Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Fret SNCF s’engage sur la voie de la filialisation

    Fret SNCF s’engage sur la voie de la filialisation

    Pas de répit sur le front ferroviaire ! Lors d’un déplacement à Bonneuil-sur-Marne le 16 avril, Edouard Philippe a demandé à sa ministre des Transports de préparer un nouveau plan de relance du fret ferroviaire. Celui-ci comprendra une politique de soutien au transport combiné, des investissements spécifiques pour les voies de fret et l’amélioration des sillons ferroviaires, a aussitôt précisé Elisabeth Borne. Le Premier ministre a aussi demandé à la SNCF un plan pour redresser les comptes du fret, lourdement déficitaires depuis des années (encore 120 millions d’euros de pertes l’an dernier, pour un chiffre d’affaires de 903 millions).

    Le groupe ferroviaire a immédiatement fait part de son intention de filialiser sa branche de fret ferroviaire pour permettre sa recapitalisation et sa relance. Cette perspective avait déjà été évoquée à plusieurs reprises depuis la fin de l’année dernière par les organisations syndicales relayant des échos internes. C’était aussi, on s’en souvient, l’une des préconisations du rapport de Jean-Cyril Spinetta sur l’avenir du ferroviaire.

    La SNCF qui veut « bâtir un plan d’affaires rentable », envisage « une croissance des trafics (via une reprise de parts à la route), une réduction des frais généraux, une poursuite des gains d’efficacité industrielle, des innovations dans l’offre aux clients et dans l’exploitation que le fret ferroviaire doit continuer à aller chercher dans le digital », explique un communiqué de la SNCF.

    Mais auparavant, il faudra assainir Fret SNCF, qui génère à lui seul la moitié de la dette de SNCF Mobilités (4,6 milliards d’euros sur un total de 7,9 milliards). D’où la décision de recapitaliser l’entreprise, afin de « pérenniser l’activité de l’opérateur public de référence ». Le montant de cette recapitalisation devrait tourner autour de 4,5 milliards d’euros, ce qui correspondant au montant de la dette, selon un proche du dossier.
    L’idée est de doter cette activité « d’une personnalité juridique propre, société dont le groupe public ferroviaire détiendrait 100 % du capital », indique la direction dans un communiqué. « SNCF Mobilités la conservera, et son activité sera autonomisée, comme ça se passe dans toute l’Europe », a expliqué à l’AFP Guillaume Pepy, le patron du groupe public. La branche de fret ferroviaire de l’opérateur public est rattachée au pôle Transport ferroviaire multimodal de marchandises (TFMM) au sein de l’activité SNCF Logistics, qui elle-même fait partie de SNCF Mobilités.

    Le projet de filialisation doit être soumis aux institutions représentatives du personnel et être approuvé par les autorités européennes. Le but est de faire naître la nouvelle entité au premier semestre 2020, c’est-à-dire à peu près au moment où la SNCF elle-même deviendra une société anonyme à capitaux publics.

    La direction note que « la continuité des contrats de travail, que ce soit pour les salariés statutaires ou les salariés contractuels, sera assurée vers cette nouvelle personne morale ». « Un cadre social sur les métiers, l’organisation du travail et les carrières devra être négocié », ajoute-t-elle.

    Certains syndicats de cheminots ont déjà dénoncé un risque de démantèlement du groupe ferroviaire. Un nouveau motif de colère pour les organisations syndicales engagées dans un mouvement de grèves à répétition : la CFDT Cheminots critique la méthode et la solution par la voix de Thomas Clavel, son secrétaire national, tandis que la fédération CGT appelle à participer « massivement » à la prochaine grève les 18 et 19 avril et à la manifestation interprofessionnelle organisée le 19 avril.

    M.-H. P.

  • Les syndicats de cheminots réclament l’arrêt du processus législatif en cours

    Les syndicats de cheminots réclament l’arrêt du processus législatif en cours

    Pour le troisième épisode de la grève à répétition deux jours sur cinq, le trafic ferroviaire était perturbé le 14 avril et devait encore l’être le lendemain, mais dans une moindre mesure que lors du précédent mouvement. Pour le 15 avril et alors que débutent les vacances scolaires de la zone C, la SNCF s’attendait à un TGV et un TER sur trois, deux Transilien sur cinq et un train Intercités sur cinq. Elle annonçait aussi un Eurostar sur cinq, mais un trafic des Thalys « quasi normal ».

