Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Flixbus étend sa toile en Turquie

    Flixbus étend sa toile en Turquie

    FlixBus a annoncé le 22 août avoir trouvé un accord avec la société de capital-investissement Actera Group pour acheter le principal opérateur de car en Turquie, Kamil Koç.

    L’autocariste turc, qui relie 61 villes dans son pays, a transporté, en 2018, plus de 20 millions de personnes. Il sera progressivement intégré dans le réseau FlixBus, annonce la plateforme d’origine allemande qui rappelle être devenue, en moins de six ans, « le principal acteur dans plusieurs pays et régions d’Europe, dont la France ». L‘acquisition sera effective après l’agrément des autorités compétentes. 

  • La CATP enrichit son catalogue avec un logiciel de gestion du transport à la demande

    La CATP enrichit son catalogue avec un logiciel de gestion du transport à la demande

    La Centrale d’achat du transport public étend progressivement son champ d’action. Après avoir référencé en juin dernier un logiciel de covoiturage, la CATP référence désormais aussi un logiciel de gestion du transport à la demande et de transport de personnes à mobilité réduite.

    « La solution référencée est le logiciel 2Tad développé par l’entreprise française Ubitransport », indique la CATP dans un communiqué. L’association créée en 2011 sous l’impulsion d’Agir, explique avoir fait le choix de cette solution « simple et souple », après avoir mené une consultation démontrant que c’est le produit « le plus complet et économique du marché ».

  • Des anomalies dans la maintenance du réseau ferré… à relativiser

    Des anomalies dans la maintenance du réseau ferré… à relativiser

    L’Etablissement public de sécurité ferroviaire, qui a réalisé au printemps dernier des opérations de contrôle de la maintenance sur la zone Atlantique a constaté des centaines d’anomalies dans la maintenance des rails, indique Le Parisien du 21 août. Le quotidien évoque notamment des éclisses avec des boulons desserrés ou manquants – un élément qui a joué un rôle essentiel dans le déraillement du train Intercités Paris – Limoges à Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui avait fait sept morts et plus de 30 blessés le 12 juillet 2014.

    Par ailleurs, sur les 413 anomalies de signalisation électrique relevées par la SNCF, les enquêteurs ont constaté que 20 % ont été traités hors des délais réglementaires. Autre découverte inquiétante, en Haute-Vienne, deux fils ont été rongés. Dans l’accident de Denguin (Pyrénées-Atlantiques) en 2003, où un TER et un TGV étaient rentrés en collision, blessant une dizaine de personnes, on avait également constaté que des fils électriques avaient été rongés.

    Les pouvoirs étendus de l’EPSF

    Interrogée par RTL, la ministre chargée des Transports a nuancé les conclusions du rapport. « S’il y avait un problème de sécurité immédiat, l’EPSF pourrait arrêter un équipement, arrêter une circulation, mais il ne l’a pas fait » a-t-elle affirmé, avant de pointer du doigt « des décennies de sous-investissements dans le réseau » à l’origine de ces anomalies. Elisabeth Borne a aussi rappelé que 3,6 milliards d’euros seront investis chaque année sur le réseau soit « 50 % de plus que ce qui se faisait au cours de la dernière décennie ».

    L’inspection réalisée par l’EPSF est un des audits régulièrement menés par le gendarme ferroviaire pour s’assurer du respect des normes de sécurité. En 2018, l’EPSF a ainsi effectué un total de 306 contrôles auprès des gestionnaires d’infrastructures, des entreprises ferroviaires et des organismes de formation. La plus grande part des contrôles vise bien sûr les infrastructures et depuis l’accident de Brétigny, l’EPSF a renforcé ses enquêtes « opérationnelles » liant inspections sur le terrain et sur la maintenance.

    Une échelle de gravité de 1 à 4

    Selon un expert ferroviaire indépendant, une anomalie ne signifie pas qu’il y ait un risque immédiat. « Les voies se trouvent dans un univers évolutif. Trouver des anomalies lors d’un contrôle peut s’expliquer si la dernière tournée d’inspection remonte à deux semaines. Elle devient préoccupante si une tournée vient d’être effectuée et que l’anomalie n’a pas été détectée« , explique cet expert. Lors de ses inspections, l’EPSF analyse le risque et indique s’il y a un « écart », lequel écart se classifie selon quatre niveaux de gravité décrits dans sa procédure des contrôles : le point de fragilité étant une simple observation, la réserve est une non conformité mineure (l’EPSF demande alors une analyse des causes et un plan d’action), l’écart majeur porte bien son nom et peut nécessiter des mesures rapides, tandis que le point bloquant équivaut à un risque grave et imminent nécessitant d’arrêter les circulations pour être traité. Ces dernières années aucun point bloquant n’a été relevé sur le réseau ferré. Et on a recensé 8 % d’écarts majeurs en 2017.

