Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Keolis conserve le réseau de Blois

    Keolis conserve le réseau de Blois

    La Communauté d’agglomération de Blois (couvrant 42 communes en plus de la ville de Blois, soit 110 000 habitants), qui s’appelle Agglopolys, a décidé mi-novembre de renouveler pour huit ans le contrat de Keolis pour l’exploitation et la maintenance de son réseau de transport public, Azalys.

    Le nouveau contrat, qui générera 100 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé, doit commencer le 1er janvier. « Il s’accompagnera de la refonte du réseau prévue le 1er septembre 2021 », précise dans un communiqué la filiale de transport public de la SNCF.

    Actuellement structuré autour de sept lignes de bus principales et d’une navette électrique desservant le centre-ville, le réseau va être amélioré pour mieux répondre aux besoins de mobilité sur les principaux points d’intérêt de la ville, culturels, sportifs et économiques. Il est ainsi prévu d’accroître la fréquence de la ligne de bus « des salariés » et de renforcer l’amplitude horaire le soir et le dimanche.

    L’offre de transport interurbain va aussi être améliorée, ce qui passe notamment par la refonte du transport à la demande. Enfin, le renouvellement intégral de la flotte de la ligne la plus fréquentée du réseau est aussi au programme, avec l’intégration de six bus 100 % électriques.

    4,4 millions de voyages sont attendus en moyenne annuelle sur ce réseau qui a enregistré une hausse de la fréquentation de 38 % depuis 2013.

  • Une nouvelle gare mezzanine pour Nantes

    Une nouvelle gare mezzanine pour Nantes

    Après trois années de travaux, la nouvelle gare de Nantes a été ouverte au public le 20 novembre. L’ancien bâtiment était devenu trop petit. La nouvelle structure est une mezzanine aux allures de vaste pont couvert et vitré qui mesure 160 mètres de long et 25 m de large.

    Installée à 10 mètres au-dessus des voies, elle est accessible par huit ascenseurs et 12 escaliers mécaniques qui la connectent aux quais et aux parvis sud et nord. Elle repose sur 18 solides piliers en béton en forme d’arbre, qui partent des quais et se poursuivent à l’intérieur du bâtiment et même à l’extérieur sous l’aspect d’une treille, selon l’idée de l’architecte Rudy Ricciotti qui a aussi dessiné le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) à Marseille.

    La gare de Nantes avait besoin de s’agrandir pour accueillir un trafic qui devrait être de l’ordre de 25 millions de voyageurs à l’horizon 2030, soit presque le double de la fréquentation actuelle : on comptait près de 12 millions de voyageurs ayant emprunté les trains en 2018 et quelque 17 millions de personnes y transitant pour ses services et ses commerces. Car la « rue suspendue » comme la nomme son architecte, compte des restaurants, des commerces, deux supérettes, une pharmacie.

    Elle permet aussi de se rendre au sud, vers le nouveau quartier d’affaires Euronantes, ou au nord vers la ville historique et le jardin des plantes. La gare remplit ainsi sa fonction de lien urbain qui offre une vue, non seulement sur les trains, mais aussi sur la ville et ses monuments : la cathédrale, le château des ducs de Bretagne, la tour Bretagne, ou la tour Lu.

    La gare de Nantes – la sixième plus fréquentée de France (hors Île-de-France) et la première des Pays de la Loire – est desservie par plus de 220 trains en moyenne par jour, dont 60 TGV. Mais dans les 10 ans à venir, la Région souhaite augmenter l’offre du réseau TER de 65 %, en renforçant les dessertes périurbaines, le maillage régional et intervilles.

    Enfin, au sud, une nouvelle gare routière verra le jour en d’ici à 2025, à l’issue d’une deuxième phase de travaux, au sein du pôle d’échange multimodal. Adossée et directement reliée à la gare ferroviaire, elle sera dotée de 15 quais pour accueillir une vingtaine de lignes régionales du réseau de transport public Aléop, celles des compagnies privées, ainsi que la navette aéroport et la dépose des taxis sous la mezzanine.

    Yann Goubin
  • Katayoune Panahi, future directrice de l’immobilier de la SNCF

    Katayoune Panahi, future directrice de l’immobilier de la SNCF

    Katayoune Panahi prendra la direction de l’immobilier du groupe SNCF à partir du 1er février et intègrera le Comex. Elle sera directement rattachée à Laurent Trévisani, le directeur général délégué chargé de la Stratégie et des Finances.

