Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • « La nomination de Jean Castex peut conduire à la confusion sur le rôle des entreprises publiques » estime le consultant Arnaud Aymé

    « La nomination de Jean Castex peut conduire à la confusion sur le rôle des entreprises publiques » estime le consultant Arnaud Aymé

    L’Elysée a confirmé hier son choix de nommer Jean Castex à la tête de la RATP. Sa nomination devra être approuvée par les commissions parlementaires compétentes. VRT a demandé à Arnaud Aymé, consultant spécialiste des transports chez Sia Partners, quels seront les grands défis à venir, selon lui, pour le futur PDG.

    Ville, Rail & Transports : La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique interdit à Jean Castex, quand il sera PDG de la RATP, d’entrer en relation avec toute personne ou relation qui était placée sous son autorité quand il était le chef du gouvernement. N’est-ce pas problématique?

    Arnaud Aymé : Ce n’est pas pratique mais ce n’est pas non plus catastrophique. Cette décision vise avant tout des membres de ses services  administratifs sur lesquels il avait une responsabilité directe. De plus, beaucoup d’arbitrages importants concernant la RATP ont déjà été rendus ces derniers mois. Dans les mois qui viennent, la RATP ne devrait pas à avoir à mener d’actions d’influence pour pousser son avantage. Et les futurs sujets qu’impliquera l’ouverture à la concurrence des modes lourds ne sont pas pour tout de suite, puisque la concurrence est prévue pour la fin 2039 (RER et métro).

    Enfin, tout ce qui concerne les revendications sectorielles (comme par exemple la baisse de la TVA, la transition énergétique ou la demande d’investissements publics) pourra être porté par des organisations professionnelles, en particulier par l’UTP.

    Reste toutefois un sujet important : l’organisation des grands événements internationaux, la Coupe du monde rugby en 2023, puis les JO en 2024. Il y aura beaucoup de coordinations à prévoir avec les pouvoirs publics, notamment sur tout ce qui touche à la sûreté. Jean Castex devra certainement mettre en place un système de délégation sur ces questions.

    VRT : Quel sera le principal défi pour le futur PDG selon vous?

    A. A. : Le climat social à la RATP n’est pas du tout apaisé. Si rien n’est fait, on risque d’avoir des soucis lors de la Coupe du monde de rugby et des JO. Ces événements nécessiteront d’acheminer d’importants flux de voyageurs via le RER B, là où des syndicats opposés à la libéralisation et à la concurrence sont forts…

    Il faudra aussi faire attention à ce que la RATP ne devienne pas, encore plus, un levier de pression sur l’Etat. On l’a vu après la période de confinement, quand Valérie Pécresse a décidé de suspendre les paiements de la RATP et de la SNCF (deux entreprises détenues par l’Etat) tant que l’Etat n’apporterait pas de compensations financières. Avec un ex-Premier ministre à la tête de la RATP, le raccourci est encore plus facile et le risque encore plus fort d’utiliser cette entreprise pour exercer des pressions politiques sur le gouvernement.

    La nomination de Jean Castex peut conduire à la confusion sur le rôle des entreprises publiques qui, une fois la politique définie par l’Etat, doivent se débrouiller et gérer seule les relations sociales.

    VRT : L’ouverture à la concurrence est un autre sujet majeur…

    A. A. : Le défi pour Jean Castex sera de réussir l’ouverture à la concurrence, sans trop perdre de parts de marché (puisque forcément, étant en situation de monopole, la RATP en perdra), et de gagner des contrats rentables.

    La RATP devra aussi poursuivre sa politique de diversification, avec ses différentes filiales, par exemple RATP Solutions Ville. RATP Dev est déjà bien lancé depuis 20 ans mais il faudra également faire prospérer les autres pour faire face à l’inéluctable perte de parts de marché.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

  • Jean Castex, un futur président de la RATP sans marge de manœuvre selon des syndicalistes

    Jean Castex, un futur président de la RATP sans marge de manœuvre selon des syndicalistes

    Parachutage, recasage… ce sont les premiers mots de syndicalistes que nous avons interrogés à propos de la future nomination de Jean Castex à la tête de la RATP. L’Elysée a en effet confirmé hier avoir proposé le nom de l’ancien Premier ministre au poste de PDG de l’entreprise. Ce choix devra être entériné par les commissions parlementaires compétentes.

