Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Pourquoi la Deutsche Bahn est toujours plombée par sa dette

    Pourquoi la Deutsche Bahn est toujours plombée par sa dette

    La Deutsche Bahn est souvent citée comme l’exemple à suivre en France, où on se plaît à rappeler que l’Etat allemand avait fait un choix fort en 1994, en épongeant la dette de 35 milliards de sa compagnie ferroviaire pour la remettre sur de bons rails. Et pourtant, vingt-cinq ans après, la dette s’est reconstituée ! Malgré la hausse continuelle du nombre de voyageurs et du chiffre d’affaires, la DB ne parvient en effet pas à stopper l’envolée. La dette s’est approchée en 2018 de la barre des 20 milliards d’euros (19,5 milliards), soit 900 millions de plus qu’en 2017, un niveau désormais considéré comme « critique » par l’Etat, actionnaire unique de la DB.

    Tandis que la compagnie ferroviaire allemande se justifie par des investissements lourds afin « d’améliorer la qualité et la ponctualité », les experts du rail pointent du doigt la stratégie de développement à l’international. « La DB a dépensé 12 milliards d’euros pour des activités logistiques à l’étranger. Or, elles ne sont pas très rentables. Ce fut une erreur stratégique de taille. Toutes ces acquisitions ont fait exploser la dette qui ne provient nullement d’un problème d’exploitation de la compagnie », constate Christian Böttger, professeur à l’Université publique de sciences appliquées de Berlin (HTW).

    Changement de stratégie

    La mise en vente, fin mars, de la filiale britannique Arriva (près de 20 % des effectifs de l’ensemble de la compagnie) a été révélateur de la volonté de l’Etat de recentrer la DB sur son cœur d’activité : le transport ferroviaire de voyageurs en Allemagne. Le gouvernement a réclamé une réforme en profondeur au directoire pour résoudre le grave problème de la ponctualité en Allemagne, lié notamment au mauvais état des infrastructures.

    Ce changement de stratégie met fin à une décennie de laissez-faire de la part du gouvernement. « L’Etat s’est complètement désengagé et a laissé les managers faire ce qu’ils voulaient. Pendant presque dix ans, l’ancien président Hartmut Mehdorn a choisi une croissance par acquisitions. C’était la mode des patrons de l’époque. Aujourd’hui, toutes les grandes entreprises font le chemin inverse en réduisant la voilure. La DB suit le mouvement », explique Christian Böttger.

    L’autre source d’endettement a été le dépassement des coûts sur le grand projet « Stuttgart 21 ». La future gare souterraine est un puits financier sans fond. Le conseil de surveillance de la DB a estimé en janvier 2018 que cet investissement passera de 6,5 à 8,2 milliards d’euros. Initialement, le projet devait coûter 2,4 milliards ! Par ailleurs, la LGV entre Stuttgart et Ulm devrait coûter près de 500 millions de plus (3,7 milliards d’euros).

    Vente d’Arriva

    « Or, les faibles bénéfices [-30 % en 2018 à 542 millions d’euros, NDLR] ne suffisent pas à couvrir toutes ces dépenses et les investissements nécessaires. La dette continue de progresser », déplore Christian Böttger. La vente d’Arriva, qui pourra rapporter jusqu’à quatre milliards permettra également d’éponger en partie la dette ainsi que la cession des activités fret hors rail peu rentables, qui est toujours évoquée en coulisses.

    L’Etat a réévalué d’un milliard sa contribution annuelle aux infrastructures (7,2 milliards d’euros) tandis que la DB dépensera de son côté quatre milliards. Mais Richard Lutz, le président de la Deutsche Bahn, a estimé fin mars que l’objectif de doubler le nombre de passager d’ici 2030 n’était plus tenable à cause d’un retard d’investissements dans les infrastructures et dans le matériel roulant. « Nous sommes arrivés à nos limites », a-t-il reconnu.

    De son côté, Karl-Peter Naumann, le porte-parole de l’association des usagers du train Pro Bahn, déplore que « L’Etat ne fait rien. Le retard d’investissement atteint plus de 50 milliards d’euros ». L’investissement par tête d’habitant atteint seulement 69 euros contre 362 en Suisse. En France il n’est que de 38 euros.

