Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Keolis remplace CarPostal aux commandes des transports de la Riviera française

    Keolis remplace CarPostal aux commandes des transports de la Riviera française

    Changement de pilote pour les transports de la Communauté de la Riviera française et ses 75 000 habitants : Keolis a été sélectionné pour exploiter le réseau Zest, à partir du 8 juillet et pour six ans et deux mois. L’opérateur de transport public aura pour mission de « renforcer l’offre de transport au sein des 15 communes de la Riviera française (dont Menton est la ville-centre) et la modernisation du réseau à travers le déploiement de nouveaux services digitaux », explique-t-il. Avec l’objectif, d’ici à 2025, d’augmenter le trafic de 17 % et les recettes de 24 %.

    En remportant ce nouveau contrat qui doit générer un chiffre d’affaires cumulé de 60 millions d’euros, Keolis prend la succession de CarPostal France qui était le délégataire depuis 2013. Une succession qui devrait être facilitée par les nouveaux liens qui pourraient bientôt unir les deux sociétés, puisque La Poste suisse a récemment indiqué être en « négociations exclusives » avec Keolis pour la vente de CarPostal France. Selon elle, l’opérateur français a l’intention de « reprendre toutes les sociétés de CarPostal », ce qui correspond à sa volonté « d’assurer une cession socialement acceptable ». La Poste helvétique a en effet décidé de céder sa filiale après la découverte de caisses noires qui lui ont permis pendant des années d’encaisser illégalement des subventions en cachant ses bénéfices réels (lire aussi cet article).

  • Cologne pourrait enterrer sa gare

    Cologne pourrait enterrer sa gare

    Malgré l’opposition grandissante des citoyens contre les projets urbains d’infrastructures, la maire Cologne, Henriette Reker, s’est déclarée favorable à l’enfouissement de la gare centrale et de l’axe ferroviaire principal pour décongestionner le trafic. L’architecte Paul Böhm a en effet présenté un plan de tunnel sous le Rhin. Selon son projet, l’actuelle gare centrale, sur la rive gauche, n’accueillerait plus que le trafic urbain et régional. Le trafic international serait opéré de l’autre côté du fleuve, sur la rive droite, au niveau de la gare de Deutz/Messe (parc des expositions).

    Le projet s’inspire du modèle new-Yorkais « High Line », un parc urbain suspendu aménagé sur les anciennes voies ferrées aériennes de Manhattan. L’étude de faisabilité doit être présentée fin 2020. La décision politique dépendra de l’acceptation de la population. En effet, le fiasco du projet d’enfouissement complet de la gare de Stuttgart (« Stuttgart 21 ») est dans tous les esprits. Les habitants de Cologne ne devraient pas être très enthousiastes à l’idée de revivre le même « cauchemar » : violentes manifestations, explosions des coûts, retards importants des travaux…

    Christophe Bourdoiseau,
    à Berlin

  • Salon de l’UITP à Stockholm – Français en nombre et Chinois incontournables

    Salon de l’UITP à Stockholm – Français en nombre et Chinois incontournables

    Hier, à 10 heures moins le quart, Kristoffer Tamsons, chargé des Transports à la région de Stockholm et Mohamed Mezghani, secrétaire général de l’UITP, coupaient le ruban inaugural de l’édition 2019 du sommet de l’UITP, entre le stand de cette dernière et celui présentant les capitales du nord de l’Europe.

    Bien que ce soit un jour férié dans nombre des 80 pays originaires des visiteurs (mais plus en Suède), les allées des deux halls d’exposition et les salles de conférences ont connu une affluence plutôt normale. Comme à l’accoutumée dans les expositions consacrées aux transports publics, les bus occupent une surface appréciable (un quart environ du plus grand hall), mais sans favoritisme pour un constructeur particulier, chacun disposant de la même surface permettant de présenter un, voire deux véhicules tout au plus. Les bus électriques sont à l’honneur, Volvo présentant son concept-bus articulé venu de Göteborg. Plus conceptuel encore, Scania est venu avec une (fragile) maquette échelle 1 de son bus sans conducteur. Alors que la pile à combustible (hydrogène) s’expose chez Van Hool et Safra.
    Même s’ils savent qu’ils feront moins d’affaires qu’à Innotrans, les constructeurs ferroviaires sont bien présents, mais sans véhicules (y compris chez Alstom, pourtant producteur du bus Aptis).

