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  • Les utilitaires diesel bientôt interdits à Strasbourg

    Les utilitaires diesel bientôt interdits à Strasbourg

    Les véhicules utilitaires diesel seront interdits au centre-ville de Strasbourg en 2021. Pour les camionnettes de livraison dépourvues de pastille Crit’Air ou correspondant à la catégorie 5 (véhicules antérieurs à 2001), cette interdiction sera effective dès l’année prochaine. « La logistique ne doit plus être le parent pauvre de nos politiques de mobilité », propose Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, qui entend contraindre les exploitants à « organiser des plates-formes de distribution en périphérie et à mettre en cause les circuits existants ». Les horaires de livraison seront revus dès 2018 avec une autorisation de circuler jusqu’à 10h30 le matin contre 11h actuellement. Les véhicules non polluants (GNV, électrique) bénéficieront d’une heure de bonus, jusqu’à 11h30.
    Ces restrictions de circulation concerneront uniquement le centre historique de Strasbourg (moins de 2 kilomètres carrés), en grande partie piétonnier. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ce secteur est fréquenté, en moyenne, par 3 600 véhicules de livraison chaque jour. En interdisant le diesel, la mairie de Strasbourg entend contraindre les livreurs à utiliser leurs véhicules les plus modernes. Plusieurs initiatives (chariots électriques de Chronopost, véhicules électriques de Geodis) ont pourtant échoué ces dernières années. « Les technologies sont mûres, mais elles ne seront pas mises en œuvre sans cadre contraignant », estime Jean-Baptiste Gernet, adjoint en charge des Mobilités alternatives. Au centre de Strasbourg, certains restaurateurs ont renoncé à sortir leurs terrasses le matin ou à servir des petits-déjeuners, parce que leurs clients se disent incommodés par la présence des véhicules de livraison.

    Olivier Mirguet

  • La mission de Jean-Cyril Spinetta sur la refonte du modèle ferroviaire déjà sous tensions

    La mission de Jean-Cyril Spinetta sur la refonte du modèle ferroviaire déjà sous tensions

    En présentant le 16 octobre la mission sur la refonte du modèle ferroviaire confiée par le gouvernement à Jean-Cyril Spinetta, Elisabeth Borne a montré qu’elle soutenait certaines demandes portées de longue date par les dirigeants de SNCF Mobilités. Ceux-ci réclament en effet depuis plusieurs années une diminution du montant des péages auxquels sont soumis ses TGV. Message bien reçu par la ministre des Transports qui demande à l’ancien président d’Air France d’engager une réflexion globale sur la pertinence économique du système et de s’interroger sur la tarification du réseau. « Le montant des péages du réseau est très élevé, ce qui incite la SNCF à augmenter ses tarifs et dissuade les voyageurs. L’utilisation du réseau n’est pas optimale », estime Elisabeth Borne qui semble prête à revoir cette tarification à la baisse. D’autant, précise-t-elle, que « c’est un levier majeur des politiques des transports ».

    Jean-Cyril Spinetta devra aussi examiner « la performance industrielle et commerciale des acteurs, mais en tenant compte du fait que l’Etat et d’autres font peser beaucoup de contraintes sur la SNCF sans en assumer les coûts », poursuit la ministre. Elisabeth Borne cite à plusieurs reprises ces TGV qui quittent leur zone de pertinence (les lignes à grande vitesse) pour desservir des liaisons régionales. « Il y a clairement un travail à faire, en collaboration avec les régions, sur l’articulation entre dessertes TGV et TER, indique-t-elle, avant d’ajouter : « Pour faire un parallèle avec l’aérien, on ne dessert pas Brive avec un A380 ! » Autant de déclarations qui devraient mettre du baume au cœur des dirigeants de la SNCF.

    Enfin, Jean-Cyril Spinetta doit aussi plancher sur la reprise de la dette par l’Etat, à propos de laquelle SNCF Réseau tire la sonnette d’alarme depuis des années. Rappelons que cette dette de SNCF Réseau atteint aujourd’hui 45 milliards d’euros, qu’elle est en hausse de trois milliards d’euros chaque année et qu’elle file vers les 65 milliards d’euros à l’horizon 2025. Toutes les modalités de prise en charge et de remboursement de la dette sont envisageables, assure Elisabeth Borne, en précisant qu’il faudra trouver « un modèle soutenable ».

