Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • Stadler enregistre un contrat-cadre record de 504 trams-trains en Allemagne et en Autriche

    Stadler enregistre un contrat-cadre record de 504 trams-trains en Allemagne et en Autriche

    C’est le plus important contrat remporté par Stadler, qui pourrait atteindre quatre milliards d’euros. Il a été signé avec six entreprises de transport public d’Allemagne et d’Autriche et regroupe des commandes pouvant atteindre 504 trams-trains, assortis de leur maintenance sur 32 ans maximum.

    Les réseaux signataires allemands sont VBK (transports de Karlsruhe), AVG (ligne de l’Albtal, dans la périphérie de Karlsruhe), la Saarbahn (tram-train Sarrebruck – Sarreguemines) et le Zweckverband Regional-Stadtbahn Neckar-Alb (au centre du Land de Bade-Wurtemberg). De leur côté, les signataires autrichiens du contrat-cadre sont Schiene Oberösterreich (Haute-Autriche) et le Land de Salzbourg.

    Commandée à l’occasion de la signature du contrat-cadre, la tranche ferme porte sur 246 trams-trains Citylink pour 1,7 milliard d’euros, à produire au cours des dix prochaines années, les quatre premières rames devant être livrés à la Saarbahn en 2024. Pionnier du développement du tram-train depuis trente ans, le réseau VBK de Karlsruhe pilote et coordonne le projet.

    Si, d’un réseau à l’autre, les aménagements peuvent varier (nombre de portes, hauteur d’accès, présence de toilettes, d’espaces vélos ou de porte-bagages), la climatisation, les espaces multifonctions et deux places UFR se retrouveront sur toutes les versions.

    P. L.

  • L’important contrat norvégien portant sur un maximum de 200 trains confirmé à Alstom

    L’important contrat norvégien portant sur un maximum de 200 trains confirmé à Alstom

    Suite à l’annonce en décembre par Norske Tog, le gestionnaire d’Etat norvégien de matériel roulant ferroviaire, de la commande à Alstom de 30 automotrices Coradia Nordic destinées à la desserte locale sur la ligne de l’Østfold (Østfoldbanen, au sud d’Oslo), qui pourraient être suivis de 170 rames en option, le constructeur a confirmé la signature de ce contrat-cadre pour un maximum de 200 trains de banlieue ou régionaux. Au total, six offres avaient été remises à Norske Tog, par Alstom (Allemagne et Norvège), Bombardier Transport, CAF, Hitachi Rail, Siemens Mobility et Stadler.

    Evalué à plus de 1,8 milliard d’euros, ce contrat-cadre constituerait le plus important contrat ferroviaire de l’histoire norvégienne, selon Alstom, qui précise que le montant de la tranche ferme de 30 trains, qui seront désignés Type 77, s’élève à 380 millions d’euros.

    Ces trains pour Norske Tog seront assemblés par le site Alstom de Salzgitter (Allemagne), alors que le bureau d’études, situé en Norvège, prendra en charge la gestion du projet et du contrat, la mise en service, les essais, la documentation, la formation et la garantie. Alstom ajoute que plusieurs de ses sites français ont été impliqués dans le projet, « notamment Tarbes pour les équipements électriques haute tension, Ornans pour les moteurs, Villeurbanne pour la signalisation et Petit-Quevilly pour les transformateurs ».

    La livraison des trains Type 77 est prévue début 2025, pour une mise en service sur la desserte locale entre Stabekk (9 km à l’ouest d’Oslo) et Ski (24 km au sud), via la gare centrale d’Oslo. Aptes à 160 km/h, les nouvelles rames de six caisses auront un équipement embarqué ETCS (Baseline 3, version 2) monté d’origine.