     

    Stands géants pour CRRC et Huawei

    Un industriel ferroviaire se distingue toutefois par la diversité de sa gamme, matérialisée par un étalage de maquettes sur son stand géant : CRRC. La présence en grand du constructeur chinois est désormais une constante dans ce genre d’exposition. Mais celle d’un autre géant chinois, à l’échelle de son stand, en a surpris plus d’un : Huawei, connu pour ses réalisations dans le domaine de la téléphonie. Car avec le développement des applications liées aux transmissions de données, de la signalisation à la vidéosurveillance, Huawei a également beaucoup à offrir aux transports publics.

    La France en force

    Parmi les nations les plus représentées, la France totalise une quarantaine d’exposants sur 350. Le Groupe RATP occupe une position centrale et les stands de Keolis ou Transdev n’ont rien à envier à celui de MTR, qui est ici à domicile, en quelque sorte. Et c’est un véhicule Navya qui fait la navette entre le Parc des expositions de Stockholm et la gare de RER voisine !

    Bien visibles également, les stands des spécialistes japonais se font remarquer, qu’il s’agisse du métro de Tokyo, de JR East (exploitant en particulier de la ligne Yamanote, petite ceinture de Tokyo où le train autonome est aux essais) ou encore de la recherche ferroviaire (solutions innovantes en matière de portes palières et de comble-lacunes).

    Riyad à l’honneur

    Intervenant lors de la session inaugurale, Alwalid Alekrish, vice-président des Programmes et Projets de l’Autorité de développement de Riyad, a présenté les transports en commun de la capitale saoudienne. Leur développement est tout simplement impressionnant : lancé en 2013, « le réseau le plus jeune du monde » est sur le point de passer de quasiment rien à une combinaison de six lignes de métro et de deux ensembles hiérarchisés de lignes de bus. Et « la transformation ne fait que commencer », en attendant le King Salman Project ou les boulevards pour vélos ou encore la plantation d’arbres pour réduire la température et de la pollution, afin de faire de Riyad « une des villes les plus vivables du monde », tout en poursuivant sa croissance.
    Cette place d’honneur accordée aux transports publics de Riyad se retrouve à l’extrémité du plus grand des deux halls d’exposition de Stockholm, où trône le stand de l’Arabie saoudite. Un stand qui se distingue par sa taille : le double de la surface standard !

    C’est toutefois une ville au stand plus modeste qui accueillera l’édition 2021 du sommet de l’UITP : Melbourne, en Australie.

    Patrick Laval,
    à Stockholm

     

  • Des purificateurs d’air dans le métro

    Des purificateurs d’air dans le métro

    Prendre le métro et respirer un air bien plus pollué que dans la rue, c’est un paradoxe contre lequel la RATP a entrepris de lutter depuis plusieurs années. Dernière action en date, soutenue par la région Ile-de-France dans le cadre de son programme « Changez d’air », deux capteurs de particules fines ont été installés à la station de métro Alexandre-Dumas sur la ligne 2, à la fois pour mesurer la pollution en temps réel et pour dépolluer l’air ambiant.

    Suez a été retenu pour installer ces plaques qui vont collecter, grâce à des aimants, les particules produites par les rames de métro principalement lorsqu’elles freinent. « Nous allons procéder à des mesures pour évaluer en temps réel la concentration des particules et leur diamètre », explique un responsable de l’entreprise. 1 700 m³ pourront être traités chaque heure. Suez va également recycler les déchets polluants. Une fois par mois, il sera procédé au nettoyage des filtres et à des vérifications.

    L’expérimentation va durer six mois pour un budget de 400 000 euros. Si elle est concluante, elle pourra être étendue à d’autres stations, voire d’autres lieux semi-fermés, a précisé Valérie Pécresse, la présidente de l’Ile-de-France. L’enjeu sanitaire est important : quatre millions de personnes passent chaque par jour dans le métro et le RER. Auxquelles s’ajoutent les salariés de la RATP qui y passent beaucoup plus de temps.