    Deuxième grande mission figurant sur la feuille de route, l’ancien président d’Air France devra définir la place du ferroviaire dans les mobilités, en fonction des besoins et de la zone de pertinence de chaque mode (y compris les véhicules autonomes). « Il s’agit de déterminer là où nous devons investir en priorité, a expliqué la ministre des Transports. Nos priorités iront aux transports du quotidien. C’est pourquoi le train est indispensable : il assure le mass transit. Il le fait en Ile-de-France, mais très peu dans les autres principales métropoles, où l’utilisation des trains régionaux est limitée. » Un travail complémentaire à celui que réalisera le comité sur les infrastructures présidé par Philippe Duron, qui doit notamment plancher sur le financement dans le cadre des Assises de la mobilité.

    Enfin, troisième chantier : la préparation de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. La libéralisation doit toucher les grandes lignes (TGV) d’ici à 2020 et les lignes conventionnées (TER et TET) avant la fin 2023. « Certaines régions nous ont fait savoir qu’elles souhaitent ouvrir leurs lignes à la concurrence. Il faut avancer avec elles et ne pas attendre la dernière minute, souligne Elisabeth Borne. Jean-Cyril Spinetta devra formuler des propositions par exemple sur le transfert des personnels ou encore examiner avec les régions quel sera le sort des matériels, des ateliers de maintenance ou de l’information voyageurs, poursuit-elle. Il faudra donner des perspectives à tous les acteurs. » Il faudra aussi statuer sur l’évolution du rattachement de la gestion des gares.

    Le tout devra être mené grande vitesse : le gouvernement souhaite que la transposition des dispositions du 4e paquet ferroviaire soit effective avant le 25 décembre 2018, ce qui implique de ne pas traîner si on veut tenir les délais.

    « Je verrai très vite l’ensemble des acteurs, les parlementaires, les présidents de région et leurs collaborateurs, tous les opérateurs, l’UTP, le Gart, l’Arafer, les clients et leurs représentants et les organisations syndicales de la branche et de la SNCF », répond Jean-Cyril Spinetta qui compte s’appuyer sur les « nombreux et récents rapports de grande qualité rédigés sur le ferroviaire ».

    Le délai qui lui est donné – une remise du rapport en janvier 2018 – n’est pas excessif ! reconnaît-il. Cela sur fond de tensions déjà perceptibles. A peine Elisabeth Borne avait-elle fait part de ses doutes sur la pertinence économique des dessertes TGV, qui sont déficitaires pour 70 % d’entre elles, que des voix se sont élevées pour s’indigner de cette possible remise en cause. « Après la régionalisation de certains trains d’équilibre du territoire (TET) en 2016 et 2017 – qui s’est globalement traduite par le désengagement de l’État sur le réseau des lignes nationales secondaires – Villes de France déplore que SNCF Mobilités, comme l’État qui reste autorité organisatrice des transports ferroviaires au niveau national, opte pour un système ferroviaire à deux vitesses, conçu sur un mode « origine-destination » de « métropoles à métropoles », au mépris du reste du territoire », écrit l’association dans un communiqué, rappelant que « les élus des Villes de France demandent plus de cohérence d’ensemble, et réclament depuis plusieurs années que soit mis en œuvre un schéma national de desserte ferroviaire ». Sa présidente, Caroline Cayeux, a aussitôt demandé à être reçue rapidement par Elisabeth Borne, la ministre des Transports.

    De son côté, Bernard Aubin, secrétaire général du syndicat First et fin observateur du monde ferroviaire qui relate ses impressions sur son blog Le Hérisson du Rail, rappelle qu’aucune conclusion n’a pour l’instant été prise. Mais, ajoute-t-il, « les expressions subliminales du gouvernement sur la SNCF laisseraient penser que les principales décisions, que ce soit en termes de mobilité ou d’avenir de la SNCF ont d’ores et déjà été arrêtées ».

    M.-H. P

  • Henri Poupart-Lafarge défend l’accord Siemens–Alstom devant des élus peu convaincus

    Henri Poupart-Lafarge défend l’accord Siemens–Alstom devant des élus peu convaincus

    Entendu le 11 octobre par les commissions des affaires économiques de l’Assemblée nationale et du Sénat, Henri Poupart-Lafarge a tenté de rassurer des élus inquiets à double titre. Un, chacun pour le site de sa circonscription ou proche d’elle. Deux, tout le monde pour l’avenir de l’industrie ferroviaire française et la formation d’un champion européen (on s’en félicite), dominé par un actionnaire majoritaire allemand (on s’en alarme). Les appréhensions sont proches, quelle que soit la couleur politique des élus. Et manifestées de façon plus virulente à l’Assemblée nationale qu’au Sénat.

