Catégorie : Infrastructures

Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports:  travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

  • Adoption du méga-plan américain sur les infrastructures

    Adoption du méga-plan américain sur les infrastructures

    Le Build Back Better Plan (« mieux reconstruire ») devait être un des points forts du début de la présidence de Joe Biden. Et quasiment un an après l’élection de ce dernier, le gigantesque volet consacré à la remise en état des infrastructures des Etats-Unis a été adopté à la Chambre des représentants au soir du 5 novembre, avec 228 voix (essentiellement démocrates) contre 206. Chiffré à 1 200 milliards de dollars, ce plan consacré aux infrastructures était assorti d’un volet social et environnemental encore plus important (1 700 milliards) qui, en revanche, n’a pas été adopté par la Chambre des représentants.

    Déjà validé par le Sénat, le plan consacré aux infrastructures n’attend donc plus que la signature présidentielle. Il n’est sans doute pas exagéré de considérer ce plan comme le plus ambitieux de de l’histoire récente des Etats-Unis, en tous cas depuis le plan autoroutier du président Eisenhower dans les années 1950. Aujourd’hui bien fatigué, le réseau routier sera le plus grand bénéficiaire du plan d’infrastructures, à hauteur de 110 milliards de dollars. Mais comme il s’agit de « mieux reconstruire », les usagers motorisés ne seront pas les seuls à profiter de la rénovation de la voirie : les cyclistes et les piétons, quasiment exclus réseau routier actuel, devraient bénéficier de plus d’égards, ne serait-ce que pour leur sécurité. Globalement, la sécurité routière bénéficiera de 11 milliards de dollars.

    Au cours de l’été, les sommes destinées à la modernisation du rail et des transports publics (y compris leur accessibilité) ont été revues à la baisse, avec 66 milliards et 39 milliards respectivement. Soit du même ordre de grandeur que les sommes destinées aux réseaux de transport d’énergie « renouvelable » (73 milliards) ou au haut débit (65 milliards). Les aéroports devraient se voir attribuer, comme prévu, de 25 milliards, alors que la recharge des véhicules électriques devrait donner lieu à la création d’un réseau national de bornes chiffré à 7,5 milliards.

    Reste à voir maintenant comment s’effectuera la répartition des sommes en question entre les différents projets sur les différents réseaux.

    P. L.

  • Le design du MI20, le prochain RER B, a été choisi

    Le design du MI20, le prochain RER B, a été choisi

    Lancée le 1er juillet par Ile-de-France Mobilités (IDFM), la consultation pour le design du MI20, le futur matériel du RER B francilien, a donné lieu à 18 000 votes.

    Pour l’extérieur, c’est la proposition 2 qui l’a emporté : un bout avant « qui sourit ». « La douceur et la rondeur de ses formes traduisent un train élégant, à l’esprit accueillant, confortable et attentionné », indique IDFM.

    MI20 RER B.

    Pour l’intérieur, un plus grand nombre de suffrages est allé au design C, à sièges en îlots individuels : « les parties hautes des dossiers et les extrémités d’assises sont séparées afin de préserver l’individualité dans un espace collectif ». Entre les dossiers, « l’espace offre davantage de transparence et de lumière à travers la rame, pour un sentiment de bien-être et de sécurité accrus ». De plus, « les barres de maintien et cale-hanches sont intégrés dans le siège avec soin pour un effet qualitatif et une robustesse assurée ». Enfin, l’éclairage « assume une approche dynamique et digitale, dans un esprit de modernité assumé ».

    A l’occasion de la présentation de ce design, IDFM rappelle que des travaux préalables seront nécessaires pour adapter les infrastructures (hauteur de quais, renforts d’alimentation électriques) mais également les ateliers de maintenance (création d’un nouvel atelier à Mitry et adaptation de l’atelier existant à Massy). Les usagers du RER B devraient pouvoir juger le MI20 sur pièces en 2025, lors de l’arrivée des premières rames.

