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Transdev remplacera Keolis en Artois Gohelle
La lutte sans merci que se livrent Transdev et Keolis sur le territoire national est plus vive que jamais. Concourant pour gérer les transports publics de Lille, actuellement exploités par Keolis, Transdev vient déjà de remporter une belle victoire dans le Nord : selon nos informations, le conseil syndical du SMT Artois Gohelle, l’autorité organisatrice des transports, doit valider le 29 septembre le choix de Transdev pour remplacer Keolis.
Le contrat qui durera sept ans porte sur 450 millions d’euros. Il concerne un vaste territoire (115 communes composant les agglomérations de Lens-Liévin, Hénin-Carvin et Béthune-Bruay) abritant 600 000 personnes, soit le 7e périmètre de transports urbains de France par son étendue et sa population, selon le SMT.
M.-H. P.SNCF Immobilier fait l’état des lieux un an après sa création
Le site parisien de la gare de Lyon-Daumesnil va faire l’objet d’une véritable mutation. La friche urbaine contient sur 6 hectares et 700 m de long l’ancien tri du TGV postal une zone d’avitaillement des trains vétuste ou encore l’ancien gril d’entretien des locos. Elle va se métamorphoser en nouveau quartier de la capitale. Libération du site : 2018. Première phase achevée en 2021 avec 600 logements, bureaux, commerces, crèche, école, un jardin et une promenade pour piétons et vélos reliant la gare au boulevard de Bercy, soit, promet-on, deux tiers d’espaces verts. Achèvement en 2024-2025.
Une opération parmi les 34 grands projets urbains en cours ou prévus que SNCF Immobilier compte mener à bien d’ici dix ans. En tout 150 hectares. Douze dans la métropole du Grand Paris, comme le nouveau quartier Chapelle-International en cours d’aménagement sur 6 hectares, au nord de Paris cette fois, ou à Saussure-Pont-Cardinet et puis à Bercy, Pantin ou Saint-Denis… Mais aussi à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille… sous la houlette de ses sept implantations régionales. Une activité qui mobilise à SNCF Immobilier l’activité de 2 500 personnes.
Dans le futur quartier Daumesnil, les vieilles halles jouxtant les voies de la gare de Lyon, sauvées de l’abandon abriteront programmes culturels et commerciaux. C’est l’endroit emblématique qu’a choisi la jeune filiale du groupe le 13 septembre dernier pour faire un premier état des lieux de ses activités depuis sa création le 1er juillet 2015. Benoît Quignon a repris les clés de la maison derrière Sophie Boissard depuis huit mois. Et il a résumé ses missions : inventer de nouveaux usages à une partie urbanisable ou transformable d’un patrimoine total grand comme deux fois la superficie de Paris que possède la SNCF. « Bien sûr, plaisante à moitié Benoît Quignon, pour transformer ces 3 000 hectares il faudrait deux siècles de travail. » Mais ce patrimoine exceptionnel comprend des sites parfois historiquement intéressants et souvent bien situés au cœur des agglomérations. Non seulement ils sont devenus inutiles, mais ils sont grevés de servitudes, coûteux en charges, souvent pollués voire amiantés. Le tout se fait avec « les partenaires naturels », explique Benoît Quignon, que sont les gros aménageurs, les collectivités territoriales…
La filiale immobilière veut notamment contribuer à transformer l’offre de logements en France. Il s’agit de permettre la construction de 19 000 logements dont 40 % de logements sociaux, d’en réhabiliter 16 900 et d’en céder 17 400 également. Benoît Quignon le rappelle « l’an dernier SNCF a participé à elle seule à la moitié de l’effort de mobilisation nationale du foncier public en France (soit 36 hectares) ».
Et puis il faut réunir, aménager, rationaliser, remettre aux normes pour le propre usage professionnel et le profit du groupe des sites dispersés et obsolètes, accusant une moyenne d’âge de 70 ans.
Du côté des réalisations à l’usage du groupe, SNCF Immobilier veut faire du nouveau technicentre de Rennes, à Saint-Jacques-de-la-Lande, moins étendu mais plus rationnel, un modèle qu’elle compte reproduire par exemple pour d’autres ateliers historiques dont la charge de travail est en baisse : Oullins, en partie transformés et déplacés à Vénissieux, Romilly ou encore Hellemmes. Elle construit des résidences hôtelières pour les personnels roulants comme à Rennes et Nice.
Mais le but de SNCF Immobilier est aussi clairement de dégager du cash pour l’investissement de la SNCF par des ventes et des concessions. Sophie Boissard l’avait affiché : elle voulait doubler les recettes permettant de participer à l’équilibre de l’entreprise. Benoît Quignon, sans chiffrer de nouvel objectif, donne le chiffre de 250 millions récoltés avec notamment 140 opérations de cessions en 2015 et le reste en loyers ou concessions temporaires.
La CATP lance une appli universelle de ticket unitaire
Le ticket à l’unité téléchargeable sur smartphone à partir d’une appli unique pour toute la France, les voyageurs en rêveraient. La Centrale d’achat du transport public (CATP) s’apprête à le lancer. Il s’agira d’une appli universelle, qui pourrait révolutionner les habitudes puisqu’il suffira de la télécharger une fois et de se créer un compte pour pouvoir ensuite l’utiliser dans les bus et tram de n’importe quelle ville.
