et pourquoi être candidat partout ?
    « L’Ile-de-France est une région importante pour Transdev qui y réalise 550 millions d’euros de CA, soit 10 % de son activité. C’est une zone où il y a peu d’appels d’offres. Il n’y a donc rien d’étonnant à se positionner partout. On va voir s’il y a une vraie volonté de l’Etat d’ouvrir à la concurrence. »

    Pour le Grand paris express, vous serez face à la RATP et Keolis, deux géants du métro automatique, ce qui n’est pas votre cas. Allez-vous passer des alliances ?
    « Vous le saurez le moment venu. Nous ferons en sorte d’avoir une bonne proposition. »

    Quelle est votre approche du marché international ?
    « C’est un axe de développement logique. La France et les Pays-Bas sont des marchés matures où la croissance attendue est faible. Et puis il y a l’Allemagne, les Etats-Unis, le Canada, l’Asie, où nous avons une capacité à grandir plus importante, où il y a des projets « Greenfield ». En France, cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu d’opportunités. Nous espérons profiter du Grand Paris Express, mais notre croissance à l’international sera supérieure à celle de la France. »

    Pour gagner de nouveaux marchés à l’international, avez-vous une stratégie d’alliance ou d’achat de concurrents ?
    « Sur des territoires neufs, un rachat peut avoir du sens. Mais si cela ne crée pas de synergie, ce n’est pas la voie naturelle. On préfère l’appel d’offres. On a racheté un opérateur de rail et de ferry à Stockholm. Nous n’avons pas fait de grosses acquisitions. »
    Un mot pour conclure ?
    « Avec la loi mobilité et le début d’ouverture à la concurrence, la mobilité est à un moment clé de son évolution. Dans les prochaines années, les modes lourds vont rester dominants, car on ne pourra pas les remplacer par des véhicules autonomes. Mais leur arrivée va poser la question du transport et de l’espace urbain. Cela va amener des débats passionnants. »
    Propos recueillis par Valérie Chrzavzez-Flunkert

  • Flixbus va inaugurer de nouvelles lignes ferroviaires en Allemagne

    Flixbus va inaugurer de nouvelles lignes ferroviaires en Allemagne

    Après avoir relancé il y a six mois en Allemagne, avec l’opérateur tchèque LeoExpress, la société ferroviaire locomore qui était en faillite, Flixbus s’attaque à de nouvelles lignes ferroviaires mais cette fois-ci sous ses propres couleurs. A compter du 24 mars, l’opérateur de cars longue distance va proposer un trajet Hambourg – Cologne via Düsseldorf à partir de 9,99 euros sur son site www.FlixTrain.com. Mi-avril, la ligne Berlin – Stuttgart via Francfort, jusqu’alors exploitée par Locomore, passera à son tour sous la bannière FlixTrain, l’entité créée par Flixbus l’an dernier pour se développer sur le créneau ferroviaire. « Le service à bord comprend des prises à chaque siège ainsi que le Wi-Fi gratuit », précise l’opérateur allemand dans un communiqué.

    Un partenariat a été mis en place avec LeoExpress et BahnTouristikExpress. « Comme pour les cars, nous faisons appel à des partenaires privés qui font rouler les trains. FlixTrain s’occupe de la commercialisation et de la commande des sillons », explique un porte-parole de Flixbus. Pour le moment, la fréquence sur les deux lignes est d’un aller-retour quotidien cinq jours sur sept. Mais la fréquence devrait augmenter au moment des vacances de Pâques et d’été, ajoute-t-il.

    MH P

     

     

  • La ligne 14, encore une fois pionnière

    La ligne 14, encore une fois pionnière

    Pour Eric Cazeaux, le CEO de Siemens Mobility France, le contrat de renouvellement et d’extension de la ligne 14 représente un grand challenge : le remplacement du système d’automatisme sans conducteur par un système de nouvelle génération, sans impact sur l’exploitation.

    Ville, Rail & Transports. Vous venez de remporter auprès de la RATP le contrat pour le renouvellement et l’extension des automatismes de la ligne 14. Quelles en sont les particularités ?

    Eric Cazeaux. Nous allons offrir des fonctions similaires à celles qui sont déjà déployées sur la ligne 1 et à celles qui sont en cours de déploiement sur la ligne 4, et nous leur apporterons quelques améliorations. Surtout, le système de transmission radio sera nouveau et particulièrement robuste vis-à-vis de cyberattaques. C’est un risque auquel il faut apporter une très grande attention.

    Mais le principal challenge de cette opération, la caractéristique essentielle, c’est que nous allons pour la première fois « resignaliser » – passez-moi l’expression – un système d’automatisme sans conducteur, en déployant le nouveau système à la place de l’ancien, sans impact sur l’exploitation. Nous allons ainsi moderniser toute la partie de la ligne 14 existante et étendre le nouveau système à l’ensemble de la ligne.

    VR&T. Cette référence vous positionne « idéalement pour les contrats en cours ou à venir », avez-vous déclaré. Pourquoi ?

    E. C. La ligne 14 est prestigieuse. Elle a été la première ligne de métro lourd au monde à être automatisée sans conducteur. Tout le monde la connaît. Moderniser la ligne 14 a une image très forte dans la profession. Et travailler avec la RATP, qui est un grand opérateur, est très valorisant pour nous. Nous avons un long partenariat avec la RATP. Nous apportons le meilleur de nos ingénieurs et la RATP apporte le meilleur de ses exigences. C’est à la fois, parfois, une confrontation et une coopération de longue date. Nous avons d’excellents ingénieurs, et ce partenariat nous pousse à développer des systèmes d’automatismes toujours plus performants. C’est un « win-win ».