    P. L.

  • L’ouverture à la concurrence retardée d’un an dans les Hauts-de-France

    L’ouverture à la concurrence retardée d’un an dans les Hauts-de-France

    Selon Franck Dhersin, le vice-président chargé des Transports en Hauts-de-France, la région ne pourra effectivement mettre en œuvre la concurrence dans ses TER qu’à partir de janvier 2025, soit avec un an de retard sur le calendrier initialement prévu. La faute, selon l’élu local, à la SNCF qui n’a pas communiqué à temps les informations demandées. « La SNCF a tardé — probablement a fait exprès, c’est de bonne guerre — à nous communiquer les éléments nous permettant d’écrire le cahier des charges pour que chacun puisse répondre à l’appel d’offres que nous avons lancé », a-t-il expliqué au micro de BFM Lille. Franck Dhersin rappelle que l’Autorité de régulation des transports (ART) a ordonné à la SNCF de communiquer la documentation, ce que la SNCF a fait, « mais avec du retard », a-t-il déploré.

    Interrogé sur ce sujet lors d’une rencontre le 14 janvier avec la presse, Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, s’est contenté de répondre que la SNCF a transmis aux Hauts-de-France les mêmes éléments qu’à la région Sud, où la procédure a été menée dans de bonnes conditions…

  • Christophe Fanichet « préoccupé » par Eurostar

    Christophe Fanichet « préoccupé » par Eurostar

    L’allègement des règles de voyage entre la France et le Royaume-Uni décidé en ce début janvier par les pouvoirs publics éclaircit un peu l’horizon d’Eurostar, plongée dans une interminable crise. « La compagnie transmanche ne transporte plus actuellement que 500 voyageurs par jour contre 25 000 en période normale », a indiqué le 14 janvier Christophe Fanichet. « A partir des vacances des Britanniques, qui commencent le 11 février, on va réaugmenter les fréquences, en les faisant passer de 2 allers-retours par jour à une dizaine ».

    Le PDG de SNCF Voyageurs reconnaît qu’il est « préoccupé » par la situation de la compagnie obligée de réduire à ce point ses dessertes et qu’il a fallu recapitaliser avec plusieurs centaines de millions d’euros. Le projet de fusion avec Thalys n’est pas remis en cause. La holding, qui sera détenue majoritairement par SNCF Voyageurs, devrait être constituée au cours du premier semestre, après la phase actuelle de consultation.

  • Hausse de 23 % du trafic de la SNCF en 2021, encore loin du niveau de 2019

    Hausse de 23 % du trafic de la SNCF en 2021, encore loin du niveau de 2019

    2021 a été une année contrastée selon la SNCF, « une année on-off, liée aux contraintes sanitaires : quand les contraintes sont faibles, les voyageurs sont là, quand elles sont plus fortes, ils sont moins présents, voire ils disparaissent », a commenté Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs. A chaque fois, la compagnie ferroviaire a dû s’adapter. « En 2021, nous avons changé plusieurs dizaines de fois de plans de transports, alors qu’habituellement, on les change 4 fois par an », a souligné le dirigeant.

    La SNCF a ainsi transporté 23 % de voyageurs de plus qu’en 2020 (mais 29 % de moins qu’en année normale, hors Covid). Plus précisément, le trafic a progressé de 21 % pour Transilien, 23 % pour les TER et 37 % pour les TGV et les Intercités. Si les voyageurs loisirs sont revenus, en revanche la SNCF a perdu le tiers de sa clientèle affaires.

    Autre changement, les rythmes des déplacements ont changé selon les jours de la semaine. En Ile-de-France, on ne parle plus d’heures de pointe mais de jours de pointe. La différence a augmenté entre le jour le plus chargé (le mardi) et le jour le moins chargé (le vendredi). Sur la longue distance, les jours de pointe se situent désormais le jeudi (et non plus le vendredi midi) et le lundi soir pour les retours. Sur Transilien, la fréquentation progresse toutefois le week-end.