Depuis qu’elle a élargi son catalogue à tous les outils nécessaires à l’exploitation des réseaux de transport public, la centrale d’achat lancée par Agir a récemment inscrit à son catalogue une application d’information voyageurs, Scoop, comprenant en option, un ticket virtuel à vue. Concrètement, c’est un titre acheté en ligne qui s’affiche sur l’écran du téléphone avec un décompte horaire à la seconde (utile pour la validité d’une heure du ticket).
« C’est ce développement qui nous a fait prendre conscience qu’il n’y avait aucune barrière technique à ce ticket universel, s’il y a des barrières, elles sont institutionnelles seulement », explique une porte-parole de la CATP. Le projet est mené en partenariat avec Agir bien sûr, mais aussi avec le Gart. La CATP vient tout juste de lancer un appel à manifestation d’intérêt auprès des AO et des réseaux et a rapidement reçu des dizaines de retours positifs, de la part de réseaux de toutes tailles. Il est prévu de lancer l’appli (iOS et Android) avant la fin de cette année et l’on estime qu’elle devrait immédiatement fonctionner dans une cinquantaine d’agglomérations.
Détails pratiques d’importance : l’appli – qui n’a pas encore de nom – est proposée gratuitement et n’engendre aucun frais de gestion, mais ceux qui le souhaitent peuvent souscrire à des options, telles que la vente de carnets ou de tickets spéciaux. « Le module de base fourni par Airweb est totalement paramétrable, on peut y adjoindre des modules personnalisés, par exemple, un système de QR code pour ceux qui ont ce type de lecteurs avec leur système billettique, poursuit-on à la CATP. Il présente un haut niveau de sécurité avec des éléments en mouvement évitant la capture d’écran notamment. »
Par ailleurs, cette appli est complètement compatible avec les applications propres aux réseaux déjà existantes. L’ajout du nouveau produit leur permettra de bénéficier d’un canal de ventes supplémentaire auprès de la clientèle des voyageurs occasionnels, touristes notamment. Avec l’avantage de réduire la vente à bord et de lutter contre la fraude.
Seul manque actuellement : le ticket virtuel ne permet pas de franchir les barrières de péage des réseaux métro. « Nous ne répondons pas à 100 % de la demande, mais à un besoin énorme de la part des réseaux de surface et de l’interurbain, rappelle encore la porte-parole. Quant au client occasionnel, cela lui ôte une angoisse importante. »
C. N.

Berlin teste un système de mobilité partagée à la demande
Une énième start-up « disruptive » dans le domaine des transports ? On pourrait le croire avec le lancement cet été à Berlin d’Allygator Shuttle, une flotte de minibus Le client réserve via une application un véhicule et le partage avec des usagers, qu’un algorithme regroupe en fonction de leur destination. Ses créateurs, Maxim Nohroudi et Tom Kirschbaum, souhaitent à terme séduire les villes en proposant un dispositif palliant les lacunes de leur réseau de transports.
Avec leur société Door2Door, créée en 2012, ils ont misé sur la cartographie collaborative (TrackYourCity) et un système, baptisé Ally, exploitant les données de géolocalisation pour optimiser le trajet en comparant les modes de transports – voitures, taxi, métro, et bus mais aussi vélo et carsharing. Avec 15 véhicules, Allygator n’est pour l’instant proposé que le soir, les vendredis et le week-end, pour 10 centimes d’euros par kilomètres. Une solution de mobilité partagée à la demande, telle que l’a évoquée le Forum international des transports dans une étude de juillet 2016, vantant son impact sur les transports publics.Gilles Bouvaist, à Berlin
www.allygatorshuttle.com
Les navettes autonomes de Lyon, vitrine pour l’international
C’est sans doute le mode de transport d’avenir pour la desserte du dernier kilomètre. La navette électrique entièrement autonome Arma, fabriquée par Navya, est l’objet de toutes les convoitises La métropole lyonnaise a été la première de France à l’inaugurer en grande pompe le 2 septembre pour la desserte du quartier d’affaires de Confluence. Son petit nom, Navly, est aussi celui de la société commune créée tout spécialement à 50-50 par la start-up lyonnaise et l’exploitant du réseau des transports collectifs de l’agglomération, Keolis Lyon.
Mais plus largement, le groupe Keolis s’intéresse fortement à cette technologie d’avenir. « Nous avons signé un pacte stratégique avec Navya en mars dernier pour réunir les deux morceaux du puzzle : eux produisent, nous exploitons, rappelle Jean-Pierre Farandou, le président de Keolis. Notre stratégie est d’être présent à la naissance d’un mouvement très important, car nous avons l’intuition que ce mode de transport innovant rentrera dans la palette des transports collectifs. »
L’idée, c’est bien sûr à terme de proposer des dessertes du dernier kilomètre avec ces petits véhicules de 15 places lors des réponses aux appels d’offres. Mais pour cela, il faut naturellement que l’expérimentation grandeur nature lancée à Lyon sur 1,3 km et 5 stations, où Navly avec ses deux véhicules devrait transporter quelque 100 000 personnes dans l’année, se déroule bien. « L'objectif de l'expérimentation est triple : confirmer la fiabilité du sytème sur une longue période, tester les réactions du public et préciser les étapes suivantes avec le Sytral », assure Pascal Jacquesson, DG de Keolis Lyon et président de Navly.