  • Les travaux ferroviaires se sont retrouvés aux Mecateameetings

    Les travaux ferroviaires se sont retrouvés aux Mecateameetings

    Pour leur deuxième édition en tant que salon d’exposition de matériel de chantier ferroviaire, après trois éditions comme rendez-vous d’affaires, les Mecateameetings 2021 ont été un succès selon Mecateamcluster, leur organisateur. En effet, la fréquentation de cet événement biennal unique en France a quasiment doublé depuis la précédente édition, en 2019. Et ce malgré le fait que l’édition 2021 était la première depuis la crise sanitaire… ou peut-être, justement, parce qu’elle a fourni à la branche des travaux d’infrastructures ferroviaires une première occasion de se retrouver depuis longtemps ! Toujours est-il que du 22 au 24 septembre, plus de 750 participants représentant près de 300 entreprises se sont retrouvés autour des trois voies-école de la plateforme Mecateam à Monceau-les-Mines (Saône-et-Loire), où 45 engins étaient présentés sur 1,2 km, et le long desquelles quatre pavillons de 15 stands étaient répartis autour d’un pavillon central.

    Une grande partie des participants aux Mecateameetings sont des membres de Mecateamcluster, spécialistes dans la conception, la fabrication et la maintenance d’engins de travaux d’infrastructures ferroviaires, mais aussi donneurs d’ordres (SNCF Réseau, Infrabel, groupes de BTP…) En dix ans d’existence de ce cluster basé dans la Communauté urbaine Creusot-Montceau, le nombre de ses membres est passé d’une dizaine à plus de 130.

    Au total, 11 pays étaient représentés aux Mecateameetings cette année, contre sept en 2019. Après une ouverture vers la Belgique et des partenariats en Allemagne, la manifestation a mis la Suisse à l’honneur en 2021. Une vingtaine de sociétés helvétiques étaient ainsi venues, ce qui pourrait représenter un premier jalon vers des partenariats commerciaux coordonnés par Mecateamcluster. Outre la conférence organisée par le Swiss Business Hub France, un des points forts des Mecateameetings 2021 a été la signature d’un contrat de location longue durée de 30 ballastières entre l’entreprise de travaux de voie Transalp Renouvellement et le loueur suisse de wagons Wascosa. Ces ballastières radiocommandées, à déchargement insonorisé et dotées d’un éclairage pour travail en pleine nuit, ont été entièrement reconditionnées par les Ateliers de Joigny.

    Evénement unique en France, avec exposition et démonstration de nouveaux engins dédiés aux travaux ferroviaires, les Mecateameetings se sont inspirés du concept de la manifestation britannique Rail Live !, indique Frédéric Debleds, directeur général de Mecateamcluster. « Le modèle plaît bien aux entreprises », ajoute ce dernier : « nous sommes sur la bonne voie, mais essayons de gommer les défauts », par exemple en réunissant toute la manifestation sur un seul plan au lieu de deux en 2019. Il faut dire que les Mecateameetings disposent d’un atout maître, avec la plateforme de Montceau-les-Mines, qui regroupe les trois voies-école (2013), le centre de formation voisin (2019), un hall de maintenance de matériel roulant (2018) et l’atelier (2019) où Erion assure l’entretien de ses locomotives. Et les projets ne manquent pas, la plateforme pouvant encore s’étendre de cinq à huit hectares avec droits de préemption.

    Dix ans après son lancement, Mecateamcluster affiche deux ambitions pour les dix prochaines années, selon Frédéric Debleds. D’une part, dupliquer le modèle sur 2 ou 3 sites (atelier, centre de formation), dans d’autres régions « vers le sud et vers l’ouest ». Et la deuxième ambition tourne autour de l’innovation, non seulement pour les engins, mais aussi pour l’infrastructure, alors que l’intérêt pour les lignes de desserte fine va croissant. A cette fin, la ligne SNCF Réseau entre Etang-sur-Arroux et Autun, à une douzaine de kilomètres du Creusot, pourrait permettre de tester des schémas de régénération de voies moins onéreux pour des trains légers.