    Cette ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts était, depuis octobre 2013, la directrice générale des services du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Auparavant, elle était directrice générale de l’Etablissement public de gestion des affaires de La Défense (Epadesa). Elle a aussi été, entre autres, en 2008, conseillère  chargée des infrastructures de transports au cabinet du ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance de l’économie. Dans ce cadre, elle avait alors piloté le financement des opérations d’infrastructures de transport et de renouvellement du matériel roulant de la SNCF et de la RATP.

  • Ce qui va changer pour la gare du Nord

    Ce qui va changer pour la gare du Nord

    Après des mois et des mois de controverses sur la transformation de la gare du Nord, la SNCF et la ville de Paris ont enterré la hache de  guerre : il faut bien sûr transformer la plus grande gare d’Europe qui voit transiter plus de 700 000 voyageurs par jour (hors période Covid) et s’attend à en accueillir 200 000 de plus à l’horizon 2030, mais pas n’importe comment, a affirmé Anne Hidalgo, en présentant le 23 novembre l’accord auquel sont parvenus l’Hôtel de Ville et la SNCF.

    Les principaux points qui cristallisaient les contestations ont été amendés. Ainsi, le projet d’agrandissement et de rehaussement de la gare (avec une surface commerciale passant de 5000 à 18 000 m2) été « dédensifié« , souligne la maire de Paris. Il a été décidé de réduire d’environ 7.500m2 les surfaces de commerces et de services, en supprimant un étage et demi au nouveau bâtiment, soit 12 mètres de hauteur en moins.

    Des bureaux et une salle de spectacle en moins

    Mais ce sont essentiellement des bureaux et une salle de spectacle qui sont abandonnés alors que les opposants s’indignaient de la transformation de la gare du Nord en centre commercial (en savoir plus : ici )Pour la SNCF, il n’était pas question de renoncer à un modèle économique, qui permet de faire payer aux commerces (via les loyers perçus) la rénovation de ses gares. SNCF Gares & Connexion a renoncé aux espaces de bureaux prévus dans l’immeuble situé 112 rue de Maubeuge d’une surface 7.100m2 « La Police Régionale des transports et/ou le Centre de commande unifié des RER B et D pourraient s’y installer« , explique Marlène Dolveck, sa directrice générale.

    Ces réaménagements ont permis de récupérer 1700 m2 pour le parc qui sera implanté dans le toit de la gare. Ce parc paysager, qui était déjà prévu et sera accessible à tous, s’étendra donc sur 1,17 ha au lieu d’un hectare initialement.

    Dans la gare elle-même, les voyageurs du quotidien ne seront pas obligés de passer devant les espaces commerciaux pour rejoindre leurs trains, comme le prévoyait initialement le projet. C’était aussi l’une des critiques des opposants. « Il n’y aura pas d’allongement des temps de parcours pour les voyageurs« , garantit Marlène Dolveck. SNCF Gares & Connexions renonce donc à la séparation des flux départs et arrivées pour les RER, Transilien et TER qui bénéficieront d’accès directs aux voies. Mais pas pour les grandes lignes : ces voyageurs devront emprunter des passerelles. « De nouvelles circulations verticales seront créées pour faciliter les flux, en particulier pour les voyageurs quotidiens, de la mezzanine banlieue vers le plateau des voies Transilien« , précisent la SNCF et la Ville.

    3000 places de stationnement pour les vélos

    Le parvis de la gare va devenir un espace réservé aux piétons et aux vélos. Gares & Connexions va y construire 3.000 places de stationnement vélos sécurisées (1200 étaient prévus). La Ville va en installer 3000 de plus aux abords de la gare, indique Gares & Connexions. Les taxis et VTC seront de leur côté accueillis à l’avenir dans le parking souterrain concédé à Effia, où des espaces seront aménagés. 200 places pour les deux roues motorisés seront aussi réalisés. 10 millions vont être engagées sur le parking Effia.

    Enfin, SNCF Gares & Connexions s’engage à examiner d’ici à juin 2021 la réalisation, en collaboration avec la Ville de Paris, d’une passerelle entre le boulevard de la Chapelle et le nouveau bâtiment attenant à la gare. Une étude de faisabilité devrait très vite être lancée. Envisagée de longue date mais compliquée techniquement à édifier, cette passerelle permettra d’ouvrir la gare vers le 18e arrondissement, soulignent les élus parisiens.

    « On avait besoin de faire ces travaux. Tout le monde en était convaincu. Notamment pour les JO« , commente de son côté Jean-Pierre Farandou, le PDG du groupe SNCF, dont le mandat a commencé alors que les tensions autour du projet étaient déjà très fortes.

