Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Frédéric Beylier prend les commandes de Flowbird

    Frédéric Beylier prend les commandes de Flowbird

    Le groupe Flowbird a annoncé le 13 octobre la nomination de Frédéric Beylier au poste de PDG. Il remplace Bertrand Barthelemy qui a choisi, après 12 ans à ce poste,  « de se concentrer sur son rôle de membre du conseil d’administration« , indique un communiqué de l’entreprise spécialiste de solutions billettique et de la gestion du stationnement.

    Le nouveau patron, qui a notamment travaillé pour Oberthur Technologie (devenu Idemia), doit conduire « la nouvelle phase de croissance » du groupe présent dans plus de 80 pays.

  • L’Etat et les régions se mettent d’accord sur un forfait à 49 euros pour voyager en Allemagne

    L’Etat et les régions se mettent d’accord sur un forfait à 49 euros pour voyager en Allemagne

    Après des mois de controverses, le ministre libéral des Transports, Volker Wissing, et les ministres des Transports des régions (Länder) se sont mis d’accord pour proposer « rapidement » un ticket forfaitaire à 49 euros valable dans tous les transports en commun d’Allemagne, y compris dans les TER. Il fait suite au « ticket à 9 euros » proposé avec succès cet été (52 millions de billets vendus en 3 mois) dans le cadre du programme de « lutte contre la vie chère ».

    L’Etat et les régions doivent maintenant boucler la question du financement. Berlin propose de participer à hauteur de 1,5 milliard par an pour compenser le manque à gagner des entreprises de transports. « Les régions sont prêtes à cofinancer », a ajouté Maike Schaefer, la présidente de la « Conférence des ministres régionaux des transports », sans préciser de montant et en réclamant à l’Etat d’investir davantage dans les infrastructures : « Ce pass à 49 euros est inutile à ceux qui n’ont pas de lignes bus ou de trains près de chez eux », a-t-elle ajouté.
    Christophe Bourdoiseau
  • Le réaménagement de la gare du Nord prend forme

    Le réaménagement de la gare du Nord prend forme

    Le réaménagement de la gare du Nord à Paris est lancé. Après l’abandon d’un premier projet très contesté (StatioNord) jugé trop coûteux, trop long et donnant trop de place aux commerces, une deuxième version avait été présentée aux élus par la SNCF en mars 2022. Moins ambitieux, ce nouveau projet dénommé Horizon 2024 vise à adapter la gare à l’accueil des voyageurs en leur offrant un environnement plus confortable et moderne d’ici deux ans, au moment se tiendront la coupe du Monde de Rugby en 2023, puis les Jeux Olympiques de Paris en 2024.
    Les travaux d’Horizon 2024 ont commencé en juillet par le réaménagement de la gare routière située sur le flanc est du bâtiment voyageurs, côté Transilien. L’espace, jusque-là réservé aux bus, va se transformer « en une éco-station bus moderne, sécurisée et accueillante », explique Île-de-France Mobilité. De plus, le nouvel espace intégrera les mobilités douces avec la construction d’« une grande Halle Vélos avec 1 200 places sécurisées et un niveau de service inédit en Île-de-France », ajoute Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités.
    Cette halle, équipée d’un large auvent, d’une couverture métallique et habillée d’un « bardage de bois ajouré, laissant la lumière pénétrer pour renforcer le sentiment de sécurité », offrira 1186 places sécurisées de stationnement pour vélos, gratuites pour les détenteurs du Pass Navigo annuel, ou avec des forfaits journée, semaine, mois ou année dont les tarifs ne sont pas encore fixés. Précisons que 50 places gratuites en voirie existent rue de Maubeuge, sur le flanc ouest de la gare.
    Dans la future halle, plusieurs types de places seront proposés : des racks double étage à écartement standard, des racks à écartement plus large pour les VTT, ou les vélos électriques, et un espace dédié pour les vélos cargos. Les places disponibles seront signalées en temps réels. Et des agents d’accueil seront présents pour aider les usagers à ranger leur vélo, mais aussi veiller à la sécurité du site. En complément, les cyclistes trouveront une station de gonflage, des outils de réparation en libre accès, des bancs, des casiers, des bornes pour recharger leur VAE, des distributeurs de pièces détachées, des toilettes et un point d’eau.
    L’installation de cette halle n’empiète pas sur la gare routière, qui conserve sa surface afin d’accueillir ses 100 000 voyageurs quotidiens. Seule la circulation des bus sera modifiée. Les véhicules ne quitteront plus la gare par la rampe débouchant sur le parvis, rue de Dunkerque, – désormais réservée aux vélos et aux piétons – mais par l’actuelle entrée rue du faubourg Saint-Denis qui sera élargie. Cet élargissement permettra aussi d’ajouter une voie cyclable pour rejoindre la halle en toute sécurité.
    La halle vélo, qui coûtera 5 millions d’euros financés par Île-de-France Mobilités (55,4 %),  l’État (30,4 %) et Gares et Connexions (14,2 %), sera mise en service courant 2024.
    Yann Goubin
  • L’Association française du rail craint un retour en arrière pour le fret ferroviaire