    Christophe Bourdoiseau

  • Le constructeur espagnol CAF acquiert le suédois EuroMaint

    Le constructeur espagnol CAF acquiert le suédois EuroMaint

    Pour renforcer ses compétences dans la maintenance, CAF vient d’acheter la société EuroMaint, valorisée à hauteur de 80 millions d’euros. Cette entreprise suédoise, spécialisée dans l’entretien et la réparation du matériel roulant, a enregistré en 2018 un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. Ses presque mille salariés rejoignent donc l’effectif de CAF qui compte 11 500 personnes dont 7 000 outre-Pyrénées.

    Cette nouvelle acquisition, après la prise de contrôle du fabricant polonais d’autobus Solaris en septembre 2018, permet au constructeur espagnol de métros, de trams et de trains d’élargir encore ses marchés : dans la maintenance (il assure par exemple celle des rames italiennes ETR 500 ou la rénovation des MI2N du RER A parisien), mais aussi dans les pays nordiques, où il a déjà fourni des tramways pour Oslo et Lund (Suède), ainsi qu’en Lettonie, à Riga.

    Le marché intérieur espagnol n’a compté que pour 12 % dans l’activité de CAF en 2018, année terminée sur 2,05 milliards d’euros de ventes consolidées (1,9 milliard sans Solaris). Début 2019, le carnet de commandes global se montait à 2,7 milliards d’euros.

    Michel Garicoix

  • Le report de CDG Express après les JO est confirmé

    « Ce n’était pas une décision simple à prendre », a reconnu Elisabeth Borne, la ministre des Transports, en annonçant le 29 mai le report, après 2025, de CDG Express, ce projet de desserte directe entre la gare de Paris-Est et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Et pourtant, la décision n’est en rien une surprise, et le gouvernement n’avait pas vraiment le choix : il n’a pas voulu prendre le risque de pénaliser fortement le fonctionnement du RER B, et ses 900 000 voyageurs quotidiens en lançant le chantier du CDG Express juste avant les JO. C’était l’option d’un premier scénario proposé par le préfet d’Ile de France, chargé d’une mission sur le sujet, qui repoussait seulement de quelques mois la mise en service, de décembre 2023 à mai 2024, pour arriver ric-rac à la veille des JO.

    Priorité aux transports du quotidien

    Le gouvernement n’a pas non plus voulu se mettre à dos les élus de Paris et d’Ile-de-France. La gauche, toujours très forte en Seine-Saint-Denis, est vent debout contre ce « train des riches » qui aurait été lancé au détriment des trains du quotidien. Pas la peine d’agiter le chiffon rouge alors que le mouvement des « gilets jaunes » s’essouffle. Les élus du PC en sont sûrs : la révolte gronde sur le RER B. 

    Valérie Pécresse, pour sa part, n’a rien contre le CDG Express, bien au contraire. Mais, par réalisme, elle a demandé elle aussi et très fermement le report de sa mise en service. Report que voulait aussi Anne Hidalgo. On ne voyait pas comment le gouvernement aurait pu s’obstiner. Il risquait une déconfiture totale, en maintenant une promesse que les entreprises chargées des travaux auraient été incapables d’honorer.

    Le rapport remis le 18 avril par le préfet Cadot, fondé sur les études de SNCF Réseau montrait en effet l’extrême complexité de réaliser les travaux dans un réseau de transports aussi dense et selon des délais aussi courts (scénario un). Il penchait pour un scénario deux moins tendu, repris par le gouvernement (retrouvez le rapport ici).

    Le nouveau calendrier a fait l’objet de discussions avec les élus d’Ile-de-France et de Paris, a rappelé la ministre des Transports. L’Hôtel de Ville a d’ailleurs très vite réagi pour se réjouir du report du projet, tandis que l’Ile-de-France estimait que c’était « la seule décision raisonnable ». Même si, en fait, Valérie Pécresse souhaitait un scénario un peu moins contraignant que celui retenu. Quant à ADP, le plus fort soutien du projet, il avait compris depuis quelque temps que la cause était entendue.

    « La priorité du gouvernement va aux transports du quotidien, que ce soit en Ile-de-France ou partout ailleurs sur le territoire », a répété à plusieurs reprises Elisabeth Borne en ajoutant que cette décision ne remet pas en cause le projet lui-même. Selon elle, CDG Express est « indispensable » au développement de l’aéroport et plus largement de l’Ile-de-France.