    Le PDG d’Alstom n’était pas venu devant les élus avec de grandes annonces. Mais avec la volonté de convaincre que, vu les menaces de la concurrence asiatique, et surtout chinoise, la fusion Alstom-Siemens Mobility était le meilleur accord possible. Si l’on s’inquiète des sites, le premier geste qui symbolisera l’union des deux géants européens, souligne-t-il, ce sera « l’accueil, à Saint-Ouen, siège du nouveau groupe, des collègues de Siemens ». Et, sur le fond, il présente les deux groupes comme complémentaires. Dans les métiers ; le point fort d’Alstom étant le matériel roulant, celui de Siemens la signalisation. Dans les produits : pour la grande vitesse, l’Allemagne et Siemens ont développé une « version premium » de relations grandes lignes maintenues, alors que la France a remplacé les grandes lignes par le TGV (voir aussi l’entretien avec Jean-Baptiste Eymeoud). Dans les tramways, Siemens s’est surtout concentré sur le marché de renouvellement des réseaux d’Allemagne ou d’Europe centrale, alors qu’Alstom, du fait de la suppression totale des trams en France, a été conduit au moment de leur retour à réinventer le véhicule, avec notamment le plancher bas. Géographiquement aussi les deux groupes sont, selon Henri Poupart-Lafarge complémentaires, Alstom, avec ses grands sites en Inde, en Afrique du sud, étant plus mondialisé que son partenaire allemand, plus présent sur l’Europe centrale et orientale. Reste que les cultures d’entreprise ne sont pas les mêmes, et que le rapprochement entre un Alstom que ses dirigeants ont voulu à la fois globalisé et décentralisé et un Siemens au contraire centralisé ne va pas être simple. Henri Poupart-Lafarge, on ne s’en étonnera pas, n’a pas insisté sur ce qui a longtemps opposé les deux groupes alliés : l’adossement de chacun à un opérateur historique extrêmement puissant, les deux attelages, DB + Siemens, SNCF + Alstom, soutenus par leurs Etats, s’étant battus pour le leadership européen dans des batailles où les mauvaises manières n’ont pas manqué. Il y a des années le tandem français dénonçait les manœuvres allemandes qui empêchaient les Thalys d’aller à Francfort. Dernièrement, Siemens renonçait à se présenter pour les grands appels d’offres de matériel roulant en Ile-de-France, jugeant qu’il n’avait aucune chance dans ce que certains responsables appelaient une république bananière. Les noms d’oiseaux ne volettent plus, le grand groupe va prendre son essor et c’est tant mieux, Alstom est enfin sorti d’un « stand alone » qui n’a à vrai dire jamais trompé grand monde. Reste que les élus n’ont pas tort de s’inquiéter de l’avenir des sites. Dans la bataille qui s’annonce, il ne faudrait tout de même pas se tromper dans l’analyse et accuser Siemens des destructions d’emplois qui pourraient accompagner la formation du géant européen. Cela fait des années, avant même que l’on ne parle des Chinois et que CRRC ne soit né, que l’on dit que l’industrie ferroviaire européenne est en surcapacité, et que trois grands dans le secteur, c’est beaucoup. La réduction de trois à deux a pris plus de temps qu’on ne le pensait. Cette fois, on y est.

    F. D.

  • « TGV 20-20 : nous serons prêts fin 2017-début 2018 »

    « TGV 20-20 : nous serons prêts fin 2017-début 2018 »

    Entretien avec Jean-Baptiste Eymeoud, senior vice président France d’Alstom.
    Ville, Rail & Transports. On entend parler de retard dans le TGV 20-20 et Les Echos ont récemment parlé d’un sérieux problème de coût. On entend dire que la SNCF n’est pas très partante. Guillaume Pepy à qui nous avons posé la question s’étonne de la rumeur et se dit « enthousiaste ». Quelle est la vision d’Alstom, partenaire de la SNCF ?

