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SNCF Réseau va profiter des ponts de mai pour réaliser de grands chantiers en Ile-de-France
« Cette année, le mois de mai offre de belles opportunités pour effectuer des travaux sur le réseau d’Île-de-France », a expliqué mi-avril Séverine Lepère, directrice générale adjointe Île-de-France de SNCF Réseau, en présentant les grands chantiers qui seront effectués pendant les quatre jours fériés de mai. Accolés ou proches d’un week-end, ils laissent suffisamment de temps pour réaliser d’importants travaux sur le réseau ferré d’Île-de-France. Un réseau qui voit passer 70 % des voyageurs de la SNCF (3,5 millions par jour) et concentre 40 % des trains (6 500 par jour). Pourtant, l’Île-de-France ne représente que 10 % du réseau national, mais absorbe 45 % des investissements nationaux.Tous les axes concernés
Ce mois sera donc l’occasion d’effectuer des chantiers de régénération (voies, caténaire et ouvrage d’art), mais aussi de modernisation (préparation des travaux d’installation d’un pont-rail, travaux préparatoires à l’arrivée du nouveau matériel roulant sur le RER D), de développement (avancées majeures sur le projet Eole et les connexions avec les futures lignes du Grand Paris Express) et de mise en accessibilité PMR dans plusieurs gares comme à Pont Cardinet, à Nangis ou la Ferté-sous-Jouarre, à Sainte-Geneviève-des-Bois ou Epinay-sur-Seine, à Lieusaint ou Vigneux.Tous les axes de l’Île-de-France sont concernés. Mais quelques chantiers seront particulièrement importants. C’est le cas de l’axe Nord, avec le remplacement de la caténaire entre les gares d’Aulnay-sous-Bois et de Mitry-Claye, les week-ends des 1er et 8 mai. SNCF Réseau va en effet profiter de ce renouvellement de caténaire pour changer d’approche en matière d’alimentation électrique. Sur cette portion, les voies seront alimentées non plus seulement par section, toutes voies confondues, comme c’est le cas habituellement sur le réseau, mais longitudinalement, de manière à séparer l’alimentation des voies du RER B, de celle du TER. Ainsi, même en cas de rupture de la caténaire sur un groupe de voies, les autres pourront toujours être alimentés. Ce qui permettra de continuer à faire circuler les trains, même de façon dégradée, et d’effectuer des réparations.Le week-end du 29 mai permettra aussi des travaux préparatoires pour le remplacement d’un pont ferroviaire centenaire situé rue du Bailly à Saint-Denis, juste avant la gare de la Plaine Stade-de-France.Train usine Boa
Sur l’axe Est, l’avant gare de Paris-Est sera inaccessible pendant 52 heures en continu, les 13 et 14 mai, afin de tester les connexions de télécommunication, de signalisation et d’information voyageurs avec le centre de commandement unique Est/Ouest francilien situé à Pantin. Il commandera 640 aiguillages et 700 feux de signalisation, et gérera à terme 3 000 trains sur l’axe francilien Est/Ouest. Il est même prévu de faire circuler 6 trains afin de tester les itinéraires. Pendant l’interruption de circulations, les TGV seront détournés vers Paris-Nord et les TER vers Paris-Austerlitz.Le week-end du 27 au 29 mai, sera aussi mis à profit pour remplacer 13 km de rails avec le train-usine BOA (320 m de rails à l’heure environ) sur les lignes E et P.Sur l’axe Atlantique, les travaux concerneront le renouvellement de huit aiguillages et de sept km de voies sur la LGV, sur les communes de Massy, Palaiseau, Antony et Verrières-le-Buisson, au cours des week-ends du 18 et du 27 mai. Ainsi, les TGV vers les régions Centre et Nouvelle Aquitaine partiront et arriveront en gare d’Austerlitz (et non de Paris-Montparnasse), et verront leur temps de parcours allongé de 30 minutes. Quant aux TGV en provenance et à destination de l’Ouest (Bretagne et Pays de la Loire), ils ne seront pas détournés mais leur temps de parcours sera allongé de 1 h à 1 h 30.Sur le RER C, les week-ends des 1er et 8 mai permettront d’avancer le projet du contournement ferroviaire du sud parisien. Entre Massy et Antony, les RER B et C ainsi que les TGV se croisent quotidiennement engendrant des conflits entre les différentes circulations. L’objectif des travaux consisteront à supprimer ce « cisaillement » afin d’augmenter le nombre de TGV tout en garantissant la régularité de la ligne C.Nouveau train usine
Quant aux week-ends des 6, 20 et 27 mai, ils serviront à la régénération de la caténaire sur la partie sud de la ligne C, entre Athis-Mons et Choisy-le-Roi, grâce à un nouveau train-usine que SNCF dévoilera dans quelques semaines. En parallèle, il est prévu un remplacement de la voie et du ballast sur un km au niveau de la gare des Ardoines.Le week-end du 8 mai, SNCF Réseau adaptera l’infrastructure du RER D à l’arrivée du nouveau matériel RER NG. en renforçant la caténaire entre Grigny et Evry-Courcouronnes, Ris Orangis et Corbeil-Essonnes.Enfin, sur la ligne J, le week-end du 8 mai, SNCF Réseau remplacera la voie entre Épône et le pont-rail de Limay et préparera les travaux d’installation du poste d’aiguillage informatisé (PAI 44) d’Épône prévus cet été au cours d’une opération «coup de poing» pour une mise en service en 2025.Quelques 3 000 personnes seront mobilisées chaque week-end de mai, aussi bien agents SNCF qu’employés d’entreprises ferroviaires partenaires, pour réaliser les travaux.Yann Goubin
