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Catégorie : Toute l’actualité transports & mobilités
Retrouvez les dernières informations liées aux grands enjeux des transports, (ferroviaires, urbains, réseaux…).

A Grenoble, le RER provoque l’union sacrée
La photo de famille aurait été inimaginable quelques jours auparavant : en ce vendredi 2 décembre, 150 acteurs du monde politique et économique se sont réunis pour signifier leur soutien au projet de RER grenoblois : 3 lignes pour relier les différentes zones de l’aire grenobloise à l’horizon 2035.
Une véritable union sacrée entre des adversaires qui multiplient les invectives depuis plusieurs années – comme le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle, le président socialiste de la métropole Christophe Ferrari et le président LR de la région, Laurent Wauquiez – mais qui cette fois appuient ensemble ce projet, avec de nombreux acteurs économiques du territoire.
« Nous avons une soixantaine de laboratoires et 3.000 agents répartis entre la presqu’île scientifique et le campus. Aujourd’hui, le tramway est trop long, un RER diminuerait les temps de transport par deux voir par trois», déplore Marjorie Fraisse, déléguée régionale au CNRS.
Le projet est prêt, assure la métropole. Il est dans les cartons depuis plusieurs années, avec trois lignes : Saint-Marcellin à Grenoble-Université, Rives à Brignoud et enfin Grenoble à Clelles-Mens. Le projet prévoit des trains toutes les 30 minutes en heures de pointe.
« Nous avions un peu de boulot en local, nous l’avons fait. Maintenant mettons-nous autour de la table avec l’Etat pour fixer le calendrier et le financement », espère Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes métropole. Car ce projet ne pourra pas se faire sans l’aide de l’Etat. « Un milliard d’euros est nécessaire pour réaliser les infrastructures », estiment les services de la métropole. « Entre Voreppe et Grenoble, il nous faudra passer de deux à quatre voies », rappelle Sylvain Laval, président du syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise, le SMMAG.
Ce plaidoyer a été remis au gouvernement et aux membres du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI), qui doit rendre son rapport avant Noël. A Grenoble, ce serait un beau cadeau de fin d’année.
Théo Baudemont