    Pour 2022, Christophe Fanichet se dit « bien sûr prudent » mais « confiant », ajoutant ressentir un fort « appétit de ferroviaire » de la part des Français. Depuis le début janvier, les trains franciliens n’accueillent que 65 % de la fréquentation d’avant le Covid et les TER 85 %. La SNCF enregistre 30 % de réservations en moins dans ses TGV, avec une perte de 50 % des professionnels. Pour les vacances de février, pour le moment, les réservations sont inférieures de 20 % à la normale. D’où un plan de transport abaissé à 90 % pour les TGV (avec un taux d’occupation actuellement de 50 %), 80 % pour les Intercités et quasi normal pour Transilien. Le niveau d’offre des TER dépend des régions. « Nous augmenterons ou nous baisserons nos plans de transport » en fonction de l’intensité de la vague de Covid-19, précise le dirigeant.

    L’objectif est de continuer à faire croître la part du ferroviaire, en faisant moins cher (notamment via les cartes Avantages actuelles et à venir avec l’abonnement TGV Max Senior attendu au deuxième trimestre) et plus simple (avec application unique SNCF Connect qui doit être lancée le 25 janvier).

    Les trains classiques Ouigo attendus au printemps sur Nantes-Paris et Lyon-Paris doivent aussi y contribuer. « On attend 1,2 million de voyageurs supplémentaires », rappelle Christophe Fanichet, qui dit aussi vouloir travailler sur les « irritants » : une trentaine de sujets d’irritation pour les clients a été comptabilisée : « Par exemple, il nous faut un guichet unique pour nos clients. Et combiner l’ensemble de l’offre par correspondance ». Les solutions seront présentées au cours du premier semestre.

    MHP

  • Le Premier ministre inaugure le prolongement de la ligne 4 jusqu’à Bagneux

    Le Premier ministre inaugure le prolongement de la ligne 4 jusqu’à Bagneux

    Le prolongement sur 1,8 km de la ligne 4 du métro parisien au sud de la capitale, jusqu’à Bagneux, a été inauguré le 13 janvier en présence du Premier ministre et du ministre des Transports. Deux nouvelles stations ont ouvert leurs portes : Barbara et Bagneux – Lucie Aubrac. Ce qui porte à 29 le nombre de stations desservies par cette ligne.

    Un nouveau site de maintenance et de remisage de 1500 m2, situé sous l’avenue Henri Barbusse, a été aménagé. Il est équipé de deux voies : l’une sur fosse pour des interventions rapides, l’autre sur pilotis, pour accéder facilement au bas du matériel ainsi qu’aux coffres latéraux des trains.

    Rappelons que les premiers travaux préparatoires au prolongement de la ligne ont commencé en 2013. Ceux du percement du tunnel et de la construction de ce dernier se sont déroulés entre 2015 et 2019. S’en est suivi l’aménagement des deux stations : pose du carrelage sur les quais, installation du mobilier et des équipements, finalisation des escaliers.

    Près de 41 400 personnes habitent ou travaillent dans un rayon de 600 mètres autour des deux nouvelles stations Barbara et Bagneux – Lucie Aubrac. Ce qui devrait se traduire par une augmentation de 37 000 voyageurs supplémentaires sur la ligne 4.

    Y. G.

  • « Je m’oppose à l’idée d’une hausse des coûts du ferroviaire »

    « Je m’oppose à l’idée d’une hausse des coûts du ferroviaire »

    Dans un rapport publié il y a quelques jours par le site Fipeco, un magistrat de la Cour des comptes en disponibilité, François Ecalle, estime que la SNCF a coûté à la collectivité 16,7 milliards d’euros en 2020, soit une facture de 249 euros par contribuable. En 2018, dans un précédent rapport, ce fondateur de l’association Fipeco, également professeur à l’université de Paris 1, estimait le coût de la SNCF pour les contribuables à 14,4 milliards d’euros.

    Malgré son CV impressionnant (il a enseigné à l’Ecole centrale de Paris, à l’Ecole nationale des ponts et chaussées, à l’ESSEC, à Sciences Po Paris et à l’ENA) et son expertise sur les comptes publics, cet énarque additionne des éléments de nature très différente, mêlant coûts d’exploitation, investissements sur les voies, financement du régime des retraites.

