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Pourquoi le téléphérique s’installe dans les grandes villes
Après Brest, Toulouse et Saint-Denis de La Réunion, Île-de-France Mobilités s’apprête à inaugurer cette année son premier téléphérique urbain, « Câble 1 », dans le Val-de-Marne. Un peu avant, en septembre, Ajaccio mettra en service son téléporté « Angelo ». Longtemps cantonné à l’Amérique latine, ce mode de transport connaît un essor en France. Un premier retour d’expérience a été dressé lors de la conférence organisée le 3 juillet par VRT.
Toulouse fait partie du petit club des villes françaises à être dotées d’un téléphérique urbain. L’heure d’un premier retour expérience intéressante pour Patrick Vial, chef de projet chez Tisséo Collectivités. «Téléo transporte environ 1,8 million de passagers par an, soit près de 6 000 voyageurs par jour, avec un objectif à terme de 8 000 lorsque le reste du réseau de transport sera pleinement connecté », rappelle-t-il.
Le taux de disponibilité est supérieur à 99,3 %, parfois même au-delà, alors que le téléphérique fonctionne plus de 7 000 heures par an. Selon Patrick Vial, l’exploitation a dû s’ajuster entre les prévisions et la réalité du terrain : ainsi, les horaires, pensés pour s’aligner sur ceux du métro, avec un service de 5h à 00h30, sont réajustés l’hiver lorsque la fréquentation est moindre, avec une fermeture à 22h30. « Cela permet garder un bon niveau de service pour les usagers tout en réalisant des économies d’énergie. De plus, les périodes de maintenance de nuit sont ainsi un peu plus confortables», souligne le chef de projet.
Côté usagers, le téléphérique obtient le meilleur taux de satisfaction de tous les modes de transport de Tisséo (métro, bus, tram). « Cette satisfaction tient notamment à la présence humaine en station, à un environnement calme et sécurisé (vidéosurveillance, embarquement au sol, bruit minimal), et à une expérience de transport apaisante, loin du stress des autres modes », poursuit-il.
Partage d’expérience pour Téléo
La gestion des incidents repose beaucoup sur la communication : il est crucial d’informer rapidement sur la nature du problème et sur les délais de reprise, même s’ils ne durent jamais moins de trois à quatre minutes.
Pour Patrick Vial, le transport par câble a toute sa place dans les projets interurbains, notamment pour les Services express régionaux métropolitains (SERM). Ne serait-ce que par sa capacité à répondre à l’exigence de rapidité.
Enfin, le téléphérique joue aussi un rôle de vitrine touristique, attirant curieux et visiteurs. Des cabines, qui ont été décorées aux couleurs du Tour de France, à l’occasion de son passage cet été, sont un exemple de valorisation médiatique et d’image positive du câble urbain, estime-t-il.
De fait, le projet toulousain suscite un intérêt croissant de nombreuses métropoles. « Nous recevons une cinquantaine de délégations par an, dont une dizaine de nature politique, avec des élus venus de Bordeaux, Lyon ou Lille par exemple », indique Patrick Vial. Elles s’intéressent au fonctionnement du téléphérique en milieu urbain et à sa particularité d’intégrer une station intermédiaire dans son tracé – une spécificité rare pour ce type d’infrastructure. « Cela les aide à mûrir leur réflexion… ou parfois à se réorienter»
Tisseo a ainsi collaboré avec les projets de Créteil et d’Ajaccio, notamment sur les documents techniques. Ce partage d’expérience ne se limite pas à la France. « L’Allemagne s’intéresse beaucoup au sujet, notamment pour franchir de grands obstacles comme des rivières ou des faisceaux ferroviaires. Nous avons même récemment accueilli une délégation venue de l’île de Bornéo, en Indonésie, qui envisage un téléphérique pour remplacer une portion de ligne de transport traditionnelle ».
Vélocité pour Angelo
Côté Corse, le projet avance. L’un des éléments les plus remarqués du téléphérique urbain d’Ajaccio reste sa rapidité d’exécution. En moins de cinq ans, le projet de câble Angelo aura franchi toutes les étapes clés, depuis l’attribution du marché jusqu’à sa mise en service prévue à l’automne 2025. Et cela malgré les contraintes de l’obtention d’une déclaration d’utilité publique (DUP), notamment en raison du survol de nombreux terrains privés.
Contrairement aux remontées mécaniques alpines, les projets urbains passent obligatoirement par une DUP, une procédure lourde mais déterminante. « Elle permet de donner au maître d’ouvrage la faculté d’exproprier les terrains d’assiette des pylônes et des stations », rappelle Fabien Abinal, gérant du cabinet d’ingénierie Eric qui a travaillé en tant qu’Assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) sur le projet ajaccien. « La stratégie a été de tout préparer en amont, avant même de sélectionner le groupement de conception-réalisation. Nous avons monté les dossiers administratifs, le dossier préliminaire de sécurité, le dossier de DUP… Cela a permis d’anticiper les discussions avec les services de l’État et de gagner un temps précieux», explique-t-il.
Un travail préparatoire complété par une « saine pression des élus », qui a contribué à fluidifier les démarches, et ceci en dépit d’une alternance politique en milieu de projet.