    M.-H. P.

  • Le constructeur ferroviaire espagnol Talgo engrange les contrats

    Le constructeur ferroviaire espagnol Talgo engrange les contrats

    L’année se présente bien pour Talgo : après avoir réalisé 324,4 millions d’euros de ventes en 2018, le constructeur espagnol affichait en fin d’année dernière 2,613 milliards d’euros de commandes. Une grosse part vient du marché espagnol : à Las Matas près de Madrid et Rivabellosa au Pays basque, Talgo travaille sur 15 trains à grande vitesse (et grande capacité) « Avril » commandés par la compagnie des chemins de fer Renfe en 2016, vendus 25 millions d’euros l’unité. Quinze autres sont en option.

    Le constructeur a déjà engrangé en ce début d’année plusieurs beaux contrats  : en avril, Egyptian National Railways lui a commandé six trains grandes lignes, un contrat de 158 millions d’euros avec la maintenance. Les livraisons sont prévues en 2021.

    L’internationalisation se renforce

    Cet accord renforce l’internationalisation de la firme déjà présente dans 44 pays, notamment en Arabie saoudite (avec la « LGV des sables ») ou en Russie (convois Moscou – Berlin). Employant 2 200 salariés, elle vient aussi d’ouvrir une représentation à Londres et ses usines travaillent sur plusieurs commandes fermes : Deutsche Bahn (DB) a signé en janvier 2019 un contrat de 550 millions d’euros pour la livraison de 23 trains grand parcours livrables dès 2023. Ces convois électriques et réversibles sont associés à 77 autres en option pour assurer des liaisons ECx Intercity dont Berlin – Amsterdam. La DB a déjà utilisé des rames train-hôtel Talgo de 1992 à 2009.

    Autre client fidèle, le Kazakhstan où l’espagnol doit livrer, jusqu’en 2021, des centaines de voitures pendulaires. Son voisin ouzbek utilise également quatre rames Talgo à 250 km/h.

    Parmi les autres succès de ce début d’année, début mars 2019, la Renfe a ratifié l’achat de 26 motrices à grande vitesse qui tireront 156 voitures train-hôtel Talgo transformées en 13 compositions : elles seront à écartement variable, bitension, apte au 330 km/h et livrables en 2020-2021. Un marché de 295 millions d’euros extensible à 72 voitures et 14 locomotives, soit six compositions de plus. Enfin, Talgo regarde de près le marché de 331 trains de banlieue lancé en mars par Renfe.

    L’actionnariat va changer

    En revanche, la plate-forme Vittal pour le trafic banlieue et régional, remportée le 21 novembre dernier par Talgo avec 32 rames électriques, fait l’objet d’un recours en justice de la part du constructeur tchèque Skoda (racheté par le chinois CRCC) qui, tout comme l’espagnol CAF, n’a pas été retenu. De plus, Talgo n’a pas encore réussi à ce jour à placer son train à grande vitesse « Avril », pour la HS2 Londres – Birmingham, la Malaisie, ou l’Inde, où une rame pendulaire avait pourtant fait des essais sur le réseau à voie large.

    Née en 1942, la société espagnole est enfin en plein changement actionnarial : en mars 2019 MCH Private Equity a mis en vente sa participation de 9 % valorisée à 75 millions d’euros. Le reste du capital est détenu à 35 % par Pegaso Rail (dont la famille fondatrice Oriol et le fond Trilantic), à 5 % par les assurances Santalucia et les 51 % restants par des petits porteurs.

    Michel Garicoix

  • Les joueuses de la Coupe du monde de foot prennent le train

    Les joueuses de la Coupe du monde de foot prennent le train

    Dans le match qui l’oppose aux autres modes de transport, le train a déjà gagné cette Coupe du monde de football féminin qui se tient depuis le 7 juin et pour un mois en France. C’est en effet le groupe SNCF qui assurera les deux tiers des déplacements des 24 équipes en lice.