    VR&T. Quels contrats avez-vous en vue ?

    E. C. Pour commencer, les automatismes des lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express. L’appel d’offres est en cours. Chaque concurrent a déjà remis deux offres. Nous nous attendons à nous voir demander prochainement notre offre finale, qui pourrait être remise vers le mois de juin.

    VR&T. Et quels marchés ailleurs, en France et dans le monde ?

    E. C. San Francisco prépare la modernisation de son métro. Il y a des projets de métros automatiques au Moyen-Orient, où l’on regarde de près ce qui se passe à Paris. Il y a des projets aussi en Asie du Sud, en Corée et en Chine.

    Autre point important, C’est un même système d’automatisme que celui de la ligne 14 qui équipe nos CityVal ou nos Airval. Nous venons de remporter le contrat pour l’aéroport de Bangkok. Nous serons en mesure d’annoncer très prochainement le gain d’un deuxième aéroport international. J’espère que la ville de Toulouse fera de même pour l’équipement de la troisième ligne de métro automatique. Il y a des projets à New York, pour les aéroports de la Guardia ou de Newark.

    En Asie du sud-est, on relève des projets aussi bien de métros feeders que de dessertes d’aéroports. Je pense à l’aéroport de Kuala Lumpur, à celui de Singapour qui va construire un terminal géant doublant les capacités de l’aéroport et devra être connecté à l’aéroport existant. Ou encore à l’extension du métro de Bangkok, ou à des feeder lines en Corée et en Chine.

    VR&T. Quel ordre de grandeur représente un contrat comme celui de la ligne 14 ?

    E. C. Quelques dizaines de millions d’euros. Ce n’est pas énorme, comparé au coût de construction d’un réseau du métro. Mais la valeur ajoutée est très grande.

    Propos recueillis par François Dumont

  • Année record pour Keolis Lyon

    Année record pour Keolis Lyon

    2017 s’affiche comme une année record pour Keolis Lyon. Selon nos informations, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 380 millions d’euros et un bénéfice de 5,7 millions d’euros. Une situation et un niveau de profitabilité que la société lyonnaise et vitrine du groupe n’avait jamais connus jusqu’à présent, même lors des périodes de fortes fréquentations des années 2010. Si Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis Lyon, n’a pas révélé ces chiffres lors de la présentation des vœux au personnel le 30 janvier, il a surtout annoncé « une distribution de 40 % des bénéfices qui représente 1,5 % du chiffre d’affaires 2017 ».

    C’est donc un montant de plus de 2,2 millions d’euros qui sera attribué aux quelque 4 500 salariés au titre de la participation. Le montant s’explique par une couverture optimale des dépenses par les recettes et une reprise sensible de la fréquentation, de bon augure alors que le Sytral et les TCL s’apprêtent à fêter les 40 ans du métro lyonnais en mai 2018.

    Claude Ferrero

  • Pau dévoile son bus à hydrogène

    Pau dévoile son bus à hydrogène

    Pau, qui se veut pionnière en France en lançant la première ligne de bus à hydrogène, a présenté le 28 février son futur véhicule à haut niveau de service baptisé Fébus, en honneur à la lignée des Gaston, comtes de Foix et vicomtes de Béarn. Attendu en septembre 2019, ce bus propre circulera sur une voie dédiée actuellement en chantier sur six kilomètres de rues.

    Il ira de la gare à l’hôpital, soit 14 stations, un parcours de 17 minutes et à un cadencement toutes les huit minutes. Long de 18 mètres, le bus fonctionnera « sans aucune nuisance » avec des batteries à hydrogène garantissant une autonomie de 240 km : les huit unités dessinées par Julien Gaubert (un ancien de Courrèges) sont en construction chez le belge Van Hool avec le concours de l’énergéticien Engie. Chacun pourra accueillir 125 passagers, et 1,2 million de voyageurs par an sont attendus pour démarrer.

    Michel Garicoix

  • Mitsubishi fournira à Tokyo le premier CBTC pour un métro japonais

    Mitsubishi fournira à Tokyo le premier CBTC pour un métro japonais

    Alors que le Japon est à la pointe dans de nombreux domaines du secteur ferroviaire, la mise en œuvre du CBTC commandé fin février par le métro de Tokyo à Mitsubishi Electric est une première pour un métro nippon.

    Jusqu’à présent, le CBTC (communication-based train control, c’est-à-dire contrôle-commande des trains par télécommunications) n’avait été commandé au Japon que par JR East, il y a quatre ans, pour les trains de desserte locale de la ligne Joban (au nord-est de Tokyo). Le fournisseur était alors Thales, qui travaille également en consortium avec Mitsubishi Heavy Industries sur le futur métro de Doha.

    Cette fois, c’est une autre composante de Mitsubishi qui équipe une ligne de métro japonaise, avec un système basé sur des algorithmes d’authentification propriétaires. La livraison comprendra dans un premier temps des équipements radio pour une branche de la ligne Marunouchi de Tokyo entre Nakano-Sakaue et Honancho (3,2 km et deux stations intermédiaires), ainsi que l’équipement radio embarqué sur le train qui assurera les essais. Ces derniers doivent être suivis d’un déploiement sur l’ensemble de la ligne Marunouchi (27 km, 28 stations) « d’ici la fin de l’année fiscale 2023 ».