    L’Association française du rail craint un retour en arrière pour le fret ferroviaire

    Face à la hausse des prix de l’énergie, le secteur du fret ferroviaire s’inquiète. Interrogé par VRT, Alexandre Gallo, PDG de DB Cargo France, et tout nouveau président de l’Association française du rail (AFRA), demande la reconduction de l’aide de l’Etat en faveur du fret ferroviaire et propose le plafonnement du prix de l’électricité pour ce secteur.

    Ville, Rail & Transports :Comment faites-vous face à la crise énergétique ?

    Alexandre Gallo : Rappelons l’évolution du prix que nous payons pour le MWh : 43 euros en 2020, 75 euros en 2021, 115 euros en 2022, et l’année prochaine, on annonce un prix compris entre 250 et 500 euros. Rappelons aussi que l’énergie compte pour entre 15 et 18% dans la facture de circulation d’un train. Si cette facture est multipliée par quatre ou cinq, les conséquences seront lourdes pour nous comme elles le seront pour nos clients, qui essayent eux aussi de limiter leurs coûts.

    VRT : Quels sont les risques pour la filière selon vous ?

    A. G. : L’ensemble de notre écosystème souffre. L’inflation augmente le coût des sillons, des matériels, et de la main d’oeuvre. Un exemple : la révision d’une locomotive électrique nous coûtait 150 000 euros en 2016. Elle nous coûtera 300 000 euros l’année prochaine.

    En période de transition écologique, tout cela est très paradoxal : va-t-on faire face un report modal inversé ? Il est à craindre que des flux qui étaient venus à nous ces dernières années ne basculent à nouveau vers la route… Aucune décision n’est prise par l’État pour soutenir le fret ferroviaire dans cette crise du prix de l’énergie. Les routiers savent faire entendre leur voix (comme l’illustre la baisse de 30 centimes sur le gazoil dont les routiers ont bénéficié). A nous de faire entendre la nôtre.

    VRT : Les acteurs du secteur ont été diversement touchés par cette crise…

    Beaucoup d’entre eux achètent l’énergie à SNCF Réseau, qui n’a pas bien négocié ses achats d’électricité pour l’année 2023. Les entreprises ferroviaires de taille modeste seront les plus touchées. Il faut que l’État les soutienne car elles n’ont pas de marges de négociations avec les grands donneurs d’ordre industriels.

    VRT : Que demande plus précisément le nouveau président de lAFRA à l’État ?

    A. G . : L’AFRA souhaite pousser plusieurs mesures spécifiques comme la reconduction de l’aide d’État de 26 millions d’euros. Et pourquoi pas un plafonnement du prix de l’électricité pour le ferroviaire ? Ce serait une reconnaissance du caractère stratégique du secteur dans la politique de transition énergétique. Nous espérons, au même titre, un approvisionnement prioritaire. Va-t-on arrêter les trains en pleine voie dans les semaines qui viennent ? Ce serait incompréhensible, dans la mesure où nous ne travaillons pas durant les pics de consommation : nos trains circulent généralement la nuit.