    François Ecalle soulève de bonnes questions : la SNCF n’est-elle pas trop chère ? Plus que ses concurrents européens ? Que peut apporter la concurrence ? Mais il en oublie aussi : les investissements dédiés au ferroviaire sont-ils à la hauteur des besoins ? Une comparaison avec les autres modes de transport, et incluant tous les coûts y compris les externalités, ne s’impose-t-elle pas ?

    L’objectif est louable et nécessaire, mais l’orientation de l’auteur, que l’on peut placer dans le camp des défenseurs de l’orthodoxie budgétaire, peut légitimement soulever des questions quant à la pertinence de ses conclusions. Nous avons demandé à la SNCF de réagir en donnant la parole à Laurent Trevisani, directeur général délégué Stratégie Finances du groupe SNCF.

     

    Ville, Rail & Transports. Ce rapport additionne-t-il des choux et des carottes comme on peut le penser à la première lecture ?

    Laurent Trevisani. Je ne sais pas si on peut parler de choux et de carottes. Mais ce que je peux dire, c’est qu’il additionne trois catégories de dépenses de nature très différente.

    Sur les 16,7 milliards d’euros, 9 milliards correspondent aux subventions d’exploitation versées par les collectivités publiques dans le cadre de contrats de délégation de service public signés avec l’exploitant SNCF pour le transport ferroviaire dans les régions et en Ile-de-France. Historiquement, c’est la SNCF qui assure ces services. Mais ce sont les collectivités locales qui décident des moyens à mettre en œuvre, flotte, fréquence, tarification… Le prix des billets de train payés par les voyageurs ne représente que 25 % du coût réel, le reste est financé par une subvention versée à la SNCF. Ce modèle ne peut être assuré qu’avec de l’argent public.

    Ces mêmes délégations de service public sont d’ailleurs pratiquées dans le transport public (pour les bus, le métro, le tramway…) et s’appliquent à Keolis, Transdev, RATP Dev… Comme c’est le cas dans d’autres pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre.

    Le rapport additionne ce coût de 9 milliards aux sommes investies dans le réseau ferroviaire (c’est-à-dire dans les infrastructures, les gares et le matériel) qui atteignent 10 milliards d’euros annuels tout confondu.

    Quant au déséquilibre du régime des retraites des cheminots, il est mécanique. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, il y avait près de 500 000 cheminots. Aujourd’hui, il y en a moins de 140 000. Les cotisations payées par les cheminots actifs ne permettent pas de couvrir toutes les pensions des cheminots à la retraite. Ce déséquilibre démographique est financé par la collectivité, comme c’est le cas pour d’autres systèmes de retraites, celui des Mines par exemple. Pour la SNCF, cela représente un peu plus de 3 milliards d’euros.

    VRT. N’y a-t-il pas confusion entre SNCF et système ferroviaire ?

    L. T. Effectivement, une grande partie de l’investissement va au système ferroviaire. Elle profite donc à tous les acteurs du rail, les transporteurs du groupe SNCF mais aussi les opérateurs de fret ferroviaire (Fret SNCF représente 50 % des parts) et de voyageurs. Citons notamment Trenitalia ou demain Transdev dans la Région Sud-PACA.

    2,8 milliards sont consacrés chaque année à la régénération du réseau. Cette somme a été quasiment multipliée par 3 pour rattraper le retard pris dans le passé quand la collectivité favorisait le développement de lignes à grande vitesse, en y consacrant des moyens considérables au détriment du réseau existant qui a vieilli. Conséquence, aujourd’hui, l’âge moyen du réseau ferré en France est de 30 ans, alors qu’il est de 17 ans en Allemagne.

    Chaque année, un milliard est aussi consacré aux 3000 gares pour mieux accueillir les clients. Les investissements liés aux achats ou à la rénovation de matériel roulant sont pris en charge pour moitié par les collectivités lorsqu’il s’agit de transport régional, et pour moitié par la SNCF lorsqu’il s’agit de trains commerciaux, en particulier les TGV. Ces dépenses nous permettent de mieux accueillir nos clients et d’améliorer nos services. Et montrent que nous préparons le futur.