Denis Baud Lavigne, responsable commercial Applications Urbaines de Poma – constructeur retenu pour Angelo -, souligne l’intérêt de s’appuyer sur une organisation resserrée : « Nous avions une équipe constituée avec un architecte pour les permis, une ingénierie intégrée pour toute la partie réglementaire, et une synthèse de tous les documents pour éviter les allers-retours avec les administrations».
Le tracé présente des défis particuliers, survolant à la fois des zones urbaines et des espaces naturels. Denis Baud Lavigne souligne l’importance d’une équipe locale pour répondre à ces enjeux, avec le choix d’architectes et ingénieurs civils corses, « sensibles aux réalités du territoire ». Le système a été conçu pour minimiser l’impact au sol : des stations implantées au plus bas, et des pylônes élevés pour éviter le défrichement tout en respectant les normes incendie.
Des stations au ras du sol pour le Câble 1
L’intégration dans le paysage, beaucoup plus urbain dans le cadre du Câble 1 de Créteil, a constitué également un défi majeur pour ses concepteurs, qui ont opté pour un aménagement des stations en rez-de-chaussée. Les zones dites « d’envol » – où les cabines ralentissent à proximité du sol – sont souvent sécurisées par des barrières. Mais sur la ligne C1, les concepteurs ont su éviter cette rupture. « À partir du moment où les stations sont au rez-de-chaussée, il y a des zones d’envol où il peut y avoir collision. Nous avons donc proposé d’intégrer ces zones à l’aménagement extérieur des stations », explique Lucie Coursaget, architecte associée à l’Atelier Schall, en charge de la conception architecturale et des aménagements urbains des cinq stations, ainsi que du design des cabines et des pylônes. « Les gares sont entièrement végétalisées, accessibles, et sans danger, et ne nécessite pas de clôture. Il y a une vraie continuité urbaine. »
Le C1 traverse quatre communes, et chaque station offre un aménagement spécifique – passerelle piétonne, esplanade, gradins, bassin, etc. – en fonction du tissu urbain. Par exemple, à Valenton, la station fait le lien entre la coulée verte du Val-de-Marne et le centre plus urbanisé : le cheminement végétalisé mène aux quais d’un côté, tandis qu’une esplanade avec gradins et bassin anime l’autre. « Ce qui est au sol appartient au territoire, tandis que l’identité de la ligne se trouve dans le ciel, portée par les pylônes et les cabines qui traversent l’ensemble», souligne l’architecte.
Si l’emprise au sol d’un projet de téléphérique urbain est beaucoup plus légère qu’un projet de tramway, la pose des pylônes oblige toutefois à des prouesses techniques et même logistiques. Bernard Teiller, président de Doppelmayr France, constructeur retenu pour cette ligne, est revenu sur les contraintes inédites du projet. « En montagne, nous disposons de vastes espaces, mais sur le C1, nous avons dû travailler en flux tendu, notamment pour le montage des pylônes. Il fallait que tout s’enchaîne parfaitement : le camion arrivait, parfois de très loin, la grue devait être en place, les moyens humains et les équipements secondaires aussi. Aucun chantier ne permettait de disposer d’une zone de reprise ou de stockage pour la mise en place du suivant. »
L’accessibilité incontournable
Bernard Teillier rappelle que l’accessibilité est une exigence majeure dès la conception du Câble 1. Ainsi la lacune – l’espace entre le quai et la cabine – a été réduite à « quasi zéro ». Les stations ont été conçues de plain-pied, sans escalator ni ascenseur.
Un travail approfondi a également été mené sur les cabines, en lien étroit avec les associations de personnes à mobilité réduite et la Direction ministérielle de l’accessibilité (DMA). Elles ont été aménagées pour permettre aux usagers en fauteuil roulant d’entrer en marche avant, de manœuvrer à l’intérieur et de ressortir facilement. Des banquettes amovibles séparées ont été installées, ainsi qu’un soin particulier apporté au choix des couleurs, aux contrastes visuels et à l’emplacement des poignées.
La vitesse de déplacement en station a été ajustée à quelques centimètres par seconde pour sécuriser l’embarquement sans altérer le débit. Enfin des tests ont été réalisés avec les associations d’usagers PMR sur un site d’essais aux Pays-Bas, non ouvert au public.Lucie Coursaget, explique que tous les voyageurs doivent pouvoir accéder aux stations de la même manière. « Nous avons adopté une échelle proche de celle du tramway, en s’appuyant sur la capacité du système câble à descendre jusqu’au trottoir ».
Daniel Pfeiffer, directeur du STRMTG (Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés), souligne que l’accessibilité est aujourd’hui un impératif pour tous les transports publics, même si l’adaptation des réseaux anciens reste complexe. Il rappelle qu’un guide de référence a été produit sous l’impulsion du Gart et de la délégation ministérielle à l’accessibilité. « Ce référentiel permet de servir de base pour l’accessibilité des projets à venir ».
Pour Denis Baud Lavigne, ce guide a le mérite d’éviter de recommencer une concertation complète à chaque projet puisqu’il garantit aux différentes associations que chaque cas a été pris en compte. Il ajoute que les notions d’accessibilité ont revêtu une importance particulière dans le cadre du projet d’Ajaccio, notamment à la station de Stiletto qui dessert directement un hôpital.