    De son côté, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a rendu le 18 octobre un avis favorable à ce projet de nomination, cinq mois après le départ de Jean Castex de Matignon. Toutefois, a précisé l’Autorité, il lui sera interdit d’entrer en relation, pendant trois ans, avec toute personne ou relation qui était placée sous son autorité quand il était le chef du gouvernement. Ce qui inclut sa successeure, Elisabeth Borne, précédemment ministre du Travail, ou Clément Beaune, l’actuel ministre des Transports, auparavant secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes…

    Climat social dégradé

    Une lourde contrainte alors que la situation de la Régie est actuellement compliquée. Pour Yannick Stec, responsable CGT-RATP sur le périmètre RER, Catherine Guillouard, l’ancienne PDG, « a quitté le navire au pire moment« . Le climat social est très tendu sur fond de manque de personnel et de préparation à l’ouverture à la concurrence, explique-t-il. « L’entreprise, qui a toujours été attractive, ne l’est plus. Il y a un déficit de recrutements. Catherine Guillouard a complètement changé les conditions de travail des machinistes receveurs en anticipant sur le futur cadre social territorialisé alors que l‘ouverture à la concurrence est prévue le 1er janvier 2025 « , commente Yannick Stec. Ainsi, ajoute-t-il, « l’amplitude horaire du travail a été allongée, les services coupées en deux avec de grosses coupures, des repos et des congés ont été supprimés, tout cela avec un blocage des salaires« .

    Le responsable syndical pointe , « un grand ras-le-bol général  » et  estime que « Jean Castex va reprendre les rênes d’une entreprise au fonctionnement dégradée« . Il se demande si le futur dirigeant « disposera de toutes les ficelles pour comprendre une entreprise compliquée et un monde des transports complexes alors qu’il n’y connaît rien, même s’il est passionné par les trains« .

    Filialisation des activités

    Côté CFE-CGC Transports, on se dit « partagé« . Frédéric Ruiz voit en Jean Castex un « homme de dialogue, comme on a pu en juger sur le plan national ». Ce qui changera de sa prédécesseure, qu’il n’a rencontré que 3 fois, à son arrivée à la tête de la RATP, en 2019 au moment de la grève contre la réforme des retraites, et à l’occasion de son départ…

    Selon le président de la fédération Transports de la CFE-CGC, ex-président de ce syndicat à la RATP , « Jean Castex n’aura aucune marge de manoeuvre puisqu’il semble qu’il ne pourra pas dialoguer comme il le faudrait avec le gouvernement ». Frédéric Ruiz estime que le futur PDG va « appliquer aveuglément les consignes du président de la République ». Consignes qui ont mené, selon lui, « à la politique de démantèlement de la RATP et à l’aberration de la déconstruction des services publics comme on le voit à EDF ».

    Et le syndicaliste de poursuivre : « On a mis à mal le modèle social de la RATP qui fonctionnait bien. En conséquence, les métiers sont moins attractifs et on a désormais du mal à recruter. De plus, la  filialisation des activités de l’entreprise est d’une complexité extrême. Peu à peu, la direction générale a changé, encore plus depuis le départ fin septembre de Philippe Martin (ancien DGA Opérations de transport et Maintenance, dlr). Il n’est pas rassurant pour l’avenir de n’avoir que des dirigeants politiques ». 

    Côté FO Groupe RATP, on « s’interroge » aussi sur l’arrivée de l’ex-Premier ministre. Le syndicat  rappelle « son très fort attachement au modèle d’entreprise intégrée » et indique s’opposer « fermement à sa transformation en simple entreprise destinée à faire du profit« .

    Pour Frédéric Ruiz, « Jean Castex devra avant tout restaurer la confiance. En aura-t-il les moyens? Nous avons des doutes…  »

    Marie Hélène Poingt

     

     

  • Les régions demandent plus de transparence sur les coûts d’achat d’énergie de la SNCF

    Les régions demandent plus de transparence sur les coûts d’achat d’énergie de la SNCF

