Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Réforme ferroviaire : les syndicats réformistes sur plusieurs fronts

    Réforme ferroviaire : les syndicats réformistes sur plusieurs fronts

    Après avoir fait part de ses réticences, l’Unsa a finalement accepté de participer à la consultation proposée par la CGT pour tenter de relancer la mobilisation contre la réforme ferroviaire. L’intersyndicale cheminote (CGT, SUD-Rail, Unsa et CFDT) qui s’est réunie le 9 mai en a ainsi validé le principe. La consultation, qui aura lieu dans le cadre des assemblées générales (AG) mises en place pour décider des suites de la grève, sera organisée du 14 au 21 mai. Elle s’adressera aux 150 000 cheminots – mais en réalité plutôt à ceux qui viennent aux AG – et leur posera la question suivante : « Etes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? »

    Les organisations syndicales sont en effet confrontées à l’essoufflement du mouvement de grève lancé deux jours sur cinq depuis début avril (mercredi, le nombre de grévistes est passé pour la première fois sous la barre des 15 %, même si le nombre de conducteurs grévistes est toujours élevé : plus de 50 %). L’initiative proposée par la CGT-Cheminots s’inspire du référendum organisé à Air France sur les propositions de la direction pour sortir du conflit, qui a abouti le 4 mai à la démission du président de la compagnie Jean-Marc Janaillac. Pour éviter toute comparaison, l’Unsa Ferroviaire et la CFDT-Cheminots se sont opposés à l’appellation « référendum » comme le proposait la fédération cégétiste, pour lui préférer le nom de « Vot’Action ». « Ce n’est pas un référendum. Un référendum est organisé par l’entreprise qui utilise les listes de tous les personnels. Nous allons organiser une consultation syndicale et donc cela n’aura de valeur que par rapport aux personnes qui se seront exprimées. Nous souhaitons ainsi contrecarrer les propos du président de la SNCF qui affirme que seuls 20 % des cheminots sont en grève et que 80 % soutiennent la réforme », explique à VR&T Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire.

    Ainsi, l’unité syndicale a encore une fois pu être préservée. « L’unité syndicale est toujours d’actualité », a affirmé Laurent Brun, le secrétaire national de la CGT-cheminots, à l’issue de la réunion de l’intersyndicale. Pour Bruno Poncet, de SUD-Rail, le lancement du « Vot’Action » est « un moyen donné à nos collègues d’exprimer leur opposition à cette réforme ».

    Interrogé par Le Parisien du 11 mai, Guillaume Pepy a estimé que ce référendum n’aura « aucune » légitimité, le Parlement ayant seul le pouvoir de décider. « La réforme ferroviaire est un sujet qui ne concerne pas que l’entreprise mais tous les Français et qui sera tranché par les élus nationaux dans quelques semaines. Personne ne peut confisquer le débat et le vote au Parlement », a expliqué le patron de la SNCF.

    Selon lui, le projet de réforme ferroviaire arrive désormais à un moment « charnière ». Après avoir suspendu leur participation aux rencontres organisées par la ministre des Transports, l’Unsa et la CFDT ont participé à une réunion avec Elisabeth Borne, concernant les amendements au projet de loi, ce qui est « une avancée », juge Guillaume Pepy. Pour Roger Dillenseger, qui a présenté à la ministre la trentaine d’amendements proposés par son syndicat, « il y a une écoute positive à des sujets concrets ». Selon lui, « les postures ont évolué sur les questions de transfert de personnel, la rémunération et même la gouvernance ». Sur le fond, il n’en dit pas plus, renvoyant à des nouvelles réunions de travail.

    Un premier pas vers la sortie de crise pour les syndicats réformistes ? « On travaille à sortir proprement du conflit avec des garanties à la sortie », a encore indiqué Roger Dillenseger, expliquant vouloir « aller positivement dans cette réforme, pour la transformer en une réforme efficace ».

    Par ailleurs, d’ici le passage du projet de loi au Sénat fin mai, « le Premier ministre va également annoncer des mesures de désendettement, ainsi que des investissements supplémentaires », a rappelé Guillaume Pepy, qui de son côté présentera « l’ensemble de l’agenda social lié aux questions de l’après-statut à partir de 2020 ». L’objectif, a-t-il ajouté, « n’est pas d’avoir des cheminots au rabais et de jouer au dumping social » .

    D’ici là, la journée du 14 mai, qui était initialement prévue par les organisations syndicales comme une journée sans cheminots, a été revue à la baisse : les syndicats appellent à une très forte mobilisation ce jour-là. Pas la peine d’organiser « un fiasco », pour reprendre les termes d’un syndicaliste, mieux vaut être réaliste et maintenir la pression sur le gouvernement pour obtenir des garanties.

    M.-H. P.