Cette station, bien qu’implantée sur un talus, a pu être conçue avec un accès de plain-pied sur le côté faisant face à l’hôpital. Autre élément décisif : le sens de rotation du câble a été défini en fonction des flux de voyageurs attendus.
La question de l’évacuation d’urgence
L’évacuation en cas de panne est un enjeu critique des transports par câble en ville. « Une évacuation reste extrêmement rare. Mais cela peut arriver. Et dans ce cas, il faut que tout soit parfaitement rôdé », souligne Daniel Pfeiffer.
Contrairement à la montagne, l’évacuation verticale est mal adaptée au contexte urbain, notamment pour les publics fragiles. La stratégie privilégiée repose sur le sauvetage intégré, consistant à ramener les cabines en gare, y compris en cas de défaillance.
La France impose des standards très élevés, alors que d’autres pays européens se contentent souvent d’une évacuation verticale. « Nous allons très loin dans les scénarios, même les moins probables, en demandant que l’évacuation intégrée constitue le mode de sauvetage », précise Daniel Pfeiffer.
Cette solution a été historiquement déployée sur des systèmes bicâbles – des câbles porteurs fixes et un câble tracteur qui tire la cabine -, comme celui de l’Aiguille du Midi, mis en service il y a plus de cinquante ans. « Les systèmes bicâbles, plus complexes et plus coûteux, permettent en général une évacuation intégrée plus facile, notamment parce qu’ils ne nécessitent pas de franchir des pylônes comme en monocâble, où le même câble assure à la fois le portage et la traction. »
La généralisation des monocâbles en zone urbaine a obligé les constructeurs à innover. Bernard Teillier indique que Doppelmayr a commencé à travailler sur le sujet pour le projet du 3S de Coblence, en Allemagne, où un téléphérique urbain franchit une longue portée au-dessus du Rhin et de la Moselle. Mieux valait éviter une évacuation verticale. L’approche repose sur une analyse exhaustive des pannes passées, pour anticiper tous les scénarios possibles et offrir un ensemble de solutions redondantes et automatisées, capables de faire rentrer les cabines en station – même en cas de panne majeure.
Le dirigeant cite plusieurs cas, comme la casse d’un roulement de poulie motrice ou retour : « Dans ce cas le câble ne peut plus tourner. Pour éviter cette situation, nous avons installé un second jeu de roulements. En cas de défaillance, on bascule sur ce système de secours à vitesse lente et on ramène les cabines. »
Le câble peut également dérailler sur un pylône. « C’est un scénario plus rare mais déjà observé. Il n’y a pas de danger direct car des systèmes de rattrape-câble sont en place, mais pour reprendre l’exploitation, il faut réaligner le câble. Des outils spécifiques, scellés et dédiés, permettent cette remise en ligne. » Et si, malgré tout, la récupération intégrée échouait sur le C1, un plan B est prévu : « Dans ce cas extrême, l’évacuation verticale serait réalisée par des équipes spécialisées, comme le GRIMP (Groupement d’Intervention en Milieu Périlleux) de la BSPP à Paris, formé à ce type d’intervention. »Un groupe de travail européen, rassemblant les pays de l’Arc alpin et piloté par la France à travers le STRMTG est d’ailleurs en train d’élaborer un guide de référence sur la récupération intégrée, avec le concours des constructeurs.
Autre hantise pour le câble en milieu urbain, la menace d’un incendie. « Le vrai sujet, ce n’est pas un feu interne au système, mais bien un foyer externe — par exemple un camion-citerne en feu sous la ligne. Si une cabine passe rapidement au-dessus d’un foyer, il n’y a pas de danger immédiat. Le vrai risque, c’est l’immobilisation », explique Bernard Teillier. Le monocâble utilisé sur le C1 est capable de fonctionner en mode « marche incendie », un dispositif prévu pour maintenir le mouvement du câble sans interruption. Un système de caméras thermiques, installées tout au long du tracé, permet de détecter les départs de feu et d’activer automatiquement ce mode de secours. Ce protocole a nécessité deux années d’étude approfondie, en lien avec un cabinet spécialisé en risques incendie.
Mais ce niveau de résilience n’est pas aussi facilement atteignable avec une technologie bicâble, où les câbles porteurs sont fixes et difficile à faire bouger en cas d’urgence. Dès lors, les lignes bicâbles doivent être tracées à bonne distance de toute voirie à risque, limitant leur déploiement en zone urbaine dense. « Si un câble fixe est exposé à un feu intense, il peut casser au-delà de 500°C. Il faut alors analyser l’impact au sol », ajoute Daniel Pfeiffer. Le STRMTG a travaillé sur une norme anti-incendie, adoptée en 2018. Cette norme donne la priorité à l’évacuation en mouvement, même si cela implique de court-circuiter certains automatismes de sécurité, tout en imposant un choix rigoureux de matériaux ininflammables dans les véhicules et les gares et surtout, l’obligation de mener des études de risques localisées.
Plus de souplesse pour la maintenance
Autre enjeu : assurer la fiabilité du système sans multiplier des interruptions trop longues de maintenance. Les autorités ont ouvert la voie à plus de flexibilité, qui s’éloigne d’un certain nombre de révisions périodiques très strictes, parfois lourdes, comme des démontages complets. « Nous acceptons désormais de suivre la notice du constructeur, qui peut proposer une maintenance plus espacée ou différente», indique Daniel Pfeffer.