En tout cas, il y a bel et bien un rôle d’exploitant à jouer. « A Lyon, la navette qui est à proximité d’une ligne de tram, est exploitée en synergie complète avec le réseau TCL, explique Laurent Kocher, directeur exécutif Marketing, Innovation et Services de Keolis. Et quand on voit les questions pratiques, d’insertion dans le milieu urbain, comme “faut-il un marquage au sol ?” “Doit-on la rendre moins silencieuse ?”, etc., on voit bien qu’il y a vraiment un rôle d’opérateur. » De plus, le sytème de supervision depuis le PC, de ce qui se passe à l'intérieur comme à l'extérieur de la navette fait aussi partie des choses qui ont séduit Keolis. « Leur logique est bien celle d'un système qu'on opère, et pas d'un service lâché dans la nature », continue-t-il.
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Et surtout il y a déjà dans les tuyaux pas moins d’une dizaine de projets dans le monde, en discussion à des stades plus ou moins avancés. « Dans le cadre de notre partenariat préférentiel, nous regardons partout où nous sommes présents s’il y a moyen de proposer une offre, on se parle, on décide si on y va ensemble… même si nous n’avons pas pris de participation dans Navya », poursuit Laurent Kocher. Les dix sites en projet présentent des configurations assez variées, de ville, de site… Mais prouvent que la navette électrique autonome « répond à une vraie demande ». Le Moyen-Orient notamment se montrerait très intéressé. Navya plancherait pour cette zone sur un nouveau modèle… climatisé !
Une des plus petites lignes Transilien passe d’un coup au Francilien
Un coup de sifflet donné par Valérie Pécresse, le 2 septembre à 16h08 à Paris-Nord, et la ligne K du réseau Transilien a troqué d’un seul coup son parc de trains « inox », rénovés mais fatigués contre 16 rames Francilien tout juste livrées par Bombardier.
A cheval sur les régions Ile-de-France et Hauts-de-France, la ligne reliant Paris à Crépy-en-Valois (Oise) n’est pas la plus importante des lignes du réseau Transilien, ce qui a facilité le basculement d’un type de train à l’autre sans phase de transition. Ce changement, qui aura coûté quelque 160 millions d’euros entièrement financés par le Stif, sera certainement apprécié par les 12 000 voyageurs quotidiens de la ligne K, qui bénéficieront ainsi de trains spacieux, silencieux, aux couleurs vives… et climatisés ! 16 trains plus sûrs aussi, avec leurs 16 caméras de surveillance, et informant mieux ses voyageurs, avec 16 écrans.
Pour autant, l’arrivée des nouvelles rames à plancher haut sur la ligne ne s’est pas faite d’un coup de baguette magique. Alain Krakovitch, directeur de SNCF Transilien, a profité de l’inauguration de l’arrivée du Francilien sur la ligne K, à la Gare du Nord, pour féliciter SNCF Réseau, qui en quatre mois de travaux, dont quatre week-ends « coup-de-poing », a adapté l’infrastructure à l’arrivée des Francilien. Une grande partie des travaux nécessaires a ainsi porté sur les quais, qu’il a fallu mettre à hauteur (sauf dans les gares partagées avec TER, à plancher bas), doter de balises indiquant au train la hauteur du quai (câblage des balises compris), voire rallonger quelques quais trop courts ! Ce qui a pu impliquer des déplacements d’appareils de voie et des caténaires les surplombant. Quatre mois et quatre week-ends de travaux grâce auxquels la SNCF espère gagner « quatre points de régularité », selon Alain Krakovitch, pour passer de 88 à 92 % de trains à l’heure sur la ligne K.
Egalement présent à la cérémonie, Laurent Bouyer, président de Bombardier Transport France, a rappelé que le Francilien est un train « made in Hauts-de-France ». Une région dont le vice-président délégué aux transports, Gérald Darmanin, était présent à la cérémonie aux côtés de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et du Stif. Cette dernière a rappelé que le déploiement du Francilien n’est pas terminé, annonçant l’arrivée prochaine de nouvelles rames sur la ligne L (banlieue Saint-Lazare).

« Nous comptons expérimenter la concurrence des TER en 2019 »
Entretien avec Michel Neugnot, président de la commission Transports à l’ARF C’est encore un élu socialiste qui est à la tête de la commission Transports et Mobilité de l’Association des régions de France. Michel Neugnot a succédé à ce poste à Jacques Auxiette en février dernier. Egalement premier vice-président de la nouvelle région Bourgogne–Franche-Comté, chargé des Finances, des Ressources humaines et des Transports, Michel Neugnot affiche son pragmatisme. Il faut pouvoir, explique-t-il, tester la concurrence avant qu’elle n’arrive en 2023. Il faut aussi, ajoute-t-il, reconsidérer les dessertes au cas par cas pour voir quel mode est le mieux adapté aux besoins. Avec les évolutions législatives, les régions ont désormais entre les mains de nouvelles cartes pour y parvenir.