    Selon la SNCF, le taux de grévistes atteignait 22,5 %, en retrait comparé au 9 avril (on comptait alors 24,9 % de grévistes), mais il y avait toujours un taux élevé de conducteurs en grève mais en baisse (66 % contre 75 %), 60 % de contrôleurs (71 % le 9 avril), 29 % d’aiguilleurs (35 % le 9 avril). Malgré ce retrait, l’intersyndicale CGT-Unsa-SUD-CFDT a appelé les cheminots à « amplifier » la mobilisation dans un communiqué, tout en réclamant « l’arrêt du processus législatif en cours » pour réformer la SNCF et « l’ouverture de négociations approfondies ».

    La situation est difficile pour les organisations syndicales qui fustigent la « marche forcée » engagée par le gouvernement, alors que l’Assemblée nationale doit déjà procéder le 17 avril à un premier vote sur le texte législatif. Même si des discussions seront encore possibles en mai au Sénat pour amender le texte ici ou là, toutes les dispositions devraient être adoptées par les députés, et le 12 avril, lors de son intervention au Journal de TF1, Emmanuel Macron a dit vouloir « aller au bout » de la réforme. Aller au bout, mais aussi aller vite.

    Les syndicats ont lancé des caisses de grève pour tenir. Pour soutenir les cheminots, une caisse a aussi été lancée par une trentaine d’intellectuels et a recueilli plus de 730 000 euros.

  • Hyperloop TT prépare le terrain à Toulouse

    Hyperloop TT prépare le terrain à Toulouse

    Quinze mois après la signature avec l’Etat français et Toulouse Métropole d’un accord pour l’implantation du centre de recherche européen d’Hyperloop Transportation Technology (HTT) sur l’ex-aéroport de Francazal à Toulouse, le projet de la société californienne est entré dans une phase concrète : plusieurs tubes de 65 tonnes, 20 mètres de long et quatre mètres de diamètre sont arrivés à Toulouse le 11 avril afin de construire la première piste d’essai de ce transport subsonique du futur. Six autres convois seront nécessaires pour acheminer le reste des tubes qui permettront à HTT de réaliser cette année une première piste d’essai au sol de 320 mètres de long. L’arrivée du prototype de capsule de 30 mètres de long pour le transport de 28 à 40 passagers, construit en Espagne par Carbures, entreprise spécialisée dans les matériaux composites pour l’aéronautique, est annoncée pour l’été. D’ici 2019, c’est une piste d’un kilomètre installée sur 25 pylônes à 5,8 mètres du sol qui verra le jour. « Hyperloop n’est plus un concept, mais est devenu une industrie commerciale », a commenté Bibop Gresta, président d’HTT, dans un communiqué.

    Le 12 avril, le conseil de Toulouse Métropole a aussi approuvé une délibération portant sur un bail à construction signé avec HTT et l’Etat en vue de la reconversion de l’ancien mess des sous-officiers de Francazal en centre de recherche et de développement, ainsi qu’une partie de la voie royale pour accueillir les pylônes de la piste d’essai. La collectivité, qui s’est engagée à devenir propriétaire du site, entamera prochainement les travaux de dépollution chimique et pyrotechnique préalables à l’implantation des pylônes, pour un coût de 300 000 euros.

    Hyperloop TT est une des entreprises qui s’est saisi du concept d’Hyperloop imaginé en 2013 par Elon Musk, qui projette de transporter des passagers ou des marchandises dans des capsules propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction, au sein d’un tube sous basse pression, à des vitesses pouvant atteindre 1 100 km/h en pointe. Elle a en face d’elle plusieurs concurrents comme Hyperloop One ou TransPod. Son système Inductrack de sustentation magnétique passive de dernière génération permet une faible consommation d’énergie. HTT annonce aussi le développement d’un matériau pour recouvrir les capsules « huit fois plus résistant que l’aluminium et dix fois plus que les alternatives en acier » appelé Vibranium (un clin d’œil au métal imaginaire utilisé dans les bandes dessinées Marvel).