Cette évolution permet d’envisager une maintenance continue ou nocturne, pour éviter les interruptions complètes. « À Toulouse, des objectifs précis ont été fixés pour une maintenance en période courte ou la nuit. Les arrêts annuels tournent autour de deux semaines », précise ainsi Fabien Abinal, dont le cabinet d’ingénierie accompagne les collectivités de Brest et Toulouse.
Il ajoute que le soutien technique à l’exploitation et à la maintenance est un facteur clé de réussite pour les nouveaux systèmes câblés urbains, et ceci dès la conception du projet. « Cela implique d’intégrer dès le début des exigences performancielles claires dans les contrats, comme la tenue au vent, la disponibilité ou encore la durée annuelle d’interruption ».
L’approche du cabinet Eric consiste à proposer un accompagnement renforcé au démarrage, puis progressivement allégé afin que les opérateurs puissent gagner en autonomie. Denis Baud Lavigne acquiesce. Il rappelle que la majorité des appels d’offres suivent actuellement le modèle du marché global de performance, combinant conception, réalisation, exploitation et maintenance. « Chez Poma, nous avons su nous adapter : notre groupe compte aujourd’hui 1 500 personnes dédiées à l’exploitation-maintenance, contre 1 300 pour la conception-réalisation. Cela reflète l’évolution de notre activité, surtout en milieu urbain ».
Conclusion, selon lui, l’un des grands avantages du câble urbain reste l’unité du projet : un seul groupement assure tout, des fondations à la mise en service. Cela garantit un coût global maîtrisé et un interlocuteur unique pour le maître d’ouvrage – un atout majeur comparé aux projets multi-lots.
Pourquoi le téléphérique s’installe dans les grandes villes
Après Brest, Toulouse et Saint-Denis de La Réunion, Île-de-France Mobilités s’apprête à inaugurer cette année son premier téléphérique urbain, « Câble 1 », dans le Val-de-Marne. Un peu avant, en septembre, Ajaccio mettra en service son téléporté « Angelo ». Longtemps cantonné à l’Amérique latine, ce mode de transport connaît un essor en France. Un premier retour d’expérience a été dressé lors de la conférence organisée le 3 juillet par VRT.
Les étapes clés de l’ingénierie
Fabien Abinal, gérant du cabinet Eric, spécialisé dans le domaine de l’ingénierie du transport par câble, rappelle le rôle de l’ingénierie dans chaque étape du développement des projets, de la phase de conception jusqu’à l’exploitation. Lors d’une phase clé, la maturation du projet, l’ingénieriste travaille aux côtés du maître d’ouvrage pour optimiser le tracé, en limiter les impacts et en garantir la pertinence technique et urbaine. Vient ensuite l’étape des autorisations, jugée particulièrement lourde mais essentielle. Elle comprend les concertations publiques, les enquêtes environnementales et les procédures de sécurité
La question des servitudes de survol est souvent perçue comme un obstacle. Fabien Abinal rappelle l’évolution favorable du cadre réglementaire : « Depuis 2016, le code des transports permet l’instauration de servitudes de survol en milieu urbain, à condition de respecter certaines distances par rapport aux bâtiments et de justifier l’utilité publique du projet. »
Enfin, les phases opérationnelles nécessitent des outils et compétences pointues pour répondre aux exigences de sécurité et s’assurer que la réalisation reste conforme aux autorisations délivrées.
Dans un an, à l’ombre des panneaux, les parkings prendront le virage de la transition énergétique !
Ondine Prévoteau, avocate associée, Bignon Lebray
Un périmètre d’application ciblé
Le principe est clairement énoncé par l’article 40 de la loi : l’installation d’ombrières photovoltaïques sur plus de 50% de la superficie des parkings extérieurs de plus de 1 500 m² est obligatoire. A cet égard, il apparait utile de rappeler que les définitions officielles de l’ombrière photovoltaïque (JORF n°0095 du 22 avril 2023 – article 106 et JORF n°0235 du 8 octobre 2021 – texte n°8) imposent une double fonction : procurer de l’ombre et produire de l’énergie électrique, mais également une structure surélevée.
L’obligation concerne tous les parkings, qu’ils soient attenants à des bâtiments commerciaux, industriels, administratifs, tertiaires, ou résidentiels, gérés en copropriété ou par des bailleurs institutionnels, dès lors que leur surface dépasse 1 500 m². Au-delà de ce principe très clair, les modalités de mise en œuvre apparaissent plus complexes.
S’agissant des modalités de détermination des seuils, il faut tenir compte des emplacements destinés au stationnement des véhicules et de leurs remorques, lorsqu’ils sont situés en dehors de la voie publique, mais au sein d’un périmètre compris entre la/les entrée(s) et la/les sortie(s) du parc mais également des voies de circulation, aménagements et zones de péage permettant l’accès à ces emplacements.
En revanche, sont exclus de la surface les espaces verts, de repos, zones de stockage, zones logistiques ou de manutention, ainsi que les zones affectées aux véhicules transportant des marchandises dangereuses ou celles situées à proximité d’une ICPE.