Ville, Rail & Transports. Quelle est la position de l’ARF suite à la présentation cet été de la feuille de route du gouvernement sur les trains d’équilibre du territoire ?
Michel Neugnot. Le choix du gouvernement n’est pas totalement arrêté. C’est une procédure qui a été présentée. Elle consiste à dire : nous sommes prêts à transférer les lignes de TET aux régions qui le souhaitent. Libre à elles ensuite de les mixer avec les TER pour optimiser leurs services ferroviaires.
Ce qui nous a heurtés, c’est que l’annonce du Premier ministre du 27 juin expliquant qu’il était prêt à examiner le versement de dotations pour le fonctionnement du service des TET n’a pas été reprise par le secrétaire d’Etat aux Transports. Alain Vidalies est resté sur sa position consistant à dire qu’il ne prendrait en charge que l’investissement nécessaire aux lignes reprises par les régions. Ce n’est pas acceptable à nos yeux. Nous le lui avons dit. Il a accepté de nous donner jusqu’au 15 octobre pour travailler sur la question et pour voir, ligne par ligne, comment le sujet peut être traité. Donc il n’y a pas de rejet total à notre demande.VR&T. Y a-t-il vraiment un consensus entre les régions sur ce sujet ?
M. N. La position de l’ARF est claire : nous demandons toujours le versement de la part de l’Etat de dotations pour prendre en charge non seulement l’investissement mais aussi pour supporter une partie du déficit d’exploitation enregistré par ces lignes. Nous demandons aux groupes de régions concernées par chaque ligne de travailler ensemble avec l’Etat pour voir dans quelles mesures nous pourrions parvenir à un accord. Il y a donc bien une position commune à toutes les régions, mais il y a des lignes différentes qu’il faut traiter au cas par cas.
Je rappelle que le déficit global des TET s’élève à 300 millions d’euros. C’est tout l’enjeu actuel. Nous allons regarder s’il n’est pas possible de réaliser des économies en définissant un meilleur service en cohérence avec les lignes TER. Il faut redéfinir l’offre en fonction des besoins. Nous allons nous baser sur le rapport du préfet Philizot qui a réalisé un travail très précis.
Nous sommes ainsi passés d’une position de principe à un travail sur la réalité des comptes. Le secrétaire d’Etat aux Transports nous a toujours rappelé qu’il n’y a aucune obligation de reprise des lignes TET. L’Etat, qui est l’autorité organisatrice, en fera ce qu’il veut après. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une volonté d’aboutir de la part du gouvernement comme de la nôtre.VR&T. Comment comptez-vous organiser l’expérimentation de la concurrence dans les TER que vient d’accepter le Premier ministre ?
M. N. Nous demandions de longue date cette possibilité. Nous comptons expérimenter la concurrence dans les TER en 2019, afin d’avoir le temps de nous préparer à la libéralisation prévue en 2023.
L’expérimentation est une condition de la réussite, comme cela a été le cas lors de la régionalisation des TER qui avait été précédée d’une expérimentation avec des régions volontaires. A contrario, on voit les dégâts d’une ouverture à la concurrence lancée sans préparation comme cela a été le cas pour le fret ferroviaire.
Nous souhaitons mener cette expérimentation entre 2019 et 2023, ce qui nous permettra d’avoir suffisamment d’éléments pour l’évaluer. Il faudra d’abord une loi, que nous espérons en 2017.
Nous allons commencer à travailler dès ce mois-ci pour voir quelles lignes pourront être dédiées à l’expérimentation. Plusieurs types de lignes sont concernés. Y compris celles qui sont peu fréquentées et pour lesquelles, si on ne change pas de modèle économique (car les frais de structures et de matériels sont trop élevés), on risque un transfert sur la route.
Nous allons également mettre au point un cahier des charges au niveau de l’ARF. Il devra être prêt en 2017 car il faudra compter deux ans entre le lancement de l’appel d’offres sur certaines lignes et l’arrivée de nouveaux opérateurs. Nous travaillerons aussi sur la question du transfert des personnels en relation avec les partenaires sociaux (ce sujet concerne aussi l’Etat), ainsi que sur celle de la propriété du matériel roulant et sur la maintenance. Il faut que les régions se dotent d’une expertise pour avoir la possibilité de transférer une partie du matériel roulant dans leur patrimoine. Il y a tout un travail de réflexion à mener dans ce domaine.VR&T. Le nouveau cadre législatif vous donne-t-il les moyens suffisants pour agir ?
M. N. Avec la loi Notre, et avec les adaptations que nous avons obtenues comme par exemple la liberté tarifaire, nous avons les cartes en main pour rationaliser l’offre, ce qui va conduire à des évolutions de dessertes.