    Leurs finances étant sous pression en cette période de flambée des coûts de l’électricité, les régions souhaitent avoir plus d’informations sur les coûts d’achat d’énergie par la SNCF. Selon Régions de France, « dans certains cas, les prévisions d’augmentation de coûts pour les Régions dépasseraient les dépenses effectivement prises en charge par la SNCF, remettant en question leurs équilibres budgétaires déjà mis à rude épreuve par la crise du Covid et désormais par l’actuelle situation géopolitique« . D’où l’envoi d’un courrier à Jean-Pierre Farandou par la présidente de l’association, Carole Delga, pour solliciter un échange à ce sujet. La présidente de l’Occitanie souhaite «un état précis de la situation, portant à la fois sur l’effectivité des hausses du prix d’achat de l’énergie par la SNCF, sur l’impact en 2022 et en 2023 de ces hausses sur les demandes d’indexation ou de compensation extra-conventionnelle », indique Régions de France dans un communiqué du 19 octobre. Cette rencontre est « un préalable à toute négociation conduite à l’échelon régional, dans le cadre des futures conventions TER », ajoute-t-elle.

     

  • Cinq offres fermes pour exploiter les premiers TER ouverts à la concurrence dans les Pays de la Loire

    Cinq offres fermes pour exploiter les premiers TER ouverts à la concurrence dans les Pays de la Loire

    Selon nos informations, cinq opérateurs ont déposé, en début de semaine, des offres fermes et définitives suite à l’appel d’offres lancé il y a un an par la région Pays de la Loire pour ouvrir à la concurrence un premier lot de liaisons TER. Il s’agit de la SNCF, de Transdev, de Régionéo (co-entreprise issue du partenariat entre RATP Dev et Getlink), de MyTrain J’V (fondé par Edeis, spécialiste de la gestion déléguée d’infrastructures de collectivités et TTH-GTF, spécialiste de la maintenance et exploitation ferroviaire) et d’Arriva (filiale de la Deutsche Bahn). Il apparait donc que tous les opérateurs qui avaient retiré un dossier ont décidé de poursuivre la procédure et qu’aucun n’a jeté l’éponge, à la différence de ce qui s’est déjà passé ailleurs lors de précédentes mises en concurrence.

    Rappelons que les Pays de la Loire avaient lancé au printemps 2019 un Appel à manifestation d’intérêt, suivi, en juillet 2020, d’un projet d’allotissement géographique du réseau Aléop en désignant ce premier lot ouvert à la concurrence, qui comprend deux ensembles. Le premier, dit « Tram train », regroupe les lignes Nantes – Nort-sur-Erdre – Châteaubriant et Nantes – Clisson. Dénommé « Sud Loire », le deuxième ensemble couvre les lignes Nantes – Pornic, Nantes – Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Nantes – La Roche-sur-Yon – Les Sables-d’Olonne, Nantes – La Rochelle, Nantes – Cholet et Angers – Cholet. Ce qui représente 30 % environ du réseau ferroviaire régional.

    Le choix de l’opérateur devrait intervenir au printemps prochain pour une mise en service en décembre 2024. Trois autres lots devraient ensuite être ouverts à la concurrence avec un objectif d’ouverture total du réseau en 2028.

    Marie-Hélène Poingt

  • La nouvelle approche pragmatique des industriels asiatiques pour attaquer le marché ferroviaire européen

    La nouvelle approche pragmatique des industriels asiatiques pour attaquer le marché ferroviaire européen

    On l’a particulièrement remarquée au salon Innotrans qui s’est tenu à Berlin du 20 au 23 septembre : exposée sur l’une des voies les mieux situées, à l’un des endroits de passage obligé pour les visiteurs, la nouvelle locomotive du constructeur chinois CRRC, conforme aux spécifications techniques d’interopérabilité, ne pouvait que focaliser les regards. Avec son gabarit bien de chez nous, son design qui nous apparaîtrait presque familier et sa configuration d’essieux de type Bo’Bo’, cet engin monophasé bicourant (25 kV/50 Hz, 15 kV/16,7 Hz) vise clairement, dans l’énoncé-même de ses caractéristiques, le marché de la traction sur les futurs grands corridors du fret européen. L’industriel précise que la modularité mise en œuvre dans l’architecture électrique de sa locomotive lui permettra de produire ultérieurement s’il le faut, sans difficulté ni coûts significatifs de développement, des versions quadricourant utilisables également sous courant continu 1,5 et 3 kV. De plus, l’engin embarque un pack de batteries au lithium, propre à éviter le recours à des engins diesel de manœuvre lors de la formation des trains. A priori, il coche donc toutes les bonnes cases pour venir bientôt concurrencer, sur leur terrain de jeu habituel, les Traxx, Vectron, Prima et autres machines de la catégorie. Surtout, c’est l’exemple-même d’une nouvelle approche, aujourd’hui beaucoup plus pragmatique, de l’industrie ferroviaire asiatique dans sa stratégie de conquête du marché européen.