Des dérogations possibles mais encadrées
Les décrets n°2023-1193 du 20 décembre 2023 et n°2024-1023 du 13 novembre 2024 détaillent les exceptions ou dérogations à l’obligation, soit pour l’exonérer purement et simplement, soit pour moduler le seuil de 50 % de la surface à couvrir.
À cet égard, les contraintes techniques, de sécurité, architecturales, patrimoniales ou environnementales peuvent permettre une exonération ou un ajustement notamment en cas d’incompatibilité avec des règles d’urbanisme locales, de parcs déjà ombragés ou équipés de procédé de production d’énergie renouvelable, ou encore destinés à être détruits ou transformés.
La non-rentabilité économique peut constituer une dérogation, mais sera appréciée selon des critères objectifs : coûts d’installation, temps de retour sur investissement, tarifs de rachat, contraintes d’exploitation.
Ces exceptions ou dérogations ne sont pas automatiques. Une demande doit être adressée au Préfet, ou être faite via une demande d’autorisation d’urbanisme. En effet, les ombrières restent soumises aux règles d’urbanisme locales, et peuvent nécessiter, selon le projet, un permis de construire ou une déclaration préalable.
Un calendrier contraint et des sanctions élevées
Les parkings existants au 1er juillet 2023 devront être équipés avant le 1er juillet 2026 si leur surface est supérieure ou égale à 10 000 m², ou avant le 1er juillet 2028 pour les autres. Les nouveaux parkings doivent intégrer l’équipement dès la conception. Ces délais ont été anticipés au 10 mars 2023 pour les nouveaux parkings gérés en concession ou en délégation de service public.
Une adaptation du calendrier peut être sollicitée auprès du Préfet, mais ne sera recevable qu’en cas de retard indépendant de la volonté du gestionnaire du parc (par exemple un prestataire défaillant alors qu’un contrat a été dûment signé).
Les manquements sont sanctionnés par une amende dont le montant sera « proportionné à la gravité du manquement » et donc soumis à l’arbitraire de l’autorité ou d’un tribunal, avec toutefois un plafond de 40 000 € si le parc est de plus de 10 000 m² et de 20 000 € en deçà. Cette sanction s’entend par année jusqu’à la mise en conformité.
Des enjeux multiples pour les acteurs de l’immobilier
L’équipement en ombrières impacte la manière dont il faudra gérer et valoriser les actifs immobiliers. Pour les propriétaires, elle représente une opportunité de valorisation énergétique et une source potentielle de revenus. Elle implique une évaluation du foncier non plus uniquement selon des critères d’usage ou de rentabilité locative, mais aussi en termes de potentiel de production d’énergie. Elle nécessite une gestion plus technique, incluant la maintenance des installations.
Pour les promoteurs et aménageurs, elle implique une intégration dès la phase de conception architecturale et de dépôt de permis. Les contraintes d’orientation, de surface, d’ombrage, de fondations et de raccordement doivent être intégrées très tôt.
Les bailleurs devront intégrer cet investissement dans leur plan de rénovation ou de maintenance. Ils devront budgétiser cette dépense comme une ligne de travaux obligatoires à moyen terme et l’intégrer aux plans pluriannuels de travaux.
Les ombrières ne sont cependant pas qu’une contrainte : elles peuvent générer des recettes ou réduire les charges d’exploitation (revente d’électricité, autoconsommation) et sont un beau vecteur de valorisation d’image des actifs de nature à influencer l’attractivité commerciale d’un site.
Enfin, des enjeux juridiques sont à prévoir au regard des droits au sol, servitudes et baux commerciaux : qui possède le droit d’exploiter la toiture de l’ombrière, quelle servitude ou convention signer pour permettre le raccordement, la maintenance ou la vente d’électricité, comment répartir les charges ou les recettes si le site est occupé par plusieurs locataires commerciaux. Les baux notamment devront être mis à jour et des conventions d’occupation temporaire ou de mise à disposition peuvent être nécessaires.

Quels contrôles après l’accident du funiculaire de Lisbonne
Il faudra encore attendre pour connaître les raisons de l’accident du funiculaire de Lisbonne, qui a causé la mort le 3 septembre de 16 personnes. Les premiers éléments relevés par le Bureau d’enquête sur les accidents aériens et ferroviaires portugais évoquaient, quelques jours après, une rupture du câble reliant les deux cabines, celle qui descend faisant mécaniquement avancer celle qui monte. Lors de l’accident, la cabine qui allait monter a reculé de quelques mètres, tandis que la cabine qui devait descendre est partie à la dérive, sans que le système de freinage ne puisse l’arrêter. Elle a déraillé, puis s’est renversée, s’écrasant contre un bâtiment.
« L’inspection visuelle programmée, réalisée le matin du jour de l’accident, n’avait détecté aucune anomalie sur le câble », indique le bureau d’enquête. En France, où plus d’une vingtaine de funiculaires de tous types fonctionnent, (en ville mais aussi en montagne ou sur des sites industriels), il n’existe pas de système comparable à celui du funiculaire de la Gloria, selon le STRMTG (service technique des remontées mécaniques et des transports guidés).
Un scénario envisagé… et redouté
Mais la rupture d’un câble est un scénario envisagé… et redouté. Ce scénario est envisagé dès la conception d’un funiculaire, explique Gaëtan Rioult, chef du département Installations de transport par câble au STRMTG. « C’est le rôle du frein de voie qui doit permettre de freiner et d’immobiliser le véhicule ».