    Jean-Baptiste Eymeoud. Nous menons sur ce projet un travail de fond, assez révolutionnaire, qui comporte des centaines d’innovation. Plus de 400 personnes des deux sociétés, venues de tous les établissements, de tous les sites, ont travaillé à la cospécification du train. Nous devons aboutir rapidement.
    Les critères de prix sont très importants. Nous voulons gagner, comme nous l’avons dit en signant l’accord, des gains de l’ordre de 20 %, par rapport au prix actuel d’une rame qui est d’environ 30 millions d’euros. 20 % sur le coût d’acquisition, 25 % sur le coût de maintenance, 25 % sur le coût de consommation énergétique.
    Nous sommes en train de finaliser tout cela, nous vérifions l’ensemble afin d’arriver à un chiffrage avant la fin de l’année. Nous procéderons alors à une validation de ce chiffrage et nous espérons que notre partenaire passera commande en début d’année prochaine.

    VR&T. Il n’y a pas si longtemps, Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Economie, annonçait les premiers TGV du futur pour 2017 !

    J.-B. E. Je ne vais commenter d’anciens projets, je ne peux parler que du partenariat avec SNCF que nous avons signé en avril 2016. Nous attendions une décision engageante fin 2017. C’était peut-être un peu ambitieux, mais on peut penser que nous serons prêts fin 2017-début 2018.

    Je vous rappelle que ce partenariat est venu d’un appel d’offres innovant, conduisant à la cospécification du matériel. Nous nous sommes donné 18 mois pour réussir, sous réserve que tous les critères soient remplis. Nous passerons alors à la phase de conception détaillée, puis à la réalisation de trains d’essais. La production industrielle ne pourra intervenir qu’après la phase d’homologation, assez longue, qui prend environ 15 à 18 mois. Nous ne rentrerons donc pas en production avant la fin 2022.

    VR&T. On dit que vous espérez 200 trains sur le marché français, mais que la SNCF n’est prête à en commander que 50…
    J.-B. E. Je ne vais pas commenter ce que SNCF pourrait nous commander. Je veux surtout souligner que cet accord est gagnant-gagnant pour SNCF et pour nous. Nous avons tous besoin de faire un vrai saut qualitatif dans la grande vitesse. Pour SNCF, c’est stratégique aussi. Ce train, ce sera son TGV des pour les 30 prochaines années.

    En parallèle, le programme « TGV du futur » que nous menons en partenariat avec l’Ademe, sert à définir un train qui peut être vendu à l’export, le premier étant l’Avelia Liberty pour Amtrak aux Etats-Unis.  Nous espérons vendre à l’export  200 trains.

    VR&T. L’accord avec Siemens ne va-t-il pas tout chambouler ?

    J.-B. E. Nous en sommes aujourd’hui aux phases de consultation de nos partenaires sociaux, nous aurons ensuite à présenter le dossier à Bruxelles et aux autorités de régulation partout où nous sommes présents. Nous avons pris l’engagement de maintenir des sites pendant quatre ans, en France et en Allemagne. Quatre ans à partir de la signature de l’accord, ce qui veut plutôt dire cinq ans à partir d’aujourd’hui. Le TGV 20-20 sera fabriqué dans nos sites.

    VR&T. Cependant, on annonce déjà 470 millions d’euros d’économies dues aux synergies. Cela ne concerne pas la grande vitesse ?

    J.-B. E. Dans ce domaine, comme dans d’autres d’ailleurs, nous sommes complémentaires avec Siemens. La France veut surtout du TGV à deux niveaux, alors que le système allemand, ICE, puis Velaro, est un système d’automotrices à un niveau. De plus, en France, le business est très orienté sur la capacité. Il n’y a pas de conflit. Il y a aura sans doute des synergies à trouver, mais sur des sous-systèmes.

    Ce qui importe aujourd’hui c’est que la commande du TGV 20-20 va générer des investissements au niveau industriel. A La Rochelle comme à Belfort, où l’on fait déjà la conception des rames pour Amtrak.

    VR&T. Quelles sont les perspectives pour les autres volets de l’activité française ?