    D’aucuns ont crû voir, cette année, un recul notamment de la présence chinoise, par rapport à d’autres éditions antérieures d’Innotrans. Certes, les stands des industriels en provenance d’Extrême-Orient avaient peut-être perdu, en 2022, le caractère un peu spectaculaire qu’ils avaient parfois pu revêtir dans les tout débuts de leur présence. On se souvient encore, par exemple, du coup médiatique qu’avait jadis réussi le coréen Rotem, en exposant, en plein air, un futur véhicule de métro à sustentation magnétique et moteur linéaire de conception assez révolutionnaire… Mais il faut, ici aussi, se garder des apparences. Pouvoir se faire reconnaître comme partenaire à part entière du monde de l’industrie ferroviaire sur la scène alors quasi-exclusivement européenne d’Innotrans nécessitait sans doute, à l’époque, quelque mise en scène. C’était, en quelque sorte, l’acte I d’une stratégie commerciale encore handicapée par les produits qu’elle était en mesure de proposer, qui demeuraient finalement trop éloignés des attentes spécifiques de nos marchés en dépit de leurs prix particulièrement attractifs.

    Depuis, l’industrie ferroviaire asiatique a considérablement progressé. L’exemple-même de la grande vitesse suffirait d’ailleurs à l’illustrer. Ainsi, dans une première phase, les appels d’offres étaient remportés par des constructeurs européens, qui n’eurent d’ailleurs pas toujours la tâche aisée ni le succès assuré. Parfois, les opérateurs locaux les faisaient travailler sur des offres dont les spécifications changeaient régulièrement en cours de négociation, ce qui leur permettait, au passage; d’acquérir à bon compte du « know how » au travers des différentes réponses techniques qui devaient leur être apportées à chaque nouvelle étape du processus.

    S’ajoutèrent à cela, bien entendu, d’inévitables transferts de technologies. Le principe a bien longtemps été, chez les industriels européens, de ne transférer que le niveau de développement « n-1 », pour toujours se garder une longueur d’avance, et de ne pas transférer ce qui était alors considéré stratégique, comme la gestion de l’adhérence. Pourtant, aujourd’hui, on imagine difficilement un industriel européen parvenir à vendre de nouveau un train à grande vitesse en Asie. D’autant qu’à l’époque, ces mêmes industriels occidentaux avaient été déjà favorablement impressionnés par la qualité des ingénieurs chinois et coréens avec lesquels ils étaient amenés à travailler, tous excellemment formés, et plutôt loin de la caricature suggérant que leur principale force aurait résidé dans leur seule capacité d’imitation… Les structures de recherche appliquée de ces pays, et surtout les moyens qui étaient mobilisés pour les faire fonctionner, avaient aussi fait une certaine impression…

    Chemin faisant, les industriels asiatiques ont alors compris que leurs produits originels auraient bien des difficultés à satisfaire aux exigences des cahiers des charges tels qu’ils étaient rédigés par les opérateurs européens. Pour eux, le premier challenge consista donc à pouvoir honorer l’intégralité des spécifications techniques énoncées, qui étaient parfois extrêmement éloignées de celles auxquelles ils avaient coutume de répondre sur leurs marchés intérieurs respectifs. Pour ce faire, les industriels asiatiques n’ont parfois pas hésité à créer ex nihilo, -comme dans le domaine du bus urbain- de petites équipes d’ingénieurs et de designers occidentaux, basés sur leurs implantations en Europe, et susceptibles d’apporter un regard critique beaucoup plus proche du client final sur des produits qu’ils avaient par ailleurs pour mission de revoir en profondeur, afin de les rendre parfaitement compatibles, cette fois, avec les attentes locales.