Le frein de voie doit empêcher deux autres situations problématiques : si le véhicule inverse son sens de marche et s’il connaît une situation de survitesse. Sur tous les funiculaires, le frein de voie se met alors en place automatiquement. Et l’agent à bord peut aussi l’actionner manuellement.
La vérification du bon fonctionnement des freins de voie est obligatoire une fois par an. « Des essais sont réalisés dans des conditions supposées les pires pour s’assurer que cela conduit à l’arrêt du véhicule. La limite de cette vérification, c’est que le câble est bien relié au véhicule, ce qui n’était plus le cas à Lisbonne », souligne Gaëtan Rioult. Il est donc nécessaire d’interpréter le résultat des essais, éventuellement avec des calculs complémentaires, pour vérifier que le frein de voie a l’efficacité requise.
La charge de ces contrôles revient à l’exploitant qui doit faire appel à un technicien d’inspection annuel (TIA) agréé par le STRMTG. Les câbles doivent également être vérifiés une fois par an par des sociétés de contrôle agréées, auxquels s’ajoutent les contrôles tout au long de l’année par l’exploitant lui-même. « Le funiculaire reste un système de transport sûr« , conclut l’expert.

Quand l’A13 se ferme, les comportements s’ouvrent : évaporation de trafic et report modal
Léa Wester, directrice associée de 6t ; Nicolas Louvet, fondateur et directeur de 6t ; Mathieu Chassignet, Ingénieur mobilités durables à l’ADEME
Une perturbation exceptionnelle
Le vendredi 19 avril 2024, une fissure dans la chaussée a entraîné la fermeture soudaine de l’autoroute A13 entre Vaucresson et Saint-Cloud, à l’ouest de Paris. Survenant à la veille d’un week-end de trois jours, et en fin de vacances scolaires, cet incident a brutalement perturbé les déplacements de milliers d’automobilistes. Restée totalement inaccessible pendant trois semaines, l’autoroute n’a rouvert que partiellement, sur une seule voie et dans un seul sens, avant un retour complet à la normale le 24 juin. Pendant plus de deux mois, la circulation a donc été fortement restreinte sur un axe qui supporte habituellement entre 100 000 et 120 000 véhicules par jour. Comment les usagers se sont-ils adaptés à cette situation inédite ? Quels enseignements tirer de cette mise à l’épreuve des comportements de mobilité ?
La fermeture de l’A13 constitue une situation rare et structurante, offrant une opportunité unique d’observer en conditions réelles les capacités d’adaptation des automobilistes. Ce type d’événement, bien qu’indésirable, agit comme un révélateur puissant des comportements de mobilité face à une contrainte soudaine. Il met en lumière les dynamiques de réorganisation, de renoncement et de changement de pratiques modales qui ne se manifestent que difficilement en période ordinaire.
Dans ce contexte, l’ADEME a souhaité approfondir la compréhension de ces mécanismes en mandatant 6t-bureau de recherche pour conduire une analyse des effets de cette fermeture sur les comportements de déplacement (ADEME, 2025). L’objectif : aller au-delà du simple constat de baisse de trafic pour identifier, qualifier et quantifier les logiques qui sous-tendent l’évaporation du trafic.
Historiquement, ce phénomène a déjà été observé dans d’autres contextes exceptionnels, comme l’incendie du pont Mathilde à Rouen en 2012, qui avait entraîné une diminution de 20 % du trafic automobile en centre-ville. D’autres événements – travaux, accidents, éboulements – ont également montré la possibilité d’une réduction effective du trafic (Hosotte, 2022).
Ce travail s’est distingué par la mobilisation d’une méthode originale et complémentaire, articulant :
-
une analyse de données GPS, réalisée par Hove, permettant de mesurer finement les volumes, les temporalités et la redistribution spatiale des flux ;
-
une enquête quantitative menée auprès de 500 usagers de l’A13, apportant un éclairage qualitatif sur les arbitrages effectués, les motifs de renoncement ou les changements modaux observés.
Face à une fermeture d’infrastructure comme celle de l’A13, plusieurs stratégies sont possibles : maintenir ses déplacements en adaptant son itinéraire ou sa destination ; ou bien changer de mode de transport, voire renoncer au déplacement. Ces deux dernières stratégies conduisent à une évaporation mesurable du trafic automobile, phénomène ignoré dans les modèles de prévision traditionnels (Héran, 2021).
En révélant ces ajustements, l’étude apporte des connaissances nouvelles sur la plasticité des comportements face à des perturbations majeures. Elle interroge également la durabilité de certains changements observés, et les conditions à réunir pour qu’un report modal ponctuel puisse devenir un choix pérenne.

Des stratégies contrastées
La majorité des personnes interrogées (61 %) a fait le choix de rester en voiture, en modifiant principalement son itinéraire. Ce maintien de l’usage de la voiture s’est traduit par un report spatial des flux sur les grands axes, qui ont su les absorber sans difficulté. Si des points de surcharge ont été localement observés — notamment sur certaines intersections et dans le centre de certaines villes — la congestion est restée limitée et non généralisée.