  • Smovengo propose une issue à la crise des Velib’

    Smovengo propose une issue à la crise des Velib’

    « La situation est mauvaise, pas acceptable », a reconnu le 3 mai Jorge Azevedo, le directeur général de Smovengo, la société qui a repris à JCDecaux, depuis le début de l’année, l’exploitation du vélo en libre service Vélib’ dans des conditions catastrophiques. Mi-avril une grève d’une partie de ses employés a contribué à paralyser un peu plus le service déjà perturbé par de multiples dysfonctionnements. Sommé par les élus de la Ville, de la Métropole du Grand Paris et du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole de leur présenter un plan de sortie de crise, Smovengo a donc présenté un programme en trois temps.

    Premier axe : Smovengo s’est engagé à retirer et remplacer les quelque 3 000 vélos sur les 9 000 déployés, qui ne sont pas « fonctionnels ». Cela devait être fait dès cette semaine. Autre décision : l’arrêt d’ouverture de stations fonctionnant sur batteries, mises en place pour pallier les problèmes de raccord au circuit électrique car elles posent trop de problèmes de maintenance. « Désormais, toutes les nouvelles stations seront électrifiées », a annoncé Jorge Azevedo. Le rythme d’électrification des stations s’est intensifié, a aussi indiqué Smovengo : 300 stations sont aujourd’hui raccordées au réseau sur 670 stations ouvertes.

    Par ailleurs, la société Smovengo (composée des Français Mobivia, Indigo et de l’Espagnol Moventia) a décidé de stopper deux innovations qui étaient emblématiques du service et représentaient un saut technologique par rapport au Vélib’ de Decaux : d’une part, elle retire temporairement les vélos à assistance électrique en attendant que l’ensemble des stations soient totalement électrifiées. D’autre part, elle suspend son dispositif d’accroche des vélos qui permettait de laisser un vélo en station même quand celle-ci n’avait plus de places disponibles. Son fonctionnement n’a pas été bien compris et risquait de saturer les stations, reconnaît Smovengo qui annonce par ailleurs un renforcement de son dispositif de communication envers les usagers, conformément à la demande des élus de la métropole. Ce qui passe par des « ambassadeurs » envoyés dans les stations, de nouveaux supports de communication et une pédagogie renforcée vis-à-vis des utilisateurs.

    L’objectif pour la fin juin est d’avoir 800 stations à 80 % électrisées. On sera alors encore loin des 1 400 stations qui étaient attendues pour la fin mars. La mise en place du projet dans sa totalité et avec toutes ses fonctionnalités est repoussée à moyen terme par le biais d’un « plan de redéploiement », une fois le fonctionnement du service « stabilisé ».

    M.-H. P.

  • « Le Premier ministre assume notre grève »

    « Le Premier ministre assume notre grève »

    Le Premier ministre a reçu tour à tour le 7 mai des délégations Unsa, CGT, CFDT, SUD-Solidaires, FO, accompagnées de leurs responsables confédéraux. Didier Aubert, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, explique ce qu’il en a retenu et comment il compte peser sur la réforme ferroviaire qui doit être examinée fin mai par le Sénat.

    Ville, Rail & Transports. Que retenez-vous de ce que vous a dit le Premier ministre en recevant ce matin les organisations syndicales ?
    Didier Aubert. Nous n’avons pas senti une volonté de sa part de faire cesser la grève. Nous assumons la grève, le gouvernement semble l’assumer aussi… Nous aurions préféré négocier avant que le projet de loi n’arrive sur la table. Mais le problème, c’est qu’il n’y avait pas de contenu, juste une tête de gondole !

    Aujourd’hui, Edouard Philippe nous dit de travailler avec les services du ministère des Transports et de lui faire passer des amendements « utiles » (c’est son terme !).

    VR&T. Quelles réponses avez-vous reçues à vos questions sur la reprise de la dette de la SNCF ?
    D. A. Le Premier ministre nous a simplement dit que l’Etat reprendrait, entre 2020 et 2022, une part conséquente qui ne sera ni la totalité, ni le minimum. Selon moi, cela pourrait être aux alentours des deux tiers du total.

    Il nous a également indiqué qu’il nous recevrait de nouveau vers le 24 ou le 25 mai. Comme ce sera après la notification de Bruxelles sur la dette de la France, prévue le 23 mai, c’est peut-être à ce moment-là qu’il indiquera quel montant de dette peut être repris par l’Etat.
    VR&T. Qu’allez-vous faire maintenant ?
    D. A. Nous constatons qu’aujourd’hui, la mobilisation n’a pas permis de renverser les trois principes décidés par le gouvernement : l’ouverture à la concurrence, la fin du statut pour les futurs embauchés de la SNCF et le changement de statut de l’entreprise. Malgré cela, nous entendons aller jusqu’au bout pour mobiliser les cheminots et engranger tout ce que nous pourrons dans le rapport de force que nous avons engagé.