    HTT a choisi Toulouse pour implanter son centre de recherche européen à cause d’un environnement d’innovation et de recherche favorable. « Toulouse est le centre des technologies aérospatiales en Europe, qui sont parallèles à notre activité, notamment sur les questions d’aérodynamisme mais aussi de transports, avec une concentration de matière grise que l’on ne trouve pas partout », soulignait au moment de la signature de l’accord Dirk Ahlborn, le cofondateur et CEO d’HTT, un ancien de l’entreprise d’Elon Musk Space X. En novembre dernier, dans les locaux du pôle de compétitivité Aerospace Valley, 56 entreprises avaient manifesté leur intérêt pour collaborer sur le projet d’Hyperloop et 33 avaient été sélectionnées par HTT.

    La start-up a noué des partenariats et lancé des études de faisabilité dans neuf pays (dont la Chine, l’Inde et les Emirats arabes unis). Elle a signé un accord dans l’Ohio aux Etats-Unis en février et un autre en vue de l’implantation d’un centre de recherche et de développement dédié au fret à Contagem au Brésil le 9 avril. A Toulouse, elle s’est engagée à investir 40 millions d’euros dans les prochaines années. Huit ingénieurs travaillent déjà à Francazal et l’entreprise espère en compter 15 d’ici fin 2018 et 50 salariés à terme.

    Catherine Stern

  • Transdev attend son heure dans le ferroviaire

    Transdev attend son heure dans le ferroviaire

    Avec un chiffre d’affaires quasiment stable à 6,6 milliards d’euros et un résultat net en hausse de 15 % (76 millions d’euros), Transdev a amélioré sa performance globale en 2017, a indiqué Thierry Mallet en présentant ce matin les résultats enregistrés l’an dernier par son groupe. La dette baisse régulièrement et atteint désormais 528 millions d’euros. Ces résultats, en ligne avec la feuille de route assure le PDG du groupe, traduisent un accroissement des marges financières. Ce qui doit permettre au groupe contrôlé par la Caisse des Dépôts de poursuivre sa stratégie de développement de ses activités et de ses ambitions dans le domaine de la mobilité électrique et autonome.

    L’an dernier a été marqué par plusieurs acquisitions, en particulier en Suède, où Transdev a acheté une société ferroviaire réalisant un chiffre d’affaires annuel de 16 millions d’euros. Le groupe a aussi mis la main sur une compagnie de ferries dans la région de Stockholm pour pouvoir répondre à plusieurs appels d’offres prévus cette année.

    Parmi les contrats gagnés l’an dernier, citons ceux remportés aux Etats-Unis, où le groupe souhaite renforcer sa présence : Transdev a été retenu à Phoenix pour le Valley Metro (100 millions de dollars sur cinq ans) et dans l’Etat de New York pour un BHNS (125 millions sur 12 ans). En Nouvelle-Zélande, le groupe français a vu allongé de deux ans et demi son contrat d’exploitation des trains de banlieue d’Auckland.

    Aux Pays-Bas, Transdev vient de démarrer le contrat Amstelland-Meerlandern dans la région d’Amsterdam où il exploite 300 bus dont une bonne partie roule à l’électricité (100 % prévus en 2021). Au chapitre des échecs, citons le métro de Doha, remporté notamment par RATP Dev-Keolis alors que Transdev a inscrit l’Asie parmi les zones stratégiques de développement.

    Conséquence, la part de l’activité réalisée en France a augmenté (elle atteint 39 %), malgré les revers subis notamment à Lille et à Besançon, où le groupe n’a pas réussi à décrocher le contrat d’exploitation des transports publics dans la compétition qui l’opposait à son principal concurrent Keolis. Mais il a été renouvelé pour six ans au Havre (pour 340 millions d’euros) et à Niort où il a remporté une DSP de 66 millions d’euros sur six ans, « totalement multimodale ». Après l’acquisition d’Urbis Park fin 2016, Transdev a aussi remporté plusieurs contrats de contrôle du stationnement payant en voirie à Paris (six arrondissements), Bordeaux et Nice, via la société Moovia.