    La préparation a duré deux ans, après l’accord noué avec le comité d’organisation de la Coupe du monde féminine. « Après l’Euro 2016, la Fédération française de football nous a contactés pour organiser un partenariat », raconte Benoît Lanciot, le grand chef d’orchestre de l’opération. « Pour la SNCF, c’est une nouvelle occasion de montrer tout son savoir-faire. »

    La SNCF commence à bien connaître le monde du ballon rond puisqu’elle avait déjà travaillé avec la Fifa au moment de l’Euro 2016 pour organiser l’acheminement en train d’un maximum de supporters. Mais pas des équipes qui s’étaient alors déplacées en avion ou en bus. 

    Préoccupations environnementales et volonté de populariser cette compétition ont joué en faveur du train et la SNCF a été cette fois-ci chargée de transporter les joueuses et leurs staffs. Un peu sur le modèle de ce qu’elle avait déjà fait lors de la Coupe du monde de rugby qui avait eu lieu en France en 2007, lorsque les équipes avaient été transportées en train avec la mise à disposition de rames spéciales.

    Deux tiers des voyages assurés par le groupe SNCF

    Plus exactement, dans le cadre de cette compétition féminine, le train doit assurer un tiers des voyages des équipes et les bus (exploités par Keolis, groupe SNCF) un autre tiers. Soit 80 déplacements sur les 110 à 120 trajets des équipes pour relier l’une des neuf villes accueillant la compétition (Montpellier, Grenoble, Lyon, Valenciennes Reims, le Havre, Rennes, Nice et Paris). L’avion doit prendre la relève pour les trajets les plus longs, principalement pour Nice.

    S’ajoute le transport des arbitres, une centaine, toutes des femmes, qui seront exclusivement transportées en train, ainsi qu’un bon millier de VIP invités par la Fifa. Enfin, tout le matériel doit être acheminé en camion par Geodis (une centaine de camions sont prévus par cette filiale de la SNCF)

    « Le but est de faire de cette manifestation une grande fête populaire, en organisant des rencontres entre le public et les joueuses dans les gares et les trains », poursuit Benoît Lanciot. Dans les gares, des équipes composées d’une quinzaine de personnes assurent l’accueil des équipes et la sécurisation de leurs cheminements, tout en offrant la possibilité au public d’échanger avec les joueuses ou de faire des selfies si celles-ci veulent bien se prêter au jeu. Pour assurer l’accueil du public et des supporters, il a été fait appel au volontariat : plus de 250 cheminots ont accepté de donner de leur temps et de tenir des comptoirs d’information les jours de match. 

    Dans les trains acheminant les joueuses, une annonce informe les voyageurs de la présence d’équipes à bord. Des animations sont aussi proposées, notamment au bar (jeux concours, kits de maquillage…). Mais le voyage en train doit rester a priori un moment de repos pour les compétitrices qui disposent d’une voiture entière. Les contrôleurs sont briefés et assistés pendant le voyage par un cadre des opérations qui a l’œil sur tout.

    Assurer un voyage « sans couture »

    Principal défi pour le transporteur : il a fallu imaginer pour les équipes un voyage « sans couture », quels que soient les modes utilisés successivement. « Nous avons élaboré nos plans de transport il y a neuf mois pour déterminer quelles dessertes se feraient en train, en bus ou en avion, et pour prévoir les interfaces, c’est-à-dire le passage d’un mode à l’autre », raconte Mathieu Lorieul, le superviseur transport Groupe SNCF Coupe du monde féminine. « Nous avons imaginé plusieurs scénarios tenant compte des différentes places possibles des équipes dans les pools en fonction de leurs résultats avec tous les plans de transport allant avec », ajoute Mathieu Lorieul. Et il précise : « Chaque délégation compte 47 personnes dont 23 joueuses. Elle reste quatre jours dans chaque ville : elle arrive trois jours avant le match et repart un jour après. Pendant le séjour dans la ville, nous mettons des bus à leur disposition. Keolis a ainsi dû mobiliser près de 300 bus. »

    Qui dit sponsoring dit communication, la SNCF a recruté une vingtaine de blogueurs et influenceurs pour qu’ils relayent des informations sur l’événement sur les réseaux sociaux. Elle fait aussi diffuser deux films avant et après chaque match sur les écrans géants dans les stades (un sur inOui également diffusé depuis début juin à la télévision, et un autre plus corporate sur la SNCF). L’occasion de communiquer sur les valeurs de l’entreprise, la mixité et les besoins de recrutements (féminins pour tous les métiers) de la SNCF.