Valérie Pécresse vise 40 lignes de cars express pour désenclaver la grande couronne parisienne d’ici 2030
L’Ile-de-France pourrait disposer, d’ici à 2030, d’une quarantaine de lignes de cars express pour relier la grande couronne à Paris. C’est ce qu’a annoncé le 20 avril Valérie Pécresse, la présidente de la région, suite à la présentation du rapport de François Durovray, qu’elle avait mandaté sur le sujet. En février dernier, le président du conseil départemental de l’Essonne avait déjà présenté un rapport d’étape.Il s’agira, indiquent les deux élus, soit de radiales vers la capitale, soit de lignes de rabattement vers les modes lourds ferrés (le réseau de trains de banlieue et le futur métro du Grand paris Express), soit encore de liens rapides entre deux pôles de la région peu ou mal desservis par les transports publics.« Il faut aller vite », souligne Valérie Pécresse, qui espère les premières lignes du réseau dès le mois de novembre, après une période de concertation de quatre mois entre mai et septembre, suivi d’un vote en conseil régional en octobre.Les lignes les plus faciles à réaliser seront lancées en premier« mais sans s’interdire les difficultés, si la demande est forte», poursuit celle qui est aussi présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM).Un label pour les cars express
Pour réussir ce pari, le rapport préconise de labelliser les cars pour garantir leur caractère express. 80 lignes de bus sont actuellement considérées comme express en Ile-de-France. Mais beaucoup ont perdu, au fil du temps ,cette caractéristique avec la multiplication des arrêts qui les ralentissent.La labellisation concernera leur fréquence mais aussi leur confort qui devra s’approcher de celui d’un autocar de ligne (avec équipement wifi par exemple et une livrée bien visible mentionnant l’origine et la destination). Selon les premières estimations, il faudrait commander « entre 500 et 600 véhicules, pour la quarantaine de lignes », estime François Durovray. Des cars à zéro émission, « à gaz, aujourd’hui, ou à hydrogène demain, lorsqu’ils existeront techniquement », complète Valérie Pécresse.Pour assurer leur rapidité, François Durovray propose d’utiliser les bandes d’arrêt d’urgence (BAE) des routes et autoroutes. « Dans toutes les régions qui l’ont fait et que nous avons visitées, à Marseille, à Grenoble, et en Espagne, ça ne pose pas de problème de sécurité », précise l’élu. L’utilisation des BAE présente l’avantage de ne pas nécessiter de travaux routiers coûteux en temps et en finances.Près d’un milliard d’euros d’investissement
La présidente de région affirme que tous les départements franciliens seraient d’accord pour un transfert de compétences des routes concernées à Île-de-France Mobilités. Ce qui permettrait d’assurer une meilleure coordination. Mais un tel transfert nécessiterait une loi.Plus urgent : la création des pôles multimodaux jouxtant les gares de mass transit, et intégrant parking pour les voitures et les vélos et avec services. « Ce qui n’a pas été pensé pour les gares du Grand Paris express », note François Durovray.Le projet est estimé à un milliard d’euros à l’horizon 2030. « Un montant qu’il faut comparer aux 40 milliards du Grand Paris Express », fait remarquer l’auteur du rapport.Cette somme comprend 600 millions d’euros pour 100 à 120 km de voies réservées sur autoroute et 200 à 250 millions pour la création de 20 à 30 Pôles d’échanges multimodaux ainsi que le réaménagement d’une trentaine de pôles ferroviaires existants. S’ajoutent 100 millions d’euros par an pour le fonctionnement d’une vingtaine de lignes existantes à renforcer et une vingtaine de lignes à lancer.« C’est tout à fait accessible à travers le Contrat de plan Etat-Région », conclut François Durovray.Yann Goubin
La Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie créent une SPL pour financer leurs trains
Les élus de Nouvelle-Aquitaine ont approuvé fin mars la création d’une société publique locale pour « piloter techniquement et financer les investissements relatifs au matériel roulant ferroviaire« . Baptisée Société Publique Interrégionale des Investissements en faveur des Transports (SPIIT), elle a été créée avec la région Occitanie, explique dans un communiqué la Nouvelle Aquitaine. Et doit permettre d’optimiser les coûts et de mutualiser les moyens d’ingénierie, d’autant que leurs parcs de matériel présentent des « caractéristiques proches« , souligne le communiqué.
« Constituer ainsi une ingénierie technique régionale dédiée permet notamment d’assurer pleinement son rôle de propriétaire et d’être force de propositions pour la maintenance courante, lisser les investissements dans le temps, et pourquoi pas aussi d’accueillir ultérieurement d’autres Régions » précise également Renaud Lagrave, le vice-président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine chargé des mobilités.