    VRT. Reste que la SNCF est considérée comme un groupe dont les coûts de production sont élevés. Et même en hausse. C’est ce que dit le rapport mais c’est aussi une critique entendue par ailleurs.

    L. T. Je m’oppose à cette idée suggérée par le rapport. Des efforts de productivité et de performance significatifs sont mis en place depuis plusieurs années. Nous avons des objectifs de baisse des coûts de production et de frais de structure. Sur 4 ou 5 ans, nous avons réalisé 850 millions d’euros d’économies. Cela, tout en améliorant la qualité de service. Ces efforts de performance vont être poursuivis, de l’ordre de 300 à 400 millions d’euros par an jusqu’en 2024 au moins.

    Dans le cadre de la réforme de 2018, nous avons pris des engagements financiers : être en cash flow libre positif en 2022. Autrement dit, au niveau du groupe, nous ne brûlerons plus de cash.

    VRT. François Ecalle a estimé récemment sur BFM que le coût par voyageur-km est moins élevé dans d’autres pays européens.

    L. T. Il faut être très prudent quand on fait des comparaisons avec les pays étrangers. Le réseau ferroviaire français dans toutes ses composantes (y compris les 3000 gares) est différent des autres. Prenons l’exemple de l’Allemagne, souvent citée en référence : si le nombre de kilomètres de lignes est assez comparable, le réseau allemand n’a pas un réseau à grande vitesse aussi développé que la France. Par ailleurs, on compte 40 villes de plus de 100 000 habitants en France, contre plus de 80 en Allemagne où la densification est bien plus importante. La réalité géographique est très différente.

    Dans notre pays, il y a une vraie volonté des collectivités de desservir l’ensemble des territoires (dans laquelle d’ailleurs la SNCF se retrouve). Cela a un coût. La contribution financière des voyageurs n’est pas la même qu’en Allemagne et nécessite un apport d’argent public plus important.

    VRT. Trouvez-vous de l’intérêt à cette étude ?

    L. T. Je ne veux pas juger ce travail. C’est factuellement juste. Mais ce qui me frappe, c’est l’exploitation qu’on en fait.

    On additionne des éléments qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Et quand on divise cette somme par contribuable et qu’on arrive à 249 euros, cela n’a aucun sens car on voit bien que ce système sert avant tout les politiques de transport mises au service du public. Ce service au public couvre l’ensemble du territoire national. Nous avons un territoire très vaste avec 30 000 km de ligne et 3000 gares desservies. Le maillage est très fin. Il permet de servir les politiques de territorialité voulues par les élus, avec une couverture très large pour ne pas laisser les territoires sans capacité de transport.

    Du côté de la SNCF, nous cherchons à mieux servir ces politiques de service public et à utiliser cet argent public d’une façon optimale. Nous avons conscience que nous manions de l’argent public et que ce sont des sommes très importantes.

    Nous ne sommes pas naïfs. Dans un contexte pré-électoral, que certains s’emparent de cette étude pour faire tel ou tel commentaire ne nous étonne pas. En revanche, ce qui me paraît important, c’est que les salariés en interne et le grand public soient correctement informés.

    VRT. En défendant l’orthodoxie budgétaire, François Ecalle se fait le porte-voix de Bercy…

    L. T. Je ne le pense pas. Je fréquente souvent les services de Bercy, qui ont une analyse assez fouillée comprenant bien l’ensemble des objectifs. Et, en tant que contribuable, je les comprends, ce sont les gardiens de l’utilisation des finances publiques et des grands équilibres pour la nation.

    VRT. … ou peut-être de l’opinion publique ?