    Restait encore un dernier grand chantier, celui de la qualité. Là-encore, il serait erroné de penser qu’à l’origine son importance avait été totalement négligée. Simplement, il y eut souvent, pour les marchés intérieurs à ces pays, reconduction, de générations d’engins en générations, des mêmes solutions techniques parfaitement éprouvées, et qui, fonctionnellement, donnaient entière satisfaction. Les Etats-Unis ont aussi été des tenants de cette pratique, obligeant parfois les constructeurs européens exportant dans ce pays à renoncer à leurs solutions « up to date » au profit du montage d’équipements beaucoup plus traditionnels, que ces mêmes constructeurs auraient volontiers qualifié d’obsolètes…

    Or, mettre en qualité des solutions « high-tech », sur lesquelles on ne dispose que de peu de recul, est à l’évidence plus délicat que de reconduire des dispositions constructives ultra-robustes pour lesquelles il existe déjà un fort retour d’expérience. En prenant des participations dans des entreprises occidentales, les constructeurs asiatiques ont aussi commencé à se familiariser toujours davantage avec l’approche européenne des problématiques de qualité. C’est sans doute l’acte II de cette stratégie d’entrée sur le marché. Que l’un des plus grands réseaux de tramway européens, Varsovie, octroie au constructeur coréen Hyundai Rotem un marché-record de 213 rames, dont 123 commandées ferme (l’une d’elles étant justement exposée à Innotrans 2022), montre bien l’étendue du chemin déjà parcouru. Entre industriels européens et asiatiques, la compétition dans le ferroviaire risque d’être rude ces prochaines années.

    Ph. H.

     

  • La société Alma retenue pour proposer le paiement fractionné aux clients SNCF

    C’est avec une jeune pousse, Alma, que SNCF Voyageurs devrait lancer, au deuxième semestre 2023, le paiement fractionné sur le site de SNCF Connect. Malgré sa jeunesse, Alma, créée en 2018, traite plus d’un milliard d’euros de transactions par an et accompagne plus de 7 500 commerçants en Europe. Avec la solution que propose Alma, le paiement est garanti pour le commerçant qui reçoit le montant total au moment de l’achat tandis que le client paie en plusieurs fois.
    En août, SNCF Voyageurs avait indiqué avoir lancé un appel d’offres auprès d’acteurs bancaires et financiers pour l’accompagner dans la création du paiement en plusieurs fois. La compagnie avait alors expliqué qu’à partir du 20 de chaque mois, le premier motif de refus de paiement est “fonds insuffisants“. Le paiement en plusieurs fois doit doit faciliter les achats de billets.
    De plus, « la possibilité de payer en plusieurs fois est une option de plus en plus plébiscitée par les Français dans leurs achats en ligne », estime la SNCF.
    La solution retenue « se distingue notamment par la simplicité d’utilisation et son intégration sans couture au parcours de vente en ligne et par la qualité de la relation clients », explique le transporteur.
    À ce stade, le montant à partir duquel, il sera possible de payer en plusieurs fois n’est pas encore connu. Mais, en août, SNCF Voyageurs précisait aussi que cette possibilité devrait être ouverte aux « montants de commandes les plus importants par exemple lors d’une réservation pour une famille ou un groupe ».
    Y. G.
  • Grève : les préavis dormants en question

    Grève : les préavis dormants en question

    Même s’il peut se poursuivre les jours prochains, le mouvement de grève dans les transports le 18 octobre, à l’appel de la CGT Cheminots et de Sud-Rail sur le thème de l’inflation et des salaires, n’a pas connu une très forte mobilisation. Selon la SNCF, le plan de transport était « quasi-normal » sur Eurostar et Thalys,  « normal » pour les TGV, « avec quelques adaptations sur les axes Atlantique, Nord, et Sud-Est« , 50 % en moyenne sur les TER (avec des pics supérieurs sur quelques régions), 55 % sur Transilien. La participation devrait être comparable à celle de la précédente grève du 6 juillet, qui portait aussi sur les salaires, et tournait alors autour de 20 %.

    Grève « politique »

    Sud-Rail réclame 400 euros d’augmentation mensuelle et « un vrai 13ème mois« , tandis que la CGT-Cheminots met aussi l’accent sur les atteintes au droit de grève après la décision du gouvernement de réquisitionner des salariés grévistes pour débloquer des dépôts d’essence. François Nogué, le directeur des Ressources humaines du groupe SNCF, rappelle que cette grève est avant tout «  interprofessionnelle et dépasse le simple périmètre de l’entreprise« . C’est aussi, ajoute-t-il, une grève  « politique « , à un mois des élections professionnelles prévues à la SNCF du 17 au 24 novembre. « Cet appel à la grève nous paraît un peu incompréhensible car nous travaillons depuis un an de façon ininterrompue sur les salaires« , commente le DRH. Après des négociations menées en décembre dernier, un nouvel accord a été signé en juillet par l’Unsa Ferroviaire et la CFDT Cheminots, aboutissant à une hausse globale des rémunérations de 3,1 %. Globalement, le groupe estime avoir redistribué à ses salariés 500 millions d’euros, soit plus de la moitié de son résultat net en 2021.

