Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • La SNCF s’engage sur 10 % d’économies d’énergie d’ici à 2024

    La SNCF s’engage sur 10 % d’économies d’énergie d’ici à 2024

    Après la présentation en grande pompe, le 6 octobre, du Plan de sobriété par le gouvernement, la SNCF a précisé 4 jours plus tard ses engagements en la matière. Le groupe, qui figure parmi les plus gros consommateurs d’électricité en France (plus de 9 000 GWh, essentiellement pour la traction de ses 15 000 trains exploités quotidiennement), affiche un objectif de réduction de sa consommation de 10 % en 2024 par rapport à 2019.

    Ses économies d’énergie se feront en deux étapes. En 2023, les mesures d’éco-conduite et d’éco-stationnement, déjà appliquées à la SNCF, seront renforcées pour permettre d’économiser 750 GWh, « soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 340 000 Français, ce qui correspond à la population de la ville de Nice« , précise l’entreprise dans un communiqué.

    7 % d’économies en 2023, 3 % en 2024

    Des économies d’énergie devront aussi être réalisées dans les bâtiments : parmi les mesures décidées, la température sera fixée au maximum à 19 degrés l’hiver (16 ° en cas d’inoccupation des locaux) et en été, l’air ne sera refroidi qu’à partir d’une température de 26 °. Chaque degré, chauffé ou refroidi, représente « une économie de 7% sur la part du chauffage et de la climatisation de la facture du bâtiment« , indique la SNCF.

    Des mesures vont également être appliquées dans les gares, où le chauffage n’excèdera pas 11°C dans les halls en hiver, et 16°C dans les salles d’attente. Entre autres, les braseros seront éteints, de même que les luminaires dans les commerces une fois la gare fermée, et l’éclairage sera plus « régulé« .
    L’ensemble de ce dispositif doit aboutir à une baisse de consommation énergétique de 7 %. En 2024, une deuxième salve, constituées de mesures de plus long terme et déjà engagées, doit encore se traduire par une baisse de 3 %. Elles concernent l’isolation thermique, la modernisation des systèmes de chauffage ou le remplacement des éclairages énergivores.

     

  • Le covoiturage, l’étonnante mesure « phare » du plan de sobriété gouvernemental

    Le covoiturage, l’étonnante mesure « phare » du plan de sobriété gouvernemental

    Dans son catalogue de mesures présentées par le gouvernement le 6 octobre pour réduire notre consommation énergétique, les recommandations s’empilent et celles concernant les transports sont généralement mises en oeuvre depuis belle lurette (éco-conduite, recours au LED, amélioration de l’efficacité des ascenseurs!… ). L’une d’elles émerge tout particulièrement, présentée comme une  «mesure phare » : le covoiturage.  Il faut, indique le Plan de sobriété, « favoriser le covoiturage grâce à un bonus pour tout nouveau covoitureur qui s’inscrit sur une plateforme ».
    Si le montant de l’aide n’est pas encore décidé, il devrait être d’« une centaine d’euros« . C’est l’ordre de grandeur annoncé par Clément Beaune, le ministre des Transports, dans la Matinale de LCI le 6 octobre. Mais beaucoup de flou entoure encore ce qui apparaît comme une mesurette face au défi de la sobriété énergétique.  « La somme sera arrêtée le 1er janvier 2023 », ainsi que les modalités d’attribution. « L’idée, c’est que ce soit clair :  quand vous vous inscrirez sur la plateforme [de covoiturage], vous recevrez une partie de ce soutien financier. Et, afin de s’assurer que vous recourez bien à ce service, au bout de X trajets, vous recevrez le reste de ce soutien financier », a expliqué le ministre en insistant sur les économies individuelles possibles. «  S’il covoiture toute l’année, pour des trajets quotidiens de 30 km, un automobiliste peut économiser 2000 euros ».
    Interrogée par VRT, la FNAUT réagit. «Une incitation au covoiturage, pourquoi pas, compte tenu de l’autosolisme. Mais le covoiturage n’est pas un transport de masse », rappelle son président. Et Bruno Gazeau de poursuivre : «Il faut avant tout des mesures pour développer le ferroviaire : il faudrait au bas mot, pour régénérer le réseau ferré, un milliard d’euros de plus que ce que prévoit le contrat de performance Etat-SNCF Réseau.  Sinon, compte tenu de son état, le réseau ne pourra supporter une augmentation des circulations de trains…».
    Yann Goubin
  • Le TGV OUIGO tisse sa toile en Espagne