L’intermodalité est un élément essentiel de la refonte. Nous devons bâtir cette chaîne de la mobilité, en lien avec les agglomérations et les intercommunalités qui conservent des compétences dans le domaine des transports. Nous pourrons ainsi lancer des systèmes d’information multimodaux en temps réel et une billettique unique permettant de passer simplement d’un mode à l’autre.
Les régions devront se poser la question du mode de transport pour chaque desserte. On sait par exemple, grâce à des études, que pour des arrêts distants de moins de six kilomètres, la route s’impose. Entre six et 30 km, la solution peut être soit routière, soit mixte. Au-delà de 30 km, le train l’emporte.
Nous devrons mettre en place à l’horizon 2019 des schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet). Ce document, prescriptif, définira région par région, comment s’articulent les modes de transport entre eux. Tout notre mandat va consister à créer une nouvelle conception des transports basée sur l’intermodalité. C’est un mandat fondateur, dont les effets se feront davantage sentir au cours de la mandature suivante. C’est une politique de long terme.VR&T. Les relations entre les régions et la SNCF sont-elles en voie d’amélioration selon vous ?
M. N. La SNCF est en train de se transformer. Ce mouvement va dans le bon sens. De plus, la SNCF prend davantage en compte la concurrence, d’autant plus qu’elle y est amenée par les usagers eux-mêmes car leurs comportements changent. On le voit quand le président de la SNCF Guillaume Pepy explique que son travail consiste à faire du porte-à-porte. C’est une prise de conscience même si les pesanteurs dans l’entreprise sont lourdes.
Les régions sont exigeantes vis-à-vis de la SNCF. Mais pour pouvoir négocier avec un partenaire, il faut comprendre ses limites, il faut travailler.
La réforme ferroviaire apporte des éléments nouveaux de négociations et de nouvelles bases plus saines. Mais la SNCF doit encore faire des efforts de transparence dans l’évaluation de ses coûts et de répartition des charges.
Elle doit poursuivre son travail sur la qualité de service. Un exemple sur la ponctualité : le taux de régularité d’un train ne correspond pas forcément au ressenti du voyageur. Si le taux moyen est satisfaisant mais que tous les jours, les mêmes trains sont systématiquement en retard, les voyageurs estimeront que le service est dégradé. Nous demandons à la SNCF de prendre en compte le ressenti des voyageurs et c’est ce qu’elle est en train de faire. On observe une volonté plus forte de la SNCF de se tourner davantage vers l’usager. Même s’il reste beaucoup à faire, je préfère prendre en compte ces orientations nouvelles.VR&T. Pourquoi avoir fait de la liberté tarifaire un cheval de bataille ?
M. N. Jusqu’à présent, l’Etat définissait les prix au niveau national. Les régions n’avaient alors pour possibilité que de faire du dumping à partir de ces tarifs.
Désormais, nous pourrons avoir une politique de commercialisation beaucoup plus lisible. En proposant des tarifs par zone par exemple. Nous allons pouvoir définir des produits pour des marchés. Nous allons ainsi pouvoir faire du marketing et mieux appréhender la réalité de la concurrence entre les modes, notamment entre transport public et véhicule individuel.VR&T. Quelles sont vos relations avec l’Arafer dont les décisions mécontentent certains élus à propos de la concurrence entre les cars et les TER ?
M. N. C’est un autre partenaire important. Nous avons un sujet de débat sur la façon dont l’Arafer évalue la concurrence des cars sur les lignes TER. Est-ce le coût global du service qui doit être pris en compte ou simplement le coût du service pris en charge par la région ? La méthodologie adoptée par l’Arafer pour qualifier la concurrence avec le TER ne nous convient pas. Dans certains cas, c’est désastreux. Certaines régions ont saisi la justice. Nous attendons de connaître la décision de la justice et qu’une jurisprudence s’établisse.
Nous avons aussi demandé à l’Arafer d’analyser la typologie des clients des cars Macron. Quelle est la part de la clientèle nouvelle ? Quelle est la part de ceux qui utilisaient avant Blablacar et de ceux qui prenaient le TER ? Nous sommes dans l’attente de ces chiffres, prévus autour du premier semestre 2017. En fonction de cela, nous réagirons.Propos recueillis par
Marie-Hélène Poingt

La gare du Vert-de-Maisons a-t-elle tout d’une grande ?
Difficile équation pour la future gare de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express qui va devoir accueillir des flux presque 15 fois plus importants qu’aujourd’hui tout en étant très contrainte par les lignes existantes et le manque d’espace alentour.
« Les lois de la physique ne sont pas solubles dans la rhétorique ou la communication politique ! » Cette réflexion désabusée d’un cadre de la SNCF résume assez bien la problématique de la future gare Le Vert-de-Maisons, l’une des 16 premières gares de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express (GPE) à être construite : pousser les murs dans un environnement urbanisé très contraint pour ne pas dire exigu. Il lui faudra absorber un flux de voyageurs nettement plus important que les quelque 6 500 voyageurs entrants quotidiens actuels qui transitent par cette gare secondaire du Val-de-Marne, située sur la ligne D du RER. La Société du Grand Paris (SGP) y prévoit en effet à terme un trafic quotidien de l’ordre de 90 000 voyageurs… Des clients se trouvant naturellement parmi les 26 000 habitants dans un rayon d’un kilomètre autour de la gare de Vert-de-Maisons, qui est située à la limite des communes de Maisons-Alfort et d’Alfortville, mais pas seulement.
