Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Alexandre Gallo élu président de l’Afra

    Alexandre Gallo élu président de l’Afra

    Alexandre Gallo a été élu le 13 septembre président de l’Afra, (Association française du rail) qui rassemble les opérateurs alternatifs à la SNCF. Le PDG de DB Cargo France remplace à ce poste Claude Steinmetz, qui ne se représentait pas et devient vice-président.

  • Le monde ferroviaire a rendez-vous à InnoTrans

    Le monde ferroviaire a rendez-vous à InnoTrans

    InnoTrans, la plus grosse manifestation dans le domaine du transport et de l’industrie ferroviaire, ouvre ses portes à Berlin, du 20 au 23 septembre. C’est la 13e édition depuis sa création en 1996. Lors du précédent salon en 2018, on avait compté plus de 161 000 visiteurs venus de 149 pays.
    Grâce à sa situation exceptionnelle au cœur de l’Europe, le cru 2022 ne devrait pas décevoir les visiteurs. Avec 42 halls et 200 000 m2 d’exposition, InnoTrans ne craint pas de faire dans la démesure. En plus des différents pavillons, 3 500 m de voies seront installés en extérieur pour permettre de faire découvrir aux visiteurs les derniers matériels roulants en tous genres. S’y ajouteront également quelques véhicules routiers, notamment des autobus. Cette situation exceptionnelle dans le parc d’exposition de Berlin, connecté au réseau ferré, devrait attirer plus de 3000 exposants représentant une soixantaine de pays. Tous les emplacements en extérieur, notamment sur voies ferrées, sont réservés.

    Pour son premier jour, InnoTrans doit accueillir le ministre allemand des Transports, Dr. Volker Wissing, qui devrait être accompagné d’Adina Vălean, la commissaire européenne aux Transports. Une première table ronde sur le thème de l’avenir de la mobilité en période de changement climatique est prévue.

    Retrouvez notre dossier Spécial InnoTrans dans le numéro de septembre de Ville, Rail & Transports.

  • Rennes inaugure sa deuxième ligne de métro

    Rennes inaugure sa deuxième ligne de métro

    Enfin ! La ligne B du métro de Rennes s’ouvre ce 20 septembre, avec le début du service à 5 h 15. Longue de 14 km (pour 12,8 km de parcours commercial), elle reliera Saint-Jacques-de-la-Lande, au sud-ouest de l’agglomération rennaise, près de l’aéroport, à la commune de Cesson-­Sévigné, au nord-est, en passant par le centre-ville de Rennes.
    La ligne est en majorité souterraine, pour traverser la zone la plus dense de l’agglomération, en tranchée couverte mais surtout en tunnel. 8654 mètres ont été creusés avec le tunnelier Elaine, entre janvier 2015 à février 2018.
    Le tunnel commence au-delà de la station La Courrouze au sud-ouest et se termine entre les stations Les Gayeulles et Joliot-Curie – Chateaubriand, au nord-est. Au-delà, la ligne se poursuit en viaduc, grâce à un ouvrage long de 2,4 km, desservant 3 stations  Beaulieu-Université, Atalante et Cesson ViaSilva. Large de 8,6 mètres, ce viaduc repose sur 70 piles en “Y“. Il a été achevé au printemps 2018.
    Côté matériel, la ligne B sera exploitée par des Cityval de façon automatisée. Conçu par Siemens, ce matériel sur pneus est guidé par un rail central sur lequel deux roues galets placées à 45°, viennent reposer. Entièrement original – ce matériel sera exploité pour la première fois dans le monde à Rennes -, ce matériel a demandé une longue mise au point qui a retardé la mise en service de plusieurs années également accentuée par la crise sanitaire. La première date d’ouverture de la ligne B avait été fixée au 21 décembre 2020.
    Y. G.
  • Début du procès de l’accident de Millas

    Début du procès de l’accident de Millas

    Cinq ans après la collision entre un TER et un car scolaire à Millas (Pyrénées-Orientales), le procès de la conductrice du car s’ouvre le 19 septembre à Marseille. Rappelons que le 14 décembre 2017, peu après 16h, un car de ramassage scolaire transportant 23 enfants avait violemment heurté, à un  passage à niveau, un TER, provoquant la mort de  six collégiens et faisant 17 blessés.

    Il est reproché à la conductrice, 53 ans, jugée pour homicides et blessures involontaires, d’avoir agi « par imprudence, inattention, maladresse, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité (…) en l’espèce en ne prêtant pas attention au caractère fermé du passage à niveau« . La conductrice a toujours soutenu que la barrière était levée.

    Les audiences se dérouleront jusqu’à 7 octobre. Le jugement est attendu avant Noël.