Rappelons qu’en séance plénière du 17 octobre 2022, la région avait approuvé la convention de transfert de propriété du matériel roulant ferroviaire, conformément aux dispositions de l’article 21 de la loi 2018-515 du 27 juin 2018 pour un nouveau pacte ferroviaire. Elle est donc devenue pleinement propriétaire des 148 rames du parc, qui représentent une valeur nette comptable de 375 M€.
En décembre dernier, elle a décidé d’acquérir 4 Rames Régio2N et 11 rames Régiolis pour un montant de 172 M€.

Une nouvelle voie pour les navettes autonomes de Navya
C’est finalement l’offre présentée par Gaussin et Macnica qui a été retenue par le tribunal de commerce de Lyon pour la reprise de Navya. Le français Gaussin, qui se présente comme le « leader du transport de marchandises propre et intelligent« , a aussitôt annoncé la création « d’une société commune avec le groupe japonais Macnica Inc. dédiée à la mobilité autonome et zéro émission pour le transport de personnes et de marchandises« .
Cette coentreprise, détenue à 51 % par Gaussin et à 49 % par Macnica, va reprendre les actifs de la société spécialiste dans la fourniture de systèmes de mobilité autonome, en redressement judiciaire depuis le début février et considérée jusque-là comme une pépite technologique française. La reprise des actifs représente un montant de 1,5 million d’euros auquel s’ajoute un financement de 15 millions d’euros pour l’activité sur les 12 premiers mois d’intégration. Deux tiers seront pris en charge par Macnica et un tiers par Gaussin.
143 postes conservés en France
« C’est avant tout une reprise de talents, d’équipes talentueuses« , a insisté Jean-Claude Bailly, le PDG de la nouvelle entreprise en présentant, le 19 avril, le plan de reprise. 143 salariés en France et six personnes à Singapour sont gardées, soit 70 % de l’effectif total de Navya. « Des propositions de reclassement seront faites aux autres salariés afin d’intégrer le site de production de Gaussin à Saint-Vallier (71), dans le cadre de son plan de recrutement », ajoute le repreneur français. Celui-ci va transférer, à la nouvelle joint-venture, sa propre équipe dédiée à la conduite autonome.
La nouvelle entité va se concentrer sur quatre marchés clés – la logistique, les ports, les aéroports et les transports publics et privés de passagers – où le groupe français et le Japonais, spécialisé dans les semi-conducteurs, les produits de réseau, la cybersécurité ou encore l’intelligence artificielle, sont déjà bien installés. Elle va être organisées en deux « business units », la première plus particulièrement dédiée aux sites fermés pour les mouvements autonomes de conteneurs, de remorques et de bagages. « Cela permettra à Navya de s’implanter beaucoup plus rapidement », commente Jean-Claude Bailly.
Des navettes vraiment autonomes attendues sur les routes fin 2024
Les repreneurs n’abandonnent pas pour autant le marché des navettes de transport autonome de personnes, puisque ce sera l’objet de la seconde unit business. Mais sa montée en puissance sera plus progressive, en attendant de disposer de navettes de 4ème niveau, c’est-à-dire roulant en toute autonomie et sécurité sans opérateur à bord. Gaussin fonde beaucoup d’espoirs sur les navettes qui seront créées à partir du Bluebus de Bolloré, « très adaptés pour aller vers le level 4« , souligne Jean-Claude Bailly. « Le logiciel de mobilité autonome de l’entreprise, qui en est actuellement au stade de l’intégration finale sur la plateforme de pointe Bluebus IT3, révolutionnera l’expérience de mobilité des passagers », veut croire Gaussin.
La croissance de la nouvelle entreprise, dont le nom doit encore être prochainement dévoilée, se fera progressivement. La première année, le chiffre d’affaires devrait atteindre 23 millions d’euros, principalement à l’export. Puis 38 millions en 2024. « La montée en puissance interviendra plutôt à partir de 2025 avec la version level 4 pour les navettes autonomes. Notre business plan est réaliste« , souligne le PDG. Les navettes devraient en effet atteindre vers la fin 2024 le niveau 4, niveau leur permettant de rouler en milieu ouvert, un « déclencheur » qui donnera alors accès, selon le dirigeant « à un marché très important« . 120 millions d’euros de chiffre d’affaires sont attendus en 2025.
MH P

Après la retraite des trottinettes à Paris, Lime mise tout sur ses vélos
Le 1er septembre prochain, plus une seule des 1 500 trottinettes en libre-service ne pourra théoriquement circuler dans les rues de Paris. Elles seront progressivement retirées de la capitale. Ainsi en a décidé Anne Hidalgo suite à la consultation citoyenne du 2 avril qui a vu 89% des 103 084 votants siffler la fin de la récréation pour ces engins dans Paris.
Lime, l’un des trois opérateurs avec Dott et Tier, prend acte et affirme parier aujourd’hui sur le développement des vélos électriques en libre-service (VLS) dont l’usage a explosé selon les chiffres avancés par la marque au citron vert : « 10 000 vélos Lime début 2023 contre 3 000 en 2020, + 73% de trajets entre 2021 et 2022, une location toutes les six secondes ! », s’enthousiasmait Hadi Karam, directeur général France de Lime, lors d’une conférence de presse le 19 avril, dans les nouveaux ateliers de remisage et de maintenance près de Bercy (Val de Marne).