    Elections professionnelles en novembre

    En juillet, un agenda de négociations avait été défini. La direction a également décidé que les mesures retenues en faveur du pouvoir d’achat pourront faire l’objet d’une rétroactivité sur le 4ème trimestre 2022 si l’inflation augmente plus vite que prévu cette année. Les prochaines discussions autour du pouvoir d’achat doivent se tenir à partir de la fin novembre, une fois les élections professionnelles passées. « Le calendrier de négociations est déjà calé« , souligne Didier Mathis, le secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire, tandis que Thomas Cavel, son homologue de la CFDT Cheminots, rappelle que « les revendications sur les salaires sont portées de longue date » par son syndicat.

    Preuve de ce caractère politique selon François Nogué, le préavis « un peu curieux » choisi « dans la précipitation » par les organisations syndicales appelant à la grève : décidées à se joindre au mouvement interprofessionnel lancé par la CGT, « et n’ayant pas le temps de déposer un préavis, elles ont repris un vieux préavis datant de novembre 2019 portant sur les retraites et également signé par l’Unsa Ferroviaire qui n’appelle pas à la grève! Un préavis pas levé à l’époque mais qui court toujours… »

    Ce type de préavis, appelé préavis dormant, permet à tout moment, à tout agent ou à des groupes, de se greffer sur des préavis qui couvrent de très longues périodes. « Certains courent jusqu’en 2045 ou 2050!« , précise François Nogué, qui compte prochainement évoquer ce sujet devant les organisations syndicales. La direction considère qu’il s’agit d’un détournement de la loi sur le service garanti, prévoyant un délai de 15 jours avant de poser une déclaration de concertation immédiate (DCI), puis 5 jours avant le dépôt d’un préavis. De leur côté, certains salariés (essentiellement les conducteurs et les aiguilleurs) sont obligés de déclarer 48 heures avant s’ils font grève afin de permettre à l’entreprise de préparer son plan de transport. Dans le passé, la SNCF a déjà essayé de mettre fin à ces pratique en saisissant la justice, mais sans succès. Didier Mathis, le secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire craint que ces détournements du droit de grève finissent par inciter le législateur à intervenir pour un recadrage. « Or, la SNCF est une des rares entreprises où il faut autant attendre entre le moment où on décide de faire grève et le moment où on déclenche la grève. C’est un délai déjà long, qu’il ne faudrait pas allonger… », prévient-il

    La RATP, également touché ce 18 octobre par le mouvement de grève (trafic quasi normal sur le métro, trois trains sur quatre sur les RER A et B, plus perturbé sur les lignes de bus), connaît aussi ce phénomène de préavis dormant. Auditionné en juin dernier devant une commission sénatoriale, Philippe Martin, alors directeur général adjoint Opérations de transport, comptabilisait « 21 préavis de grève dormants à la RATP« . Et demandait aussi une révision des règles.