Il s’agit en effet d’une gare d’interconnexion avec la ligne D, une ligne SNCF du réseau Transilien, qui va jusqu’à Melun en Seine-et-Marne. C’est aussi une gare de passage non seulement pour tous les TGV et Intercités de la gare de Paris-Lyon – inutile de préciser que cela ajoute à la complexité de l’agrandissement prévu – ainsi que pour la ligne R en provenance de Montereau, des Seine-et-Marnais qui aimeraient aussi profiter du modernisme du GPE. Alors que les travaux de dévoiement des réseaux ont commencé début juin, nombreuses sont les parties prenantes au projet à se demander encore comment cette réalisation ambitieuse sera possible.
« Les projections actuelles prévoient des flux de correspondances de l’ordre de 10 000 personnes par heure de pointe, rappelle Pierre Messulam, directeur général adjoint de Transilien et Monsieur Grand Paris à la SNCF. Donc beaucoup beaucoup plus de monde que dans la gare actuelle. Le Vert-de-Maisons est à cet égard très emblématique de ce qui va se passer dans toutes les gares d’interconnexion du Grand Paris où la notion de pôle d’échanges prend tout son sens. »
En gros, deux types d’installations sont directement impactées par ces flux : les sorties pour se rendre dans les quartiers et les accès routiers pour les bus de rabattement. Et dans le cas présent, « il n’est pas simple de rapprocher une gare routière de la future gare en raison des contraintes de voirie et de bâti », remarque-t-il poliment. Actuellement, les usagers disposent de deux lignes de bus RATP, la 181 en provenance de Créteil, la 103 (côté Alfortville) qui arrive de Rungis, et toutes deux terminus à l’Ecole vétérinaire. « Déjà la 181 il faut aller la chercher sur la nationale à Maisons-Alfort à environ 400 mètres du RER », fait remarquer Marc Pélissier, président de la Fnaut Ile-de-France. Et « pour créer une gare routière, il faudrait raser une bonne partie du quartier ! » Du côté de l’ancienne gare, à l’ouverture de la ligne 15 Sud et de la gare du GPE, « on aura peu ou prou les mêmes installations qu’aujourd’hui », explique encore Pierre Messulam. Mais que s’est-il passé pour qu’on en arrive à un tel blocage ?
En janvier 2012, Pierre Serne, nouvellement chargé des Transports à la région Ile-de-France, se dit qu’il n’est peut-être pas trop tard pour rattraper le coup. Après tout, le chantier n’est pas lancé. D’autant que peu après, avec le Nouveau Grand Paris, la région et le Stif feront de l’intermodalité des gares du Grand Paris l’une des priorités du projet. « Dès le départ la SNCF a expliqué – dit et écrit – qu’il serait impossible d’assurer une correspondance digne de ce nom », se remémore l’élu qui s’était rendu sur les lieux pour constater de visu. « Il nous restait quelques mois pendant lesquels c’était encore récupérable… » L’élu de la majorité régionale d’alors prend donc son bâton de pèlerin pour porter politiquement cette question. Il comprend alors que le fonctionnement bilatéral de la SGP avec les collectivités locales concernées par les tracés est intangible. « Le Stif s’est trouvé de fait exclu de son rôle de supervision du complexe système de transport francilien », regrette encore l’élu EELV.