    Les travaux de CDG Express ont d’ailleurs commencé depuis le début de l’année. Ils devraient se poursuivre cette année et l’année prochaine car ils seront sans conséquence, durant toute cette période, sur le RER B, indique-t-on côté SNCF Réseau. Ce n’est qu’après qu’il faudra modifier le calendrier du chantier. Des réunions seront prochainement organisées pour revoir le planning du chantier après 2020. Mais les principaux appels d’offre sont déjà lancés, et  le tronçon allant de Mitry à Aéroport de Roissy sera bientôt attribué, ont précisé le 4 juin Patrick Jeantet (PDG de SNCF Réseau) et  Guillaume Marbach (DG de SNCF Réseau Ile-de-France).

    Pour suivre les travaux, la ministre a demandé au préfet de mettre sur pied un observatoire de la qualité de service du RER B, ainsi qu’un comité de suivi des travaux en lien avec Ile-de-France Mobilités.

    Le coût du CDG Express revu à la hausse

    Conséquence de ce report, le coût du projet risque d’être revu à la hausse, de quelques dizaines de millions d’euros à une centaine de millions. « Nous sommes en train de procéder à un chiffrage précis, a indiqué Elisabeth Borne. Le coût de CDG Express (actuellement estimé à 1,8 milliard, hors coûts de financements) sera entièrement financé par ses futurs clients à hauteur de 60 % et par les passagers de l’aéroport à hauteur de 40 %. Le plafond prévu pour la taxe sur les billets d’avion sera suffisant pour absorber les surcoûts, il ne sera donc pas nécessaire d’y toucher », a-t-elle affirmé.

    Quant au contrat d’exploitation qui n’a toujours pas été signé avec Keolis et RATP Dev, les opérateurs retenus par le gouvernement à l’issue d’un appel d’offres pour exploiter les navettes de CDG Express, il tiendra compte de ce nouveau calendrier. Et pour offrir tout de même des conditions de desserte améliorées durant les JO, la ministre a demandé à la SNCF d’organiser un service ferroviaire spécifique direct sur le RER B entre CDG et Paris.

    Ce qu’il est possible de faire en été, du fait des vacances et la détente des services sur la ligne. Hypothèse sur laquelle SNCF travaille en fait depuis des mois. 

    Marie-Hélène Poingt

  • Elisabeth Borne demande un schéma national des RER métropolitains pour la fin 2019

    Elisabeth Borne demande un schéma national des RER métropolitains pour la fin 2019

    Augmenter la part du ferroviaire dans les zones denses, c’est l’un des objectifs de la loi d’orientation des mobilités (LOM) actuellement en discussion devant l’Assemblée nationale. D’où l’idée de créer des RER sur le modèle francilien dans toutes les grandes métropoles pour désaturer les nœuds ferroviaires, où d’impressionnants embouteillages de trains ont lieu au quotidien. A Bordeaux, où se déroule aujourd’hui un colloque organisé par SNCF Réseau sur le sujet, Elisabeth Borne est intervenue pour demander au gestionnaire des infrastructures de lui présenter d’ici au 1er janvier un schéma directeur national des RER métropolitains. Estimant que « le ferroviaire ne joue pas encore son rôle dans les métropoles régionales, que ce soit à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Strasbourg ou encore à Lyon », la ministre des Transports a annoncé vouloir mettre sur la table 2,6 milliards sur dix ans, dont la moitié apportée par l’Etat. « Cela vaudra aussi pour les grands corridors transfrontaliers », a-t-elle ajouté.

    Un « plateau de projet » pour définir l’exploitation

    Pour dessiner cette carte de France des nouveaux services ferroviaires, SNCF Réseau va faire le tour des régions. A Bordeaux, où la région et la métropole ont voté une résolution et demandé à Réseau d’activer des RER métropolitains, il a été décidé de créer d’ici juillet un « plateau de projet » réunissant les équipes de Réseau, de Mobilités, de la région et de la métropole pour définir les services à mettre en place. Un chef de projet devrait être désigné très rapidement côté SNCF Réseau, qui pilotera le groupe de travail.