    Un impact important sur les délais et les coûts

    Avec ces réaménagements et le temps perdu en discussions, le coût du projet, initialement estimé à 600 millions d’euros va inévitablement s’alourdir. Selon les Echos, il tournerait désormais autour de 900 millions d’euros. Un chiffre non confirmé par SNCF Gares & Connexions, qui préfère attendre l’étude sur la passerelle et les résultats des appels d’offres pour réévaluer la facture.

    En attendant, pour financer les aménagements qui concernent la gare elle-même (réduction des espaces commerciaux et de services et extension du parc sur le toit), un avenant va être ajouté au contrat conclu avec Ceetrus, qui supportera les surcoûts. En contrepartie, la concession de la filiale immobilière du groupe Auchan « sera allongée légèrement« . « On a trouvé un avenant qui permet à chacun de s’y retrouver dans la durée. C’est une concession longue, on fait le pari ensemble » avec la SA Gare du Nord 2024 (la société d’économie mixte qui porte le projet et composée à 34 % par SNCF Gares & Connexions et 66 % par Ceetrus), indique Marlène Dolveck.

    Pour la réalisation de la passerelle, SNCF Gares & Connexions s’est d’ores et déjà engagé à mobiliser 20 millions d’euros. Si l’étude de faisabilité affiche une facture supérieure, il faudra de nouveau discuter avec la Ville.

    Tout ne sera pas complètement prêt pour les JO

    Un permis de construire modificatif devrait être pris rapidement. L’objectif est de commencer les travaux en janvier 2021. Des travaux préparatoires pour la gare routière ont toutefois déjà été lancés depuis septembre.

    Le chantier est désormais programmé en trois phases. D’ici à 2022, il est prévu d’améliorer les circulations verticales entre la gare de surface et la gare souterraine pour les voyageurs du quotidien. En septembre 2023,  le terminal Transmanche devrait être reconfiguré pour l’accueil de la Coupe du monde de rugby. Enfin, la livraison des nouveaux espaces du terminal des départs est programmée pour juin 2024. La gare ferroviaire et ses voies de circulation seront donc prêts au moment des JO, affirme le gestionnaire des gares. Mais il faudra sans doute attendre 2025 pour que le chantier soit complètement achevé lorsque la partie commerciale dans les étages supérieures du nouveau bâtiment sera réalisée.

    « On va démarrer les travaux. Il y aura des nuisances. A nous de faire en sorte de bien les préparer« , prévient jean-Pierre Farandou. De nouvelles concertations en perspective. Quant au dernier recours (gracieux) déposé contre le projet par la mairie de Paris, il devrait s’éteindre de lui même, comme l’explique Emmanuel Grégoire, l’adjoint à la maire chargé de l’urbanisme : « Si le permis de construire modificatif confirme cet accord, il n’y aura aucune raison d’engager un recours contentieux« .

    Marie-Hélène Poingt

     

     

     

  • Jean-Pierre Farandou devrait de nouveau être nommé PDG de la SNCF

    Jean-Pierre Farandou devrait de nouveau être nommé PDG de la SNCF

    Relançant une procédure retardée par la crise sanitaire, l’Elysée a annoncé le 23 novembre qu’Emmanuel Macron envisage de renommer, sur proposition du Premier ministre, Jean-Pierre Farandou au poste de président du directoire-directeur général de la SNCF. Jean-Pierre Farandou a déjà été désigné à l’automne 2019 pour diriger la SNCF, dont il est devenu le PDG quand celle-ci a été transformée en une société anonyme à capitaux publique le 1er janvier. L’Elysée avait alors précisé que sa procédure de nomination serait « transitoire« , et qu’elle devait être « suivie par une nouvelle procédure, au cours du 1er semestre 2020, une fois la nouvelle architecture de la SNCF mise en place« . Or, la pandémie a retardé la mise en place de cette nouvelle architecture. Les élections des représentants des salariés au conseil d’administration ont été retardées à début décembre –avec un vote électronique–, tandis que le gouvernement prolongeait jusqu’au 31 décembre l’organisation temporaire.

    La procédure prévoit que Jean-Pierre Farandou soit entendu par les commissions du développement durable du Sénat et de l’Assemblée nationale –comme il l’a déjà été en octobre 2019–, lesquelles devront valider le choix du président Macron. L’Etat proposera à nouveau qu’il soit désigné administrateur de la SNCF, afin qu’il (re)devienne PDG, indique l’Elysée.

  • L’UTP relance la piste du péage urbain pour financer les transports publics

    L’UTP relance la piste du péage urbain pour financer les transports publics

    « Nous devons réfléchir à de nouveaux moyens pour financer les transports publics », a indiqué Thierry Mallet le 19 novembre, en présentant les résultats de l’Observatoire de la mobilité qui montrent une baisse de la fréquentation des transports publics et une crainte de voyageurs qui s’en détournent. D’où un manque à gagner très important (lire : ici).