Or, les deux maires, le Socialiste Luc Carvounas à Alfortville et le Républicain, Michel Herbillon à Maisons-Alfort, une fois n’est pas coutume, se sont ligués pour tenir un seul discours en leitmotiv : contre vents et marées, il faudra garder deux gares à la jonction des communes. Comme elles sont distantes de seulement quelque 2 km, déplacer le Vert-de-Maisons faisait immédiatement perdre son intérêt à la gare de Maisons-Alfort-Alfortville plus au nord. Avec le risque de la voir disparaître à plus ou moins brève échéance. « Les élus craignaient que la création d’une gare intermédiaire engendre la disparition d’une des gares actuelles, voire des deux. Impensable pour une ville de 45 000 habitants déjà coincée entre la Seine et la voie ferrée », confirme Jean Mayet, maire adjoint, chargé des Transports à Alfortville. Quant à agrandir l’existant, cela aurait impliqué l’expropriation d’une vingtaine de jolis pavillons à Alfortville… Toujours est-il que Pierre Serne devra jeter l’éponge devant l’accueil glacial d’un parterre de maires et d’élus du conseil départemental du Val-de-Marne hostiles. « Pour eux, avec mon idée de revoir le projet à la marge, j’ouvrais la boîte de Pandore, alors que les choses étaient figées, gravées dans le marbre. J’ai même entendu un chantage au calendrier… » Il se contentera de faire entériner son mécontentement par un refus de vote au conseil du Stif lors de l’avis préalable à l’enquête publique de la ligne 15 Sud, qui restera « officiel » puisque noté au PV. Mais il lui reste aussi le goût amer du sentiment de n’avoir pu éviter « un énorme gâchis »…
Bien sûr au moment du choix, en 2010, la SNCF avait donné son avis, fait part de ses inquiétudes et suggéré que l’on déplaçât la gare de quelques centaines de mètres. Elle avait justement une halle de marchandises à cheval sur Maisons-Alfort et Alfortville qui pouvait être réutilisée et qui jouxtait un ancien terrain de ferrailleurs, donc du foncier utilisable. Il lui a plus ou moins été répondu que « qui paye décide ». Il faut donc faire avec ! La plus grosse contrainte résultant de la difficulté à écouler des flots importants de voyageurs par l’unique rampe d’escalier du quai, la première réponse évidente sera de faire stopper tous les trains de la ligne D dans la gare au lieu d’un sur quatre : il y en aura donc 16 au lieu de 4 par heure. « A ce stade, répartir le nombre de montées et descentes des passagers sur un plus grand nombre de trains qui s’arrêtent en gare permet une meilleure fluidité que d’imaginer un escalier plus large, un quai plus large, un nouveau passage souterrain, une nouvelle sortie… Toutes choses qui ne résoudraient que partiellement le sujet », commente Pierre Messulam. Et toutes choses par ailleurs, pas forcément techniquement réalisables dans cet espace trop contraint. « C’est un paradoxe, résume de son côté Marc Pélissier. Car pour d’autres arrêts GPE, qui auraient pu s’adapter à l’interconnexion du RER, on fait l’inverse : on construit d’énormes et coûteuses gares dont on aurait pu se passer – comme Bry-Villiers-Champigny – dans l’idée d’urbaniser le secteur… Et à Vert-de-Maisons, on réalise un truc au chausse-pied ! »
Quant aux trains de la ligne R, le problème reste à ce jour insoluble. « Et pourtant le deal final sur le tracé, signé avec l’appui de Vincent Eblé, représentant de la Seine-et-Marne au CA du Stif s’est fait à la condition expresse que toutes les lignes Transilien soient bien connectées avec le GPE quelle que soit la solution retenue », rappelle Pierre Serne. Ce sont des trains qui passent actuellement par des voies extérieures dotées de quais étroits, de dépannage et non accessibles aux voyageurs. « Actuellement, j’avoue que dans l’état actuel des installations, on ne sait pas assurer le service voyageur dans les conditions souhaitées », confie le DGA de Transilien. Et en particulier dans des conditions de sécurité normales, ce qui est évidemment plus qu’ennuyeux… « Au moment où l’on travaillait sur le projet de gare du GPE, il n’était pas du tout question d’interconnexion avec les Seine-et-Marnais, qui eux-mêmes pétitionnaient pour que les trains soient directs gare de Lyon afin de ne pas perdre 3 minutes ! » rappelle de son côté Jean Mayet. D’ailleurs, sous l’égide du Stif, il avait été formellement entériné qu’il n’y aurait pas de stop à Vert-de-Maisons pour les trains de la ligne R. Sauf que tout récemment, le conseil d’administration du Stif, qui compte naturellement, rappelons-le, des membres de la grande couronne francilienne, après lui avoir dans un premier temps dit qu’il était inutile de perdre son temps avec ça, a voté un vœu demandant précisément à la SNCF d’étudier la possibilité de les arrêter. « Nous allons lancer cette étude », confirme le responsable SNCF. Qui sait déjà que la complexité sera XXL, dans un secteur qui fait partie de ceux du réseau ferré qui voient passer le plus de trains à l’heure. Ne serait-ce qu’en raison de la présence de sauts-de-mouton au sud de la gare, dont la sortie de la LGV Paris-Lyon, ainsi que d’une palanquée d’aiguillages pour rejoindre Villeneuve-Saint-Georges qui contraignent sérieusement la pose de nouveaux aiguillages. Sans parler du franchissement de l’A86 et du carrefour Pompadour… « Il faut se poser la question du retournement des trains au Vert-de-Maisons », suggère l’élu d’Alfortville, dont l’inquiétude actuelle est que la montée en puissance progressive de 4 à 16 RER D à l’heure ne se fasse pas assez rapidement.