    Un réseau vieillissant mais en voie d’amélioration

    Si l’on s’en tient à quelques indicateurs clé de la SNCF et de l’EPSF, on constate au contraire que l’état du réseau s’améliore. En quatre ans, les ruptures de rail ont quasiment été divisées par deux. Depuis trois ans, les événements de sécurité remarquables, ceux qui représentent les menaces les plus graves, ont reculé de 30 %. Même si elles font souvent la une de l’actualité et sont très pénalisantes pour les voyageurs, les pannes de signalisation sont moins nombreuses : on en recensait 416 en 2013, mais 228 en 2018. Quant aux « gauches de voies » (qui touche à la géométrie des voies avec l’affaissement de la structure par exemple), on en comptait 172 en 2013, mais 47 en 2018.  Comme le dit la FNAUT, observateur attentif et exigeant des transports : « On va dans le bon sens ». Un constat que dit partager l’EPSF.

    Cela ne veut pas dire que l’état du réseau est aujourd’hui satisfaisant. La France paie des années de sous-investissements et il faudra du temps pour remettre à niveau son réseau vieillissant. Mais Brétigny a laissé des traces et il n’est plus question de tergiverser.

    Un défi humain à relever

    L’enjeu aujourd’hui, c’est non seulement d’affecter des milliards sur les infrastructures mais aussi d’attirer de nouvelles recrues dans des métiers réputés difficiles alors que les besoins sont immenses. Enfin, il faut assurer la transmission du savoir-faire et de la connaissance du patrimoine ferroviaire local, essentiels dans les tournées d’inspection. Or, ces connaissances se perdent avec les vagues de départs des anciens, entend-on dire en interne et par des experts extérieurs. Même si la digitalisation vient en renfort, le facteur humain reste fondamental pour assurer la maintenance, confirme-t-on du côté de l’EPSF. C’est aussi ce qu’avait relevé l’enquête menée après l’accident de Brétigny. Un défi essentiel auquel doit faire face SNCF Réseau.

    Marie-Hélène Poingt

    Les syndicats demandent plus de moyens.

    « Les circulations ferroviaires en France restent globalement fiables et sûres grâce à linvestissement des cheminots de la SNCF qui font correctement leur travail dès lors quon leur en donne les moyens structurels, organisationnels, fonctionnels et financiers », souligne la CGT-Cheminots en réaction à l’article du Parisien du 21 août. Le syndicat réclame plus de moyens, en rappelant que « la réforme de 2014 prévoyait le recrutement de 500 agents par an jusquen 2020, pour faire face au défi de la régénération des voies. Cet objectif na jamais été réalisé. Pire, en 2018 nous enregistrions –285 agents pour lentretien ». Dans le même temps, ajoute dans un communiqué la fédération, la sous-traitance a augmenté de 35% à la SNCF. De son côté, Sud-Rail estime que les 3,6 milliards d’euros annuels qui doivent être consacrés à partir de l’année prochaine au renouvellement des infrastructures sont loin d’être suffisants. « Pour exemple, la Suisse consacre 7 milliards d’euros pour l’entretien et 1,4 milliard d’euros pour un réseau qui est pourtant quasiment dix fois inférieur au nôtre », écrit le syndicat dans un communiqué.

    Enfin l’Unsa qui se dit prudent sur le fond du rapport faute de l’avoir lu (mais qui l’a lu parmi tous ceux qui en parlent?), déplore aussi le sous-investissement chronique dont souffre le réseau depuis 40 ans. Et comme les deux autres syndicats, s’interroge sur la fuite de ce rapport « dans un contexte et un calendrier politique tendus pour la SNCF ».

     

    3,6 milliards prévus à partir de 2020 pour la modernisation

    En 2018, SNCF Réseau a globalement investi 5 milliards d’euros sur le réseau, dont plus de 2,7 milliards d’euros à la modernisation. Cette année, le gestionnaire d’infrastructures prévoit d’investir 100 millions de plus à la rénovation, soit plus de 2,8 milliards milliards allant au renouvellement des voies (1050 km prévus), aux ouvrages d’art, caténaires, signalisation, télécommunicationsavec une montée en puissance des investissements sur la partie alimentation électrique du réseau.