    Le président de l’UTP suggère de lancer de nouvelles taxes qui permettraient de soutenir le secteur, dont les ressources reposent aux deux tiers sur les recettes payées par les usagers et le versement mobilité acquitté par les entreprises.

    « Pourquoi ne pas taxer les externalités négatives ? », s’interroge celui qui est aussi le PDG de Transdev. Et de citer le recours au péage urbain, qui ne pourrait être déclenché, nuance-t-il que « si les transports publics sont de qualité« . Il propose aussi de taxer les GAFA, « qui se nourrissent beaucoup des données du transport public ».

    Enfin, s’il se félicite du plan de relance gouvernemental, qui fait une place importante au transport ferroviaire et au transport public urbain, il formule deux autres demandes : « Il faut que ce plan finance aussi la numérisation du transport public. C’est indispensable pour la mise en place de solutions multimodales et d’informations de qualité« . Et, ajoute-t-il, « les financements dédiés aux véhicules propres devraient aussi bénéficier aux véhicules collectifs et pas seulement aux véhicules individuels« .

    Autant de pistes sur lesquelles devrait plancher la mission sur l’avenir du modèle économique des transports en commun (ici), que vient de confier le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, à Philippe Duron. 

     

    MH P 

  • Frank Lacroix quitte la SNCF

    Frank Lacroix quitte la SNCF

    Cinq ans après son arrivée à la tête des TER, Frank Lacroix va quitter la SNCF le 31 décembre. Le communiqué du groupe ferroviaire qui annonce ce départ évoque la mise en place d’une « nouvelle gouvernance au service des territoires« .

    C’est Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, qui reprend en main le pilotage stratégique de l’activité TER « et en particulier la relation avec les Régions, en lien avec les directeurs régionaux TER« , précise le communiqué. « Il sera secondé par un directeur en charge du pilotage et de la coordination des TER, qui sera nommé dans les prochains jours et qui sera membre du comité exécutif de SNCF Voyageurs et du comité exécutif du groupe SNCF« .

    La SNCF indique aussi que Jean-Pierre Farandou « portera la stratégie territoriale et la relation avec les présidents de région« , une mission relavant aussi de Frank Lacroix, promu, depuis le début de l’année, directeur général adjoint Territoires du groupe SNCF.

    Son départ est-il lié à des dissensions avec Christophe Fanichet? Frank Lacroix que nous avons interrogé n’a pas voulu entrer dans ces considérations, se bornant à reconnaître que « certes, il y a des changements dans la gouvernance mais ils sont légitimes« . Il botte en touche et insiste surtout sur le sentiment du devoir accompli : « J’ai plutôt le sentiment d’avoir réalisé ma mission, j’ai envie aujourd’hui de relever d’autres défis…  »

    Ce qui est sûr, c’est que la SNCF perd un dirigeant reconnu pour avoir réussi en peu de temps à redresser l’activité TER.  « Nous avons inversé les courbes de fréquentation et réussi à transporter plus de voyageurs que jamais. Nous avons retrouvé une relation de confiance avec les régions et mis en place une logique d’efficacité »,  résume Frank Lacroix. La concurrence peut commencer, la révolution culturelle est sur les rails à la SNCF.

    MH P 

  • Keolis gagne un deuxième contrat de tramway en Chine

    Keolis gagne un deuxième contrat de tramway en Chine

    La filiale chinoise de Keolis, Shanghai Keolis, a remporté mi-octobre le contrat d’exploitation et de maintenance du tramway de Jiaxing, dans la province côtière du Zhejiang, au sud-ouest de Shanghai. Ce contrat, d’une durée de 15 ans, se fera dans le cadre d’une joint-venture, Shenjia2, créée en partenariat avec la ville de Xiajing.

    Actuellement en construction, le réseau de tramway (qui comprendra deux lignes longues de 15,6 km desservant 26 stations) devrait entrer en service commercial le 1er juillet 2021. Une troisième ligne devrait être ajoutée au réseau en 2023, portant la longueur totale du réseau à 35,7 km et le nombre de stations à 55. « Une fois le réseau complété, 45 rames de tramway, fournies par CRRC (entreprise chinoise de construction et location de matériel de chemin de fer), circuleront« , souligne Keolis dans un communiqué.

    C’est le deuxième contrat de tramway remporté en Chine par le groupe, ce qui lui permet de renforcer sa présence dans ce pays où il est implanté depuis 2014.