    Nous essayons d’être pragmatiques. Nous allons continuer notre travail comme nous l’avons déjà fait devant l’Assemblée nationale en proposant des amendements. Nous allons déposer une quarantaine d’amendements auprès du ministère des Transports avec lequel nous allons travailler. Nous allons aussi continuer à rencontrer les groupes parlementaires au Sénat.

    VR&T. Quelles sont vos principales propositions ?
    D. A. Nous souhaitons travailler sur le transfert des salariés en prévoyant une option de refus de transfert. Si la mariée est belle, il n’y a pas de raisons de refuser. Mais comme aujourd’hui on saute dans l’inconnu, on ouvre à la concurrence sans en connaître les modalités et que l’on supprime le statut sans avoir le modèle de substitution, nous souhaitons consolider l’ensemble des points. Nous visons un haut niveau pour la future convention collective nationale afin qu’elle soit un marqueur social fort, identique pour tous.

    Nous voulons notamment consolider les parcours professionnels dans la branche en conservant l’ancienneté et les conditions sociales. Nous voulons travailler sur les qualifications et les métiers pour qu’ils soient reconnus par toutes les entreprises de la branche. Ou encore transformer la caisse de prévoyance en caisse de branche, ce qui serait de nature à sécuriser les cheminots et permettrait de prendre en compte leur ancienneté quels que soient leurs parcours. Nous demandons aussi que les facilités de circulation soient universellement reconnues par toutes les entreprises ferroviaires opérant en France.

    VR&T. Comment s’annoncent les discussions pour mettre au point les nouvelles conditions sociales ?
    D. A. L’UTP et la SNCF ont 15 jours pour déterminer un agenda social avec les organisations syndicales. Si l’UTP ne consacrait pas qu’une réunion par mois à mettre au point des positions communes, on avancerait plus vite. Il faut que le gouvernement mette la pression sur l’UTP.

    Pour nous, il n’est pas question de discuter avec la SNCF sur un contrat d’entreprise avant qu’on ne soit fixé sur ce qu’on met dans la convention collective nationale.

    Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT

  • Après la rencontre avec le Premier ministre, la grève à la SNCF continue

    Après la rencontre avec le Premier ministre, la grève à la SNCF continue

    La rencontre organisée le 7 mai par le Premier ministre ne changera pas le cours du conflit engagé depuis le 3 avril par les cheminots opposés à la réforme ferroviaire. Edouard Philippe n’a en effet fait aucune annonce permettant d’esquisser une sortie de crise, mais a au contraire rappelé que le gouvernement ne reviendrait pas sur trois grandes décisions validées « à une très large majorité » par l’Assemblée nationale : l’ouverture à la concurrence, la fin du recrutement au statut à partir du 1er janvier 2020 et le changement du statut de l’entreprise à la même date.

    Attendu sur la dette, il s’est borné à confirmer que « l’Etat prendrait ses responsabilités« . Mon objectif, a-t-il dit, « est que la reprise de dette permette au groupe public d’être à l’équilibre économique à la fin du quinquennat : à partir de 2022, la SNCF ne doit plus perdre d’argent chaque année« .

    Le Premier ministre a toutefois reconnu que l’Etat devrait « sans doute aller plus loin pour financer notamment des travaux de modernisation et de signalisation qui conditionnent la qualité du service et la régularité des trains« . Mais sans en préciser le montant. Et il a invité les organisations syndicales à proposer encore des amendements en indiquant qu’il les recevrait de nouveau vers le 24 ou le 25 mai.

    L’Unsa, première organisation syndicale à être reçue par Edouard Philippe, a indiqué par la voix de Luc Bérille, son secrétaire général, que le Premier ministre avait annoncé de « nouvelles discussions » sur la réforme fin mai à Matignon, à peu près au moment où le Sénat débutera l’examen du texte législatif (le 23 mai). Mais a-t-il regretté, il n’a pas donné de « garanties suffisamment précises » sur la suite.

    « Pour nous la grève continue », a lancé de son côté Laurent Brun, de la CGT-Cheminots, à l’issue de son entretien. « On ressort motivés pour continuer, puisque le Premier ministre n’a pas dit autre chose que ce qu’il avait dit avant qu’on rentre », a résumé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

    « Toutes les réponses qui nous sont soumises ne sont pas de nature à arrêter la grève », a renchéri Erik Meyer pour SUD-Rail qui demande « un autre pacte ferroviaire ». Selon lui, « on aurait tendance à penser que le gouvernement joue le pourrissement ».

    Quant à la CFDT, par la voix de Didier Aubert, son secrétaire général (voir entretien ci-après), elle affirme vouloir poursuivre la grève, mais elle se veut « pragmatique » : elle continuera à travailler pour obtenir un cadre social des cheminots de haut niveau, et a annoncé qu’elle déposerait « une quarantaine d’amendements » en vue de l’examen du projet au Sénat.