    Selon Benoît Lanciot, la SNCF attend de cet événement un chiffre d’affaires de 50 % supérieur à celui généré par ce partenariat devant durer deux ans (il a démarré avec la Coupe du monde de foot féminin des moins de 20 ans organisée l’an dernier). « Même si la SNCF fournit de nombreuses prestations dans le cadre du partenariat, la Fifa est amenée à acheter des prestations supplémentaires », affirme le directeur de la Communication évènementielle et des Partenariats. Côté SNCF, on n’en saura pas plus sur ce partenariat « gagnant-gagnant ». Si l’on en croit l’AFP, les six partenaires français (dont la SNCF) auraient payé un million d’euros chacun leur droit d’entrée dans la compétition (contre six à sept millions lors de l’Euro 2016).

    M.-H. P.

  • Fréquentation en hausse dans les transports strasbourgeois

    Fréquentation en hausse dans les transports strasbourgeois

    La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a transporté 124,8 millions de voyageurs sur son réseau en 2018, soit 4,2 % de plus que l’année précédente. Cette performance représente environ 255 voyages par an et par personne à l’échelle de cette agglomération de 490 000 habitants. L’offre kilométrique de la CTS a augmenté de 2,7 %, avec deux évolutions significatives : l’extension en novembre 2018 de la ligne de tramway transfrontalière sur 1,2 kilomètre jusqu’au centre de la commune allemande de Kehl, et la restructuration des lignes de bus dans la deuxième couronne de l’agglomération.

    Le taux de couverture des dépenses par les recettes commerciales (55,99 millions d’euros) s’est établi à 47 %. « La contribution versée par la collectivité à la CTS pour chaque kilomètre produit a baissé de 25 % en dix ans », note Jean-Philippe Lally, son directeur général. L’année passée a aussi été marquée par le passage à la billetterie sans contact qu’il qualifie de « réussi », notamment pour ses aspects liés au développement durable.

    Changement de statut

    La CTS a changé de statut le 6 juin : la société d’économie mixte (SEM) opérationnelle depuis 1912 a été remplacée par une société publique locale (SPL) détenue à 80 % par l’Eurométropole et à 20 % par le conseil régional du Grand Est. La collectivité s’affranchira ainsi d’une procédure d’appel d’offres au terme du contrat de concession en cours, fin 2020. Le contrat de partenariat se poursuit avec Keolis qui assure pour un forfait annuel de 200 000 euros des prestations d’animation métiers, de partage de bonnes pratiques financières et technologiques, de promotion de l’innovation, de communication et de centralisation d’achats.

    L’extension du réseau de tramway se poursuivra le 17 juin avec la mise en service d’un tronçon de 1,4 kilomètre supplémentaire (trois stations) sur la ligne E dans le secteur résidentiel de la Robertsau. Cette extension présente des caractéristiques environnementales spécifiques : elle s’insère dans une trame verte engazonnée et encadrée par des allées arborées, afin de répondre aux caractéristiques urbaines de ce quartier pavillonnaire. Un autre chantier, encore au stade des travaux de voirie et de plate-forme dans le faubourg de Koenigshoffen, aboutira mi-2020 à la mise en service de la ligne F prolongée vers l’ouest depuis le quartier gare.

    Saturation en centre-ville

    « Il faudra très vite trouver des solutions alternatives pour contrer la saturation du réseau de tramway en centre-ville. Un tramway passe toutes les 45 secondes en moyenne au croisement de l’Homme-de-Fer », observe Jean-Philippe Lally. Deux projets de lignes tangentielles sont déjà à l’étude. Le premier projet (ligne H) consistera à mettre en service dès novembre 2019 un BHNS entre le Parlement européen et la gare centrale. Le matériel roulant sera fourni par Alstom (Aptis). La CTS prévoit également l’extension du BHNS existant (ligne G), en provenance de la zone tertiaire de Schiltigheim jusqu’au quartier administratif de l’Etoile.