Fort heureusement, et paradoxalement par rapport aux habitudes ancestrales, ce sont peut-être plus les trains de contre-pointe qui pourraient voir leur trafic enfler : un habitant d’Arcueil ou de Clamart souhaitant se rendre à Evry par exemple transitera par cette gare reliée par souterrain à la nouvelle gare du GPE. La SNCF n’a pas fini de regretter que cette gare n’ait pas été déplacée de quelques centaines de mètres. Et les Franciliens ? Ils pourront toujours se consoler en sachant que, depuis la nouvelle gare, ils rejoindront Châtillon-Montrouge en 15 minutes au lieu d’une heure aujourd’hui…Cécile NANGERONI
Un rapport pointe le manque de rigueur dans l’organisation des essais d’Eckwersheim
Le rapport confidentiel commandé par le CHSCT de Systra sur l’accident le 14 novembre à Eckwersheim du TGV d’essai, qui avait fait 11 morts, est sévère pour la filiale de la RATP et de la SNCF et sa gestion des essais… Dévoilé par Le Parisien du 26 août, il pointe des essais réglementés par des documents « trop approximatifs » et qui ont « laissé perplexes » les experts de Technologia, « spécialiste de la prévention des risques psychosociaux ». En particulier, le fait que c’est au chef d’essais d’ordonner de réduire l’allure du train dès que la vitesse-but est atteinte ou dépassée, alors qu’il n’est pas dans la cabine de pilotage mais à l’arrière. Ce qui implique des temps de réaction plus longs. Un élément fondamental dans la chaîne du déclenchement du déraillement du 14 novembre, le ralentissement ayant visiblement été déclenché un kilomètre trop tard, soit avec une dizaine de secondes de trop.
Autre manque de rigueur : les relations entre les salariés de Systra et les agents SNCF. « Qui fait quoi sous les ordres de qui ? », s’interrogent les experts. Il est vrai que Systra puise partiellement ses origines à la SNCF et que les liens entre les deux sont parfois plus implicites qu’explicites.
Reste que les mauvaises pratiques sont « le dysfonctionnement le plus inquiétant » pour Technologie. Et sur ce dernier point, tout a déjà été dit, de la présence de sept personnes en cabine ou d’invités dans les remorques du train.
Pour ce qui est de la cabine, on en sait un peu plus suite à la divulgation par Le Parisien/Aujourd’hui en France de retranscriptions d’enregistrements réalisés par une caméra GoPro embarquée. Il en ressort que le jour de l’accident, aucune panique n’y était perceptible avant le déraillement, qui semble avoir pris tout le monde par surprise. En revanche, toujours selon les enregistrements de la caméra embarquée, une inquiétude palpable régnait en cabine trois jours auparavant, alors que le conducteur, qui roulait à 357 km/h maximum, faisait remarquer la difficulté – voire l’impossibilité – de se conformer aux vitesses indiquées par le protocole lors de la phase de ralentissement. Une inquiétude qui n’a pas empêché l’envoi d’un ordre de pousser jusqu’à 360 km/h pour le tout dernier essai, aux conséquences tragiques.
Enfin, le rapport soulève la question de l’inactivation des systèmes de contrôle de la vitesse des trains pendant les essais en survitesse, qui de ce fait dépendent entièrement du facteur humain. Mettre en question ce point-clé est évidemment fondamental pour la nature même des essais. En effet, en l’absence de systèmes de sécurité paramétrables, rouler en survitesse nécessite de se passer des sécurités dont le rôle est – précisément – d’empêcher les survitesses (corollairement, cette remise en question en implique une autre : les essais de survitesse en soi). Ajoutons toutefois que la catastrophe d’Eckwersheim devrait avoir comme conséquence de mettre fin à cette situation : il semble que des contrôles de vitesse paramétrables pour les essais devraient être mis au point prochainement.
Un bus autonome en service commercial aux Pays-Bas
Après la mise en service le 26 août de taxis sans chauffeur à Singapour (six véhicules électriques circulent sur une portion de 4 km2 de la cité-État), qui a grillé la politesse à Uber et sa centaine de véhicules autonomes… …attendus ces jours-ci à Pittsburgh aux États-Unis, ce sera au tour des Pays-Bas de lancer une – autre – première mondiale : un autobus autonome doit circuler jusqu’à 70 km/h en service probatoire sur un tronçon de 20 km en site propre de la ligne 300 Amsterdam – Haarlem. Exploité par l’opérateur néerlandais Connexxion, le bus doit commencer à rouler en septembre. Son conducteur, obligatoirement présent pour respecter la législation, n’aura à toucher ni au volant, ni à l’accélérateur ni au frein durant les 30 minutes de parcours.
Le système de conduite autonome CityPilot développé par Daimler sur un concept-bus de Mercedes positionne le bus à tout instant au centimètre près, même lors de la traversée d’un tunnel, grâce à une dizaine de caméras et à plusieurs capteurs radars dont certains peuvent voir jusqu’à 200 m. L’autobus communique avec les feux tricolores, analyse leur aspect et reconnaît les piétons et les obstacles sur la chaussée. Il dessert les arrêts de façon totalement automatique. Avec pour résultat, une conduite plus anticipative, ce qui améliore le confort, préserve les organes mécaniques et réduit la consommation.En France, c'est à Lyon qu'une navette électrique autonome sera lancée dans le quartier Confluences. Elle sera inaugurée le 2 septembre. Deux véhicules Arma de la société Navya pourront transporter, sans conducteur, un maximum de 15 personnes sur un trajet d'1,3 km le long de la Saône. Navya et la société Keolis sont les opérateurs de cette expérimentation prévue pour durer au moins un an et qui a reçu le soutien financier de la métropole de Lyon, du Sytral et de l'Ademe. L'agglomération y voit une réponse à la problématique du dernier kilomètre.
Ph. H. et CN