    P. L.

  • Bienvenue dans la nouvelle gare Montparnasse

    Bienvenue dans la nouvelle gare Montparnasse

    Laisser entrer la lumière. Créer le plus de transparence possible. Et fluidifier les circulations. C’étaient les objectifs de la grande rénovation que vient de connaître la gare Montparnasse. « Il fallait moderniser le bâtiment qui n’avait pas connu de rénovation depuis son inauguration en 1969, hormis quelques améliorations il y a plus de trente ans, en 1989, au moment de l’arrivée du TGV Atlantique », explique Amaury Lombard directeur du projet de modernisation de la gare au sein de SNCF Gares & Connexions. Depuis 2017, le trafic a encore fortement augmenté avec les LGV Bretagne-Pays de la Loire et Sud Europe Atlantique. Les prévisions tablent sur 70 millions de voyageurs d’ici à 2025 (50 millions en 2016). Si l’on ajoute les personnes qui fréquentent les commerces ou les services de la gare, on aboutit à 77 millions de personnes qui transitent chaque année par les halls de Montparnasse (90 millions attendues en 2030).

    Pour mener les travaux, sans interrompre ni réduire l’exploitation ferroviaire, le chantier s’est déroulé sur plusieurs années, en trois grandes étapes. Il a été lancé en 2017 sur le flanc sud-est de la gare, côté avenue du Maine et rue du Commandant Mouchotte. Un espace d’attente ouvert sur la rue a remplacé l’ancien espace de vente qui était totalement aveugle. Des escaliers mécaniques ont été installés et des nouvelles boutiques implantées.

    Dans un deuxième temps, l’accès boulevard de Vaugirard a été rénové et livré en février 2020. Enfin, la partie centrale de la gare a été réaménagée. Avec l’idée de redonner tout son potentiel à la verrière située au-dessus de la porte Océane.

    Pour alléger la structure, les architectes ont eu recours à des coussins d’air dont la pression est en permanence maintenue. Elément majeur de la rénovation, la passerelle de béton a été supprimée entre les escaliers mécaniques devant la porte Océane et le quai transversal. Elle a été remplacée par une version composée d’une fine structure en métal recouverte de verre. Son installation a été un défi technique en soi. La passerelle, mesurant environ 80 m de long et de 2 et 5 m de large a été « divisée » en quatre parties d’une vingtaine de mètres de long. L’opération s’est déroulée en janvier dernier au cours de quatre nuits. Un système de rail a été installé pour faire glisser chaque tronçon de la passerelle depuis l’entrée Mouchotte jusqu’à son emplacement final, souvent au centimètre près. Aujourd’hui, la lumière peut ainsi pénétrer jusqu’à la mezzanine Transilien.

    Cette même transparence se retrouve dans les boutiques.
    « C’est propre aux espaces commerciaux des gares », explique Benjamin de Aranjo, directeur du commerce de flux d’Altarea, l’entreprise partenaire de Gares & Connexions qui a financé une partie des travaux de la gare, en échange d’une concession de 30 ans. « En passant, l’usager doit donc très vite comprendre ce qu’il va trouver dans la boutique et voir s’il y a du monde à la caisse. Les vitrines sont  peu chargées, à l’inverse d’une boutique de centre commercial ou de centre-ville ».

    Avec la rénovation de la gare, la surface dédiée aux commerces est passée de 6 000 m2 à 10 600 m2 sur une surface totale de 45 000 m2. « Cette augmentation s’est faite seulement grâce à une optimisation de la surface », rappelle Benjamin de Aranjo, l’agrandissement de la gare étant impossible. Parmi les 120 commerces, on trouve de tout ou presque. Et de quoi s’adapter à chaque type d’utilisateur. On trouve ainsi de grandes enseignes comme Hema, des pâtissiers peu connus en dehors de Paris comme Olivier Stehly ou Yann Couvreur. Ou encore 727 Sail Bag qui fabrique des sacs ou des coussins en voiles recyclées. « Nous avons aussi ajouté des services comme un cabinet médical de 400 m2, conventionné secteur 1, ce qui était une demande des habitants du quartier. Et 1 500 m2 de bureaux partagés gérés par Multiburo ».