    MH P

  • Le prolongement de la ligne 14 en bonne voie

    Le prolongement de la ligne 14 en bonne voie

    Etape importante pour le métro automatique de la ligne 14 qui doit relier la gare de Saint-Denis Pleyel en Seine-Saint-Denis à l’aéroport d’Orly dans le Val-de-Marne : Clément Beaune, le ministre des Transports, est venu symboliquement, le 12 octobre, souder un profilé de guidage de la ligne 14, dans la gare de Saint-Denis Pleyel, pour marquer la fin de la pose des voies sur le prolongement nord de cette ligne.
    Même s’il reste encore à équiper la voie (pose de supports de câbles, déroulé, passerelle, main courante, etc.), la ligne 14 devrait bien ouvrir en 2024, quelques semaines avant les JO, permettant desservir le Village des athlètes à Saint-Denis, a confirmé la Société du Grand Paris. Dans l’arrière gare, une communication croisée doit encore être posée afin de permettre le retournement des rames mais aussi leur garage en période creuse ou la nuit.
    A l’extérieur, le gros œuvre se poursuit sur la partie supérieure de l’immense gare de Saint-Denis Pleyel (30 000 m2) avec la construction d’un bâtiment à vocation culturelle – un appel à projets international est en cours –, tandis qu’en sous-sol, les aménagements ont commencé. L’étage – 1 est dédié à des locaux techniques sur 90 % de sa surface, soit sur 5400 m2 : poste de redressement pour l’énergie de traction de la 14, PCC de la gare, vestiaires pour les agents. Seul un espace en mezzanine sera réservé aux flux de voyageurs vers les escaliers mécaniques qui, une fois installés, permettront de franchir le puits de lumière souhaité par l’architecte du lieu, Kengo Kuma.  Au total, la gare comptera 56 escaliers mécaniques, plus 17 ascenseurs, en raison de sa très grande profondeur et de ses quatre niveaux souterrains.
    Au second sous-sol, on accède à une immense plateforme, point central de la future gare qui accueillera 250 000 voyageurs par jour à l’horizon 2030. «À cet endroit, les travaux sont peu avancés parce que cet espace sert d’accès aux compagnons qui travaillent sur le chantier et de lieu de stockage temporaire des matériaux pendant les travaux. Sur le chantier, il y a entre 300 et 350 compagnons par 24 h, 6 jours sur 7 », précise Mathieu Mallet, le directeur adjoint de projet sur la ligne 14 nord à la Société du Grand Paris.
    « La configuration de la gare est assez semblable à la station Châtelet. Un plateau permet d’accéder aux quais des différentes lignes 14, 15, et 16 – 17 [quais communs]  qui sont parallèles les uns aux autres», poursuit Mathieu Mallet. La gare de Saint-Denis Pleyel est ainsi appelée à devenir un important pôle d’échange avec les lignes 16, 17, et plus tard avec la 15 Nord. . Mais si la 14 sera bien inaugurée « mi-2024 », il faudra attendre 2026 pour que s’ouvrent les lignes 16 et 17, puis  « l’horizon 2030 » pour la 15 Nord, pour constituer enfin le grand réseau de métro automatique prévu autour de Paris.
    Yann Goubin
  • L’Espagne relance les études de faisabilité d’un tunnel ferroviaire vers le Maroc

    L’Espagne relance les études de faisabilité d’un tunnel ferroviaire vers le Maroc

    Le gouvernement espagnol chercherait à réactiver le projet de tunnel ferroviaire entre l’Espagne et le Maroc à travers le détroit de Gibraltar. Présenté le 4 octobre, le projet de budget de l’État pour 2023 prévoit 750 000 euros pour une étude de faisabilité de cet ouvrage, note la presse espagnole. La même somme a déjà été allouée à cette fin cette année. En 2007, un plan conjoint avait été présenté par les entreprises d’État créées de chaque côté du détroit pour mettre l’idée en œuvre. Il était resté lettre morte, avec la crise financière de 2008. La proposition de budget 2023 présente la nouvelle étude comme “le pas définitif pour être en condition de lancer le processus”, selon le quotidien El País. Concrétiser ce vieux rêve serait toutefois un travail de très long terme, et nécessiterait un nouvel accord bilatéral avec le Maroc.

    A. E.

  • Des transports régionaux moins chers ou gratuits pour faire face à la pénurie d’essence

    Des transports régionaux moins chers ou gratuits pour faire face à la pénurie d’essence

    Mesures exceptionnelles en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes ce week-end : en Occitanie, la région a décidé de vendre tous les billets de TER à 1 euros les 15 et 16 octobre. « Cette mesure exceptionnelle vise à permettre aux habitants d’Occitanie d’économiser du carburant durant le week-end afin d’assurer leurs déplacements domicile-travail la semaine prochaine« , explique-t-elle dans un communiqué. Elle précise aussi que « dans le cas où la situation perdurerait, la Région Occitanie envisage la possibilité de renouveler la mesure si nécessaire« .

    De son côté, l’Auvergne-Rhône-Alpes propose « un libre accès à l’ensemble des transports régionaux« , de la première circulation du matin 15 octobre à la dernière du 16 octobre . Sont concernés 1300 TER qui circulent sur les 3400 kilomètres du réseau ferré régional, 800 cars interurbains régionaux et les réseaux de transports des villes d’Ambérieu, Aubenas, Saint-Jean- de-Maurienne et Valserhône sur lesquels la Région est l’autorité organisatrice.