    A l’appel de SUD-Rail, qui prône une mobilisation plus large, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à proximité de Matignon, pour « soutenir les collègues reçus par le Premier ministre » et montrer « la motivation » des cheminots, avant de faire irruption dans la gare Montparnasse et d’en être repoussés par des CRS, dans un climat tendu. Ils se sont ensuite déplacés à la gare de l’Est, avant de rejoindre la gare du Nord où ils ont été à chaque fois dispersés par les CRS. Cet après-midi, une intersyndicale doit se réunir pour discuter de la rencontre avec le Premier ministre et de la position à tenir.

    M.-H. P.

  • Elisabeth Borne trace les grandes lignes du plan de relance du fret ferroviaire

    Elisabeth Borne trace les grandes lignes du plan de relance du fret ferroviaire

    Le gouvernement prépare un énième plan pour relancer le fret ferroviaire, dont la part modale a été divisée par deux depuis 1990. Pour faire le point après les travaux lancés depuis cet automne par le groupe de travail Fret+ et les différentes réunions organisées dans le cadre du « nouveau pacte ferroviaire » voulu par le gouvernement, Elisabeth Borne a réuni le 3 mai les acteurs du secteur. Une cinquantaine de ses représentants étaient présents (entreprises ferroviaires, clients, organisations professionnelles, associations, élus ou encore autorité de régulation), mais pas les organisations syndicales qui ont boudé cette rencontre reprochant à la ministre des Transports de ne pas engager de réelles négociations sur les différents points de la réforme et furieux de l’annonce de la filialisation de Fret SNCF.

    La ministre des Transports qui devrait présenter ses conclusions au Premier ministre le 16 mai a déjà esquissé les grands axes de son plan. Le gouvernement affirme vouloir soutenir spécifiquement le réseau ferroviaire dédié au fret pour en améliorer la qualité, en affectant tout particulièrement des moyens financiers sur les lignes capillaires et en développant des services de ferroutage et d’autoroutes ferroviaires en liaison avec les pays européens voisins.

    Les exploitants ferroviaires que nous avons interrogés estiment que l’effort doit porter non seulement sur le réseau capillaire, mais aussi sur les voies de service et les voies de triage. Mais surtout, ils demandent une stabilisation des péages ferroviaires alors que le contrat Etat-SNCF Réseau prévoit une hausse de 6,9 % par an sur la période 2017-2026. C’est le deuxième axe sur lequel la ministre des Transports veut travailler puisqu’elle affirme que « le gouvernement souhaite remettre à plat cette trajectoire des péages fret pour la rendre soutenable tout en maintenant des objectifs ambitieux en matière d’amélioration de la qualité de service ».

    Le gouvernement parviendra-t-il à convaincre l’Arafer, qui défend plutôt un principe de tarification fondé sur la tonne-km ? « Le principe de tarification voulu par l’Arafer remettrait en cause tous les efforts mis en œuvre pour améliorer les performances surtout dans le transport combiné qui subit un surcoût du fait des transbordements de marchandises. Or le transport combiné est l’une des activités les plus dynamiques du secteur. Ce principe de tarification rendrait également beaucoup plus cher les marchandises transportées par des trains longs de plus de 800 mètres qui sont justement utilisés pour diminuer les coûts », estime une source côté Fret SNCF.

    Il apparaît de toute façon nécessaire que le gouvernement maintienne ses subventions en faveur du fret ferroviaire. Un effort estimé par certains professionnels à quelque 200 millions d’euros annuels. Sur le montant de la participation publique, rien n’est acquis même si la ministre des Transports a simplement admis qu’il faudra encore aider le secteur, particulièrement le transport rail-route, mais sans en préciser les modalités.

    Enfin, Elisabeth Borne a indiqué que le gouvernement chercherait à encourager les innovations technologiques permettant d’améliorer le fonctionnement du fret ferroviaire et donc de favoriser son développement : suivi des marchandises, amélioration de la sécurité, optimisation de la maintenance, nouveaux services pour les clients…

    En attendant, la ministre des Transports tente de minimiser les effets sur le secteur de la grève à répétition organisée par les organisations syndicales de la SNCF opposée à la réforme ferroviaire. Le trafic est fortement diminué les jours de grève et les trains annulés ne peuvent pas être reportés sur les jours sans grève, rappelle Elisabeth Borne qui a demandé aux préfets d’organiser « des réunions d’anticipation avec la SNCF et les acteurs économiques pour identifier les secteurs les plus sensibles ». Le ministère des Transports a également pris certaines mesures comme la levée de l’interdiction de circulation des poids lourds pour la journée du 8 mai et a demandé l’examen des situations locales pour la journée du 10 mai. « De manière générale, les préfets de zones sont habilités à prendre les mesures proportionnées visant à faciliter le trafic de poids lourds. Des souplesses sur les contraintes de stockage sont également accordées par les services de l’Etat », indique le ministère.