    Parmi les perspectives de développement fortes en France : l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire que « nous soutenons vivement », souligne Thierry Mallet. « Si on veut une amélioration globale du ferroviaire en France, il est indispensable d’ouvrir vraiment le marché », insiste-t-il.

    L’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, qui devrait devenir effective pour les TER à partir de la fin 2020-début 2021, devrait concerner dans un premier temps 10 % du marché global des TER, estime Thierry Mallet. « Si Transdev réussit à en conquérir la moitié, soit environ 200 millions d’euros, cela pourrait représenter l’équivalent de la taille de quatre à cinq beaux marchés urbains. Ce n’est pas anodin pour nous », commente-t-il.

    L’appel d’offres en cours pour choisir l’exploitant de la future liaison ferrée CDG Express, qui oppose Transdev au tandem RATP-Keolis, sera un premier test permettant de voir si la compétition est loyale, estiment les dirigeants de Transdev.

    Pour réussir la réforme ferroviaire, il faut toutefois une seconde condition indispensable, ajoutent-ils : « Il ne faut pas rigidifier le modèle social ». Pour le PDG de Transdev, qui est aussi le président de l’UTP (Union des transports publics) en première ligne dans les négociations de branche collective pour le ferroviaire, l’un des éléments clés touche à l’organisation du travail, qui devra être plus souple qu’aujourd’hui. « Le travail sera différent avec plus de responsabilisation et de la polyvalence pour les équipes sur le terrain. L’enjeu, c’est de pouvoir travailler différemment », souligne Thierry Mallet.

    C’est ce qui permettra aussi de faire revivre certaines petites lignes aujourd’hui menacées. « Il faut faire en sorte par exemple que le chef de train puisse être aussi le conducteur. C’est typiquement le cas sur la ligne Carhaix – Paimpol que nous exploitons : une seule personne dans le train s’occupe de tout, y compris de la propreté du train. C’est presque un autocar sur rail, » rappelle-t-il.

    Selon lui, « l’ouverture du marché ferroviaire va également forcément impacter l’activité des cars. Un des moyens de régénérer les lignes passera par la complémentarité entre ces deux mondes. Il faut de la fréquence mais il faut aussi du rabattement par car. Les régions commencent à avoir une vision multimodale de cette question ».

    Marie-Hélène POINGT

     

    Transdev prêt à payer plus les cheminots

    Opération séduction vers les cheminots : interrogé sur la question du transfert d’agents SNCF chez un nouvel opérateur ferroviaire en cas de perte de contrat par l’opérateur historique, Thierry Mallet a expliqué que «chez Transdev, on souhaite accueillir des volontaires. Nous voulons faire en sorte qu’ils aient envie de venir chez nous. Je suis prêt à les payer plus, pour autant qu’ils soient prêts à travailler différemment. Nous allons introduire de l’innovation dans la manière dont ils vont travailler. La SNCF a d’ailleurs aussi déjà commencé à réfléchir en interne à la façon dont elle va réorganiser le travail ».

  • Mulhouse lance le Compte mobilité

    Mulhouse lance le Compte mobilité

    C’est une première en Europe selon Mulhouse Alsace Agglomération qui a présenté le 6 avril le « Compte mobilité ». Un concept innovant qui permet, après avoir créé un compte sur Internet, de commander ses déplacements (bus, tram, vélo, autopartage, parkings du centre-ville) et de payer en fin de mois une seule facture quel que soit le mode utilisé, avec l’assurance d’avoir le meilleur tarif pratiqué. Autre intérêt, il est possible de suivre en temps réel sa consommation et d’être alerté quand on approche du budget déplacement que l’on s’est fixé.

    « Nous avons imaginé ce compte avec l’idée de proposer aux utilisateurs de découvrir de nouveaux services », explique Laura Brun, chef de projet du Compte mobilité. « Nous avons mis au point un dispositif simple, léger : une seule inscription suffit pour accéder à tous les services de déplacement. Nous souhaitons faciliter la mobilité et proposer un service global, sans couture », ajoute-t-elle en évoquant le concept de Mobility as a service (MaaS).