    Le TGV OUIGO tisse sa toile en Espagne

    La SNCF continue à se développer en Espagne. Près d’un an et demi après avoir lancé un premier train à grande vitesse entre Madrid et Barcelone et transporté plus de 3 millions de voyageurs, OUIGO Espagne a ouvert, le 7 octobre, une nouvelle liaison entre Madrid et Valence : 5 allers et retours sont proposés tous les jours, à partir de 9 euros, par le train à grande vitesse et à bas coûts de la filiale espagnole de la SNCF.

    Selon la compagnie, 35 600 voyageurs pourront bénéficier chaque semaine de cette desserte entre la gare de Valencia-Joaquín Sorolla et Madrid-Chamartín-Clara- Campoamor, reliées en 1h50.

    D’autres extensions sont prévues à court terme. Au premier semestre 2023, OUIGO Espagne ouvrira une nouvelle liaison à destination d’Alicante, avec deux allers retours quotidiens et un arrêt à Albacete. « Cette ligne est équipée d’un système de sécurité différent des deux lignes précédentes (ERTMS2), qui nécessite une homologation différente des trains. Les prochains mois seront donc consacrés à l’adaptation des trains et à la formation des conducteurs, dans le respect des normes de sécurité requises par les autorités espagnoles », indique la compagnie dans un communiqué.

    Plus tard encore, le TGV français (des rames Alstom Euroduplex) arrivera en Andalousie en proposant 5 allers-retours entre Madrid et Séville avec un arrêt à Cordoue. À terme, OUIGO Espagne compte proposer jusqu’à 30 départs quotidiens à travers l’Espagne, pouvant transporter jusqu’à 10 millions de voyageurs chaque année.

    D’ici là, un autre opérateur sera apparu sur le marché espagnol avec le lancement, le 25 novembre, de la compagnie Ilsa, filiale de Trenitalia et de la compagnie aérienne espagnole Air Nostrum, qui doit déployer ses rames rouges Iryo sur la liaison Madrid, Saragosse et Barcelone.

     

  • 1,3 million de billets SNCF vendus en un jour pour les fêtes de fin d’année

    1,3 million de billets SNCF vendus en un jour pour les fêtes de fin d’année

    Lancement réussi! Le 5 octobre, jour de l’ouverture des ventes pour les fêtes de fin d’année, 1,3 million de billets de train ont été vendus. Un chiffre en hausse de 30 % par rapport à l’année dernière. Au total, 9 millions de billets sont mis en vente pour cette période.

    Selon la SNCF, « Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Marseille et Strasbourg se placent en tête des villes les plus prisées pour le moment« .

     

  • La carte des bars des TGV confiée à Thierry Marx

    La carte des bars des TGV confiée à Thierry Marx

    La SNCF a confié au chef Thierry Marx, depuis le 6 octobre, la carte des bars des TGV. Signe des temps, deux des trois plats sont désormais végétariens. Thierry Marx est notamment chef exécutif au restaurant du palace parisien Mandarin Oriental, le Sur Mesure, deux étoiles au Michelin et il vient d’ouvrir un restaurant au 1er étage de la Tour Eiffel. Dans le TGV, son menu est à 14,80 euros.

    Même si la SNCF change de carte tous les ans, les classiques restent au menu des bars TGV, gérés par la société Newrest. Selon la SNCF, 20 % des voyageurs se rendent au bar. Ils plébiscitent un produit phare, le croque-monsieur, qui se vend à 630 000 unités chaque année.