    J.-B. E. L’activité est très orientée sur l’Ile-de-France et la mobilité quotidienne. Nous avons répondu à l’appel d’offres du métro du Grand Paris Express : pour le matériel roulant, la signalisation et l’infrastructure. Nous remettons dans quelques mois la première offre pour le métro fer de la RATP. Il s’agit de renouveler le matériel de quatre lignes du métro parisien, livré dans les années 70. Nous attendons aussi des marchés de RER. Dans les régions, des agglomérations ressentent des besoins de matériel nouveau, comme Marseille pour le métro ou d’autres villes pour des tramways. Et, en fin d’année, nous remettrons notre offre pour les Intercités, Marseille – Bordeaux, Paris – Clermont, Paris – Limoges. Et puis, c’est très important pour le site français de Belfort même si c’est de l’export, nous nous félicitons d’être attributaire pressenti pour 30 locomotives destinées au Maroc.

    Propos recueillis par F. D.

  • Une nouvelle présidente pour le Sytral

    Une nouvelle présidente pour le Sytral

    Fouziya Bouzerda, seule candidate, est élue présidente du Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise). Elle succède à Annie Guillemot qui a choisi de conserver son poste de sénatrice. Fouziya Bouzerda, 46 ans, également adjointe centriste au Commerce à la ville de Lyon et vice-présidente à l’Economie de la Métropole de Lyon, a été enseignante en droit de l’urbanisme et avocate. Aux municipales de 2014, elle a soutenu Gérard Collomb, ce qui lui vaut d’avoir aujourd’hui les rênes du Sytral.

    Claude Ferrero

  • Cars Macron : la nouvelle stratégie d’isilines

    Cars Macron : la nouvelle stratégie d’isilines

    Si le nombre de voyageurs transportés par les cars Macron continue de croître, (1,65 million de voyageurs durant le deuxième trimestre 2017, en hausse de 22 % comparé au trimestre précédent et de +10 % par rapport au second trimestre 2016 selon l’observatoire mis en place par l’Arafer), des inflexions apparaissent. Ainsi, les liaisons transversales transportent désormais 47 % des passagers, contre seulement un tiers début 2016. Ou encore la recette kilométrique moyenne par passager augmente (+13 % par rapport au trimestre précédent), mais cela n’empêche pas les trois opérateurs qui rivalisent sur ce marché d’afficher de lourdes pertes.

    Mais si l’on en croit Hugo Roncal, le directeur général d’Eurolines/isilines, arrivé aux commandes il y a un peu plus d’un an, le plus petit opérateur, isilines, tirerait mieux son épingle du jeu.

    La filiale de Transdev fait certes figure de Petit Poucet : isilines assure en moyenne 15 % des départs quotidiens alors que Ouibus en réalise la majorité, avec 55 %, et que Flixbus en propose 30 %, selon les chiffres de l’Arafer. Mais c’est aussi, à en croire Hugo Roncal, celle qui remplit le mieux ses autocars : le taux de remplissage serait supérieur de presque un quart à celui de Flixbus et de Ouibus. « L’occupation de nos véhicules oscille entre 55 et 60 % alors que celui des deux autres transporteurs est de 40 % en moyenne », affirme Hugo Roncal. Ce résultat s’explique selon lui par une stratégie différente : « Nous ne faisons pas une course au volume pour rentabiliser nos investissements. Nos principaux investissements (comme des bureaux, des gares routières…) ont été réalisés depuis longtemps du fait de la longue existence d’Eurolines. Aujourd’hui, nous investissons principalement dans le digital et la sécurité », souligne-t-il.

    La stratégie d’isilines a connu un tournant avec l’arrivée de Hugo Roncal : constatant la très forte saisonnalité de l’activité, le directeur général a décidé d’adapter l’offre en fonction de la demande, ce qui impose une forte modularité et d’organiser la logistique et la sous-traitance en conséquence. Pour cela, la filiale de Transdev s’appuie sur des sociétés d’autocars qui réalisent une activité touristique importante, leur permettant de ne pas dépendre que d’une seule activité et d’avoir les reins plus solides pour s’adapter en fonction des flux.

    Autre décision, annoncée fin septembre lors du salon top Résa à Paris, la marque isilines va être déployée sur toutes les activités touristiques de Transdev. « Il s’agit de rationaliser et de passer d’une cinquantaine de marques à une seule, pour être plus visible. L’idée est de donner une unité commerciale dans les différentes régions et permettre de faire le lien entre activité touristique et cars Macron. Cela concerne près de 600 cars », explique Hugo Roncal.