    VRT : Que faut-il également améliorer ?
    A.G. : Le réseau et sa gestion. Deux maillons faibles entravent notre stratégie nationale du report modal : le coût de l’énergie et SNCF réseau. Nous attendions un saut de performance de la part de SNCF Réseau, qui n’a malheureusement pas eu lieu sous la présidence de Luc Lallemand. Je connais depuis longtemps son successeur, Matthieu Chabanel, et je le crois capable de pouvoir enfin réformer cette entreprise et d’obtenir de l’État les moyens des ambitions du fret ferroviaire. Nous avons fait une étude au sein de 4F, qui a chiffré à 3,5 milliards d’euros les travaux spécifiquement nécessaires au fret ferroviaire.

    VRT : Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans l’organisation de SNCF Réseau ?

    A. G. : La planification des travaux par exemple : on a l’impression que chaque antenne régionale de SNCF Réseau agit de façon isolée. La direction centrale est à l’écoute de ses clients, mais elle est paralysée par la structure même du mammouth qu’est SNCF Réseau.

    Autre exemple, je commande un sillon à 120km/h entre Forbach et Perpignan. La vitesse moyenne sera finalement de 64 km/h. Pourquoi ? Parce que le train sera arrêté plusieurs fois : parce qu’il y a une grève, parce que des travaux ont été ouverts sans concertation sur mon sillon, parce que je dois laisser passer un train de voyageur… Si on améliore la régularité de la circulation sur le réseau, on améliore la compétitivité des opérateurs et l’efficacité énergétique du train.

    VRT : Dans les conditions actuelles, l’objectif de doublement du report modal en 10 ans, est-il toujours tenable?

    Les mesures financières votées suite à l’adoption de la Stratégie nationale pour le fret ferroviaire ont démontré qu’elles portaient leurs fruits : nous sommes passés de 9,6% à 10,7% de parts modales de 2020 à 2021. Ces mesures nous ont donné les moyens d’aller chercher des clients qui ne faisaient pas ou plus appel au fret ferroviaire. Ce sont elles la clé du doublement de la part modale, parce que l’offre ferroviaire demeure une offre complexe, difficile à appréhender.

    Souvenez-vous, au début de la pandémie, quand les camions ne roulaient plus : tout ce qui était autrefois impossible est devenu possible. Évidemment, après la crise, ces nouveaux clients sont repartis vers la route… Les subventions (l’aide à la pince, les subventions sillons, les aides directes et indirectes… ) nous aident de transformer nos chaînes commerciales pour être à même de répondre à leur souhait de changer de mode de transport.

    Propos recueillis par Thomas Renou

     

     

     

     

  • La CGT-Cheminots et Sud Rail appellent à la grève le 18 octobre

    La CGT-Cheminots et Sud Rail appellent à la grève le 18 octobre

    La fédération CGT des cheminots et Sud-Rail ont appelé à la grève le 18 octobre, jour choisi par la CGT pour organiser une journée de grève nationale, pour demander des hausses de salaires et protester contre les réquisitions dans le secteur de l’énergie. « Les cheminots veulent agir à nouveau sur les salaires, dénoncer la répression et l’attaque contre le droit de grève », indique la CGT-Cheminots dans un communiqué, tandis que Sud-Rail demande « 400 d’euros d’augmentation mensuelle et un vrai 13ème mois pour tous« .

    La mobilisation devrait également toucher la RATP puisque la CGT y a appelé les salariés à la grève, fustigeant « la surdité du patronat et du gouvernement » face à la situation sociale « catastrophique ».

  • Lancement des travaux de prolongement du tramway genevois jusqu’à Saint-Julien

    Lancement des travaux de prolongement du tramway genevois jusqu’à Saint-Julien

    Les travaux de prolongement du tramway genevois jusqu’à Saint-Julien-en-Genevois, en France, doit officiellement commencer, le 13 octobre, par le dévoiement des réseaux souterrains secs (électricité, gaz, télécommunications) et humides (eau potable, eaux usées, eaux pluviales).
    La ligne 15, dont le terminus actuel se situe à Palettes, sera prolongée d’1,4 km, avec quatre stations, distantes de 500 m, jusqu’à la gare SNCF de Saint-Julien-en-Genevois. Son arrivée en France est prévue pour la fin de l’année 2025.
    Le Tramway du Genevois devrait alors transporter 8 800 voyageurs quotidiens avec une fréquence d’un tramway toutes les 6 minutes en heures de pointe, de 5 h à minuit. L’arrivée du tramway doit permettre de diminuer de 30 % le trafic automobile dans Saint-Julien-en-Genevois et de 2 500 véhicules par jour sur l’avenue de Genève.
    Le montant des travaux s’élève à 43 millions d’euros financés par la Communauté de Communes du Genevois et Commune de Saint-Julien (27 %), le département de la Haute-Savoie (27 %), la Confédération suisse (33 %), l’État français (10 %), le Syndicat Intercommunal d’électricité de la Haute-Savoie (1,5 %) et l’Union européenne (1,5 %).
  • Lacroix-Savac et Transdev remportent chacun un nouveau contrat de bus en Seine-et-Marne