  • Philippe Duron à la tête d’une mission sur l’avenir des transports publics

    Philippe Duron à la tête d’une mission sur l’avenir des transports publics

    Lors de son audition le 19 novembre devant la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation de l’Assemblée Nationale, Jean-Baptiste Djebbari a annoncé le lancement d’une mission sur l’avenir du modèle économique des transports en commun. Le ministre délégué chargé des Transports l’a confiée à Philippe Duron, ancien député socialiste du Calvados et ancien maire de Caen, qui a déjà mené de multiples missions de ce genre, notamment dans le domaine des transports. « Un cycle d’auditions sera organisé, afin de formuler d’ici 6 mois des propositions de nature à consolider le modèle économique des différents modes de transport en commun, ainsi que leur adéquation avec les besoins des territoires », indique le ministère dans un communiqué.

  • Les inquiétudes du transport public

    Les inquiétudes du transport public

    Confrontés à une forte baisse de la fréquentation des transports publics du fait de la crise sanitaire, les opérateurs du secteur ont fait les comptes : ils estiment à près d’un milliard d’euros les pertes liées au versement mobilité en 2020 sur toute la France. Et à pas loin de 3 milliards les pertes de recettes tous transports confondus (transport public urbain en Province, en Ile-de-France, Transilien et TER). D’où l’appel à l’aide plus que jamais adressé à l’Etat.

    Mais le message n’a pas encore atteint son but. Après avoir accepté d’accorder à Ile-de-France Mobilités plus d’1,1 milliard d’euros remboursables sur 16 ans à partir de 2023, l’Etat envisage des avances remboursables à hauteur de 750 millions d’euros pour compenser les pertes enregistrées par les autorités organisatrices des mobilités en Province. Un montant nettement insuffisant aux yeux des élus, qui s’estiment lésés comparé aux conditions faites à IDFM, traité à part avec des modalités de remboursement plus intéressantes. 

    30 % des usagers des transports publics pourraient changer leurs habitudes

    « L’UTP demande à bénéficier d’un système de compensation similaire à celui prévu pour IDFM », a indiqué le 19 novembre son président, Thierry Mallet, en présentant les résultats de l’Observatoire de la mobilité. Egalement PDG de Transdev, il rappelle que le transport public continue à subir une saignée de sa fréquentation : en novembre, le trafic voyageurs est tombé à 40 % de son niveau habituel, alors qu’il était remonté fin octobre à 85 % dans les transports urbains en Province et à 75 % en Ile-de-France, après l’effondrement dû au confinement. 

    Côté UTP, on estime qu’il faudra du temps pour que l’engouement en faveur du transport public revienne. D’où la démarche engagée par la profession pour rassurer les voyageurs inquiets d’une possible contamination dans les transports. Les responsables de l’UTP ont en effet été alarmés par les résultats de l’enquête annuelle de l’Observatoire de la mobilité 2020 (ici) montrant que 30 % des utilisateurs des transports publics comptent changer leurs façons de se déplacer à l’avenir (27 % les prenant moins souvent, 3 % plus du tout). Ils cherchent désormais à démontrer que les transports ne sont pas un lieu de transmission du virus, études à l’appui. Une étude d’Oxford Academic conclue notamment, selon eux, que « la probabilité de contracter la Covid-19 dans un train est de 0,32%, celle de contracter le virus en s’asseyant sur le siège d’une personne contaminée immédiatement après, est de 0,075%« .

    La crainte d’une diminution de l’offre

    Dans ses pronostics, l’UTP ne s’attend pas à retrouver avant la fin 2021 les niveaux de fréquentation atteints fin 2019-début 2021. D’ici là, les autorités organisatrices des transports pourraient être tentées de réduire leurs offres de transport, en les adaptant à la demande (et aux finances disponibles). Déjà, on observe une réduction de la voilure, ici, une diminution de l’amplitude horaire (quitte à proposer du transport à la demande sur certaines dessertes), là, une baisse des fréquences durant les heures de pointe et en soirée, comme c’est le cas en Ile-de-France. 

     « Le transport public est indispensable pour desservir les territoires », souligne Thierry Mallet, en pointant d’autres risques : « Une diminution de l’offre de transport aurait des conséquences négatives sur l’emploi, tant pour les effectifs des opérateurs que pour l’accès à l’emploi dans les territoires« , prévient Thierry Mallet, en rappelant qu’avec le deuxième confinement, la situation continue à s’aggraver (lire aussi : https://vrt.europechina.net/lettre-confidentielle/lutp-relance-la-piste-du-peage-urbain-pour-financer-les-transports-publics/.)

    Marie-Hélène Poingt