    Olivier MIRGUET

  • CDG Express : un projet mal né

    CDG Express : un projet mal né

    Le retard de deux ans infligé au CDG Express n’est sans doute pas la pire des choses qui lui soit arrivée. Il ne faut jurer de rien avec cette idée qui cherche sa voie depuis une trentaine d’années, mais cela commence à ressembler aux retards classiques que connaissent les projets quand ils entrent en phase de réalisation. On n’est apparemment plus dans le questionnement existentiel. Le conseil régional d’Ile-de-France, du temps de Jean-Paul Huchon, ne voulait pas en entendre parler. Bertrand Delanoë non plus. La gauche s’en est toujours prise à ce « train des riches ». Mais ce n’est pas la seule opposition entre la droite et la gauche qui a pénalisé la réalisation du CDG Express. Le projet n’a pas été soutenu unanimement par le monde économique.

    Christian Blanc, qui voulait rendre irréversible le métro du Grand Paris, était un adversaire farouche du CDG Express : il aurait pu lui prendre une partie de la clientèle justifiant son grand projet. Le métro du Grand Paris doit, et cela était prévu dès le début, relier lui aussi l’aéroport Charles-de-Gaulle. Certes, ce n’est pas une liaison spéciale pour les voyageurs. Le métro qui a un peu changé d’allure depuis la fusion  entre le projet du  Conseil régional et celui de Christian Blanc desservira aussi la zone d’activité autour de CDG Express et sera bien utile aux salariés qui y travaillent. Quoi qu’il en soit, un  RER B à rénover, plus un CDG Express et un  Grand Paris Express à construire, trois relations ferroviaires pour l’aéroport, cela fait beaucoup, surtout quand on doit mener les travaux de front.

    Pierre Mongin, quand il était à la tête de la RATP, avait lui aussi tout fait pour torpiller le CDG Express, avançant le projet concurrent, dans le cadre du Grand Paris Express, d’une ligne 14 prolongée au nord comme au sud reliant les deux aéroports d’Orly et de Roissy. L’idée d’une ligne de métro d’une cinquantaine de kilomètres n’a pas été retenue. Mais le Grand Paris Express, même s’il y a une correspondance à Saint-Denis Pleyel, reliera bel et bien les deux aéroports.

    Les rivalités entre les projets ont été masquées par la suite du fait de la candidature aux JO. Il était plus simple de tout promettre et les promoteurs des Jeux en France ne s’en sont pas privés. Or, au-delà du seul CDG Express, c’est tout de même le fiasco. La ligne 15 sud ne sera pas prête pour 2024. Il est vrai qu’elle n’était gère utile aux Jeux. La ligne 14 doit à l’échange 2024 être prolongée jusqu’à Orly, c’est toujours promis mais ce n’est pas encore gagné. La desserte du village des médias, par le tronçon commun des lignes 16 et 17 du Grand Paris Express, est sérieusement compromise ; au moindre aléa de chantier, reconnaît la SGP, le rendez-vous sera manqué. Or les chantiers sans aléas, ça n’existe quasiment pas.

    Pour CDG Express, on dit aujourd’hui, du côté de Paris 2024, que ce retard n’est pas pénalisant. Et après avoir promis la lune, on s’en tient maintenant sur le site des organisateurs à vanter la compacité du projet (tout ou presque concentré en Seine-Saint-Denis), et à dire que « cette compacité sera renforcée par l’excellence du réseau de transport en commun – le plus performant au monde. » Sans CDG ni Grand Paris…  Pour autant, les politiques ne renoncent pas aux belles promesses. Emmanuel Macron l’a dit, Anne Hidalgo aussi : Notre-Dame sera reconstruite pour les Jeux. Ils sera toujours temps de dire après que les épreuves peuvent se passer de la cathédrale.

    F. D.

  • Le Danemark inaugure sa première LGV

    Le Danemark inaugure sa première LGV

    Dans le plus petit des pays nordiques, les distances ne sont pas très élevées. Pourtant, le Danemark s’est lancé il y a neuf ans dans les travaux de construction d’une première ligne de chemin de fer permettant de faire circuler des trains à grande vitesse, entre Copenhague et Ringsted. Soit un parcours de 60 kilomètres inauguré le 31 mai par le prince héritier Frederik.