Le maintien de l’usage de la voiture ne s’explique que marginalement par une absence d’alternatives en transports en commun : 8 % des répondants considèrent qu’ils n’ont pas emprunté les transports en commun pour cette raison. Les principales raisons avancées sont le confort et la fiabilité perçus de la voiture, jugés supérieurs malgré l’incertitude liée à la fermeture de l’autoroute. Ce choix a même conduit certains à réorganiser leur emploi du temps, avec une anticipation des départs matinaux (+6 % de déplacements entre 7h et 8h).
Pour autant, une part significative des usagers — 39 % — a principalement décidé de laisser sa voiture de côté, marquant une réorganisation de ses pratiques de mobilité diminuant l’usage de la voiture (sans le supprimer totalement). Dans un contexte de perturbation exceptionnelle, cette évolution traduit une capacité d’adaptation non négligeable d’une partie des automobilistes, prête à s’orienter vers d’autres solutions de déplacement.
Renoncement et report modal
33 % des personnes interrogées ont choisi de renoncer à leurs déplacements, notamment pour le travail ainsi que des activités de loisirs ou non essentielles. Ces renoncements se sont traduits par un recours accru au télétravail ou l’annulation de sorties et de visites. À l’inverse, les déplacements contraints — comme les courses, les rendez-vous médicaux ou administratifs — ont été globalement maintenus, parfois au prix d’un réaménagement des horaires. Cette adaptation sélective a contribué à une baisse globale du trafic sans interruption massive de la vie quotidienne.
En parallèle, 6 % des répondants ont opté pour les transports en commun. Ce chiffre, en apparence modeste, révèle pourtant un impact comportemental fort. Sans mesure incitative particulière, la fermeture de l’A13 a ainsi entraîné plusieurs milliers de trajets évités en voiture au profit des transports en commun.
Ce constat met en évidence un potentiel d’action sous-exploité : les perturbations exceptionnelles agissent comme des catalyseurs temporaires de changement, en contraignant les usagers à tester des alternatives qu’ils n’auraient pas envisagées spontanément. Les politiques publiques gagneraient à systématiser l’accompagnement de ce type d’événement pour transformer ces adaptations contraintes en leviers d’apprentissage, voire de pérennisation du report modal.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de gérer la perturbation, mais aussi d’en faire un temps d’accélération de la transition des mobilités.
Il est néanmoins important de noter que plus de 80 % des personnes ayant basculé vers les transports en commun les utilisaient déjà régulièrement. Cela souligne que la capacité à changer de mode repose avant tout sur une familiarité préalable. Ce sont les usagers ayant déjà utilisé l’offre de transports collectifs qui ont le plus facilement intégré cette solution, la jugeant suffisamment fiable, confortable et praticable. Cette dynamique confirme un enseignement central : l’usage influence l’image. Pour favoriser des transitions modales durables, il est donc essentiel d’exposer les usagers à ces alternatives en amont, bien avant qu’ils ne soient contraints d’y recourir.
Ces évolutions combinées — renoncement partiel, réaménagements horaires, changements de mode — ont conduit à une évaporation réelle du trafic, évaluée entre 6 % et 16 %. Et cela, sans politique incitative active. Peu de politiques publiques peuvent aujourd’hui revendiquer un tel impact sur les comportements de mobilité en si peu de temps.
Transformer la contrainte en levier : accompagner les transitions en temps de crise
Les perturbations majeures, comme la fermeture de l’A13, contraignent temporairement les usagers à réorganiser leurs pratiques de mobilité. Ces ajustements, bien que subis, peuvent entraîner des effets significatifs sur le trafic, comme l’a montré l’évaporation observée dans cette situation.
Si le renoncement au déplacement a représenté une part importante des réponses à court terme, il ne constitue ni une solution souhaitable individuellement, ni une option soutenable collectivement. En revanche, la réorganisation des emplois du temps, et surtout le basculement vers des modes alternatifs, offrent des pistes d’action plus pérennes.
Le report vers les transports en commun, bien que limité dans cette enquête, témoigne d’un potentiel activable, à condition de réunir plusieurs leviers : disponibilité de l’offre, bien sûr, mais aussi perception positive du confort, de la fiabilité et de la praticité. C’est à cette condition que les transports collectifs peuvent apparaître comme une véritable alternative à la voiture individuelle.
Ce constat met en lumière un potentiel d’action encore largement sous-exploité : les perturbations exceptionnelles peuvent agir comme des catalyseurs de changement, en forçant temporairement les usagers à expérimenter des alternatives qu’ils n’auraient pas envisagées spontanément. Dès lors, les politiques publiques gagneraient à ne plus considérer ces événements comme de simples incidents à gérer, mais comme des leviers d’apprentissage. En accompagnant activement ces moments (information, adaptation temporaire de l’offre, incitations ciblées, etc.), il devient possible de transformer des ajustements ponctuels en transitions durables.
Autrement dit, ces événements peuvent devenir des temps d’accélération de la transition des mobilités.
Dans un contexte où les infrastructures routières sont de plus en plus exposées aux aléas climatiques et techniques, intégrer cette logique d’accompagnement aux plans de gestion devient indispensable. Penser différemment la gestion des perturbations routières — non plus comme de simples interruptions à réparer, mais comme des opportunités de transformation des pratiques de déplacement — ouvre une voie nouvelle pour une mobilité plus durable.