  • Les trois grandes priorités de Clément Beaune

    Les trois grandes priorités de Clément Beaune

    Auditionné hier matin par la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, après l’avoir été la veille à l’Assemblée nationale, Clément Beaune a fait part de ses trois grandes priorités à l’heure où vont s’engager au Parlement les discussions sur le projet de loi de finances 2023 (PLF).

    Priorité au réseau ferré

    Première priorité : la régénération du réseau ferré et sa modernisation. « Le transport ferroviaire est la colonne vertébrale de la mobilité », a commenté le ministre délégué chargé des Transports, en défendant le bilan du précédent quinquennat et le contrat de performance Etat-SNCF Réseau qui avait été signé discrètement juste avant la réélection d’Emmanuel Macron. « Comparé aux autres réseaux européens, notre réseau fait face à une difficulté spécifique : son âge moyen, il est vrai, très supérieur. Mais l’effort en sa faveur a progressé, passant de 2,5 milliards d’euros à 2,9 milliards annuels pour les dix prochaines années. Il y a 15 ans, l’effort était d’1 milliard par an… », a-t-il rappelé. Mais le ministre reconnaît que le réseau ne va pas rajeunir. Avec les montants décidés pour le renouvellement des infrastructures ferroviaires, « on sera au moins en mesure de stabiliser l’âge du réseau ».

    Côté modernisation, il cite l’ERTMS, une « obligation », selon lui, et la mise en place de la commande centralisée. Celle-ci nécessite des investissements massifs pour lesquels « des financements européens seront sollicités ».

    Transports du quotidien

    Deuxième priorité : les transports du quotidien. « Dans les grandes agglomérations, le transport ferroviaire est prioritaire (…). Dans les zones plus rurales, plus enclavées, nous devons aussi assumer que la voiture fait partie des solutions », a-t-il ajouté en évoquant le recours aux véhicules électriques. « Un dispositif de leasing social, avec les premiers crédits, est bien prévu dans le PLF. Il sera défini plus précisément dans les prochaines semaines et commencera à être déployé en 2023. Il est appelé à monter en puissance. Il complète les autres dispositifs comme la prime à la conversion… »

    Décarbonation

    Enfin, troisième priorité, plus « transversale » : la décarbonation des transports, qui émettent près de 30 % des émissions totales de CO2. « Nous devons changer nos usages, verdir nos industries et avoir des règles internationales et européennes qui poussent à la décarbonation », a déclaré le ministre en ajoutant qu’essayer d’avoir le plus de report modal possible en faveur du ferroviaire est une « solution clé ».

    « Il n’est pas facile de restituer l’effort national global en faveur des mobilités car il n’est pas reflété par le seul programme budgétaire. C’est une compétence partagée », a poursuivi Clément Beaune. L’effort s’élève au total à 12 milliards d’euros, affirme-t-il, soit une hausse de 15 % par rapport à 2022. Un montant qui prend en compte, outre le budget de l’Etat, celui de l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de transport de France) dont les comptes (un budget de 3,8 milliards d’euros) doivent être approuvés à la fin de l’année. « Sur ces 12 milliards, plus de la moitié iront au ferroviaire et aux transports collectifs », précise le ministre.

    Pour connaître plus précisément la ventilation des crédits, il faudra attendre le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) que le ministre doit « installer » en fin de semaine. Ce rapport, attendu vers fin novembre-début décembre, doit réactualiser la programmation des projets de transport avec une liste des priorités. Il doit « éclairer » le gouvernement et l’aider à définir une programmation pluri-annuelle. Et Clément Beaune de réaffirmer, qu’à ses yeux, « le réseau ferré sera très prioritaire ».