    Depuis 2017, 500 appareils de voies sont renouvelés annuellement (contre 326 en 2013), comme le préconisait Vigirail, le plan d’amélioration et de modernisation de la maintenance, lancé peu après l’accident de Brétigny du 12 juillet 2013.

    Désormais, l’objectif est de consacrer, à partir de 2020, un investissement de 3,6 milliards d’euros par an à la régénération du réseau, comme vient de le rappeler Elisabeth Borne, la ministre des Transports. Reste à savoir comment il sera financé.

     

     

     

     

     

     

     

  • La vitesse limitée à 30 km/h à Lille

    La vitesse limitée à 30 km/h à Lille

    Depuis le 19 août, hormis sur les grands boulevards, les véhicules ne doivent pas dépasser le 30 km/h dans le centre de Lille au lieu de 50 km/h jusqu’alors. La période de transition va durer jusqu’au 31 octobre, incluant une tolérance de la part des autorités. Avec cette cette décision, qui vient compléter le plan de circulation de 2015, la mairie a expliqué vouloir « une ville plus sûre, plus apaisée, plus fluide et plus respirable« . En 2020, il est prévu que des aménagements complémentaires soient installés, comme des doubles sens cyclables, des cheminements pour les piétons, éventuellement des ralentisseurs.

  • Les billets de train seront vendus (aussi) par des buralistes

    Les billets de train seront vendus (aussi) par des buralistes

    Malmenée par ses clients et les médias sur les fermetures de guichets qui rendent parfois très difficile l’achat de billets, la SNCF cherche à démontrer qu’elle n’abandonne pas ses voyageurs en rase campagne. Le 8  juillet, elle a signé un protocole d’accord avec la Confédération des buralistes, permettant la vente, dès cet été, de billets de train dans des bureaux de tabac présélectionnés.

    Aujourd’hui 4 % de voyageurs TER partent d’une gare où ils n’ont aucune solution pour acheter un titre de transport, estime la SNCF qui a déjà lancé des expériences locales et retenu, dans un premier temps, cinq régions pour lancer le mouvement : Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grand Est. « C’étaient les régions les plus demandeuses. Nous allons déterminer les besoins, avec les élus des territoires, pour identifier les buralistes qui pourraient vendre des billets », explique Frank Lacroix, le directeur général des TER.

    Jusqu’à un millier de buralistes partenaires

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    La SNCF a signé un protocole d’accord avec la Confédération des buralistes pour la vente, dès cet été, de billets de train dans des bureaux de tabac présélectionnés.

    Sur les 3 000 gares de France, la moitié est située en pleine zone rurale. C’est dans ces zones désertifiées que seront identifiés les buralistes susceptibles d’être partenaires. Lorsque le système sera généralisé, un millier de buralistes pourraient être concernés sur les 245 000 répartis sur toute la France. Ils vendront des billets de TER mais aussi de TGV pour toutes les destinations.

    Grâce à un matériel simple apporté par la SNCF (une appli, un smartphone et une imprimante spécifique, ainsi qu’un kit de communication pour identifier les bureaux de tabac partenaires), les buralistes pourront éditer les billets. En revanche, ils ne pourront pas procéder à du service après-vente (remboursements, échanges…).

    Un système de commissionnement, comportant une partie fixe et une partie variable en fonction des volumes de vente, sera mis en place pour les rémunérer.

    « Les négociations ont été menées tambour battant ! », se réjouit Philippe Coy, le président de la Confédération des buralistes, en espérant que ce partenariat permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la profession et fasse oublier une précédente tentative de rapprochement avec la SNCF, il y a dix ans.

    « A l’époque, le système était compliqué et les buralistes ne pouvaient vendre que des déplacements régionaux. Or, les clients veulent acheter un voyage de bout en bout. De plus, les outils numériques permettent désormais de simplifier les procédures », expliquent les nouveaux partenaires.

    Une palette de solutions pour pallier les fermetures de guichet

    La SNCF élargit ainsi sa palette de solutions qu’elle est en train de mettre en place pour pallier les diminutions de guichets (ou de réductions d’horaires d’ouverture). Des réductions justifiées par le tournant numérique. « Aujourd’hui 30 % des billets TER sont achetés sur Internet. Ce pourcentage devrait probablement grimper à 50 % à la fin de l’année », assure Frank Lacroix. Selon lui, il n’est pas raisonnable d’ouvrir toute la journée un guichet où ne passent que cinq personnes par jour, alors que les régions, autorités organisatrices des TER, lui réclament de réduire les coûts. D’où la multiplication des nouveaux canaux de vente, comme la mise en place d’équipes « volantes » qui assurent des permanences dans différentes gares à différents horaires.