    Lacroix-Savac et Transdev remportent chacun un nouveau contrat de bus en Seine-et-Marne

    Ile-de-France Mobilités a retenu le 10 octobre le groupe Lacroix-Savac pour l’exploitation, à partir du 1er août 2023 et pour cinq ans, des lignes de bus desservant le territoire de Montereau et ses environs. Il s’agit de 19 lignes de bus, une ligne express et un service de transport à la demande.

    De son côté, Trandev a été sélectionné sur les lignes de bus (40 + 4 services de TAD) desservant la Communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau, la Communauté de communes Moret Seine et Loing, ainsi que le sud de la Communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux. Son contrat de délégation de service public, qui inclut la réalisation d’un nouveau centre opérationnel bus sur la commune de Moret-Loing-et-Orvanne, débutera également le 1er août 2023 pour une durée de 5 ans.

  • Fret européen : enfin l’attelage automatique?

    Fret européen : enfin l’attelage automatique?

    Il s’appelle DAC, pour Digital Automatic Coupler, c’est-à-dire « attelage automatique numérique ». De nombreux acteurs du fret ferroviaire européen placent de grands espoirs sur ce dispositif, qui non seulement simplifierait et rendrait plus sûres les manœuvres d’attelage des wagons, après plus d’un siècle de tentatives, mais contribuerait aussi à rendre « intelligents » les trains de fret.

     

    Dans le fond, l’Europe a peut-être bien fait d’attendre, du moins jusqu’à présent. Car le Vieux continent, qui reste le dernier dont les trains de fret sont très majoritairement dépourvus de système d’attelage automatique, pourrait devenir le premier à mettre en œuvre un système d’attelage automatique numérique, dit DAC (pour Digital Automatic Coupler).

    L’adjectif « numérique » fait ici toute la différence, non seulement avec l’attelage à vis encore majoritairement mis en œuvre pour coupler les locomotives et les wagons entrant dans la composition des trains de fret européens, mais aussi avec les dispositifs automatiques adoptés depuis longtemps à travers le monde, tel le SA3 (réseaux ex-soviétiques et africains, trains de minerais en Suède et Norvège) ou l’attelage AAR (réseaux nord-américains), voire avec les barres d’attelage de trains de fret lourds (Pologne…).

    Automatique et numérique

    En effet, le DAC fait entrer les trains de fret européens dans une nouvelle dimension : outre un couplage mécanique déjà assuré par les solutions en œuvre sur les autres continents, le nouvel attelage jouerait aussi un rôle dans la conduite de l’électricité, de l’air et des données sur toute la longueur du train, ce qui permettrait par exemple une adoption du freinage à commande électrique.

    En outre, avec un tel attelage, le wagon isolé pourrait retrouver un intérêt : outre le fait qu’il ne serait plus nécessaire d’envoyer du personnel effectuer des manœuvres pénibles et dangereuses, la logistique et la maintenance seraient facilitées par la connaissance des données en provenance de capteurs installés dans les trains.

    Et l’Europe, en passant du XIXe au XXIe siècle, se retrouverait finalement en avance sur les réseaux qui se sont modernisés au XXe siècle ! Au cours du siècle dernier, les tentatives de passer à l’attelage automatique n’avaient pourtant pas manqué en Europe, il y a 50 ans en particulier. Par la suite, un nouveau dispositif a été testé il y a 20 ans.