    Le système a été mis au point par l’agglo dans le cadre d’un partenariat avec Soléa, la filiale locale de Transdev, JCDecaux, Citiz, Médiacycles, Citivia, ou encore Indigo. Le compte Mobilité lui-même a été développé en coopération avec Cityway qui a apporté, avec Transdev, 240000 euros sur les 605000 euros (HT) nécessités par le projet.

    Une phase de test a démarré mi-mars avec une cinquantaine d’utilisateurs. Elle devrait se poursuivre jusqu’à juin pour permettre de remédier aux dysfonctionnements constatés et d’améliorer le service. Demain, l’agglomération de Mulhouse souhaiterait inclure les TER, la location de vélos électriques, les cars, les taxis…

    Il faudra aussi régler les questions de répartition de recettes et de prise en charge du coût du dispositif qui n’est pas encore fixé. En septembre, le Compte mobilité doit être lancé à grande échelle. Avec l’objectif de capter 10 000 personnes en 2019.

    M.-H. P.

  • Une appli pour payer et valider ses tickets à Toulouse

    Une appli pour payer et valider ses tickets à Toulouse

    Depuis le 9 avril, les Toulousains munis d’un téléphone sous Android avec la technologie NFC-HCE (near field communication-host card emulation) peuvent acheter et valider des tickets pour leurs voyages occasionnels en bus, métro et tramway, ainsi que leurs abonnements mensuels et annuels, via l’application Ticket’easy.

    Suite à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par Tisséo au printemps 2017, l’opérateur des transports toulousains a choisi la société Digimobee dont la solution permet d’utiliser les 2 500 valideurs existants. Le projet a demandé un an de développement et de tests pour un investissement de 400 000 euros.

    Tisséo lance également, à titre expérimental, un ticket événementiel aller-retour vendu uniquement sur téléphone au prix de 3 euros. Le rechargement de la carte Pastel, le support billettique intermodal actuel, sera possible à partir de septembre 2018.

    Catherine SANSON-STERN

  • Comment Trainline surfe sur le marché ferroviaire européen

    Comment Trainline surfe sur le marché ferroviaire européen

    Après son rachat par Trainline il y a tout juste deux ans, la start-up française Captain Train s’est fondue dans la nouvelle entité qui affiche aujourd’hui un bilan très positif si l’on en croit Audrey Détrie, la directrice France de Trainline : « Les deux entreprises ont profité de leur complémentarité : Captain Train a apporté son expertise technologique et Trainline, qui était présent sur le marché britannique depuis 1997, son expertise marketing. Cette alliance nous a fait grandir très vite », souligne-t-elle.

    En 2015, la jeune pousse Captain Train lancée six ans auparavant vendait chaque jour sur son site plus de 5 000 billets de train de la SNCF (avec 1,5 million d’utilisateurs attirés par la simplicité et la rapidité du site), affichant un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros. Aujourd’hui, l’entité Trainline vend en ligne les billets de train et de bus de 159 transporteurs dans 35 pays européens, réalise 2,7 milliards d’euros de ventes par an et est rentable, affirme la directrice France.

    « Nous vendons plus de 150 billets par minute. Nous avons développé un moteur de recherche très performant et proposons un guichet unique permettant de combiner les offres et de trouver les meilleurs prix. Nous proposons 80 % de l’offre ferroviaire en Europe. Nous sommes les seuls à offrir un tel service, affirme Audrey Détrie. Les utilisateurs peuvent réserver leurs billets sur le site et les applications mobiles de Trainline, et obtenir des informations en temps réel, comme la voie de départ ou la géolocalisation du train pendant le voyage, les éventuels retards, depuis les applications. »

    Les perspectives de croissance seraient considérables. Le marché mondial de la distribution de voyages en train et en bus est estimé par Trainline à 250 milliards d’euros annuels. Le distributeur en ligne table sur une croissance à deux chiffres du volume de ses ventes sur les trois à cinq prochaines années. Tant sur le secteur touristique que pour le BtoB qui représente aujourd’hui 30 % de l’activité. « Nous avons récemment gagné l’appel d’offres pour gérer les déplacements en train du ministère des Finances. Nous avions gagné celui de l’Environnement en 2015 », rappelle Audrey Détrie.