    La direction TER veut aussi vendre ses billets via les maisons de service public (comme La Poste), les boutiques mobiles (des camions qui se déplacent dans les marchés par exemple) ou les centres de relations clients TER où les ventes sont désormais possibles. La SNCF travaille également avec les régions sur un guichet à distance, permettant à un vendeur d’aider le client et de prendre la main à distance sur la borne en cas de besoin.

    Conscient d’avoir peut-être voulu fermer trop rapidement les guichets, Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités, assure être en train de « réinventer la présence territoriale de la SNCF. Avec un objectif : avoir un maillage large ». Il est vrai que la concurrence arrive…

    M.-H. P.

  • La métamorphose de la gare de Rennes

    La métamorphose de la gare de Rennes

    Deux ans après l’arrivée de la LGV, Rennes a inauguré le 3  juillet sa gare qui a été totalement transformée. Un toit blanc tout en transparence, composé de coussins d’air sculptés, coiffe désormais le bâtiment côté nord qui domine une partie de la ville sur une colline aménagée. Un sacré coup de jeune pour cette gare construite à la fin du XIXe siècle pour l’arrivée de la ligne Paris – Brest.

    L’opération a nécessité six années de concertation et d’études, puis quatre ans de travaux. Le tout pour un investissement de plus de 130 millions d’euros.

    Le chantier a été long et compliqué puisqu’il ne fallait pas entraver le fonctionnement de la gare. Il avait plusieurs objectifs : accueillir un trafic en pleine croissance, porté notamment par le plus grand nombre de TGV desservant la Bretagne et l’effet de complémentarité du TER. La surface de la gare, actuellement fréquentée par 65 000 voyageurs chaque jour, a été doublée. Les prévisions tablent sur 130 000 voyageurs quotidiens dès l’année prochaine, a indiqué la ministre des Transports, Elisabeth Borne, venue pour l’inauguration.

    Pôle d’échange multimodal

    Second objectif, améliorer les connexions entre les différents modes de transports, autrement dit faire de cette gare un PEM (pôle d’échange multimodal) pour reprendre le jargon consacré. Les choix architecturaux, portés par l’équipe d’urbanistes-paysagistes FGP/TER, en lien avec les architectes d’Arep, la filiale de SNCF & Connexions, ont abouti à redessiner un immense espace organisé en quatre niveaux, avec une grande hauteur sous plafond permettant d’embrasser en quelques regards les services proposés en gare, les trains stationnés sur les quais ou de repérer les cheminements pour regagner la sortie ou prendre le bus ou le métro (la ligne A a déjà sa station, dans un peu plus d’un an, une deuxième ligne, la B, desservira aussi la gare). Ou encore pour rejoindre la gare routière désormais étroitement jumelée au hall d’échanges, le parking (1 200 places de stationnement et des emplacements pour les deux roues) ou les emplacements vélos (1 000 places de vélo seront disponibles en 2020).

    Les architectes ont aussi choisi de faire la part belle à la lumière apportée par la transparence du toit et des baies vitrées. « Tout cela va dans le sens de la lisibilité. Pour les voyageurs, les cheminements sont faciles grâce à des passerelles en bois, des escaliers, des ascenseurs ou des pentes douces », souligne Fabienne Couvert, directrice Architecture et Urbanisme à l’Arep.

    EuroRennes, le nouveau quartier

    Enfin, dernier objectif, le tissu urbain a été repensé autour de la gare pour mettre un terme à la coupure urbaine imposée jusque-là par les faisceaux ferroviaires. Avec sa nouvelle plateforme qui relie le nord au sud, la gare doit devenir un lieu de jonction et d’attractivité. Un nouveau quartier, EuroRennes est en train d’éclore, proposant 125 000 m2 de bureaux. Plus de 120 entreprises sont attendues, avec 7 000 emplois concernés. 1 500 logements sont aussi prévus pour 3 000 habitants à terme. Parmi les projets permettant d’animer le nouveau quartier, une crèche et un cinéma d’art et d’essai sont prévus.

    Pièce maîtresse de cette redistribution, la gare de Rennes contribuera à cette animation avec ses 16 commerces qui s’y sont installés, dont des franchises comme Prêt à manger ou McDonald’s ou bientôt le restaurant « Paris-Brest » du chef étoilé Christian Le Squer. Des services s’y sont aussi implantés, des loueurs de voitures, l’espace Korrigo, ou prochainement une pharmacie et une maison du Vélo.