    L. T. Une partie de l’opinion publique sans doute. C’est pourquoi il faut faire preuve de pédagogie. Je crois aux vertus de la répétition. Il faut expliquer à quoi sert cet argent public. Et continuer à rappeler que le transport ferroviaire est le mode le plus écologique, et sert les politiques publiques et la transition énergétique. Enfin, n’oublions pas le coût des autres modes et leurs externalités indirectes liées à l’insécurité, à la santé publique, aux catastrophes écologiques… Ce sont les meilleurs arguments pour dépasser les constats simplistes.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt 

  • Pourquoi la Norvège veut mettre fin à l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire

    Pourquoi la Norvège veut mettre fin à l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire

    Issu des élections législatives de 2021, qui ont vu le passage à une majorité travailliste, le gouvernement norvégien veut mettre fin à l’ouverture à la concurrence des dessertes ferroviaires mise en place par le précédent gouvernement, de droite. Une politique qui avait eu pour résultat l’arrivée du groupe britannique Go-Ahead sur le « paquet Sud » (trois lignes) en décembre 2019 et de la filiale norvégienne de l’opérateur historique suédois SJ sur le « paquet Nord » (sept lignes) en juin 2020. Ces changements se sont faits aux dépens de l’opérateur norvégien Vy, héritier des NSB (Chemins de fer de l’Etat), qui doit se contenter actuellement du « paquet Ouest », la ligne entre Oslo (capitale) et Bergen (deuxième ville du pays), ainsi que la desserte locale et régionale autour de la capitale (« quatrième paquet »), plus une ligne vers Göteborg, en Suède.

    C’est dans ces circonstances que le ministre travailliste des Transports, Jon-Ivar Nygård, veut arrêter le processus, « non pour favoriser Vy, mais parce que l’ouverture à la concurrence ne donne pas aux voyageurs la meilleure offre ». C’est ainsi que le gouvernement norvégien a demandé à la direction des Chemins de fer (Jernbanedirektoratet) d’arrêter le processus de mise en concurrence en cours pour les dessertes locales et régionales autour d’Oslo, et de se mettre au travail pour en permettre l’attribution directe à Vy, qui les exploite déjà.

    Pour le nouveau gouvernement, « il est important d’assurer un contrôle à l’échelle nationale de l’offre en trains » : dans cette perspective, une recentralisation permettrait de mieux coordonner les trains locaux, régionaux et nationaux. Ce qui se défend techniquement et stratégiquement, sur un réseau dont la capacité est très limitée, les lignes norvégiennes étant généralement à voie unique.

    Pour l’opposition norvégienne, le nouveau gouvernement « fait passer l’idéologie avant les besoins des usagers », en « voulant rétablir un monopole d’Etat ». Et, selon un député de l’opposition, « la mise en concurrence permettrait d’économiser 12,5 milliards de couronnes [soit dix fois moins en euros] sur 10 ans ».

    Côté Vy, la satisfaction est évidente : directrice du groupe d’Etat, Gro Bakstad assure que c’est « une bonne nouvelle pour nos clients », soulignant l’importance, selon elle, de coordonner l’offre autour d’Oslo, sur un réseau à capacité réduite. « Nous pouvons promettre davantage de départs, des temps de parcours moins élevés sur la ligne de l’Østfold et de nouveaux trains », assure la dirigeante. Toutefois, ce dernier point est indépendant du choix de l’exploitant, la commande ayant été passée par Norske tog, le gestionnaire d’Etat norvégien de matériel roulant ferroviaire.

    Le ton n’est évidemment pas le même côté SJ, l’héritier des Chemins de fer suédois de l’Etat. « Il est étrange qu’en Norvège on arrête l’ouverture à la concurrence et que l’on attribue des marchés directement à Vy, alors que Vy participe à des appels d’offres dans d’autres pays », déclare Lena Angela Nesteby, directrice administrative de SJ Norge. Car si Vy a perdu une grande partie de ses trains grandes lignes en Norvège au profit de SJ Norge, le groupe norvégien a de son côté remporté cinq marchés d’exploitation en Suède, dont le prestigieux train de nuit international Stockholm – Narvik, ce dernier aux dépens de SJ. En réponse, la directrice de Vy juge que « si les autorités en Suède veulent faire la même chose qu’en Norvège, c’est à elles d’en décider ». Faut-il finalement y voir un nouvel épisode de la guéguerre éternelle entre les « sœurs ennemies » ?