    Enfin, parmi les autres mesures, SNCF Réseau a mis en place un « guichet unique » chargé de répondre 24h/24 aux demandes des industriels et des transporteurs pour adapter ses plans de transport en temps réel et utiliser au maximum les capacités disponibles. « On a constaté une forte mobilisation des cadres de SNCF Réseau à tenir des postes à des endroits clés », raconte-t-on du côté de l’Association française du Rail. Conséquence de ces mesures, mais aussi d’un tassement de la participation à la grève, si 30 à 35 % des trains de fret circulaient au début du conflit, ce taux était remonté à 60 % ces derniers jours, selon l’Afra.

    M.-H. P.

  • « La location de trains permet d’organiser une concurrence juste et équitable »

    « La location de trains permet d’organiser une concurrence juste et équitable »

    Dans la perspective de l’ouverture à la concurrence des TER, le loueur de trains, Alpha Trains, vient de créer une filiale en France. Vincent Pouyet, qui était auparavant directeur des ventes chez Bombardier France, a pris la tête d’Alpha Trains France. Il explique à Ville, Rail & Transports ses objectifs.

     

    Ville, Rail & Transports. Alpha Trains arrive en France avec quelles ambitions ?
    Vincent Pouyet. Alpha Trains est le leader européen de la location de trains. Notre flotte comporte 370 locomotives et 435 trains voyageurs (principalement des automotrices diesel et électriques, et principalement des trains régionaux de toutes capacités) qui circulent dans 15 pays en Europe. Ce qui représente un actif d’une valeur de plus de 2,5 milliards d’euros.
    Le marché des trains régionaux se prête bien à la location. Ce modèle a démontré sa pertinence en Allemagne avec l’ouverture à la concurrence. Nous souhaitons dupliquer ce succès en France, où le marché ferroviaire de voyageurs est le deuxième d’Europe.

     

    VR&T. Comment réagissent les régions à votre arrivée ?
    V. P. Nous avons commencé à prendre des contacts avec les autorités régionales pour leur expliquer que notre système de location est simple et efficace. Nous voulons les écouter pour comprendre leurs besoins. De leur côté, elles se montrent intéressées et cherchent à savoir comment fonctionnent les autres modèles européens. Elles vont en effet devoir fortement s’impliquer pour ouvrir leurs TER à la concurrence.

     

    VR&T Quels sont vos arguments pour les convaincre ?
    V. P. Nous achetons nous-mêmes nos trains aux meilleurs prix, grâce à nos vingt années d’expérience et à nos relations suivies avec les constructeurs. Nous apportons notre expertise technique et financière et nos contrats prennent en compte la durée de vie complète du train (qui est d’environ 30 ans). Nous prenons en charge les coûts d’acquisition et de gestion (suivi de la flotte, configuration, gestion documentaire, mise à niveau des rames, éventuellement les programmes de rénovation…). A la fin du contrat, nous reprenons le matériel et nous occupons de sa relocation éventuelle.

    L’intérêt pour les régions est conséquent : elles peuvent s’appuyer sur notre expertise et nous assumons le risque technique de performance et le risque financier. Les régions ne s’endettent pas et ne prennent pas de risques.

    Cette solution permet aussi d’organiser une concurrence juste et équitable. Quand des lignes sont mises en concurrence, il ne faut pas que le sujet du matériel soit un avantage pour l’un ou l’autre des opérateurs.

     

    VR&T. Etes-vous intéressés par d’autres marchés que les TER ?
    V. P. Nous nous intéressons d’abord aux trains régionaux. Nous nous intéresserons au cas par cas aux autres marchés. Mais les trains de banlieue et les trains à très grande vitesse sont très spécifiques et se prêtent moins à un modèle de location. Nous assumons l’intégralité du risque performances et de reprise du matériel. Or, si à l’échelle du transport régional, les reprises de matériels sont évidentes, pour les trains à grande vitesse, ce n’est pas encore clair.

    Propos recueillis par Marie Hélène POINGT

  • Il ne faudrait pas que la grève détourne durablement les voyageurs des trains

    Il ne faudrait pas que la grève détourne durablement les voyageurs des trains

    Le directeur général adjoint de la SNCF a annoncé avant-hier que 100 000 places de TGV restaient à vendre les 18 et 19 avril, en pleine période de vacances scolaires. Le groupe cherche désormais à convaincre les voyageurs de remonter à bord des trains.