    Un demi-million de wagons concernés

    « Une des choses qu’il faut accepter, c’est que les choses ne bougent pas d’une journée à l’autre », résume Peter Reinshagen, directeur général du loueur de wagons Ermewa. « Le couplage automatique a été sur la table depuis 100 ans et on a déjà essayé par deux fois de l’introduire en Europe. Ça n’a pas marché, mais ce n’est pas une raison pour ne pas lancer un troisième essai, parce que c’est ça qu’il nous faut. »

    Ce nouvel essai a démarré en 2020, dans le cadre du projet pilote mené par le consortium DAC4EU, pour Digital Automatic Coupling for Europe. DAC4EU regroupe les entreprises ferroviaires DB (Allemagne), CFF Cargo (Suisse) et Rail Cargo Group (ÖBB, Autriche), ainsi que les loueurs de wagons Ermewa, GATX et VTG, avec un financement de 13 millions d’euros apporté par le ministère fédéral allemand des Transports et Infrastructures numériques. Quatre types d’attelages, fournis par CAF (type SA3), Dellner (apparenté au Scharfenberg), Wabtec Faiveley Transport (type Schwab) et Voith (type Scharfenberg) – ont été testés ; c’est le dernier qui a été retenu, en septembre 2021, pour devenir le standard pour l’ensemble des pays européens.

    Et un an plus tard, le nouveau dispositif a été présenté au public à l’occasion du salon Innotrans à Berlin, trois mois après une démonstration à destination de décideurs européens en gare de Strasbourg. Et tous les acteurs du fret ferroviaire européen sont les bienvenus à participer au programme EDDP (European DAC Delivery Programme), qui vise une mise en œuvre du nouvel attelage d’ici 2030 au plus tard, le déploiement devant commencer en 2026.

    Près d’un demi-million de wagons doivent être équipés à terme, plus précisément 460 000 wagons, dont 210 000 dits « core business » et 250 000 en trains blocs. La stratégie à suivre serait plutôt un Big Bang sur une partie réduite du parc, sans phase intermédiaire d’interopérabilité, pour des raisons d’efficacité et de sécurité.

    Des bénéfices multiples…

    Avant les avantages techniques évidents du DAC et ses bénéfices financiers, plus indirects, « il faudrait mettre en avant l’aspect sécurité », souligne Raphaël Doutrebente, directeur général d’Europorte et porte-parole de 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur). « L’attelage, ce sont des manipulations, des douleurs, des gestes répétitifs ».

    Soit deux heures de gagnées sur un triage ! Les gains de temps seront sans doute plus élevés avec le DAC5, qui permet un découplage télécommandé, qu’avec le DAC4, qui n’offre pas cette fonction.

    Côté exploitation, le DAC permet de remorquer des trains plus longs et plus lourds, même dans les limites imposées par les infrastructures existantes. Soit une charge payante augmentée… alors que moins de trains entraînent un gain de capacité pour le gestionnaire d’infrastructure. Et le contrôle de l’intégrité du train par le dispositif permettrait l’exploitation avec le système européen de sécurité ETCS niveau 3.

    …qui ont un coût

    Reste que passer à un tel attelage automatique reviendrait à quelque 17 500 euros par wagon et 25 000 euros par locomotive, ce qui impliquerait de débourser huit à dix milliards d’euros pour équiper près d’un demi-million de wagons et des dizaines de milliers de locomotives.

    Et fournir de l’ordre d’un million de DAC (à raison de deux par wagon ou locomotive) représentera un investissement considérable pour les fournisseurs, parmi lesquels on devrait retrouver les concepteurs des modèles testés en 2020-2021… Il faut à ces industriels un business model, de même qu’à Fret SNCF, qui souhaite désormais passer au DAC, après avoir affiché une certaine frilosité il y a trois ans.

    « Oui, c’est cher, mais qu’on ne se dise pas, dans 10 à 20 ans, “si on avait su ” », insiste un acteur du fret européen, qui qualifie le DAC de « principale innovation technologique proposée à notre secteur ses 10 dernières années ». Certains ont même évalué à quelque 200 euros par train et par trajet le coût des opérations que le DAC doit faire disparaître. « Dix milliards d’euros, oui, mais… », pour Frédéric Delorme, président de Rail Logistics Europe, les accidents du travail ont aussi un coût et le DAC rendrait moins pénibles les métiers du fret ferroviaire, tout en permettant leur féminisation. Sans risque de créer du chômage, car « on n’arrive pas à recruter ! »