  • Relance des appels d’offres pour les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon

    Relance des appels d’offres pour les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon

    Le ministère des Transports a annoncé le 16 septembre qu’il avait relancé les appels d’offres pour les trains d’équilibre du territoire Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon. En décembre 2020, l’Etat avait annulé un premier appel d’offres pour ces deux mêmes lignes en constatant que seule la SNCF avait répondu. Il avait alors justifié sa décision par le contexte économique difficile suite à la crise sanitaire. Puis avait signé, en mars 2022, avec la SNCF une dernière convention de gré à gré pour l’exploitation des TET jusqu’en 2031, prévoyant d’ouvrir des lots à la concurrence à partir de la fin 2026.

    Le nouvel appel d’offres demande aux candidats de proposer en option une offre pour le développement d’une liaison entre Nantes et Lille, « afin de répondre aux besoins de déplacement des usagers et promouvoir le développement d’un mode de transport vertueux« , souligne un communiqué. « La décision de lancement de cette nouvelle ligne sera prise en fonction du résultat des offres reçues. Le démarrage de l’exploitation par le nouveau titulaire du contrat est prévu en 2027, précise également le communiqué.

  • Un train à hydrogène Coradia iLint parcourt 1175 km en Allemagne

    Un train à hydrogène Coradia iLint parcourt 1175 km en Allemagne

    En Allemagne, un train Coradia iLint fonctionnant à l’hydrogène a parcouru 1175km sans ravitaillement. Le train utilisé sur ce trajet (de Bremervörde à Munich) a été extrait de la flotte de LNVG (Landesnahverkehrsgesellschaft Niedersachsen), l’autorité des transports de Basse-Saxe. Un record selon Alstom qui s’est associé à Linde, une société spécialisée dans le gaz et l’ingénierie, pour la fourniture d’hydrogène.
  • Clément Beaune réfléchit à une « mesure tarifaire » pour favoriser l’usage des transports publics

    Clément Beaune réfléchit à une « mesure tarifaire » pour favoriser l’usage des transports publics

    Le gouvernement n’entend pas compenser le surcoût de la facture énergétique dans les transports, a indiqué à quelques journalistes le 15 septembre Clément Beaune, lors du congrès des régions à Vichy. S’agissant plus particulièrement de la SNCF, le ministre des Transports a précisé qu’il discuterait du sujet avec Jean-Pierre Farandou. Mais « l’Etat ne pourra pas tout absorber, ça c’est clair« , a-t-il ajouté. Rappelons que le PDG de la SNCF a évalué le surcoût pour son entreprise en 2023 dans une fourchette comprise entre 1,6 et 1,7 milliard. Selon le ministre, la SNCF devrait toutefois pouvoir vivre l’an prochain « sans un impact énorme « . Même si, a-t-il noté, il faudra être plus vigilant en 2024 quand la plupart des contrats d’achats négociés à l’avance arriveront à échéance.

    De la même façon, Clément Beaune n’envisage pas de couvrir tous les coûts pour les régions confrontées elles aussi à l’envolée de leurs factures, alors que la présidente de Régions de France, Carole Delga, réclame « des compensations » et « un plan complet du modèle économique ferroviaire« .

    Le ministre a répondu que le gouvernement voulait donner « une priorité absolue » aux investissements sur le réseau ferré. appelant à être inventif dans les modes de financement. Il a également indiqué qu’il réfléchit à une « mesure tarifaire« ‘ qui permettrait de favoriser l’usage des transports publics.

     

  • Le tarif des TER va augmenter de 2 % d’ici la fin de l’année en Nouvelle-Aquitaine

    Le tarif des TER va augmenter de 2 % d’ici la fin de l’année en Nouvelle-Aquitaine