Se disant « peu surpris du résultat de la votation parisienne, vu les conditions dans lesquelles elle a été organisée », le patron France de Lime indique toutefois que la start-up californienne n’envisage pas de former de recours, et assure avoir « la capacité à très court terme de rebondir pour absorber le choc financier [de la fin des trottinettes en libre-service à Paris].
Pas de plan social chez Lime
Les 250 emplois de l’activité Lime Paris ne seraient pas menacés « à court terme », assure aussi le dirigeant. « On fait tout pour sécuriser ces emplois », dit-il. Pour combien de temps ?
Tout dépendra de la capacité de l’opérateur de booster son activité de vélos en libre-service, comme il le souhaite, et voir les trotteurs se rabattre vers ce mode de transport-là. Lime enregistrait 1,5 million d’utilisateurs (uniques) de trottinettes en 2022.
Bientôt chassé de Paris, comme ses concurrents Dott et Tier, la start-up américaine a rencontré mi-avril trois élus de la capitale, Emmanuel Grégoire (1er adjoint), David Belliard (mobilités) et Afaf Gabelotaud (emploi) pour parler de l’après-trottinettes, espérant sans doute décrocher un accord dans la nouvelle convention annuelle pour accroître sa flotte de vélos en libre-service et voir se développer le nombre de places de stationnement dédiées.
Présent dans 250 villes, dont deux en France (Le Havre et Marseille), Lime affirme être « en discussion avec d’autres villes de l’Hexagone qui manifestent un intérêt pour les trottinettes« , sans dévoiler lesquelles.
N.A

Nouvel accord-cadre pour des trams Citadis d’Alstom à Strasbourg
Déjà la troisième génération de tramways pour le réseau strasbourgeois, en service depuis fin 1994. Après les Eurotram du groupement Socimi/ABB, puis les Citadis 403 d’Alstom, dont la dernière livraison a commencé fin 2021, l’Eurométropole de Strasbourg et la CTS ont lancé un nouvel appel d’offres, remporté une fois de plus par un matériel roulant Citadis d’Alstom.
L’accord-cadre conclu porte sur au moins deux tranches de trams, une de 12 puis une de 10. « D’autres rames pourront être commandées durant les huit années de l’accord-cadre afin de répondre aux besoins de l’offre de transport de l’Eurométropole », ajoute Alstom, qui devra assurer les premières livraisons en mars 2025, pour une mise en service prévue à la fin de la même année. Neuf sites Alstom français se partageront la production du nouveau tram : La Rochelle (conception et assemblage), Le Creusot (bogies), Ornans (moteurs), Villeurbanne (électronique embarquée et cybersécurité), Aix-en-Provence (centrales tachymétriques), Sens, Gennevilliers et Saint-Florentin (disques et garnitures de frein), ainsi que Saint-Ouen (design).
Long de 45 m et large de 2,40 m, le nouveau Citadis pour Strasbourg sera doté, de chaque côté, de 8 portes doubles, entièrement vitrées, de 1,30 m d’ouverture, y compris aux extrémités. Au total, 286 voyageurs pourront y être accueillis, en conformité avec l’arrêté PMR, ce tram étant doté de boutons d’ouverture de porte « à bonne hauteur », de sièges plus larges que dans les modèles précédents et de zones réservées aux usagers en fauteuil roulant et aux poussettes.
Comme il se doit désormais, les Citadis strasbourgeois seront climatisés et dotés d’un système d’informations voyageurs dynamique, ainsi que d’une vidéoprotection. Petit « plus » pour ce réseau à vocation transfrontalière, qui dessert également la commune allemande de Kehl : le matériel commandé sera conforme au BOStrab, le décret fédéral allemand sur la construction et l’exploitation des tramways. Et par rapport aux Citadis 403 strasbourgeois commandés il y a 20 ans pour les premiers, la prochaine génération permettra de réduire la consommation d’énergie « d’au moins 20 %, grâce à une nouvelle motorisation, une gestion efficace du confort climatique et des éclairages 100 % LED », précise son constructeur qui ajoute que « ces tramways sont éco-conçus, recyclables à 95 % et revalorisables à 99 % ». Et côté maintenance, la prochaine génération devrait permettre de réduire de 30 % les opérations de maintenance pendant leurs 30 années d’exploitation commerciale. En effet, les exigences de maintenabilité « ont déjà été prises en compte avec un nombre réduit de références de pièces de rechange, une meilleure accessibilité des composants ainsi que des capteurs répartis sur la rame pour permettre un télédiagnostic du matériel ». Ce qui permet d’anticiper et d’optimiser les périodes d’immobilisation.