    « Une fois que les services seront définis, nous pourrons décider des infrastructures à réaliser », a souligné Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, en précisant que les RER métropolitains doivent remplir plusieurs conditions : être cadencés, fréquents, desservir des gares pas trop éloignées les unes des autres, avec une forte amplitude horaire et être connectés aux autres modes de transport.

    La question du financement reste entière

    Cette première étape passée viendra le plus difficile : financer les projets. A Bordeaux, Patrick Bobet, le président de la métropole, évoque la somme de 200 millions d’euros pour lancer les RER métropolitains et de 600 millions d’euros pour les aménagements à réaliser au sud de la capitale girondine, travaux liés au projet GPSO. Des chiffres indicatifs en attendant d’affiner le projet, souligne-t-on du côté de SNCF Réseau. Ce dernier rappelle que le pacte ferroviaire ayant décidé que le gestionnaire des infrastructures ferroviaires ne financerait plus à l’avenir les projets de développement, ce seront aux collectivités de s’entendre pour compléter le tour de table.

    Marie-Hélène Poingt

  • L’Occitanie prend la voie de l’hydrogène

    L’Occitanie prend la voie de l’hydrogène

    Cap sur l’hydrogène. C’est le mot d’ordre de l’Occitanie qui vient de lancer son plan « Hydrogène vert » en le dotant de 150 millions d’euros sur dix ans. Il permettra de soutenir le lancement d’ici à 2024 de 20 stations de production et de distribution d’hydrogène vert (utilisant l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable) ainsi que l’acquisition de 600 véhicules roulant à l’hydrogène (utilitaires et légers). En espérant une montée en puissance avec une démultiplication des équipements d’ici à 2030, a indiqué Carole Delga, la présidente de la région en présentant ce plan le 22 mai.

    Trois trains à hydrogène en commande

    Choix emblématique, l’Occitanie est la première région à avoir pris la décision de commander des trains à hydrogène, a souligné la patronne de l’Occitanie. Un groupe de travail a été mis en place avec d’autres régions intéressées par le train à hydrogène (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grand Est, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Bretagne). Une liste qui pourrait s’allonger avec le temps.

    « Des expertises sont en cours pour déterminer combien de trains pourraient être commandés et sur quelles lignes ils pourraient circuler », précise Carole Delga, qui s’attend à un total d’une vingtaine de commandes. L’Occitanie a déjà décidé de commander trois trains Régiolis à hydrogène à Alstom, qui rouleront entre Montréjeau et Luchon. Cette ligne, fermée suite à des inondations en 2013, sera rouverte après travaux. 33 millions d’euros seront engagés à partir de cette année dans ce but. L’atelier d’Alstom de Tarbes, spécialisé dans les convertisseurs, en profitera, ajoute Carole Delga.

    Bientôt 25 bus hydrogène

    L’Occitanie veut aussi promouvoir les bus à hydrogène. Une dizaine circulent actuellement dans le Tarn. La présidente de la région estime qu’il y en aura plus de 25 dès 2020.

    Côté cars, elle compte lancer un appel à projets pour promouvoir la filière. En attendant, elle soutient des expérimentations de cars propres roulant au bioéthanol (par exemple dans le Gard, la région a lancé une ligne de cars roulant au bioéthanol ED95 issu du marc de raisin).

    Les usagers de véhicules légers ne sont pas oubliés. L’Occitanie va étendre l’éco-chèque mobilité au profit des taxis et des professionnels. Et pour donner l’exemple, même s’il relève plutôt du domaine du symbole, des véhicules à hydrogène seront intégrés dans la flotte des véhicules de service de la région.

    M.-H. P.

  • Regroupement européen pour booster la filière hydrogène

    Regroupement européen pour booster la filière hydrogène

    Lors du salon mondial de la mobilité électrique, EVS32, du 19 au 22 mai à Lyon, l’Union européenne a lancé la plateforme « Hydrogen Valleys » réunissant les quatre régions européennes Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), Normandie, Aragón et Pays-Bas du Nord. Ce groupement doit contribuer à la modernisation industrielle de ces régions dans le domaine de l’hydrogène et à l’accélération de la transition des technologies dans le secteur des mobilités. Des objectifs qui, selon la Commission européenne, devraient permettre « de soutenir l’innovation et développer au niveau (trans)régional des écosystèmes entre industries (PME, start-up), centres de recherche et universités ».