    +16 %. C’est la hausse de fréquentation des TER en août 2022, par rapport à août 2019, l’année de référence, « pendant laquelle on avait déjà connu une hausse de 10 % », commente Renaud Lagrave, le vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine chargé des Transports, en rappelant que la région a augmenté, de 2019 à aujourd’hui, de plus de 2 millions le nombre de kilomètres/trains et qu’elle a harmonisé les tarifs « pour atteindre les jeunes… et les moins jeunes ! ».
    Les recettes ont plus que suivi, affichant une hausse de 25 %, grâce aux “occasionnels“ qui représentent « les 3/4 des voyageurs pour 1/4 de voyageurs fréquents », précise Hervé Lefèvre, le directeur régional SNCF Voyageurs TER.
    Revers de la médaille, de nombreux trains ont été surchargés. La canicule a aussi fait des siennes. « Entre le 15 juin et le 28 août, on a eu plus d’un jour sur deux avec des températures au rail de plus de 35 °C », indique de son côté Jean-Luc Gary, le directeur territorial SNCF Réseau de Nouvelle-Aquitaine. « Lorsqu’on atteint ces températures, on doit baisser la vitesse des circulations de manière à préserver l’infrastructure, notamment la caténaire Midi, au sud de Bordeaux, très sensible à la chaleur. Mais heureusement, nous n’avons pas eu d’incident caténaire majeur ».
    La baisse de vitesse des circulations a toutefois entraîné des retards et le taux de régularité des trains est descendu « à 88 ou 89 % en août », alors qu’il était de 93 % en mai. « On sort tout de même à fin août avec un taux de 91 % », ajoute-t-on côté SNCF, en précisant que les abonnés ayant choisi la garantie fiabilité, bénéficieront d’une réduction de 20 % sur le mois d’octobre.
    À partir du service 2023, (plus précisément le 11 décembre 2022) le nombre de circulations va augmenter de 5 %, soit 6 trains de plus par jour sur l’étoile de Limoges (et + 8,1 % soit 10 trains par jour au service annuel 2024), et de 7,7 % sur les lignes du sud de l’Aquitaine, soit en moyenne 6 trains par jour. À cette date, tous les TER de Nouvelle-Aquitaine seront identifiés selon leurs missions et reconnaissables grâce à une couleur sur les différents documents et les afficheurs en gare : le rouge pour les directs (Direct’R), le vert pour les omnibus (Liné’R) et le bleu pour les TER cadencés des agglomérations (Facilit’R).
    La fin de l’année sera aussi marquée par une augmentation des tarifs TER de 2 %. « Nous n’avons pas d’aide financière de l’État, comme le versement mobilité par exemple dont bénéficient les agglomérations. Et il ne vous a pas échappé que le coût de l’énergie a augmenté, et que nous subissons une forte inflation », justifie Renaud Lagrave. Avant d’ajouter : « Une augmentation de 2 % avait déjà été appliquée en 2021, mais pas en 2022, du fait de la pandémie. C’est un service public, pas un service gratuit ! Je rappelle que le voyageur ne paie que 24 % du coût du transport ».
    Yann Goubin
    Plus de vélos dans les TER et dans les gares
    Dans les 62 rames de TER qui seront rénovées au Technicentre de Périgueux à partir de 2024, le nombre de place destiné aux bicyclettes passera de 6 à 8 « comme la loi nous y oblige», souligne la région qui veut aussi développer l’installation d’abris pour vélos dans les gares, à l’occasion de leur rénovation (jusqu’à 130 gares et haltes rénovées prévues sur la période 2020-2026).
    La région veut également expérimenter la location de vélos en libre-service avec un partenaire privé dans les gares d’Angoulême, de Cognac, de Saintes et de Royan, à partir de la rentrée 2023.
  • Le plan d’IDFM pour absorber 950 millions d’euros de surcoûts

    Le plan d’IDFM pour absorber 950 millions d’euros de surcoûts

    Face aux factures qui enflent avec la hausse des prix de l’énergie, ménages, entreprises et collectivités cherchent la parade. Tout particulièrement du côté des transports. En Ile-de-France, l’autorité organisatrices des transports a fait ses calculs : la hausse des coûts d’exploitation des transports publics devrait représenter 950 millions (sur une dizaine de milliards d’euros de recettes actuellement). Pour y faire face, IDFM, qui affirme avoir trouvé 200 millions en interne, cherche encore 750 millions. Sa présidente, Valérie Pécresse, prône « un juste partage de l’effort ».

    L’élue affirme ne pas vouloir faire supporter le coût aux seuls usagers ( il faudrait alors monter le prix du pass mensuel Navigo à 100 euros, soit une hausse de 25 euros). Mais elle rappelle que le prix de l’abonnement n’a pas varié depuis 5 ans et que les associations d’usagers n’y sont pas hostiles sous condition : ne pas toucher à l’offre, qui a déjà été réduite aux heures creuses tandis que la fréquentation tourne toujours autour de 80 % de son niveau d’avant-Covid.

    « Il n’est pas question pour nous de toucher l’offre« , répond Valérie Pécresse qui affirme aussi vouloir « augmenter le prix du Navigo le moins possible« . D’où un appel à contributions de tous côtés. L’élue envisage ainsi une contribution supplémentaire de 100 millions d’euros de la part des collectivités franciliennes. Elle souhaite aussi récupérer « exceptionnellement » 200 millions auprès de la RATP et de la SNCF qui feraient des marges plus importantes que prévu sur le territoire. Côté Etat, elle demande une baisse de la TVA de 10 % à 5,5 %, ce qui permettrait de récupérer 150 millions d’euros.