P. L.

Le groupement Colas Rail / Alstom remporte le deuxième lot de la ligne 17 du Grand Paris
La Société du Grand Paris (SGP) a attribué au groupement Colas Rail/Alstom, dont Colas Rail est mandataire, le marché « voie ferrée, profil aérien de contact et équipements linéaires » du deuxième lot de la ligne 17 du Grand Paris Express. Sur ce lot, qui concerne la section entre Le Bourget Aéroport et le Parc des Expositions, au sud de l’aéroport de Roissy CDG, le groupement assurera la fourniture et la pose de 10 km de voie ferrée, du profil aérien de contact ainsi que des équipements linéaires. La section sur laquelle ces travaux se dérouleront comprend des parties en tunnel, en remblais et en viaduc (sur 3 km, voir carte en illustration). Elle se situe donc au milieu du tracé de 26,5 km de la ligne 17, qui s’étendra sur 13 communes et reliera 9 gares entre Saint-Denis Pleyel et Le Mesnil-Amelot. Une desserte « en moins de 25 minutes, pour faciliter les déplacements de près de 565 000 habitants », rappelle le groupement Colas Rail/Alstom, qui « mobilisera jusqu’à 200 collaborateurs » sur ce projet. « Pour favoriser l’accès à l’emploi, le chantier facilitera l’accès à la formation des plus jeunes à travers des contrats d’apprentissage, des alternances et des stages à tous niveaux (formations ouvriers, encadrants et ingénieurs) ». Un volume « significatif » d’heures de main-d’œuvre sera réservé aux personnes éloignées de l’emploi. De plus, un pourcentage du montant travaux et systèmes devrait être réservé aux TPE et PME.
Les premiers travaux doivent démarrer « d’ici mi-2024 ». Le groupement indique en outre prêter une attention particulière aux impacts environnementaux et sociaux. « Ainsi, il s’est engagé à limiter ses émissions de gaz à effet de serre en fournissant du béton bas carbone formulé à partir de ciment produit en réduisant la consommation d’énergie ainsi que des rails laminés à partir d’acier issu d’une filière moins énergivore ». D’autres initiatives devraient être mises en œuvre telles que l’emploi de véhicules électriques, l’utilisation de LED pour l’éclairage du tunnel, le retraitement des eaux de pluie, ainsi que la mise en place d’une station de traitement et de recyclage des résidus provenant des opérations de bétonnage des voies ferrées.
Le groupement rappelle enfin que les deux entreprises qui le composent ont déjà collaboré sur de grands projets tels que la Section Est de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express, les tramways de Reims, Nice et Bordeaux ou encore le Contournement Nîmes-Montpellier. Et plus récemment, début mars, Alstom et Colas ont remporté un contrat pour fournir un système ferroviaire intégré dans le cadre de l’extension du projet North-South Commuter Railway (NSCR), le RER de Manille, aux Philippines.
P. L.

Vélib, le service que le monde nous envie, selon Stéphane Volant
C’est à Bertrand Delanoë et à l’opérateur JCDecaux qu’on doit l’offre de location de vélos en libre service à Paris. « Vélib’ 1, c’est une formidable intuition qui s’est avérée gagnante », raconte Stéphane Volant. Lorsque la concession a été remise en concurrence en 2017, il a été décidé d’étendre le service, qui se limitait alors à Paris intra-muros, à l’ensemble des 60 villes de la métropole, soit sur 450 km2, et d’y ajouter une offre de vélos à assistance électrique. Smovengo remporte le marché, coiffant sur le poteau JCDecaux. Les pistes cyclables se développent de plus en plus vite, surtout lorsqu’en 2019, le gouvernement lance son grand plan vélo prévoyant de faire passer de 3 % à 9 % la part modale des bicyclettes. Dans l’euphorie, Smovengo ou les pouvoirs publics ont-ils vu trop grand ? Stéphane Volant est appelé à la tête de Smovengo en juillet 2022. Avec la mission de resserrer les liens avec les élus et de venir à la rescousse d’un service victime de son succès. Selon le dirigeant, le contrat a été « mal fagoté ». Et il explique : « A mon arrivée, Smovengo était dans une situation où, plus il y avait de vélos en circulation, plus nous perdions d’argent. » L’aventure aurait pu mal se terminer si les Parisiens n’avaient pas été aussi attachés à ce qu’il décrit comme « le plus beau système au monde de vélos partagés en station ». Pour remonter la pente, Stéphane Volant a renégocié le contrat et cherché à rééquilibrer le modèle économique afin de sauver le service.D’importantes pénalités
En raison de ses débuts compliqués, Vélib’ a dû verser des dizaines de millions d’euros de pénalités. Une sanction financière justifiée, selon Stéphane Volant, puisque le service n’était pas au rendez-vous. Mais qui empêchera les actionnaires de Smovengo de rentrer dans leurs frais à la fin du contrat. Aujourd’hui, l’entreprise équilibre ses comptes et continue à payer des pénalités, mais les montants sont moins importants car le service s’améliore et les modalités de calculs sont jugées plus justes. La société Smovengo a désormais dix ans devant elle (date d’échéance du contrat) pour démontrer que son modèle économique lui permet de dégager de la valeur, d’investir dans la qualité de service, de partager les bénéfices avec ses salariés et de faire remonter des dividendes aux actionnaires. Avec, si possible, « un partage du succès à hauteur d’un tiers chacun », espère le président.