    Ville, Rail & Transports : Malgré les grèves à répétition qui s’annonçaient très perturbatrices, la SNCF a pour le moment bien géré -et tenu- le planning des circulations des trains et l’information voyageurs. Avez-vous adopté de nouvelles méthodes ?

    Mathias Vicherat : Ce qui a changé par rapport à d’autres conflits, c’est que nous nous sommes engagés à publier l’intégralité du plan de transport chaque veille de journée de grève, à 17h. Nous connaissons alors tous les trains disponibles et nous nous adaptons en permanence, en fonction des jours, des besoins et des réservations. Un exemple : les 7 et 8 avril, week-end de départ en vacances, nous avons donné la priorité aux TGV, notamment aux TGV Méditerranée. En semaine, nos renforts vont plutôt sur les relations domicile-travail, prioritairement les TGV Paris-Lille ou Paris-Rennes, et bien sûr sur les Transilien. Hier et aujourd’hui par exemple (les 18 et 19 avril, ndlr)n un Transilien sur 2 circulait.

    De plus, nous disposons des coordonnées de 95 % des voyageurs qui avaient fait une réservation un jour de grève (ce taux était de 60 % il y a 3 ans), nous avons donc pu engager une démarche pro-active pour les informer et leur indiquer si leur train était garanti ou pas.

    Tout cela a permis aux voyageurs de ne pas se retrouver par centaines dans les gares à attendre des trains qui n’arrivaient pas forcément. Il n’y a donc pas beaucoup de monde dans les gares les jours de grève.

    Un sondage que nous avions commandé et qui est sorti il y a une petite semaine montrent que 71 % des Français jugent que la SNCF gère bien la situation. C’est très positif.

    VR&T : Mais aujourd’hui, la conséquence, c’est que les voyageurs ont déserté les gares et se sont tournés vers d’autres modes. Vous annonciez hier 100 000 places libres encore vendre dans les 48 heures dans les TGV. Comment faites-vous pour inciter les voyageurs à revenir ?

    M. V. : C’est vrai, une partie de nos clients se sont organisés différemment. Par exemple sur IDVROOM qui fait partie du groupe SNCF, les réservations ont été multipliées par 20 !Cela montre que nous avons réussi à proposer à nos clients des solutions alternatives. Mais l’enjeu aujourd’hui est de les ramener vers le train. Nous avons par exemple lancé une campagne de tarifs Prem’s à 25 euros sur une dizaine de destinations en avril pour rendre le train attractif.

    Nous avons ré-ouvert à la réservation tous les trains, y compris durant les jours de grève. Jusque-là, nous avions fermé les réservations par principe de précaution car nous ne voulions pas faire de sur-promesses, ni nous retrouver avec des trains archi-bondés. Mais nous n’avons jamais été amenés à modifier nos plans de transport.

    Aujourd’hui nous savons que nous pouvons anticiper la disponibilité du matériel pendant les jours de grève. Le principe c’est qu’un train ouvert à la réservation est un train garanti.

    VRT : Combien de places avez-vous finalement vendu sur les 100 000 disponibles ? Et le manque à gagner est-il de ce fait encore plus important que prévu ?

    M. V. : Je ne connais pas encore le chiffre, ni le montant de ce manque à gagner. On estime actuellement le coût de la grève à 20 millions d’euros par jour. Ce qu’il ne faudrait pas, c’est que la grève conduise à un détournement durable du train.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

  • « La question de la compétence de SNCF Réseau se pose clairement  »

    « La question de la compétence de SNCF Réseau se pose clairement »

    Situation catastrophique en Nouvelle-Aquitaine! En seulement un mois, la région a vu fermer trois lignes ferroviaires en raison de la dégradation des infrastructures. Le 1er mars, SNCF Réseau informait en effet le conseil régional de sa décision d’interrompre les circulations entre Pompadour et Objat sur la ligne Limoges Brive-la-Gaillarde. Raison invoquée : une dégradation de la plateforme aux environs de Vignols.

    Deux semaines plus tard, c’était au tour de la liaison Angoulême-Saillat-Chassenon (sur la ligne Angoulême-Limoges) d’être fermée à la circulation pour cause d’affaissements constatés en février sur la voie. Fin mars, la région apprenait l’interruption des circulations des trains entre Bayonne et Saint-Jean-Pied-de-Port après la détection d’un fontis entre Bayonne et Béhéréharta. Or, la région venait juste de dépenser 63 millions d’euros, versés ces dix dernières années pour réaliser la « complète régénération » de la ligne.

    « Une situation inacceptable », dénonce Renaud Lagrave, le vice-président régional chargé des Transports en Nouvelle-Aquitaine, qui s’interroge sur la «compétence » de SNCF Réseau. Entretien.

    Ville, Rail & Transports : Comment expliquez-vous cette succession de fermetures de lignes ?