    P. L.

  • Des Coradia Stream « Grande Capacité » commandés à Alstom par DB Regio pour le Main-Weser Express

    Des Coradia Stream « Grande Capacité » commandés à Alstom par DB Regio pour le Main-Weser Express

    Alstom a annoncé avoir reçu une commande de DB Regio portant sur 17 automotrices électriques Coradia Stream de grande capacité, dont 13 de quatre voitures et 4 de cinq voitures. Destinées à la desserte régionale RE30 (Main-Weser Express) entre Francfort et le nord du Land de Hesse (Giessen, Marbourg et Kassel), ces rames doivent être mises en service le 15 décembre 2024, à l’occasion du changement d’horaire. L’exploitation de cette ligne est assurée pour le compte du RMV (Rhein-Main-Verkehrsverbund), qui a attribué son exploitation à DB Regio.

    Outre une capacité accrue aux heures de pointe, les Coradia Stream proposeront, par rapport aux matériels actuellement en service entre Francfort et Kassel, davantage de places assises (420 dans les rames quadricaisses, 540 dans les rames pentacaisses) et d’espace (15 %), ainsi que le wifi gratuit. Alstom indique que les deux compositions peuvent être exploitées en unités multiples entre elles, proposant 960 places assises, soit plus que tous les types de trains ayant assuré le Main-Weser Express jusqu’à présent.

    Déjà commandé début 2021 par les transports du Land de Basse-Saxe, le Coradia Stream de grande capacité se caractérise par ses voitures à deux niveaux aux extrémités (au contraire du choix effectué pour le RER NG), les deux voitures intermédiaires étant à un niveau, du moins dans les rames de quatre caisses. Dans la composition à cinq caisses, la voiture centrale sera en revanche à deux niveaux. Alstom précise que la conception modulaire du Coradia Stream « permet également aux clients de configurer individuellement leurs trains avec un nombre de sièges variable, des compartiments à vélo extensibles [30 emplacements ici], de grands espaces polyvalents ». Le constructeur évoque entre autres les espaces de quatre places dotés de grandes tables fixées aux parois en 1re classe et de tables compactes en 2e classe, ainsi que les prises électriques disponibles à chaque siège dans les deux classes. Et l’accessibilité par les personnes à mobilité réduite a fait l’objet de tous les soins, les accès étant à une hauteur de 600 mm, adaptée à « pratiquement toutes les gares » sur la ligne de Francfort à Kassel.

    Alstom précise enfin que la gestion du projet et du contrat, la validation et la mise en service du produit, la documentation, la formation et la garantie seront exécutées en Allemagne, où se situe son site de production de Salzgitter.

  • Les accords « Classifications et rémunérations » et « Sac à dos social » s’appliquent depuis le début de l’année

    Les accords « Classifications et rémunérations » et « Sac à dos social » s’appliquent depuis le début de l’année

    Un pas -important- de plus dans l’élaboration de règles sociales s’appliquant au secteur ferroviaire. Les accords « Classifications et rémunérations » et « Sac à dos social », signés par trois organisations syndicales (UNSA ferroviaire, Sud Rail et CFDT-FGTE cheminots) représentant 62,2% des salariés pour le premier, et deux organisations (UNSA Ferroviaire et CFDT-FGTE Cheminots) représentant 42,96 % des salariés pour le second, sont en vigueur depuis le 1er janvier, a annoncé l’Union des transports publics. « Seule la CGT Cheminots (représentant 37,8% des salariés) s’est opposée aux deux accords. Cette opposition n’étant pas majoritaire, les accords s’appliquent dès à présent aux entreprises adhérentes de l’UTP relevant de la branche ferroviaire représentant la quasi-totalité des entreprises ferroviaires en activité« , explique l’organisation patronale dans un communiqué. Et de préciser : « La procédure d’extension à l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire est en cours et, à terme, ces deux accords s’appliqueront à l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire« .