Nestlé veut acheminer les eaux Vittel avec un train à hydrogène
Acheminer les bouteilles de Vittel grâce à un train tracté par une locomotive à hydrogène, c’est l’objectif, d’ici à 2025, de Nestlé Waters, propriétaire de la marque. D’où son association avec Alstom pour disposer d’une pile à combustible et avec Engie pour la fourniture de l’hydrogène vert.Les trains de fret circulant entre l’usine d’embouteillage située à Vittel dans les Vosges et les différents centres de distribution en France à Arles (600 km) et Montreuil-Bellay, au nord d’Angers (760 km), devraient être alimentés par la caténaire, lorsque la voie est électrifiée. Sur les portions non électrifiées, notamment sur les derniers kilomètres, la locomotive électrique puisera son énergie dans un wagon générateur, attelé juste derrière elle. Il sera doté un système de piles à combustible de forte puissance alimenté en hydrogène renouvelable, issu de la méthanisation de déchets.Pour Alstom, cette solution vise à remplacer progressivement les locomotives fonctionnant au diesel, actuellement utilisées sur la majeure partie des lignes en France et dans la plupart des pays européens. Le wagon générateur à hydrogène développé par Alstom est en effet capable de fournir de l’alimentation électrique à n’importe quelle locomotive. « Il faudra simplement s’assurer que la locomotive électrique de ligne puisse être reliée au wagon générateur par un câble d’alimentation électrique », explique-t-on chez Alstom. La puissance délivrée dépendra de la « masse du train, du profil de la ligne, de la vitesse de circulation etc… », poursuit le constructeur.Pour le prix d’un tel wagon générateur, l’objectif des partenaires de ce projet, Alstom et Engie, « est d’offrir une solution à isocoût, c’est-à-dire une solution dont le coût total d’exploitation soit équivalent aux coûts d’exploitation actuels ». Selon eux, « le marché de la décarbonation est aujourd’hui tiré par les chargeurs donneurs d’ordre du fret. Comme il ne répond pas à une logique de remplacement du parc des locomotives diesel existantes, il ne peut pas être évalué en termes de quantité de locomotives, mais plutôt par quantification des flux à décarboner en réponse aux attentes des chargeurs. »Comme 245 autres chargeurs, le groupe Nestlé a rejoint la démarche de décarbonation FRET21, initié par l’AUTF et l’ADEME. Les initiatives menées par Nestlé France, Purina, Nestlé Céréales et Nestlé Waters ont contribué, depuis 2017, à réduire de 8 % ses émissions de CO2, soit 6 850 tonnes évitées, indique le groupe. Parmi les actions menées, on peut citer l’ouverture, en 2018, d’une relation ferroviaire entre son usine Perrier et le port de Fos-sur-Mer qui a permis d’éviter le passage de 27 000 camions par an. Ou la mise en circulation de la locomotive hybride EurDual, en 2019, qui a généré une économie de 1 920 tonnes équivalents CO2 par an par rapport à l’utilisation d’une locomotive diesel.Avec le projet de train à hydrogène, Nestlé Waters vise une économise de 10 000 tonnes équivalent CO2 par an, à terme, par rapport à une traction diesel. Soit une réduction de 90 % de ses émissions annuelles actuelles. Cela correspond aux émissions annuelles de plus de 30 000 allers-retours Paris – Nice en voiture, précise encore le groupe.Yann Goubin
La RATP sous la menace d’une grève en janvier
Après la grève dure du 10 novembre, menée par les conducteurs de métro et de RER de la RATP sur les salaires et les conditions de travail, les syndicats haussent de nouveau le ton. Réunis en intersyndicale (CGT-RATP, FO-RATP, La Base RATP et l’Unsa Pôle Ferré), ils estiment dans un communiqué que leurs « revendications (revalorisation statutaire, mise à niveau des effectifs…) n’ont pas été entendues« . Et ils appellent « à poursuivre et à durcir le mouvement de grève dès janvier 2023″.
En ligne de mire, les négociations annuelles obligatoires 2023 (NAO), qui ont débuté le 9 décembre. La direction a annoncé que l’augmentation générale de 2,2 % décidée le 1er juillet dernier serait finalement appliquée rétroactivement dès le mois de janvier 2022. Faisant le compte des différentes mesures salariales prises en 2022, elle estime avoir redistribué 200 millions d’euros aux salariés.
Pour 2023, l’entreprise souhaite se caler sur le niveau d’inflation prévisionnel pour faire des propositions salariales, un niveau jugé sous-évalué par les syndicalistes. Les discussions vont se poursuivre mais le calendrier s’annonce déjà tendu alors que le gouvernement s’apprête à présenter en début d’année prochaine son projet de réforme des retraites. Un autre sujet potentiellement explosif.