    Au-delà de Rennes, la Bretagne s’est engagée dans un vaste mouvement de rénovation de ses gares et de renouvellement urbain. Dix gares sont également labellisées PEM, ou en voie de l’être. C’est le cas de Vitré, Guingamp, Morlaix, Redon ou Lorient, bientôt Saint-Brieuc. Des travaux ont commencé à Auray, où une nouvelle gare verra le jour en 2022. A Vannes et à Quimper, les projets devraient bientôt être signés. L’effet TGV…

    M.-H. P.

  • L’Autorité de régulation des transports verra le jour à la fin de l’année

    L’Autorité de régulation des transports verra le jour à la fin de l’année

    L’Arafer grandit vite. Pour ses dix ans, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) née en 2009, et devenue depuis l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), va encore changer de nom : à la fin de l’année, elle s’appellera Autorité de régulation des transports, marquant l’élargissement de ses responsabilités. Une consécration pour cette institution qui a su s’imposer d’abord sous la houlette de Pierre Cardo, puis sous celle de Bernard Roman.
    Président depuis tout juste trois ans, Bernard Roman militait depuis des mois pour l’extension des compétences de l’Arafer à l’aérien.

    Lire aussi : De la RATP aux aéroports, l’Arafer devient tout terrain

    Demande qui devrait être prochainement satisfaite par une ordonnance relative à la loi Pacte du 22  mai 2019, lui donnant un droit de contrôle à partir d’octobre, sur le niveau de redevances facturées aux compagnies par les aéroports de plus de cinq  millions de passagers.

    Nouvelles missions

    La future loi d’orientation des mobilités (LOM) doit aussi lui confier toute une panoplie de nouvelles missions : la régulation des activités de gestionnaire des infrastructures de la RATP sur le réseau historique, de gestionnaire technique du réseau du Grand Paris Express ainsi que des prestations de sûreté du groupe de protection et de sécurisation du réseau (GPSR).
    Autre nouveauté, le futur gendarme des transports sera chargé de veiller au respect des règles de l’ouverture des données (open data). Une mission délicate, tant du point de vue juridique, économique que technique, impliquant de savoir démêler stratégies de politique publique, d’opérateurs de transports et de géants du Net.
    Comment la future Autorité avec ses effectifs actuels arrivera-t-elle à tout gérer ? Bernard Roman estime que la masse de travail va s’accroître de 20 à 25 %. Il attend de nouveaux moyens qui devraient être inscrits dans la future loi de finances qui fixe annuellement le plafond des ressources du régulateur.

    Vigilance

    Déjà, ses effectifs (83 équivalents temps pleins) sont bien occupés. Et les sujets de vigilance ne manquent pas. Un an après la promulgation de la loi pour un nouveau pacte ferroviaire, il reste encore beaucoup à faire pour réussir l’ouverture à la concurrence, affirme ainsi le président de l’Arafer. Selon lui, plusieurs sujets restent dans le viseur, en particulier, tout ce qui touche aux garanties d’indépendance du gestionnaire d’infrastructures, ainsi que les conditions dans lesquelles les autorités organisatrices auront accès aux informations pour préparer leurs appels d’offres dans des délais raisonnables. Le gendarme du rail attend maintenant « les projets des décrets statutaires de la holding SNCF, de SNCF Voyageurs, de SNCF Réseau et de la filiale de SNCF Réseau chargée de la gestion unifiée des gares ».

    Il attend aussi le projet de décret relatif aux conditions dans lesquelles une région pourra exercer elle-même ou confier à un titulaire du contrat de service public certaines prestations en gare. « Ces textes manquent encore pour avoir une vision globale du système », souligne Bernard Roman, qui regrette « qu’aucune vision “système“ n’a guidé les choix pour organiser la nouvelle gouvernance du groupe public unifié ». Désormais, ajoute-t-il, « il est indispensable que le contrat de performance que signera l’Etat avec Réseau d’ici le début de l’année prochaine soit porteur dune vision stratégique, pour le réseau national et pour l’aménagement du territoire avec des trajectoires industrielles et financières robustes et pérennes ».

    M.-H. P.