    Des partenaires et des fonds européens

    Copilote de l’opération, la région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé le système Zero Emission Valley (ZEV) et illustré cette démarche en officialisant la création d’Hympulsion, société dans laquelle elle a investi huit millions d’euros (33 % du capital), aux côtés de Michelin, Engie, la Banque des Territoires et le Crédit Agricole.

    Outre dix millions d’euros de l’Europe, Aura dispose également d’un budget de 40 millions d’euros pour inciter à l’achat de 1 000 véhicules à hydrogène avec un dispositif de subventions (de 2 700 à 8 600 euros/véhicule selon la consommation km/an et H2/an) abondées par des subventions européennes pour le projet ZEV (3 400 euros/vehicule), en plus du bonus écologique (6 000 euros). Objectif : ramener le coût d’un véhicule hydrogène à celui d’un diesel. Auvergne-Rhône-Alpes a aussi lancé un appel d’offres portant sur 200 vélos à hydrogène et dix bornes de distribution pour un montant de six millions d’euros.

    Claude Ferrero

  • La régularité du RER D se redresse

    La régularité du RER D se redresse

    Encourageant. Mais pas suffisant. C’est ce qui ressort du bilan établi par Transilien un peu plus de 5 mois après la refonte du service du RER D, lancé le 9 décembre : cette ligne, qui dessert l’Ile-de-France selon un axe nord-sud passant par le cœur de Paris, affiche une hausse de quatre points de sa ponctualité qui atteint désormais 87,7 % dans son ensemble. L’étoile de Corbeil au sud de la ligne, qui fonctionne aujourd’hui de manière autonome, affiche de son côté 92,6 % de taux de régularité.

    615 000 voyageurs par jour

    Le RER D part de loin. Il est soumis depuis des années à une forte pression : il accueille un trafic en plein boom (615 000 voyageurs par jour), en hausse de 30 % sur 15 ans, alors que le réseau est vieillissant. Le nouveau service avait donc pour objectif de renverser la tendance en revoyant la grille horaire (pour voir les horaires : https://www.transilien.com/lignes/rer-trains/rer-d) et en simplifiant l’organisation de la ligne, initialement composée de cinq branches avec un nœud ferroviaire à Corbeil.

    La nouvelle desserte mise en place a permis de réduire de cinq à trois le nombre de bifurcations et de créer deux systèmes étanches sur une même ligne. Même si les quatre premiers mois de l’année ont encore été difficiles (la SNCF rappelle avoir subi des « événements extérieurs », comme des colis suspects, des suicides… et reconnaît des « tensions » sur le matériel), les mesures prises ont non seulement permis d’améliorer la ponctualité mais aussi d’abaisser de 20 % le nombre de suppressions de trains sur la ligne.

    Aller plus loin

    « Ce nouveau SA était une première étape. Il faut maintenant aller plus loin », a commenté François Durovray, vice-président au bureau d’Ile-de-France Mobilités. « Nous allons continuer à travailler sur l’information voyageurs, la fiabilisation des correspondances et l’exploitation », répond Alain Krakovitch, le directeur de Transilien, qui compte aussi sur l’arrivée de trains neufs, dès cette année, sur les branches de la Vallée, de Malesherbes et du Littoral, pour améliorer les conditions de fonctionnement. Plus tard, les RER nouvelle génération attendus sur le reste de la ligne à partir de 2021 contribueront aussi à réduire le nombre d’incidents liés au matériel roulant. Un travail de longue haleine…

    M.-H. P.

  • Le train des primeurs approvisionnant Rungis provisoirement sauvé

    Le train des primeurs approvisionnant Rungis provisoirement sauvé

    Le dernier train qui approvisionne en fruits et légumes le marché de Rungis est sauvé sans doute au moins jusqu’à la fin de l’année ! Et plus longtemps si une solution pérenne est trouvée comme le demandent les pouvoirs publics. C’est ce qui a été décidé le 17 mai à l’issue d’une réunion organisée au ministère des Transports et réunissant tous les acteurs concernés par l’avenir de cette ligne de fret reliant Perpignan à Rungis : Fret SNCF, les principaux clients de la ligne (Rey, Rocca), les plateformes de Rungis et de Perpignan, les conseils régionaux d’Ile-de-France et d’Occitanie, les conseils départementaux des Pyrénées-Orientales et du Val-de-Marne et l’Ademe .