    Renaud Lagrave : Les sous-investissements de SNCF réseau sont récurrents. Particulièrement en Nouvelle-Aquitaine, même si nous ne sommes pas les seuls concernés. Dans notre région, des lignes n’ont pas été renouvelées depuis une bonne soixantaine d’années. Nos TER subissent ainsi 30 % de plus d’irrégularités liées aux défaillances d’infrastructures par rapport au reste de la France.

    Nous nous inquiétons de la multiplication des limitations temporaires de vitesse qui concerneront 300 km de lignes d’ici la fin de l’année. Celles-ci pénalisent les 2,2 millions de voyageurs empruntant chaque année les 725 km de lignes qui sont considérées par le gestionnaire d’infrastructure comme « en mauvais », voire « très mauvais état ». Pourtant, SNCF Réseau ne répond plus à nos demandes. Ni au niveau régional, ni au niveau national.

    VR&T : Ces fermetures n’étaient-elles pas prévisibles ?

    R. L. : Une anecdote est éclairante : il y a plus une quinzaine de jours, j’étais en réunion avec le directeur régional de SNCF Réseau, qui m’annonce un surcoût de 4 millions d’euros pour les travaux réalisés et terminés en 2015 sur la ligne Bayonne-Saint-Jean-Pied-de-Port. Or, nous avions financé 63 millions d’euros pour cette ligne. J’ai refusé de couvrir ce surcoût. Une heure plus tard, j’apprends que cette ligne allait fermer car SNCF Réseau venait de découvrir un affaissement des voies ! Non seulement, ils le découvrent mais en plus ils ne sont même pas fichus de me le dire en face ! La question de la compétence du gestionnaire d’infrastructure se pose clairement. Aujourd’hui, il y a une vraie rupture de confiance avec SNCF Réseau.

    VR&T : Quels moyens mettez-vous en faveur du réseau ferré ?

    R. L. : La Nouvelle-Aquitaine est fortement mobilisée pour l’entretien et la régénération de son réseau ferroviaire. Depuis deux CPER (Contrats de plan Etat-Région, ndlr), nous avons décidé de participer à la régénération du réseau.La région va donc au-delà de ses compétences. Et malgré nos efforts, nous nous retrouvons dans une situation où on ferme des lignes.

    De plus, nous versons annuellement 60 millions d’euros de redevances à SNCF Réseau. Mais personne ne sait où ils vont, il n’y a aucune transparence.

    Quand des travaux sont lancés, nous avons aussi la mauvaise surprise de constater que SNCF Réseau revoit systématiquement à la hausse ses prestations. Tout est fait pour nous décourager de lancer des travaux sur le réseau.

    VRT : Pourquoi, selon vous ?

    R. L. : Nous sommes entrés dans une période de flottement : après la publication des rapports Duron et Spinetta et avant le futur pacte ferroviaire et la future loi d’orientation sur les mobilités (la LOM). Dans cet entre-deux, nous avons l’impression que SNCF Réseau en profite pour fermer des lignes -des lignes capillaires de fret, des lignes de voyageurs-, à chaque fois pour différentes raisons.

    VRT : L’État pourrait être tenté de transférer la responsabilité de la fermeture des lignes TER aux régions…

    R. L. : On nous dit qu’on ne peut pas décider de Paris quelles lignes doivent être fermées en région. Dans notre région, les lignes UIC 7 à 9, souvent appelées à tord petites lignes, représentent 60 % du réseau ferré. Si l’État ne nous aide pas, je ne vois pas comment on pourrait remettre ce réseau en état. Depuis des mois, nous réclamons un plan exceptionnel pour le Rail en Nouvelle-Aquitaine.

    L’audit du réseau, commandé en 2017 par la région à SNCF Réseau, démontre qu’au-delà de la mobilisation de la Région dans le cadre du CPER, un plan-rail Nouvelle-Aquitaine nécessiterait la mobilisation de 1,143 Md€ sur les lignes régionales, dont 625 M€ dans les cinq ans, ainsi que 2,139 Md€ sur les lignes structurantes pour assurer la pérennité du réseau ferroviaire. Soit un engagement de l’État de 1 M€ par jour pendant 10 ans.

    S’il y a transfert de lignes, il faut mettre en place une taxe pré-affectée. Alors que des discussions sont lancées sur la future LOM, nous proposons plusieurs idées comme une taxe sur les bureaux, la réaffectation d’ une part de la TICPE ou encore le lancement d’une vignette sur les poids lourds qui permettrait d’imposer les poids lourds étrangers et qui pourrait servir à développer le rail. On nous écoute poliment mais nous n’obtenons aucune réponse.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

  • Niveau de commandes historique pour CAF

    Niveau de commandes historique pour CAF

    Avec 1,477 milliard d’euros, l’exercice 2017 du constructeur ferroviaire CAF est en progrès de 10 % en un an. Mais ce niveau avait déjà été atteint dans le passé, par exemple 1,5 milliard en 2013 et 1,4 l’année suivante. La forte concurrence sur les marchés mondiaux pèse également sur les bénéfices : 43 millions après impôts en 2017 comparés à 91 millions en 2013 et 61 en 2014.