Le technicentre de Val Notre Dame à Argenteuil a commencé sa mue
Transilien a inauguré, le 8 novembre, la première partie du projet d’extension du Technicentre de Val Notre Dame à Argenteuil, dans le Val d’Oise.Appelé Val Notre Dame Demain, le site doit, à terme, accueillir l’ensemble de la maintenance du matériel roulant circulant sur la ligne J. Or, Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la SNCF ont commandé de nouveaux matériels destinés notamment à renouveler le parc actuellement en service sur la ligne J. Il sera remplacé par des Z50000 (Nouvelle automotrice Transilien ou Francilien). L’adaptation à ces nouvelles automotrices et la création des nouvelles capacités de maintenance sur le technicentre ont commencé en 2019.Depuis, un atelier de maintenance de 2700 m2 équipé de 3 voies sur fosses et de passerelles a été construit pour accéder aux toitures des rames. Trois autres bâtiments s’y sont ajoutés, l’un de service de 1000 m2, un autre pour la logistique et le stockage, de 600m2, et le troisième pour les opérations de maintenance des installations et l’outillage.Après cette première étape, la seconde phase du projet Val Notre Dame Demain a déjà été lancée pour créer un autre atelier 3 voies sur fosse avec passerelles (3200 m2), un tour en fosse double unité (reprofilage de 4 roues en simultané), un bâtiment dédié aux réparations accidentelles permettant les grosses opérations correctives, un bâtiment de détagage et de décrassage sous caisse, un stockage couvert et deux voies de nettoyage. Ces nouveaux aménagements de Val Notre Dame Demain doivent être livrés vers la fin 2024.Yann Goubin
SNCF Voyageurs lance une campagne contre les comportements violents
5330 actes de violence verbale ou physique (dont 900 donnant lieu à une déclaration d’arrêt de travail) ont été subis par les agents de la SNCF l’année dernière. Soit 14 actes en moyenne par jour, recensés par la SNCF qui s’inquiète d’une montée du phénomène : à la mi-2022, ces comportements violents et incivils étaient en hausse de 9 % par rapport à 2021.
« Les violences verbales ou physiques envers nos agents en relation avec les clients sont un véritable fléau. Elles touchent tout le monde : hommes ou femmes, dans toutes les régions, dans les trains comme dans les espaces de vente ou en ligne. Chaque dérapage, chaque insulte, chaque violence est un outrage de trop que nous ne pouvons pas accepter », indiquent Patrick Auvrèle, Directeur Sécurité de SNCF Voyageurs et Valérie Boismartel, Responsable de la Sûreté, dans un communiqué publié le 4 novembre.
D’où la décision de lancer une campagne diffusée sur les affichages digitaux dans les principales grandes gares et sur les réseaux sociaux afin d’interpeller et sensibiliser chacun sur ce fléau. Selon la SNCF, le message est « simple et « choc », et a un triple objectif : « interpeller sur ce phénomène, dénoncer la gravité de ces violences et prévenir des sanctions encourues« . Cette campagne été élaborée en recueillant les avis et témoignages d’une quarantaine d’agents en relation avec les clients, précise la compagnie.
Par ailleurs, pour lutter contre ce fléau, les agents sont formés aux enjeux de la sûreté et aux comportements à adopter. Chaque agent travaillant en lien avec les clients est muni d’une application d’alerte en cas d’urgence, qu’il peut déclencher discrètement. Des caméras piétons sont également en cours de déploiement auprès de tout agent assermenté et volontaire. Aujourd’hui, plus de 1 800 caméras qui sont déployées. Selon la SNCF, « le déclenchement d’un enregistrement permet d’apaiser la grande majorité des situations et de revenir à des échanges plus sereins et à un voyage apaisé. Par ailleurs, en cas de dépôt de plainte, l’enregistrement permet d’identifier les auteurs du fait et de faciliter l’enquête de police« . Et elle rappelle que les outrages aux agents sont passibles d’une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500€ d’amende.

Lancement d’une « grappe » nationale de 5 PME-PMI ferroviaires pour rénover des TER
Care et SNCF Voyageurs ont lancé, le 27 octobre, la première « grappe » nationale de 5 PME-PMI ferroviaires engagées dans le programme OPTER (visant à rénover 40 % du parc TER), en partenariat avec Bpifrance et avec le soutien financier de l’Etat.
« Cinq PME stratégiques pour la filière, Bufab France, Gueripel, JST Transfomrateurs, KFS Mobility, TE Connectivity France, vont ainsi bénéficier de 22 jours, répartis sur 18 mois, d’accompagnement et d’expertise industrielle », indique un communiqué commun des partenaires. L’initiative portée par l’association Care vise à améliorer la performance industrielle et la compétitivité du secteur.Michel Marsone, le directeur Achats Matériel, SNCF Voyageurs, rappelle que « les Régions ont confié à SNCF Voyageurs la rénovation de nombreuses rames TER 2N NG et AGC qu’elles ont financées lors de leur construction dans les années 2000. Ce programme OPTER, pouvant atteindre près de 1000 rames sur 10 ans, est d’une ampleur considérable et inédite. La fiabilité de la chaine d’approvisionnement sera un élément essentiel dans sa réussite« .