    Des wagons vétustes

    Ce train quotidien achemine annuellement quelque 140 000 tonnes de fruits et légumes du sud de la France vers Rungis. Le contrat liant Fret SNCF à Rey et Rocca arrivant à échéance le 30 juin, la question de son maintien a été posée en raison de la vétusté du matériel utilisé : des wagons réfrigérés en fin de vie après 40 ans de service. « Nous avons proposé à nos clients d’utiliser de nouveaux matériels, mais leur utilisation aurait été plus chère. Les clients nous ont alors indiqué qu’ils préfèrent passer par la route », explique-t-on du côté de Fret SNCF. Le renouvellement des wagons imposerait en effet un délai de deux ans avant leur mise en service et l’investissement a été chiffré à 20 millions d’euros. Un amortissement incertain, en raison du manque de visibilité à long terme pour les entreprises.

    Tollé chez les syndicalistes et les politiques

    Mais l’annonce du remplacement de ce train quotidien par une vingtaine de camions a provoqué un tollé, syndicats et responsables politiques s’indignant de cette décision. En Occitanie, la présidente de région Carole Delga a dénoncé un « non-sens économique et écologique » et annonce un comité de pilotage le 17 juin pour trouver une solution viable. En Ile-de-France, son homologue Valérie Pécresse a aussi indiqué que la région était « prête à se mobiliser financièrement pour réaliser les investissements qui seraient nécessaires pour contribuer à une solution pérenne et viable ».

    Une autoroute ferroviaire à l’horizon 2022 ?

    Pour trouver une solution ferroviaire pérenne, le ministère des Transports a déjà mis sur pied un groupe de travail qui va se réunir chaque mois jusqu’à la fin de l’année. Parmi les solutions envisagées, on évoque la mise en place d’une liaison en transport combiné, permettant de faire voyager les conteneurs sur des trains est envisagée. Puis, la mise en service « à l’horizon 2022 » d’une autoroute ferroviaire qui consisterait à placer les camions entiers sur des trains, entre Barcelone, Perpignan et Rungis.

    En attendant, la SNCF a proposé « de prolonger la liaison jusqu’à la fin de l’année aux conditions actuelles du contrat, échéance au-delà de laquelle les wagons seraient hors d’usage ». Reste à savoir si ses clients confirment leur intérêt. De son côté, le marché de Rungis s’est dit prêt il y a quelques jours à débourser 300 000 euros pour aider Roca et Rey à « louer temporairement » des wagons plus modernes. Le plus grand marché alimentaire frais du monde y a intérêt : sa gare a été modernisée il y a une dizaine d’années, grâce à un investissement de 20 millions d’euros réalisé avec la région, le conseil général et la SNCF.

    Marie-Hélène Poingt  

  • Concurrence – Sept opérateurs intéressés par les TER des Pays de la Loire

    Concurrence – Sept opérateurs intéressés par les TER des Pays de la Loire

    Satisfaction du côté de la région Pays de la Loire qui a clôturé le 10 mai l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en avril sur l’ouverture à la concurrence de ses TER : sept opérateurs ont répondu à son appel, première étape avant lancement d’un appel d’offres. Il s’agit de la SNCF, Transdev, RATP Dev, Arriva, Alstom, du loueur de trains Alpha Trains et du fonds d’investissement Centrus Investment, a indiqué à VRT Roch Brancour, le vice-président des Pays de la Loire, chargé des Transports.

    Un résultat numériquement comparable à celui obtenu par la région Provence-AlpeCôte-d’Azur quand elle avait lancé un AMI il y a un peu plus d’un an. Huit entreprises avaient alors répondu après le désistement de Keolis et de MTR.

    Un nouveau venu sur les rangs

    Quatre entreprises ont répondu aux deux AMI : Transdev, RATP Dev, Arriva et Alpha Trains. On retrouve en plus cette fois-ci Alstom (mais pas Bombardier alors que le constructeur avait manifesté son intérêt pour le dossier Paca). Et un nouveau venu fait son apparition : Centrus Investment. Enfin, la SNCF se met clairement sur les rangs, alors qu’il y a un an et demi, alors en conflit ouvert avec la région Paca à propos du contrat TER, elle s’était abstenue.