    Pour avoir une vision et un pilotage sur le long terme, le ministre se dit favorable aux sociétés de projet, autrement dit des sociétés dédiées comme celle mise en place avec la Société du Grand Paris qui bénéficie d’une ressource garantie sur la longue durée. Ou bien comme celles qui viennent d’être lancées pour le Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO) ou la Ligne Nouvelle Perpignan-Montpellier (LNPM). « C’est l’illustration de ce qu’on pourra faire. »

    Ce rapport du COI va enclencher une nouvelle phase, avec le lancement de négociations entre l’Etat et les régions. Le Gouvernement espère pouvoir signer les nouveaux contrats de plan Etat-Région d’ici la fin du premier semestre 2023.

    M.-H. P.

     

  • Le casse-tête de l’évacuation des trains bloqués dans les tunnels

    Le casse-tête de l’évacuation des trains bloqués dans les tunnels

    Des passagers bloqués dans des tunnels et qu’il faut évacuer, c’est un des scénarios redoutés par la RATP. « Nous avons entre un et deux gros incidents de ce type par an », indique Mathieu Hemour, responsable du pôle Transports à la RATP, en évoquant les voyageurs qui avaient dû être évacués d’un RER B bloqué quelques centaines de mètres avant l’entrée de Gare du Nord le 18 juillet dernier.
    Une situation pas vraiment exceptionnelle dans le tronçon entre Châtelet et Gare du Nord, où la RATP doit faire passer 26 RER B à l’heure. Soit un train toutes les 2 minutes et 20 secondes. « Notre objectif est de réduire au minimum les stationnements interstation », explique Philippe Lopez, directeur de la ligne A. « En cas d’incident, nous privilégions les évacuations à quai, évidemment plus sécurisées. Mais sur une ligne de RER, nous avons toujours plus de rames en circulation que de gares pour stationner le matériel et éventuellement évacuer », poursuit Mathieu Hemour. « Si bien qu’il y peut toujours avoir des rames arrêtées dans un tunnel…« .
    Lorsque la situation contraint le conducteur à s’arrêter entre deux stations, avec des voyageurs à bord, il est formé à faire des annonces pour expliquer la situation, rassurer, estimer le temps d’attente. Certains sont évidemment plus à l’aise que d’autres avec le micro. « Sa toute première action doit être de contacter le Centre de communication unique (CCU) pour indiquer qu’il a dû stopper son train et questionner l’agent de circulation sur les raisons de cet arrêt », dit Philippe Lopez, directeur de la ligne A. Un échange qui peut prendre une minute ou deux. Or, en juillet dernier, c’est seulement après deux minutes d’arrêt du train que le signal d’alarme a été tiré, et que des voyageurs sont descendus du train. Or, dès qu’un signal d’alarme est actionné, le conducteur déclenche le signal radio qui contraint tous les conducteurs des trains situés dans le secteur à se figer. « C’est une mesure de sécurité, puisqu’avec le signal tiré, il y a une suspicion de voyageurs sur les voies dans le tunnel, et le risque qu’un train les percute », explique Mathieu Hemour.
    Conséquence, le conducteur doit alors quitter sa cabine, longer le train par l’extérieur jusqu’à la voiture d’où vient le signal. Une fois informé sur les raisons qui ont poussé le ou les voyageurs à tirer le signal d’alarme, il doit le réarmer pour pouvoir repartir. D’où de nouvelles longues minutes pendant lesquelles les voyageurs ne sont plus informés de la situation, avec toutes les réactions possibles…
    À ce moment-là l’évacuation n’est pas encore déclenchée. Le responsable du CCU attend que le conducteur réussisse à dépanner. Au bout d’une demi-heure sans résultat, il décide en général l’évacuation. « Ça dépend de l’incident. Lorsqu’on a eu l’arrachage de caténaire, en février dernier sur la A, on savait tout de suite que le train ne repartirait pas, et qu’il faudrait évacuer », poursuit Mathieu Hemour.
    Pour l’aider à faire un choix, le CCU dispose aussi d’un relais sur le terrain qu’il peut mobiliser en cas d’incidents. Ce sont les agents de maîtrise polyvalents, qui s’équipent d’un gilet fluo, d’un casque audio, d’une lampe torche et d’une frontale et se rendent à travers le tunnel là où s’est arrêté le train. Ils ont même les habilitations nécessaires pour conduire les trains de la ligne, si besoin. « Ce sont les yeux et les oreilles des agents circulation. Ce sont eux qui peuvent expliquer au chef de poste : “encore cinq minutes et ce sera bon“ ou au contraire “évacuons, parce que le train ne repart pas“, même si la décision appartient au CCU », raconte le responsable du pôle Transports.
    L’évacuation est un moment délicat. On peut faire venir un autre train pour transborder les voyageurs, sur la voie contiguë. Avec le risque, si l’intervalle entre les deux voies est trop grand, que les voyageurs tombent en passant d’une rame à l’autre. « Nous testons un modèle de plaques qui seraient stockées en gare et embarquées dans le train transbordeur. Elles permettraient un transfert plus en sécurité et notamment le passage des poussettes et même des fauteuils roulants », souligne Mathieu Hemour.
    À défaut d’un train pour transborder les voyageurs, les agents de la RATP peuvent fixer les quatre échelles disponibles dans une rame pour faire descendre les voyageurs (un RER A à deux niveaux peut transporter jusqu’à 2500 personnes) qui devront ensuite rejoindre la gare la plus proche, en marchant sur le ballast, dans l’espace étroit laissé entre le train et la paroi du tunnel.  « Nous travaillons aussi à ajouter de l’éclairage dans les tunnels », explique la Régie.
    Toutes ces procédures, mises en place depuis 2018, s’appuient beaucoup sur les agents de maîtrise polyvalents qui travaillent dans les gares. Il y a un par secteur, c’est-à-dire sur une partie de ligne, qui couvre de 5 à 9 gares. La RATP peut aussi compter sur ses agents en station qui ont d’abord un rôle commercial mais peuvent également être mobilisés en cas d’incidents.
    Yann Goubin
  • Cinq ans d’emprisonnement requis contre la conductrice jugée responsable de l’accident de Millas