Jérôme Laffon et Stéphane Rapebach échangent leurs postes à la SNCF
Alors que le TGV à bas coûts Ouigo va prochainement fêter ses 10 ans, un nouveau directeur, Jérôme Laffon, va en prendre les commandes le 1er novembre. Ce diplômé de HEC de 50 ans, était jusqu’alors directeur marketing et commercial de TGV-Intercités. Il a notamment contribué au lancement des cartes Avantage et Liberté, à la promotion des atouts écologiques du train et à la préparation de TGV Intercités à l’arrivée de la concurrence, rappelle la SNCF.
Il remplace Stéphane Rapebach qui, dans un jeu de chaises musicales, prend lui-même le poste de directeur marketing et commercial à TGV-Intercités. Ingénieur des Arts et Métiers de 43 ans, il est resté 6 ans à la tête de Ouigo, développant l’offre qui représente aujourd’hui 22% du trafic de voyageurs GV, et en la portant de 5 à 24 millions de voyageurs par an.
Le premier « train-tram » espagnol voit le jour à Cádiz
Grande première le 26 octobre : le « Tren-Tranvia de la Bahia de Cádiz » a été inauguré. Cette mise en service survient après 15 années de préparatifs et un investissement supérieur à 300 millions d’euros.
S’étalant sur 24 km, ce tram-train se déploie au sud de la baie de Cádiz entre les villes de Chiclana de la Frontera, San Fernando, Puerto Real et Cádiz, ses 21 arrêts desservant une population de 234 000 habitants. Le parcours combine une section nouvelle de 14 km auxquels succèdent 10 km sur la ligne Séville-Cádiz du «réseau national » de Adif (l’équivalent espagnol de SNCF Réseau).
Pour cette première espagnole, l’opérabilité est assurée par sept trains fournis par CAF, captant le 750 volts sur la partie tramway et le 3000 volts de la ligne Adif. Ces rames avaient été commandées en 2008 par la Junta ou Communauté autonome d’Andalousie qui a également pris en charge l’infrastructure nouvelle. Cette collectivité est en effet compétente pour les tramways andalous (Grenade, Séville, Málaga), mais l’exploitation globale du réseau de Cádiz a été confié en mars 2010 à l’opérateur Renfe.
Durant presque 20 ans, ce projet de tram-train a vécu nombre de vicissitudes. Esquissé dès 2004 via un « Metrotren », il est d’abord pensé à écartement européen, avant d’être construit à 1,668 m afin d’atteindre Cádiz. Mais les quais hauts ou pas imposent deux types de portes, selon la partie de la ligne. Mêmes difficultés pour la signalisation, l’insertion dans le trafic banlieue etc. Si bien que l’homologation engagée en 2014 n’aboutit qu’en 2020, avant des essais en ligne. Et l’Union européenne s’est fait tirer l’oreille pour maintenir ses subventions.
Mais ce n’est pas fini : à terme, la ligne Adif Séville-Cádiz devrait passer à grande vitesse avec conversion de la voie à écartement européen. Il faudra alors revoir et l’alimentation électrique (25kV alternatif) et les bogies des rames du tramway …
A ce jour, aucun projet de tram-train n’est aussi achevé en Espagne : entre Alicante et Benidorm, des convois empruntent des tracés urbains puis périurbains, ce qui sera bientôt le cas à Bilbao. Ailleurs, León, Mallorca comme la Costa Brava catalane en sont toujours aux stade des cartons.
Michel Garicoix

Des transports régionaux moins chers ou gratuits pour faire face à la pénurie d’essence
Mesures exceptionnelles en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes ce week-end : en Occitanie, la région a décidé de vendre tous les billets de TER à 1 euros les 15 et 16 octobre. « Cette mesure exceptionnelle vise à permettre aux habitants d’Occitanie d’économiser du carburant durant le week-end afin d’assurer leurs déplacements domicile-travail la semaine prochaine« , explique-t-elle dans un communiqué. Elle précise aussi que « dans le cas où la situation perdurerait, la Région Occitanie envisage la possibilité de renouveler la mesure si nécessaire« .
De son côté, l’Auvergne-Rhône-Alpes propose « un libre accès à l’ensemble des transports régionaux« , de la première circulation du matin 15 octobre à la dernière du 16 octobre . Sont concernés 1300 TER qui circulent sur les 3400 kilomètres du réseau ferré régional, 800 cars interurbains régionaux et les réseaux de transports des villes d’Ambérieu, Aubenas, Saint-Jean- de-Maurienne et Valserhône sur lesquels la Région est l’autorité organisatrice.

La carte des bars des TGV confiée à Thierry Marx
La SNCF a confié au chef Thierry Marx, depuis le 6 octobre, la carte des bars des TGV. Signe des temps, deux des trois plats sont désormais végétariens. Thierry Marx est notamment chef exécutif au restaurant du palace parisien Mandarin Oriental, le Sur Mesure, deux étoiles au Michelin et il vient d’ouvrir un restaurant au 1er étage de la Tour Eiffel. Dans le TGV, son menu est à 14,80 euros.
Même si la SNCF change de carte tous les ans, les classiques restent au menu des bars TGV, gérés par la société Newrest. Selon la SNCF, 20 % des voyageurs se rendent au bar. Ils plébiscitent un produit phare, le croque-monsieur, qui se vend à 630 000 unités chaque année.