    L’Europe reste pour le moment le cœur de l’activité. « Cela ne nous empêche pas de développer des partenariats ailleurs dans le monde », ajoute Audrey Détrie. Trainline a ainsi conclu en février un partenariat avec Japan Rail Pass, qui permet de voyager partout au Japon, où le train est très présent (20 millions de touristes par an).

    Fin mars, Trainline a également annoncé un partenariat avec le transporteur autrichien ÖBB, lui permettant de proposer à ses utilisateurs des billets de train et de bus en Autriche. « Les utilisateurs de Trainline peuvent également combiner, sur un seul voyage, les billets de transporteurs de pays voisins comme l’Italie, l’Allemagne, et la République tchèque », précise l’entreprise.

    Trainline parie aussi sur le développement des ventes sur le web et sur mobile. « Aujourd’hui seulement 30 % des billets sont achetés en ligne en Europe (mais c’est plutôt 45 % en France, où le marché est plus mature). On a des concurrents sur certains segments mais pas sur une offre aussi exhaustive et européenne que la nôtre », souligne encore Audrey Détrie qui voit Trainline comme une « force de frappe touristique ! »

    Trainline cherche à travailler avec les régions qui souhaitent attirer des touristes en leur faisant prendre le train. Et affirme avoir finalement noué une relation positive avec la SNCF puisqu’elle contribue à apporter de la clientèle ferroviaire. Il semble donc loin le temps où Captain Train devait se battre pour obtenir des informations de la part de la SNCF… Trainline est toujours en concurrence directe avec OUI.sncf, le distributeur en ligne de la SNCF mais les regards auraient changé. « Nous travaillons main dans la main avec la SNCF qui partage avec nous ses objectifs. Nous les aidons à les réaliser en leur apportant des voyageurs », affirme Audrey Détrie. Avant d’ajouter : « Nous avons d’ailleurs été la seule agence en ligne, avec OUI.sncf, à vendre l’abonnement TGV Max. » Tout un symbole.

    Marie-Hélène POINGT

  • Réforme ferroviaire : les syndicats critiquent une « marche forcée »

    Réforme ferroviaire : les syndicats critiquent une « marche forcée »

    La grève des cheminots a été de nouveau très suivie les 8 et 9 avril, même si le taux de grévistes de 24,9 % le 9 avril est un peu en retrait comparé à la fois précédente ce qui est classique, a estimé la SNCF .  A l’issue des nouvelles réunions de concertation avec le gouvernement les 5 et 6 avril, les syndicats de la SNCF avaient en effet dénoncé « une mascarade ». Selon Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, le gouvernement « brode », « n’a pas de propositions » et ne « règle pas les problèmes », donc « la grève se poursuit » car « les revendications des cheminots n’ont pas été entendues ».

    « Le gouvernement avance à marche forcée pour tenter de nous asphyxier. On est dans une situation où le mouvement social risque bien de se durcir », a aussi estimé Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire.

    Du côté du ministère des Transports, on maintient que les négociations avec les organisations syndicales avancent. De nombreuses dispositions liées aux conditions sociales doivent être discutées dans le cadre de la convention de branche. Les discussions pourront s’étaler pendant plusieurs mois. D’où les protestations des syndicalistes fustigeant la méthode et le calendrier décidés par le gouvernement qui brandit la fin du statut pour les futurs embauchés et renvoie à plus tard la définition de leurs droits dans la convention de branche. Parmi les points de blocage, l’un est particulièrement sensible : le transfert obligatoire de cheminots à une autre compagnie ferroviaire que la SNCF si celle-ci perd un contrat. Même si le gouvernement a indiqué que l’on ferait appel principalement au volontariat, on ne sait toujours pas ce qui se passera en cas de refus d’un cheminot de quitter la SNCF.