    « Aujourd’hui, nous disposons d’un réseau assez équilibré. Nous ne sommes pas dans une phase de création de lignes mais plutôt d’optimisation, résume-t-il. Nos lignes sont bien connectées au réseau européen d’Eurolines. On propose beaucoup de lignes transversales, des liaisons de nuit… Tout l’enjeu est de savoir augmenter les fréquences, ou certains points d’arrêts au bon moment de l’année. » Selon lui, les prix de vente ont augmenté de 20 % ces derniers mois grâce au yield management.

    Conséquence, les pertes sont en train de fondre, assure Hugo Roncal. En 2016, elles se sont élevées à 20 millions d’euros (pour un chiffre d’affaires non dévoilé, son directeur général indique seulement qu’Eurolines réalise la grande majorité des 45 millions d’activités incluant isilines). Elles devraient se limiter cette année à quelques millions, « pas plus que les doigts d’une main », affirme Hugo Roncal. L’équilibre est attendu à l’été 2018. Alors que des pronostiqueurs affirment que le marché va continuer à se restructurer (deux acteurs ont déjà disparu depuis la libéralisation du secteur) et qu’il devrait se resserrer autour de deux opérateurs, Hugo Roncal croit au contraire à la force de ces trois transporteurs qui devraient rester encore longtemps sur le marché.

    M.-H. P

  • La métropole Aix-Marseille-Provence veut créer «  un consortium des financements  »

    La métropole Aix-Marseille-Provence veut créer «  un consortium des financements  »

    La métropole Aix-Marseille-Provence a adopté un agenda Mobilité ambitieux, qui définit les projets à mener jusqu’en 2025. Elle cherche maintenant comment financer les 3,5 milliards d’euros d’investissements envisagés. Elle a profité de la venue d’Elisabeth Borne le 10 octobre sur le salon des RNTP organisé à Marseille pour réclamer l’aide de l’Etat. « L’Etat doit assumer deux responsabilités : d’une part dans le retard historique pris sur notre territoire en matière d’infrastructures (nous sommes par exemple la région qui a le moins de kilomètres de voies ferrées) ; d’autre part, l’Etat doit assumer une part de responsabilité dans la création de la métropole (Aix-Marseille-Provence est né le 1er janvier 2017) », souligne Jean-Pierre Serrus, le vice-président de la métropole chargé des Transports.

    La métropole souhaite la création « d’un consortium des financements » disposant de recettes pérennes – un peu comme les taxes en Ile-de-France destinées au Grand Paris –, permettant à l’Etat de l’accompagner financièrement avec une programmation pluriannuelle. Interpellée, la ministre des Transports a indiqué que le gouvernement était conscient que l’agenda Mobilité de la métropole Aix-Marseill-Provence « est une priorité ». Elle a aussi rappelé qu’une réflexion sur la gouvernance et le financement est engagée dans le cadre des Assises de la mobilité. « Des collectivités nous disent : nous aussi, on a des idées sur le financement. J’entends parler de redevances sur les bureaux, de TICPE régionale… tout cela fait partie des pistes envisageables », a-t-elle ajouté.

    M.-H. P.

  • La Cour des comptes européenne pousse au déploiement de l’ERTMS

    La Cour des comptes européenne pousse au déploiement de l’ERTMS

    La Cour des comptes européenne (ECA) préconise le démantèlement obligatoire des systèmes de signalisation ferroviaire nationaux afin de favoriser le déploiement de l’ERTMS. Dans un rapport adopté le 9 octobre, elle recommande à la Commission de s’entendre avec les Etats sur « des objectifs chiffrés [de démantèlement] réalistes, coordonnés et juridiquement contraignants ».

    Ni la législation de l’UE ni le nouveau plan de déploiement européen de l’ERTMS adopté en janvier 2017 ne prévoient un démantèlement obligatoire. Cela pourrait donc changer puisque la Commission, dans ses réponses au rapport, prend l’engagement de « travailler avec les Etats membres afin de fixer des dates limites à partir des plans de mise en œuvre nationaux [que les Etats devaient lui fournir à l’été 2017, NDLR], permettant ainsi de parvenir à un consensus concernant des objectifs juridiquement contraignants ».