    Patrick Laval

    La fin des manœuvres dangereuses

    Avec le DAC, c’est la fin des manoeuvres pénibles et dangereuses accomplies depuis le XIXe siècle par le personnel. Plus personne n’a besoin de cheminer le long du train, ne serait-ce que pour noter les numéros de wagons, vu que la saisie de la composition du train serait automatisée, comme les essais de frein, le calcul du poids pour le freinage ou les transmissions d’informations sur les wagons et l’état de leur chargement…

    Un attelage bien connu sur les trains de voyageurs

    Ces dernières décennies, les trains classiques de voyageurs ont été progressivement remplacés dans de nombreux pays par des rames-blocs ou automotrices. Ces dernières sont généralement équipées d’attelages automatiques de type Scharfenberg, un nom déjà bien connu depuis un siècle pour équiper les trains de banlieue, les métros, voire les tramways. Aujourd’hui les attaches Scharfenberg sont produites par Voith.

  • La ligne 11 du métro parisien franchit une nouvelle étape en vue de son prolongement

    La ligne 11 du métro parisien franchit une nouvelle étape en vue de son prolongement

    La ligne 11 se prépare à de nombreux changements. Dans un peu moins d’un an, les voyageurs de cette ligne du métro parisien pourront embarquer dans du matériel neuf, des rames MP14 qui commenceront alors à remplacer les vieux matériels (MP59) dont la conception remonte aux années 60. Autre grand changement attendu vers la fin 2023 : la ligne sera prolongée vers l’est jusqu’à Rosny-sous-Bois, avec l’ouverture de 6 stations. C’est aujourd’hui la plus petite  ligne de métro de Paris avec ses 6 km, reliant en 13 stations Châtelet à Porte des Lilas.
    Etape importante avant ce prolongement, les 4 et 5 octobre, des essais de charge ont été réalisés sur le long viaduc situé sur la commune de Noisy-le-Sec, permettant d’enjamber le nouveau quartier des Coteaux, et de rejoindre la station La Dhuys. Au milieu de ce viaduc de 600 mètres se trouve la future station aérienne Coteaux-Beauclair.
    En faisant circuler sur ce viaduc, des rames chargées de gueuses, des poids en fonte qui représentent la masse des voyageurs, les constructeurs s’assurent de sa solidité. Pour cela, ils ont fixé au tablier du pont des poids au bout de fil, l’ensemble du dispositif étant relié à des capteurs. À chaque passage de rames, les instruments mesurent la flexion (infime) de l’ouvrage, vérifiant que cette flexion reste dans une fourchette définie à la conception du pont.
    Les ingénieurs testent aussi l’ouvrage d’art au sud de la station Côteaux-Beauclair, qui permet de franchir un échangeur de l’A3 et plonge ensuite pour rejoindre le terminus de Rosny-Bois-Perrier. Le 4 octobre a été consacré aux essais dynamiques, avec des rames en mouvement, et le 5, aux essais statiques, simulant le stationnement du matériel sur l’ouvrage. Profitant de la présence des rames, d’autres essais se sont déroulés le 6 octobre pour vérifier l’emplacement et la visibilité de la signalisation.
    Fin novembre, les travaux de signalisation entre Châtelet et Mairie des Lilas seront terminés. Sans eux, impossible d’y faire circuler les nouveaux MP14 d’Alstom. Pour l’instant, 4 premiers trains de MP14 ont été réceptionnés au nouvel atelier de Rosny-sous-Bois et un cinquième devait arriver prochainement. En décembre, les essais du nouveau matériel pourront commencer sur la partie historique de la 11 entre Châtelet et Mairie-des-Lilas. Il y aura 39 nouveaux trains lorsque le prolongement sera ouvert au service.
    Yann Goubin
  • Hausse des coûts des transports : Valérie Pécresse présente son addition à l’Etat

    Hausse des coûts des transports : Valérie Pécresse présente son addition à l’Etat

    Ile-de-France Mobilités a fait ses calculs : le fonctionnement des transports publics va coûter 950 millions d’euros de plus l’année prochaine avec la flambée des prix de l’énergie. Après avoir réalisé 200 millions d’euros d’économies en interne, Valérie Pécresse affirme avoir également trouvé un accord avec les collectivités qui ont accepté de voir leurs contributions augmenter de 7,5 %. Ce qui va rapporter 100 millions (dont 50 millions pour la région et 30 millions pour Paris). Les opérateurs, SNCF et RATP, vont aussi verser 100 millions chacun, le premier pour les « surprofits » générés en 2020 et 2021, le second pour diminution de charges du fait de la non-réalisation d’une partie de l’offre de bus attendue.