    Parallèlement, le Parlement est entré dans le vif du sujet la semaine dernière avec l’examen en commission du projet de réforme. Hier, dans l’hémicycle, les députés ont adopté le principe de la transformation du groupe public ferroviaire en société anonyme à capitaux publics à compter du 1er janvier 2020. Le gouvernement, qui a déposé des amendements sur l’ouverture à la concurrence et devait en déposer de nouveaux sur l’organisation de la SNCF, a aussi proposé aux organisations syndicales de faire des propositions d’amendements, ce qu’a fait la CFDT Cheminots ainsi que l’Unsa-Ferroviaire. Au total quelque 300 amendements ont été déposés. Les députés de gauche ont mené l’offensive contre le projet de réforme ferroviaire, en multipliant les interventions, tandis que devant l’Assemblée nationale des cheminots manifestaient leur opposition. Toutefois, les débats devraient être menés sur un rythme soutenu puisqu’un premier vote solennel est prévu le 17 avril. Avec au bout quelques portes de sortie de grève ?

    Le gouvernement a toutefois prévenu plusieurs fois qu’il resterait ferme sur deux principes : la fin de l’embauche au statut à la SNCF dans le futur (à une date qui reste à préciser et qui peut faire l’objet de négociations) et la transformation des trois Epic SNCF en sociétés anonymes à capitaux publics incessibles dans le but de créer une société plus intégrée. Gares & Connexions devrait être rattaché à SNCF Réseau sous une forme (dilution ou filiale ?) qui reste à préciser.

    Quant à la dette, la réforme ne la laissera pas de côté, promet-on du côté du gouvernement, mais elle n’a pas vocation à être traitée par la loi. Comment sera-t-elle reprise et pour quel montant ? Le Président de la République pourrait s’exprimer sur la question jeudi. « Ce dont on peut être sûr, c’est que ce qui sera créé sera viable », assure-t-on au ministère des Transports.

    M.-H. P.

  • Deux jours de grève très suivis

    Deux jours de grève très suivis

    Au deuxième jour de la grève contre la réforme de la SNCF, le 4 avril, le nombre de grévistes restait élevé même s’il était globalement légèrement en retrait : la SNCF annonçait en milieu de matinée 29,7 % d’agents en grève, en baisse de quatre points comparé à la journée précédente. Mais on comptait toujours un nombre élevé de grévistes parmi les agents indispensables à la circulation des trains : 74 % de conducteurs étaient en grève (un peu moins que le jour précédent puisqu’ils étaient 77 %), 77 % de contrôleurs (donc plus que la veille où on en recensait 69 %), et 46 % d’aiguilleurs (39 % la veille). Quant aux cadres dont le comportement est scruté à la loupe, on comptait 11 % de grévistes contre 17 % la veille.

    Le trafic ferroviaire a donc encore été très perturbé ce mercredi, avec un Transilien sur cinq, un TER sur cinq, un TGV sur sept, un train Intercités sur huit et trois trains sur huit sur les liaisons internationales, avec des disparités importantes selon les axes. Soit quasiment le même scénario que la veille. Le premier épisode de ce mouvement prévoyant la grève deux jours sur cinq doit s’achever demain matin avec un « retour progressif à la normale » dans la journée, selon la SNCF. Le trafic TGV est annoncé « quasi normal », trois trains régionaux sur quatre sont prévus et trois Intercités sur cinq.

    Le calendrier de ce conflit inédit mis au point par trois syndicats sur les quatre organisations représentatives à la SNCF prévoit une reprise du conflit les 8 et 9 avril, SUD-Rail appelant de son côté à une grève reconductible par 24 heures après décision en AG. En attendant, la CGT, l’Unsa-Ferroviaire, Sud Rail et la CFDT-Cheminots ont prévu de se réunir demain matin avant une table ronde l’après-midi au ministère des Transports sur la dette, le financement et le statut de l’entreprise SNCF. Vendredi, une autre réunion au ministère se penchera sur les droits sociaux des cheminots.

  • Keolis renouvelé à Las Vegas

    Keolis renouvelé à Las Vegas

    La filiale de transport public de la SNCF a annoncé le 2 avril avoir vu renouvelé son contrat d’exploitation du réseau de bus situé dans la vallée sud de Las Vegas. L’autorité organisatrice locale (Regional Transportation Commission of Southern Nevada, RTC) a en effet reconduit Keolis pour cinq ans à partir de juillet prochain.

    Présent depuis 2013, le groupe français exploite et maintient localement une flotte de 250 bus sur 17 itinéraires, permettant d’assurer 37 millions de voyages annuels.