    Cinq ans d’emprisonnement requis contre la conductrice jugée responsable de l’accident de Millas

    Cinq ans d’emprisonnement dont quatre avec sursis probatoire ont été requis contre la conductrice du car lors du procès sur l’accident de Millas. Six enfants étaient morts et 17 autres avaient été blessés lors de la collision, en 2017, entre un car scolaire et un TER au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales).

    Le procureur a écarté « la fatalité » dans cet accident, jugeant que la conductrice était la seule responsable après avoir franchi un passage à niveau fermé. Il a assorti le sursis d’obligations de soins et d’indemnisation des victimes. Et a demandé l’annulation des permis de conduire (de tourisme et de transport de passagers) de la conductrice avec l’interdiction de repasser ces permis pendant cinq ans. Le procureur a également requis à son encontre l’interdiction définitive d’avoir une activité professionnelle et sociale en lien avec le transport routier ainsi qu’avec des enfants.

    La conductrice âgée de 53 ans était la seule prévenue dans ce procès qui a débuté le 19 septembre au tribunal judiciaire de Marseille.

  • Le transport public a besoin « d’une aide structurelle avec un choc de financement »

    Le transport public a besoin « d’une aide structurelle avec un choc de financement »

    Alors que le gouvernement a présenté la semaine dernière son projet de loi de finances 2023, qui prévoit 9,7 milliards d’euros pour les mobilités, les professionnels du transport public réclament plus d’argent au nom de la lutte contre le changement climatique. La dernière enquête annuelle de l’Observatoire de la mobilité, présentée le 4 octobre par l’UTP, montre en effet une tendance à la hausse de la fréquentation, qui est « globalement revenue au niveau de 2019« , selon Marie-Ange Debon, sa présidente. Et une montée de la prise de conscience de l’avantage écologique apportée par les transports publics. D’où sa recommandation de mettre en place un « choc d’offre » pour faire face à la demande des usagers et favoriser le report modal, indique Marie-Ange Debon. Et de faire des transports publics « une priorité du quinquennat« . Un effort d’autant plus nécessaire dans le contexte inflationniste, ajoute la dirigeante.