  • La Renfe s’intéresse à la liaison Lyon – Marseille

    La Renfe s’intéresse à la liaison Lyon – Marseille

    La compagnie ferroviaire espagnole a annoncé le 1er juillet son intention de venir concurrencer la SNCF sur le marché français. La Renfe a en effet indiqué dans un communiqué que « le conseil d’administration de Renfe Operadora a approuvé lors de sa réunion d’aujourd’hui l’entrée de la compagnie dans la grande vitesse en France ». Une arrivée qui pourrait avoir lieu dès la fin 2020, au moment où les grandes lignes commerciales s’ouvriront à la concurrence.

    L’opérateur historique ne précise pas le nom des lignes sur lesquelles il a demandé des autorisations mais indique seulement que dans un premier temps, il ne compte pas desservir Paris en raison des « difficultés techniques » et des « contraintes imposées ». La liaison Lyon – Marseille est à l’étude, a toutefois déclaré un porte-parole à l’AFP.

    Déjà présente en France sur les lignes Madrid – Marseille et Barcelone – Paris exploitées en coopération avec la SNCF, la Renfe répond ainsi à la compagnie française qui a récemment indiqué vouloir lancer un service de TGV low cost en Espagne avec un partenaire local.

  • Mybus accélère avec une levée de fonds de 2,4 millions d’euros

    Mybus accélère avec une levée de fonds de 2,4 millions d’euros

    La jeune pousse auvergnate MyBus franchit un nouveau cap grâce à une levée de fonds obtenue principalement auprès d’EDF, via son fonds d’investissement corporate EDF Pulse Croissance, et de la Banque des Territoires (groupe CDC). Le fonds Jérémie Innovation2 du Crédit agricole Loire Haute-Loire et deux business angels participent aussi à ce tour de table.

    Lancée fin 2016, la start-up qui a d’abord lancé une appli d’information voyageurs, puis proposé, dans la foulée, des tickets dématérialisés basés sur le QR code (le M-Ticket), grandit très vite. En quelques mois, elle a considérablement augmenté ses implantations sur le territoire national : elle propose de l’information voyageurs dans 200 villes (contre une centaine il y a seulement six mois) et elle a déployé ou est en train de déployer le M-ticket dans 35 réseaux. Une accélération que Frédéric Pacotte, l’un des cofondateurs de la société Monkey Factory, qui développe l’offre Mybus, explique notamment par le grand nombre de données désormais mis en ligne par data.gouv.

    Avec cette levée de fonds, qui doit lui permettre de rester « français et indépendant », MyBus compte principalement accélérer son développement sur le territoire national mais commence aussi à franchir quelques frontières : une expérimentation est en cours à Putrajaya, la capitale administrative de la Malaisie, et une négociation est en cours dans une ville d’Amérique du Nord.

    M.-H. P.

  • La Bretagne s’engage pour dix ans supplémentaires avec la SNCF

    La Bretagne s’engage pour dix ans supplémentaires avec la SNCF

    Et de dix ! La Bretagne est en effet la dixième région à avoir décidé, le 28 juin, de renouveler son contrat TER avec la SNCF. Un protocole d’accord a été signé le 28 juin sur la convention qui va pouvoir s’appliquer pendant dix ans. Ne manque donc plus qu’une région, les Hauts-de-France, pour que SNCF Mobilités affiche complet. Les négociations sont bien avancées et devraient très prochainement aboutir, assure une porte-parole.

    Dans cette convention BreizhGo, la SNCF s’engage à réduire de 6 % ses coûts de production (coûts au train-km) d’ici à 2028. Dans le même temps, l’offre va être augmentée de 11 %, ce qui aboutira à faire circuler chaque jour un total de 380 trains régionaux et à améliorer la complémentarité avec les TGV. Les signataires de la convention s’engagent aussi sur une hausse des recettes de 20 % grâce à des actions de « dynamisation commerciale avec des tarifs attractifs, un système de distribution performant et des taux de fraude en baisse ». La contribution régionale prévisionnelle s’établit à 101,7 M€ HT en 2019.

    En revanche, la concurrence n’est pas au programme. Les indicateurs sont plutôt favorables dans cette région périphérique, avec non seulement, pour les TER, des coûts de production les moins élevés de France, mais aussi la meilleure régularité du pays. L’âge moyen du parc y participe : 26 Regio 2N ont été livrés entre 2014 et 2019, permettant de faire tomber l’âge moyen du matériel roulant de 23 ans en 2002 à huit ans aujourd’hui. En plus d’avoir décidé cette cure de jouvence, la région a consacré 15 millions à un programme de modernisation du centre de maintenance de Rennes, désormais bien dimensionné pour l’ensemble de l’entretien du parc régional.

    M.-H. P.