    En revanche, le carnet de commandes de l’entreprise basque a atteint un niveau historique avec 6,265 milliards. En 2017, les différents sites de CAF et leurs 8 000 salariés ont travaillé sur les trains de banlieue de Mexico, les 120 unités Civity pour les NS (Hollande), les voitures couchettes de Caledonian Sleepers (Ecosse) ou encore les rames du métro de Santiago (Chili).

    L’an passé également CAF a essuyé quelques échecs tels le marché des nouvelles rames du RER parisien ou celui des AVE grande capacité de Renfe gagné par Talgo, mais la société a engagé la construction d’un site au Pays de Galles pour accompagner sa percée outre-Manche. En 2018 comme lors des exercices précédents, l’essentiel des commandes sera pour l’exportation avec des rames de métro (Bruxelles, Naples), 146 tramways pour le belge De Lijn, mais aussi des métros légers pour Seattle et Kansas City ou de la signalisation en Argentine et au Chili, sans oublier 15 trains pour la Nouvelle-Zélande.

    Michel Garicoix

  • Les six propositions d’amendements de Régions de France

    Les six propositions d’amendements de Régions de France

    A l’heure où les députés s’apprêtent à voter le pacte ferroviaire, les Régions de France rendent leur verdict sur le texte et expliquent ce qu’elles vont dire aux sénateurs pour tenter de faire évoluer certaines dispositions. Appréciation générale : le texte est « globalement positif ».

    « Le projet de loi reprend en effet deux des principales recommandations que nous avions formulées : d’une part, une ouverture progressive à la concurrence pour les TER à partir de 2019 pour celles qui le souhaitent, d’autre part, des conditions d’ouverture équitables grâce à la transmission des données », a expliqué Michel Neugnot. Toutefois, a ajouté le président de la commission Transports de Régions de France, « le texte doit maintenant préciser les modalités de communication de ces données aux entreprises candidates à l’appel d’offres ».

    D’autres points donnent satisfaction aux régions : la possibilité pour le gestionnaire d’infrastructure de différencier les péages « pour garantir le maintien de la desserte des villes moyennes ». Ou encore la possibilité pour les régions de conventionner directement avec le service de sûreté de la SNCF, la Suge.

    Le travail de lobbying est loin d’être fini. Il va même reprendre de plus belle avec les sénateurs, auprès desquels Régions de France s’apprête à faire passer six propositions d’amendements :

    – Régions de France préconise la filialisation de Gares & Connexions qui doit être rattaché à SNCF Réseau. « Gares & Connexions doit avoir une autonomie de gestion et financière », estime Michel Neugnot.

    – L’association demande aussi que la loi mentionne explicitement la présence de représentants régionaux au conseil d’administration des futures sociétés anonymes du groupe ferroviaire.

    – Elles plaident pour une meilleure organisation du travail permettant d’avoir recours à la polyvalence.

    – Elles souhaitent l’amélioration des dispositions touchant à l’organisation des dessertes sur longue distance. Ainsi, si elles se réjouissent de la possibilité de pouvoir conventionner les services TGV permettant à des abonnés du TER d’utiliser en partie une ligne TGV, elles demandent que le financement soit revu pour éviter qu’il ne pèse trop sur les collectivités. Michel Neugnot rappelle par exemple que sur Dijon – Besançon, ce conventionnement coûte de l’ordre de 300 000 à 400 000 euros par an alors que cela ne concerne qu’une cinquantaine de personnes.

    – Régions de France soutient le rôle de régulateur de l’Arafer et affirme être vigilant sur la tarification de l’infrastructure. « Nous demandons des péages soutenables pour les TER, dont la fixation doit être contrôlée par l’Arafer », commente Michel Neugnot qui s’inquiète que dans le contrat de performance signé entre l’Etat et SNCF Réseau, la hausse des péages est à un niveau bien supérieur à celui de l’inflation à partir de 2022.

    – Les régions souhaitent pouvoir récupérer « dans des conditions équitables » le matériel roulant ainsi que les ateliers de maintenance pour les activités TER. Elles demandent en particulier une répartition équilibrée de la prise en charge des coûts de démantèlement du matériel amianté.

    Enfin, sur la question des petites lignes, Régions de France lance un appel au gouvernement pour qu’il respecte « intégralement les engagements pris au titre des contrats de plan Etat-régions (CPER) ». Michel Neugnot rappelle qu’à la fin 2017, moins du quart des crédits promis par l’Etat sur le volet mobilité étaient engagés.

    M.-H. P.