    Protection face à l’envolée des coûts de l’énergie

    Dans ces conditions, l’organisation professionnelle, qui représente le transport urbain (171 entreprises) et la branche ferroviaire, affirme avoir besoin « d’une aide structurelle avec un choc de financement ». L’UTP attend plus de précisions dans la répartition des investissements que l’Etat compte faire en 2023  (le gouvernement a indiqué attendre le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures avant de dévoiler ses choix). Mais sa présidente a déjà indiqué quelques-unes de ses priorités. Egalement présidente du directoire de Keolis, elle insiste sur la nécessité d’une « protection » du secteur face à l’envolée des coûts de l’énergie. « Il est essentiel que nous ayons accès à des tarifs régulés à un niveau abordable pour les opérateurs« , souligne-t-elle.

    Il faut aussi, poursuit-elle, soutenir les collectivités locales qui renouvellent leurs flottes de bus en passant à des motorisations alternatives (biogaz et électricité). L’UTP évalue à 100 000 euros par véhicule le montant de l’aide que l’Etat devrait accorder. « Cet effort pourrait être logé dans le fond vert doté de 1,5 milliard d’euros », précise la dirigeante, en rappelant que les collectivités doivent aussi investir dans des équipements de recharge électrique.

    6 milliards d’euros annuels pour le réseau ferré

    Côté ferroviaire, les besoins sont évalués à 6 milliards d’euros par an pour le réseau ferré vieillissant, un niveau de nature à assurer un « rattrapage« . Le fret ferroviaire n’est pas oublié. « Il reste le parent pauvre du fret fortement atteint par la hausse de l’énergie« , souligne Marie-Ange Debon. Selon elle, le surcoût énergétique supporté par le fret ferroviaire s’est élevé à 110 millions d’euros, « ce qui représente quatre fois le montant de l’aide octroyée de 26 millions d’euros’« .

    D’autres revendications formulées depuis plusieurs années par l’UTP n’ont toujours pas obtenu de réponses alors qu’elles ne nécessitent pas de financement. C’est le cas de la plateforme de vérification des adresses des contrevenants préparée par l’UTP pour recouvrer les amendes (50 % d’entre elles n’étaient jamais recouvrées du fait de fausses adresses) mais qui nécessite une intervention législative pour devenir effective. C’est aussi le cas du recours à l’intelligence artificielle souhaité par des opérateurs pour identifier rapidement par exemple les propriétaires de bagages abandonnés, causes de multiples retards. Mais qui nécessite une actualisation de la législation.

    Campagne de communication

    Les opérateurs savent qu’ils ont aussi leur part à jouer. Confrontés à une pénurie de conducteurs (il manquerait 4000 conducteurs dans le transport urbain en France), ils doivent attirer de nouveaux candidats et démontrer l’attractivité de ces métiers. Faute de quoi, les usagers en pâtissent comme c’est le cas à Paris intra-muros où l’offre de bus était, début septembre, de 25 % inférieure à ce qu’elle aurait dû être. Une grande campagne de communication est prévue cet automne.

    Marie Hélène Poingt

  • L’Espagne prolonge ses abonnements de train gratuits

    L’Espagne prolonge ses abonnements de train gratuits

    Le gouvernement espagnol a annoncé le 4 octobre qu’il allait prolonger les abonnements gratuits proposés sur les trains de banlieue et une partie du réseau régional.  La mesure, qui avait été lancée en septembre, devait prendre fin le 31 décembre. Mais face à son succès, la ministre du Budget, María Jesús Montero, a annoncé son maintien pour au moins un an.
    Financé par le gouvernement, ce dispositif a pour but d’aider les usagers face à l’inflation et à restreindre l’usage de la voiture.