    La présidente d’Ile-de-France est désormais confrontée à un dilemme : comment continuer à faire fonctionner le service des transports sans augmenter le tarif des billets des transports publics en Ile-de-France? Le 10 octobre, le conseil d’administration d’IDFM qu’elle préside a en effet adopté à l’unanimité une délibération intitulée « Non au forfait Navigo à 100 euros par mois ».

    Pour éviter cette hausse (le pass Navigo coûte actuellement 75,20 euros par mois), elle doit encore trouver 450 millions. D’où l’appel à l’Etat pour qu’il prenne en charge une partie du coût des transports publics dont il est directement responsable. C’est le cas de ce que Valérie Pécresse appelle « la dette Covid« , autrement dit les avances remboursables consenties par l’Etat pour passer la crise sanitaire, qu’Ile-de-France Mobilités  va devoir commencer à rembourser l’année prochaine à hauteur de 130 millions d’euros. Les bus, métros et trains ayant continué à rouler à vide pendant la période de confinement, l’absence de recettes avait creusé les pertes. Cela pour répondre à la demande de l’Etat de poursuivre le service. « Je me suis entretenue avec les présidents de métropole de Lyon et de Toulouse et avons décidé d’une action conjointe pour que la dette Covid soit transformée en subventions« , indique Valérie Pécresse, en rappelant que 93 % de l’aide de l’Etat aux autorités organisatrices de mobilité a pris la forme d’avances remboursables. Pour la seule IDFM, cela représente 2 milliards d’euros de dettes.

    C’est aussi l’Etat qui a décidé de lancer le projet du Grand Paris Express, réseau de lignes de métro automatique autour de la capitale. Son coût de fonctionnement avoisinera le milliard d’euros. Mais on ne sait toujours pas comment il sera financé. Or, dès l’année prochaine, IDFM devra débourser 100 millions d’euros pour  la « pré-exploitation » du Grand Paris Express. « En janvier 2020, le Premier ministre, alors Edouard Philippe, s’était engagé à attribuer à IDFM de nouvelles recettes pour l’exploitation du Grand Paris Express » rappelle l’élue, regrettant qu’IDFM n’ait pas la main pour fixer des recettes qui se font toujours attendre…

    Le conseil d’administration demande aussi une diminution de la TVA sur les transports, en la faisant passer de 10 % à 5,5 %, ce qui dégagerait 150 millions d’euros supplémentaires. Enfin, il se prononce pour une hausse du versement mobilité (VM) plus particulièrement ciblée sur les entreprises implantées à Paris et en petite couronne proche : une hausse du VM de 6,5 % pour les sociétés situées dans « le triangle d’or des Hauts-de-Seine » et concernant des villes comme Courbevoie, Nanterre ou Issy-les-Moulineaux, de 3 % ailleurs en petite couronne, mais aucune augmentation en grande couronne. Ce dispositif pourrait générer des recettes de 180 millions pour IDFM, calcule la présidente d’IDFM.

    « Zéro hausse du pass Navigo en 2023, c’est possible si le gouvernement le décide. La balle est dans son camp« , affirme Valérie Pécresse, qui se dit prête à la négociation. Faute de réponse, l’élue menace le gouvernement de ne pas payer pour le Grand Paris Express. Et de ne pas payer non plus pour les JO à hauteur de 150 millions d’euros comme le demandent les pouvoirs publics. « On ne peut pas demander aux Franciliens de financer une offre supplémentaire de transports pour des touristes qui viendront un mois », souligne-t-elle. Elle rappelle toutefois que 90 % des détenteurs d’un pass Navigo ne supportent réellement que la moitié du coût de l’abonnement grâce à différents dispositifs : prise en charge de 50 % du coût par l’employeur (voire 75 % comme le propose désormais la loi), forfait Imagin’R… Une façon de préparer les esprits à une hausse inéluctable?

    MH P