    « Nous allons envoyer à ces entreprises un questionnaire détaillé de dix pages portant sur huit thématiques. Le fait qu’elles se soient portées candidates les oblige à nous répondre de manière très qualitative », explique Roch Brancour. La région, de son côté, leur enverra aussi de la documentation sur le réseau. « Nous avons réussi à obtenir un grand nombre de données, suffisantes pour lancer cet AMI. La SNCF a joué le jeu », précise l’élu, en indiquant que les enseignements seront tirés cet automne.

    Une aide à la décision

    La région compte en effet utiliser les informations et propositions qu’elle recevra pour décider des lots qu’elle ouvrira à la concurrence et pour élaborer son cahier des charges. La convention actuelle, en vigueur jusqu’en 2023, autorise déjà à ouvrir 13 % du réseau, mais les Pays de la Loire n’excluent aucune hypothèse pour l’avenir, y compris celle d’aller au-delà. 

    L’objectif pour la région est avant tout d’augmenter significativement l’offre de transport à coûts constants, tout en ayant une meilleure qualité de service, rappelle Roch Brancour qui en attend une augmentation significative de la fréquentation des trains.

    M.-H. P.

    Lire aussi : Les Pays de la Loire n’excluent pas d’ouvrir totalement leur TER à la concurrence

  • Collision de Millas : le BEA-TT exonère la SNCF

    Collision de Millas : le BEA-TT exonère la SNCF

    Epilogue d’une affaire douloureuse, le 17 mai, le Bureau d’enquête sur les accidents de transports terrestres (BEAT-TT) a rendu ses conclusions sur les causes de l’accident, qui avait coûté la vie à six adolescents et blessé gravement 18 autres personnes en décembre 2017, lors de la collision d’un autocar scolaire et d’un TER sur le passage à niveau de Millas dans les Pyrénées-Orientales.

    Alors que la conductrice avait mis en cause le fonctionnement des barrières, et avait été soutenue par son entreprise, puis par une pétition en ligne, les enquêteurs ont démontré « qu’il n’y a pas eu de dysfonctionnement de la circulation ferroviaire, ni dans le déclenchement des équipements du PN 25 ». Ils donnent ainsi raison à la SNCF, qui – fait rare – avait très vite réagi, laissant entendre que les équipements avaient correctement fonctionné.

    La conductrice mise en cause

    Les experts pointent la responsabilité de la conductrice. Ils estiment en effet que « la cause directe de cet accident est le non-arrêt de l’autocar au passage à niveau malgré les feux rouges clignotants et la barrière qui l’imposaient ». Le scénario « le plus probable », poursuivent-ils, « est la non-perception par la conductrice de l’état fermé du passage à niveau malgré la signalisation en place ».

    Quelques jours avant la publication de ce rapport, la ministre des Transports avait annoncé le 3 mai, un plan d’action pour améliorer la sécurité aux passages à niveau. Se basant sur un rapport commandé peu après le drame à Laurence Gayte, députée LREM de la circonscription où avait eu lieu l’accident, Elisabeth Borne propose d’augmenter de 40 % les moyens consacrés à la sécurisation des passages à niveau en portant les crédits de 32 millions d’euros en 2018 à 45 millions d’euros en 2022. Ce qui permettra notamment d’augmenter de 30 % le nombre de passages à niveau « qui sont simplement signalés sur la route mais qui ne sont pas protégés et qu’on va équiper avec des barrières automatiques », avait alors expliqué Elisabeth Borne.

    Avant tout des accidents de la route

    Rappelons que 42 personnes ont perdu la vie dans des accidents à des passages à niveau en France en 2017, puis 16 en 2018. La quasi-totalité des accidents de passage à niveau est imputable au non-respect de la signalisation routière, rappelle le ministère des Transports.

    M.-H. P.

    Pour consulter le rapport du BEA-TT : c’est ici

    Pour le rapport de Laurence Gayte sur l’amélioration de la sécurité des passages à niveau,  lire ici