    La promesse est applaudie par le lobby européen des entreprises ferroviaires, la CER, qui souligne que l’absence d’échéance de démantèlement reste un obstacle à la planification des investissements des compagnies ferroviaires. « Nous réclamons un tel plan de démantèlement depuis longtemps, explique la CER à VR&T. C’est nécessaire pour tirer les bénéfices de l’installation de l’équipement ERTMS à bord des trains. Pour nous, il est important de disposer d’un parcours de migration fiable afin de soutenir les décisions d’investissement. »

    Selon l’ECA, les financements nécessaires à l’équipement des principaux axes ferroviaire européens pourraient atteindre au total 80 milliards d’euros d’ici 2030. Et jusqu’à 190 milliards d’euros à l’horizon 2050 pour l’équipement du réseau global. Une estimation qui inclut la totalité des coûts, y compris « la rénovation du système d’enclenchement d’itinéraires, la conception, les essais et l’autorisation, la gestion de projets, les investissements liés aux centres de télécommunications et de bloc radio, la formation et la réaffectation du personnel ou encore la gestion de la migration », précise la Cour.

    Pour établir ses calculs, la Cour a extrapolé à partir des chiffres danois et néerlandais, deux pays qui ont choisi de déployer l’ERTMS à grande échelle. Dans ces Etats, le coût moyen de déploiement au sol s’élève à lui seul à 1,44 million d’euros par kilomètre de ligne.

    A côté des montants globaux, la Cour recommande à la Commission d’analyser le coût total par Etat membre et à réfléchir à des mécanismes financiers qui permettraient de « renforcer l’intérêt économique » du déploiement. Des recommandations là encore saluées par la CER, pour qui « des solutions innovantes pour diminuer les coûts de la migration des systèmes nationaux vers l’ERTMS sont indispensables ».

    Isabelle Smets

  • Paris veut interdire les véhicules à essence à partir de 2030

    Paris veut interdire les véhicules à essence à partir de 2030

    Après avoir annoncé qu’elle interdirait les véhicules diesel en 2024, la mairie de Paris a indiqué le 12 octobre qu’elle bannirait également les véhicules roulant à l’essence à partir de 2030. La Ville, qui prépare son nouveau plan climat air énergie territorial, le justifie par la décision de Nicolas Hulot, le ministre de l’Ecologie, de ne plus autoriser le diesel et l’essence à compter de 2040. Si on veut atteindre cet objectif, « cela implique que la sortie du diesel et de l’essence intervienne plusieurs années avant en zone urbaine, et en particulier dans les grandes villes », explique Paris, qui veut accompagner « le développement des alternatives et le renforcement des aides financières incitant les particuliers et les professionnels à acheter des véhicules propres ». Dans un communiqué du 12 octobre, l’Hôtel de Ville indique que « des échanges avec les constructeurs automobiles vont se poursuivre dans les prochains mois, notamment dans le cadre du C40, pour les associer pleinement à cet objectif ».

  • Elisabeth Borne annonce une rencontre internationale sur les innovations

    Elisabeth Borne annonce une rencontre internationale sur les innovations

    Elisabeth Borne doit installer le 17 octobre le comité d’orientation sur les infrastructures présidé par Philippe Duron. « Après la pause annoncée en juillet par le président de la République, nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase avec le lancement de ces travaux », a souligné la ministre des Transports en inaugurant le 10 octobre les Rencontres nationales du transport public (RNTP). « Je crois que nous avons fait preuve de courage, nous avons tenu un discours de vérité. Mais une pause ne fait pas une politique à elle seule. Mon horizon, c’est une politique au service de tous et de tous les territoires », a-t-elle ajouté.

    Dans un contexte budgétaire contraint, la ministre veut surtout s’appuyer sur de nouveaux outils facilitant la mobilité comme le concept Maas (Mobility as a service) souvent évoqué au cours des RNTP et qui est testé en Finlande, en Suède ou en Grande-Bretagne. « Du fait de la richesse des offres en France, il est difficile d’imaginer de nouveaux modèles », estime Elisabeth Borne qui a annoncé l’organisation le 24 novembre d’une rencontre internationale des innovations dans les mobilités, pour aider à la mise au point de modèles disposant du « meilleur standard mondial ».

    Par ailleurs, interpellée sur la suppression, dans le projet de loi de finances, de la prime pour l’achat d’un vélo électrique, elle a affirmé « qu’en l’état, cette prime ne permettait pas de répondre aux besoins ». Mais, a-t-elle ajouté, « comme nous sommes attachés au soutien des mobilités actives, le débat lancé dans le cadre des Assises doit permettre d’imaginer de nouveaux outils de soutien ».

    M.-H. P