Et finalement, comme le dit Frédéric Héran, « supprimer des autoroutes peut réduire les embouteillages » (Héran, 2021).
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Jérôme Durain prend les commandes de la Bourgogne-Franche-Comté
Marie-Guite Dufay passe la main après sept ans à la tête de la région Franche-Comté, puis dix à la présidence de la Bourgogne-Franche-Comté. L’élue socialiste démissionnaire, 76 ans, quitte donc prématurément (trois ans avant) son poste comme elle l’avait annoncé en juin dernier.
Jérôme Durain la remplace après son élection le 5 septembre. Sénateur socialiste de Saône-et-Loire depuis 2014, âgé de 56 ans, il était entré en 2010 au Conseil régional et a fait parler de lui récemment pour avoir co-écrit la loi « pour sortir du piège du narcotrafic ». Il s’est fait aussi fait connaître « pour son engagement en faveur du développement équilibré des territoires, de la transition écologique et de l’innovation publique« , précise de son côté Régions de France dans un communiqué.
Régions de France : un nouveau conseiller transports
Gabin Gautereaud, ancien collaborateur parlementaire de Franck Dhersin, sénateur du Nord (Union Centriste), vient de prendre ses fonctions de conseiller transports de l’association Régions de France. Il remplace David Herrgott qui occupe désormais le poste de directeur des services de transport au sein du pôle mobilités, infrastructures et ports de la région Hauts-de-France.
Diplômé de Sciences Po Bordeaux et de l’Université de Stuttgart, Gabin Gautereaud a débuté comme collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale. En 2021, il intègre le pôle affaires publiques et diplomatiques de CMA CGM, à Marseille, puis rejoint au Sénat, Jean-François Longeot, président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, autour des questions de transition écologique et de mobilité.

Nouvelle-Zélande : Wellington achète 18 rames électriques à Alstom
Alstom a annoncé le 8 septembre avoir remporté un contrat auprès du Conseil régional du Grand Wellington pour la conception et la fabrication de 18 rames électriques à batterie (BEMU) composées chacune de cinq voitures Adessia Stream B. Les rames, déclinaison de la plate-forme de trains périurbains Adessia, seront construites en Inde, sur le site Alstom de Savli. Aptes à 120 km/h, elles pourront transporter 475 passagers.Elles remplaceront les rames diesels existantes qui doivent être retirées du service en 2028 et 2029. Elles permettront de réduire les émissions sur les segments non électrifiés du réseau de Wellington, les lignes de Wairarapa et de Manawatu.Le contrat, de quelque 538 millions d’euros, comprend également la maintenance des rames pendant 35 ans. Alstom exploitera à cet effet le centre de maintenance spécialement construit par le Conseil régional du Grand Wellington à Masterton.
Keolis obtient l’exploitation d’un nouveau métro en Inde
Keolis a annoncé le 8 septembre avoir obtenu, auprès du consortium PITCMRI (constitué de Tata et Siemens), le contrat d’exploitation durant dix ans de la future ligne 3 du métro de Pune, situé au sud ouest de Mumbai en Inde.
Cette ligne, en construction, s’étendra sur 23 km pour desservir 23 stations. « PITCMRL est le concessionnaire d’un projet de métro en partenariat public-privé (PPP) pour une durée de 35 ans », rappelle Keolis en précisant que, sur la ligne 3 (la troisième du réseau de métro de Pune), les rames seront conduites exclusivement par des femmes. Environ 100 conductrices vont ainsi être recrutées et formées.
L’opérateur français de transport public est déjà présent dans le pays où il exploite depuis 2017 le métro d’Hyderabad.

Encore une mission sur le financement des petites lignes
Le ministère des Transports a annoncé le 8 septembre le lancement d’une mission sur la « modernisation du modèle de financement des petites lignes ferroviaires ». Elle est confiée à l’expérimenté préfet François Philizot qui a déjà mené par le passé deux missions sur le même thème.
Cette nouvelle mission a pour objectif « de mettre à jour le diagnostic et les conclusions des rapports de 2018 et 2020″, indique dans un communiqué le ministère. Dans le contexte budgétaire actuel et après la conférence de financement qui s’est tenu de mai à juillet, « l’enjeu est bien de se doter, d’ici la fin de l’année, d’une vision actualisée du partage des responsabilités en matière de gestion des petites lignes afin de se donner collectivement les moyens de renforcer la vitalité des territoires qu’elles traversent et d’y développer une mobilité adaptée à leurs enjeux », explique le communiqué.

Lancement du nouveau SRU Bretagne Mobilités
Un nouveau syndicat mixte SRU Bretagne Mobilités a été créé le 4 septembre. Michaël Quernez, premier vice-président de la Bretagne, a été élu à sa tête. Nicolas Paranthoën, qui avait été nommé en avril dernier pour préfigurer l’instance, est nommé directeur général.
« Bretagne Mobilités est le nouvel outil de coopération et de coordination en matière de transports du quotidien des 55 autorités organisatrices de la mobilité (AOM) qui le composent« , indiquent ses promoteurs dans un communiqué. Ses domaines d’intervention vont porter sur la coopération en matière de services de transport, l’interopérabilité billettique et le système d’information multimodale KorriGo, la mise en place de tarifications multimodales ainsi que des titres de transports uniques ou unifiés.