    Une ligne pour désaturer le réseau classique

    La facture s’est élevée à dix milliards de couronnes danoises (1,3 milliard d’euros), pour une ligne à double voie et électrifiée, souvent établie à proximité du tracé d’une autoroute ou de la ligne classique. En fait, le premier rôle de la ligne nouvelle sera de soulager le secteur le plus chargé du réseau ferré danois, à la sortie sud de Copenhague, vers Ringsted via Roskilde, qui est aujourd’hui saturé, selon Banedanmark, le gestionnaire d’infrastructure.

    D’ailleurs, alors que la limite de vitesse nominale est de 250 km/h sur la ligne nouvelle, les trains n’y circuleront qu’à 120 km/h pendant les premières semaines, et ce, une fois par heure. A partir du mois de juillet, il sera possible d’y atteindre les 180 km/h, comme sur les lignes classiques danoises, pour une capacité de… deux trains par heure seulement.

    Des temps de parcours inchangés jusqu’en décembre

    Dans un premier temps, jusqu’au changement d’horaire de décembre, les temps de parcours seront donc inchangés entre Copenhague et les destinations plus au sud et sud-ouest. Dans un second temps, entre cinq et neuf minutes pourront être gagnées selon les relations.

    Pour profiter de tout le potentiel de la ligne nouvelle, qui est équipée du niveau 2 du système européen ERTMS, il faudra que les trains soient également équipés. Comme ce n’est pas encore le cas, un contrôle de vitesse classique ATC (désignation danoise du ZUB 123 de Siemens) a également été installé sur la ligne nouvelle.

    P. L.

  • Malaise social à la SNCF

    Malaise social à la SNCF

    Un tsunami. C’est, selon l’Unsa Ferroviaire, l’effet produit dans l’entreprise par la réforme ferroviaire votée il y a tout juste un an. Le syndicat s’exprimait le 28 mai lors d’une conférence de presse donnée en commun avec les trois autres syndicats représentatifs du groupe ferroviaire sur les raisons de la manifestation qui doit être organisée aujourd’hui à Paris. « Un mauvais bilan à la date anniversaire », dénonce la CGT Cheminots. « Il y a une réelle souffrance des cheminots due à des réorganisations permanentes », selon SUD Rail. « Des promesses devaient être tenues, des résultats devaient être à la hauteur des ambitions de la réforme : ce n’est pas le cas à ce jour », ajoute la CFDT Cheminots. 

    Des suppressions de postes et une productivité accrue

    Avec cette manifestation, les syndicats souhaitent dénoncer « l’impréparation » de la réforme ferroviaire, qui doit encore être complétée par « des ordonnances et des décrets ». Ils disent aussi vouloir alerter sur « la situation sociale alarmante » à la SNCF en raison d’un « management très dur, toxique », aux « exigences de productivité accrue en dépit de suppression de postes, aux changements à tous les niveaux de hiérarchie dans les sites, gares et ateliers ».

    Un observatoire de la transformation sociale

    Ces réorganisations se traduisent aujourd’hui par plus de 4000 demandes de mutations adressées à l’espace Initiatives Mobilités (le Pôle Emploi interne de SNCF) selon les chiffres de la CGT. Signe d’une prise en compte de ce malaise social, la direction de la SNCF a décidé de créer un Observatoire de la transformation sociale. Il doit réunir notamment Olivier Marembaud, ex-directeur général délégué de Fret SNCF, Bénédicte Tilloy, ex-DRH du groupe SNCF, et Bruno Mettling qui fut le DRH du groupe Orange de 2010 à 2015, chargé d’apaiser le climat social après la vague de suicides qui a meurtri l’entreprise.

    Les syndicats veulent désormais « peser sur les négociations à venir » avec le patronat pour mettre au point d’une part la convention collective nationale de la branche ferroviaire (toujours en cours d’élaboration), d’autre part l’accord d’entreprise de la nouvelle SNCF qui doit naître le 1er janvier 2020.

    Anne JEANTET-LECLERC