Un audit commandé par le SAVM, et attendu dans les prochaines semaines, devrait tracer de nouvelles perspectives pour Smovengo. Mais avant même de connaître ses conclusions, Stéphane Volant estime que le succès est au rendez-vous. Et le démontre par les chiffres. 45 millions de courses ont été enregistrées en 2022, soit 12 % de plus que l’année précédente. Les vélos partagés ont permis de parcourir 140 millions de km, en hausse de 20%, dont 62% réalisés en vélo électrique. Chaque jour, 62 000 utilisateurs enfourchent un Vélib’, soit 24 % de plus qu’en 2021. L’an passé Smovengo a comptabilisé 765 000 utilisateurs, dont 380 000 abonnés. « Il n’y a pas de système aussi performant que le nôtre en France ou dans le monde. Nous sommes au rendez-vous des attentes des Parisiens, puisque le nombre d’abonnements augmente et que nous avons de plus en plus de clients et d’usages », en déduit Stéphane Volant.
A titre de comparaison, le patron de Vélib’ évoque le système de vélos partagés de New York, Citi Bike, qui, « avec autant de vélos fait deux fois moins de courses. Ce qui ne les empêche pas de s’apprêter à doubler leur flotte pour répondre à la demande exponentielle », précise-t-il. Smovengo prévoit également d’augmenter son parc de vélos, en consacrant 20 millions d’euros pour se doter de 10 000 cycles supplémentaires. Un investissement qui se fera en tandem avec Paris Métropole, qui prévoit de financer de nouvelles stations et des bornettes, indissociables pour monter en puissance.
“ A mon arrivée, Smovengo était dans une situation où, plus il y avait de vélos en circulation, plus nous perdions d’argent ” Stéphane Volant
De nombreuses pannes
« En acquérant ces vélos, nous serons à même de proposer véritablement, 3000 bicyclettes de plus en circulation, lors des JO de 2024 et faire ainsi le plein du système Vélib’ prévu à son contrat », explique Stéphane Volant. Car les Vélib’ sont souvent immobilisés pour réparation. Vendus pour être utilisés 6 à 7 fois par jour, ils le sont 3 à 4 fois plus. Cet usage intensif explique une usure accélérée des pneus et des freins, qui nuit à la qualité de service. Les équipes de Smovengo s’efforcent de les réparer sur place et ne les envoient en atelier que lorsque que c’est indispensable. Pour limiter leur immobilisation, les rotations pour grosses réparations en atelier sont passées de 24 à 48 heures, contre 72, il y a encore quelques mois. Stéphane Volant regrette qu’il n’existe pas de filière française (sauf pour des niches haut de gamme). Les constructeurs se trouvent en Asie. Ce qui pose le problème d’approvisionnement des pièces détachées, qui mettent 15 à 18 mois pour parvenir jusqu’ici. Pour tenter de limiter sa dépendance à l’Asie, Smovengo joue la carte de l’économie circulaire en réutilisant des pièces récupérées sur des vélos hors service pour construire de nouvelles bicyclettes. « Sur les 10 000 vélos supplémentaires prévus, 1000 seront fabriqués à partir d’engins hors service», indique le président de Smovengo.
Une clientèle hétérogène
« Nos clients représentent toute la palette de la population parisienne et métropolitaine. L’utilisateur moyen ressemble aux habitants de la métropole. Nous avons de plus en plus de femmes qui circulent, majoritairement sur des vélos mécaniques et ne renoncent pas à pédaler les jours d’intempéries. Et si les déplacements de Vélib’ 1 se faisaient entre arrondissements et en vélo mécanique uniquement, désormais nos clients traversent le périphérique et prennent goût au vélo électrique. Les distances parcourues s’allongent en mécanique, comme en électrique », rapporte-t-il, fier du succès populaire du vélo partagé.
« Vélib’ n’est pas un service élitiste, puisque notre abonnement le plus bas est à 1,55 euros par mois, tandis que la formule la plus onéreuse, Vmax, ne revient qu’à 8,30 euros mensuel ». Et comme ces abonnés utilisent de plus en plus leur abonnement, le dirigeant se dit favorable à un tarif Vmax Plus, qui prendrait davantage en compte l’utilisation réelle, de manière à être plus juste et à faire payer en fonction du nombre de courses réalisées. Stéphane Volant insiste aussi sur la nécessité de conserver une offre accessible aux plus modestes, afin de leur offrir une solution pour se déplacer à très bas prix. La politique tarifaire de Vélib’ ne dépend de pas de Smovengo. Les prix sont décidés par le SAVM et subventionnés à hauteur de 60 % par la métropole. Les utilisateurs ne payent que 40 % du coût du service.
Un succès qui frise souvent la surchauffe
Si le taux de satisfaction du Vélib’ progresse de 0,5 point par an et atteint désormais 50 %, il reste autant d’insatisfaits. « Il reste une marche à monter pour améliorer la qualité de service et satisfaire ses clients », reconnaît Stéphane Volant. « J’aimerais qu’on puisse bâtir son agenda avec Vélib’ comme on peut le faire avec la RATP : c’est-à-dire en ayant la certitude en temps réel de trouver un vélo en état de marche dans la station Vélib’ la plus proche. Nous n’y sommes pas encore, notamment aux heures de pointe. Mais nous y allons», assure-t-il.