    Enfin, la patronne de l’Ile-de-France voudrait augmenter le versement mobilité (VM), une taxe basée sur la masse salariale et payée par les entreprises de plus de 11 salariés, en ciblant plus particulièrement celles qui sont implantées au coeur de l’agglomération. Un dispositif qui pourrait rapporter de 250 à 300 millions.

  • Valérie Pécresse appelle l’Etat « à prendre ses responsabilités » envers SNCF Réseau

    Valérie Pécresse appelle l’Etat « à prendre ses responsabilités » envers SNCF Réseau

    « Un grand cri d’alarme implicite« . C’est ce qu’a expliqué avoir compris Valérie Pécresse lors de l’audition de Luc Lallemand, le 13 septembre, à propos de l’impossibilité pour SNCF Réseau de mener dans les délais des projets d’infrastructures « essentiels » en Ile-de-France : prolongement d’Eole à l’ouest, système Nexto pour les RER B et D et tram-train T12.

    « Implicitement, SNCF Réseau a dit ne pas avoir les moyens de garantir ces projets. Si l’entreprise affiche des surcoûts de 30 à 40 % sur tous les projets, c’est à l’Etat de s’engager sur leur réalisation et à mettre sur la table les moyens pour sécuriser SNCF Réseau », a commenté la présidente d’Ile-de-France Mobilités, également présidente de la région, qui a mené l’audition du patron de SNCF Réseau.

    Surcoûts non financés

    Sur tous ces projets, SNCF Réseau est en effet confronté à un taux d’inflation de la construction de plus de 11 %. Surcoûts qui ne sont pas financés et qui sont également occasionnés lorsqu’ils sont « signés sans suffisamment prendre en compte les risques d’exécution« . En plus de l’insuffisance des moyens financiers accordés au gestionnaire des infrastructures,  l’élue pointe les difficultés liées aux tensions sur la main d’oeuvre qu’il faut sans doute mieux « valoriser » et la complexité de « gérer des financeurs multiples qui doivent se mettre d’accord« . Elle reconnait aussi que  « SNCF Réseau reçoit beaucoup d’injonctions contradictoires« , entre orthodoxie budgétaire, aléas de conduite de projets ou encore priorisation des projets entre l’Ile-de-France et le reste du pays.

    A propos du prolongement d’Eole, elle demande le respect du calendrier, attendu en juin 2024 à La Défense et à la fin 2025 à Mantes la Jolie. Elle assure qu’Alstom, auditionné le même jour, tiendra les délais sur la livraison des nouveaux matériels.

    Menaces d’abandon…

    Côté Nexteo, ce système de signalisation et d’exploitation prévu pour les lignes du RER B et D qui doit permettre d’augmenter le nombre de trains dans le tunnel entre Châtelet et gare du Nord (en le faisant passer de 29 à 32 trains quotidiens), les surcoûts et les retards se sont donc accumulés. A tel point que SNCF Réseau a d’abord menacé, au début de l’été, d’abandonner le projet en refusant d’engager le BAFO (best and final offer), suite logique de l’appel d’offres lancé en fin d’année dernière ayant abouti à sélectionner des industriels.

    Depuis, il y a eu un changement d’attitude. Désormais, explique la présidente de région, le projet est suspendu à l’évaluation de ses risques. « L’analyse sera menée par IDFM, l’Etat, SNCF Réseau et la RATP« , précise-t-elle, avant d’insister : « Il est indispensable que l’Etat soit au rendez-vous et fasse des choix. C’est désormais à l’Etat de prendre ses responsabilités« . Selon elle, une position devra être arrêtée dans un mois, car Nexteo est attendu entre 2027 et 2030. « Le projet a déjà pris un an de retard au lancement« , rappelle-t-elle. Mais elle reconnaît que le projet est complexe car  « il s’agit de mettre au point une automatisation pour un réseau qui fonctionne déjà et est ouvert à différents types de circulation : TGV, Corails, trains de fret… ».

    … et de reprise en main

    Toutefois, menace l’élue, « si SNCF Réseau n’en est pas capable, nous regarderons si des mesures alternatives sont possibles ou si d’autres sont capables de porter le projet à sa place« . La RATP a déjà fait savoir qu’elle en est capable, précise la patronne de l’Ile-de-France. Cette reprise en main par IDFM sans la SNCF n’est pas le scénario privilégié. « Le scénario que je privilégie est celui où l’Etat donne les moyens à SNCF Réseau », souligne Valérie Pécresse, en jugeant Nexteo essentiel pour fiabiliser les lignes B et D. « 1,6 million de voyageurs quotidiens seront concernés lorsque Nexteo sera mis en service« , indique-t-elle avant d’ajouter : « C’est une innovation industrielle colossale qui serait une grande première en Europe« .

    MH P