Reste toutefois un autre défi à relever : la majorité des besoins se concentre sur quelques heures. En effet, Vélib’ compte 380 000 abonnés pour une flotte de 20 000 vélos. 10 % des besoins des utilisations ont lieu aux heures de pointes. « Nous gérons de la frustration », reconnaît Stéphane Volant qui ne peut que constater qu’à certaines heures, le système est en surchauffe, même si Smovengo s’efforce de réguler le trafic, en procédant à des ajustements. « Nous savons de mieux en mieux quels sont les besoins de nos clients, d’où ils partent, où ils vont, à quelle heure et là où il y a des déficits de bornettes, de stations et de vélos. Nous déclenchons donc les interventions de nos équipes pour corriger ce flux naturel et assurer une meilleure répartition. » Le système a des limites car des tests menés entre les 11e et 8e arrondissements ont mis en évidence qu’entre 8h et 10h en semaine, 700 vélos sortent de l’arrondissement de l’est parisien et autant entrent dans celui situé à l’ouest. « Pour réguler les déplacements sur ce créneau horaire, il faudrait 53 camions, à raison de 13 cycles par véhicule. A Paris, le déséquilibre est de l’ordre de 2000 à 3000 vélos et ce sont 230 camions qu’il faudrait pour déplacer les vélos afin de régulariser la situation. Cela n’a pas de sens », indique le dirigeant qui plaide pour davantage d’achats de vélos et d’installations de bornettes dans les stations. Les 60 communes de la métropole se sont engagées à ajouter 1700 bornettes, le président de Smovengo rêve d’un système avec 40 000 vélos.
Se préparer pour les JO
Lorsque Paris accueillera les JO en 2024, il devra se contenter de 20 000 Vélib’. Toutefois des stations éphémères humanisées pourraient être mises en place à proximité des lieux où se tiendront les compétitions olympiques, comme cela se fait déjà lors d’évènements exceptionnels, par exemple au moment du tournoi de Roland Garros ou lors du festival Solidays. « Un test sera fait lors de la Coupe du monde de rugby, afin d’estimer les besoins et les coûts», précise Stéphane Volant.
Le patron de Smovengo réfléchit à la mise en place de hubs de transport bas carbone en villes. Autrement dit, « des stations électrifiées où il serait possible de recharger sa trottinette, sa batterie de vélo propriétaire, avec un standard pour pouvoir accéder aux prises des bus et où on pourrait accueillir des voitures électriques. Sur ces hubs, Vélib’ pourrait mettre à profit les compétences de ses 500 salariés pour proposer des micros ateliers où l’on pourrait regonfler des pneus, changer des freins ou faire du gardiennage de vélos propriétaires et de véhicules électriques », détaille-t-il.
L’importance du lobbying
Stéphane Volant évoque l’urgence à développer le vélo partagé, mode de transport « écologique, démocratique et économique » et encourage à monter au créneau pour le défendre. «Il faut qu’une filière vélo continue à se développer. Un lobbying en faveur du vélo doit émerger dans ce pays. L’automobile et l’avion savent donner de la voix. Il faut mettre plus d’énergie dans une activité militante, de manière à pousser cette mobilité douce et partagée, comme nous le faisons chez Smovengo.» La tâche est n’est pas simple, alors que les secteurs de l’aérien et de l’industrie automobile bénéficient de milliards pour se réinventer, la filière vélo doit se contenter de millions, bien qu’il existe des besoins colossaux d’aménagement. « Nous avons besoin d’une grande politique d’infrastructures et de disposer de véritables pistes cyclables. Ce qui nécessite des investissements lourds pour donner au vélo la place qu’il mérite en France », souligne Stéphane Volant. Selon lui, « pouvoir utiliser un vélo partagé électrique sur tout le territoire, pour moins de 10 euros par mois peut être un moyen de permettre aux personnes éloignées de s’arrimer à bas coûts aux services essentiels des villes ».
La Métropole de Marseille a lancé un nouveau service de vélos électriques en libre-service et sera regardé de près par les grosses métropoles alentours, estime-t-il. « Elle pourrait, par capillarité, irriguer la région plus vite et mieux que d’autres ». En revanche, poursuit-il, une ville comme Lyon propose une offre très en deçà des besoins, avec seulement quelques centaines de vélos en libre accès et un service expérimental d’une vingtaine de vélos cargo à assistance électrique en libre-service.
Jouer la carte de l’intermodalité
La nécessité d’arrimer les vélos partagés aux différents modes de transport est un autre impératif. « Je regrette que certains opérateurs de transport se vivent encore en concurrence avec les autres modes ». Lorsqu’il était à la SNCF, il se souvient du peu de considération affiché pour les vélos. « Lorsque les TER ont été conçus, les deux roues étaient considérés comme un embarras. On n’en voulait ni dans les trains, ni dans les gares. Et comme les élus ne réclamaient pas de vélos, la direction n’était pas encouragée à modifier sa stratégie. Les temps ont changé, mais on ne va pas encore assez loin pour faciliter l’intermodalité ». Pour appuyer sur l’accélérateur, il faudrait bénéficier d’une cartographie de toutes les infrastructures et modes de transport existants et se voir proposer un service de MaaS (mobility as a service) intégrant tous les moyens de déplacements, marche, vélo, RER, avion…, les connecter et permettre de voyager avec un seul billet, tout en reversant son dû à chaque opérateur. « On en est encore loin, car on ne connecte pas encore tous les modes de transport et on se jalouse… », déplore Stéphane Volant, qui assure ne pas se sentir en compétition avec le service Véligo de location de longue durée de cycles, mis en place par Île-de-France Mobilités. « Beaucoup de mes abonnés en sont également clients, ou utilisent des services de trottinette ou une voiture ».
Pour un meilleur usage des mobilités douces dans la capitale et faire baisser le nombre d’accidents de la route, dont les piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes sont les premières victimes, Stéphane Volant plaide pour plus de pédagogie et se dit favorable à l’enseignement du code de la rue dans les écoles. Mais il rappelle aussi que beaucoup d’accidents sont liés à des voieries défaillantes.

Les vélos électriques (à droite) connaissent de plus en plus de succès. Des hausses de tarifs mi-mai
L’abonnement V-Max de Vélib’ passera de 8,30 à 9,30 euros mensuel en mai, soit une hausse de 12 % pour ce forfait qui inclut deux trajets par jour. Comme les courses à vélo électrique hors forfait augmenteront de un euro, les abonnés V-Max les paieront deux euros, au lieu d’un aujourd’hui pour tout trajet supplémentaire. La demi-heure supplémentaire de VAE, au-delà des 45 minutes incluses, passera elle aussi à deux euros. Le pass 24 heures et le pass trois jours électrique n’incluront plus que cinq trajets, au lieu de six, par tranche de 24h. Les autres formules restent inchangées. Des hausses justifiées par le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole par le contexte inflationniste et par la volonté d’assurer un meilleur partage des Vélib’ à assistance électrique, dont l’utilisation intensive reste concentrée sur un faible nombre d’abonnés.
En 2021, Vélib’ avait déjà avait mis fin aux courses illimitées à vélo électrique, pour freiner leur sur utilisation par des livreurs, coûteuse en termes de maintenance.Valérie Chrzavzez

Kevin Speed veut donner un coup d’accélérateur à son projet de TGV omnibus
Profitant de sa réponse à la consultation de l’Autorité de la concurrence sur la libéralisation des marchés du transport de voyageurs, Kevin Speed, la start-up française qui veut lancer en 2026 des TGV omnibus de métropole à métropole pour les trajets du quotidien, affine sa stratégie.
Les coassociés de nouvel outsider du rail, Laurent Fourtune (photo), Claire Bonniol et Jihane Mahmoudi, ont réuni le 7 avril leur conseil stratégique composé d’experts du secteur (1) pour examiner la demande officielle de dessertes faite à SNCF Réseau. « L’urgence sociale en France est celle des villes moyennes, et depuis 40 ans de succès de la grande vitesse ferroviaire, elles n’ont pas bénéficié du développement escompté car les dessertes des gares TGV secondaires sont insuffisantes, argumente Kevin Speed dans un communiqué. Citant l’exemple de Picardie TGV « qui pourrait mieux desservir la boucle de la Somme entre Saint Quentin et Amiens, de Champagne TGV entre Reims et Epernay. Il y a huit gares intermédiaires de ce type à moins de deux heures de Paris », illustre le futur opérateur ferroviaire.
Objectif, signer d’ici à fin 2023 avec le gestionnaire d’infrastructure un accord cadre de répartition des capacités ferroviaires de longue durée : sur 30 ans. Et réussir à convaincre ainsi les investisseurs à financer le projet Kevin Speed (en référence au prénom des années 1990 et qui « correspond à monsieur tout-le-monde », aime expliquer Laurent Fourtune), estimé à un milliard d’euros. Pour recruter et former 150 conducteurs.rices, bâtir les ateliers de maintenance le long des lignes et surtout, acheter la vingtaine de rames à grande vitesse Alstom.
Ces accords cadres de longue durée sont « largement utilisés dans un certain nombre de pays européens voisins (notamment en Espagne, ndlr) pour structurer la capacité de l’infrastructure [mais] faiblement utilisés en France et limités aux services de transport ferroviaire de fret », constate l’Autorité de régulation des transports (ART) qui vient de boucler une consultation publique sur le sujet.
Cela fait plusieurs mois que Kevin Speed cherche à signer avec SNCF Réseau pour se voir garantir des sillons pour les dessertes voyageurs envisagées, « sur toute la durée d’amortissement des trains, soit 30 ans », avait expliqué en début d’année Laurent Fourtune lors d’un « Club » organisé par Ville, Rail & Transports, avec quatre nouveaux entrepreneurs du rail.
Nathalie Arensonas
Composition du conseil stratégique de Kevin Speed : Dominique Bussereau (ex-ministre des Transports), Pierre Cunéo (ex-directeur de cabinet de Guillaume Pepy à la SNCF), François Drouin (Eti Finance), Cyrille du Peloux (ex-pdg de Veolia Transport), Sophie Mougard (ex-présidente du Stif, devenu Ile-de-France Mobilités), Jean-Pierre Trotignon (Getlink), Pascale Roque (dg Hertz France).