    Pour gérer les flux de voyageurs, « les cheminements ont d’abord été pensés pour se rendre aux quais », assurent les promoteurs de la gare. Le nombre de places assises est passé de 450 à 1 200, dont 600 dans des espaces publics. Un travail réalisé avec le cabinet d’architecture Jouin Mankou et Arep. Enfin, des écrans annonçant les départs et les arrivées ont été installées près de ces espaces, ainsi que sur le quai transversal.

    Yann Goubin

    Un coût de 150 millions d’euros

    L’ensemble de la rénovation de la gare Montparnasse a coûté 150 millions d’euros. « Les deux tiers ont été financés par SNCF Gare & Connexions, et le tiers restant par Altarea », détaille Amaury Lombard, directeur du projet de modernisation de la gare au sein de SNCF Gares & Connexions. C’est le modèle économique qui prévaut dans les grandes gares. Gares & Connexions fait appel à une entreprise qui finance une partie des travaux de rénovation. Altarea, retenue pour Montparnasse, se rembourse en louant des espaces de vente dans la gare, mais reverse une partie des loyers à Gare & Connexions « à hauteur de 50 % », selon la foncière immobilière.

  • Elections en Allemagne. Les grandes ambitions ferroviaires des écologistes

    Elections en Allemagne. Les grandes ambitions ferroviaires des écologistes

    L’Allemagne s’apprête à sortir de l’ère Merkel, après 16 ans de règne, et tous les sondages prédisent un changement de politique après les élections du 26 septembre. Une chose paraît quasiment acquise : les écologistes feront partie du prochain gouvernement quel que soit le prochain chancelier ou chancelière. Ils annoncent déjà une « grande offensive du rail » afin que l’Allemagne puisse tenir les objectifs climatiques des accords de Paris.

    Ils tiennent surtout à remplacer l’actuel ministre conservateur des Transports, Andreas Scheuer, qui n’a engagé aucune des réformes promises. « Le ministre n’a rien fait », déplore Matthias Gastel, porte-parole des écologistes à l’assemblée fédérale (Bundestag) sur les questions de transport. « Nous voulons donner une nouvelle orientation à la Deutsche Bahn (DB) », ajoute-t-il.

    Pour cela, les « Grünen » sont déterminés à retirer la gestion du réseau à la DB. « L’infrastructure doit servir l’intérêt général. Le réseau doit être géré par un établissement de droit public sans objectif de rentabilité », dit Matthias Gastel. « Imaginez que Mercedes-Benz soit propriétaire des autoroutes où que Lufthansa détienne plusieurs aéroports ? Cela ne peut pas marcher. » Les écologistes veulent créer un « fonds d’infrastructures » qui permettrait de financer les investissements. Ce fonds sera alimenté par le péage poids lourds, le budget fédéral et les redevances d’utilisation du réseau ferré.

    Sur ce point, les écologistes sont paradoxalement plus proches des conservateurs (CDU) et du parti libéral (FDP) que de la gauche sociale-démocrate (SPD), défavorable à une séparation du réseau, mais qui constitue leur allié de prédilection.

    En revanche, l’option d’une privatisation de la DB, prévue lors de la réforme de 1994, n’est plus à l’ordre du jour. La DB doit rester une société de droit privé avec l’Etat comme actionnaire unique. Les bénéfices devront servir à l’investissement dans le matériel roulant.

    L’enjeu est d’intensifier la concurrence sur les grandes lignes comme c’est déjà le cas sur les lignes régionales. « Nous voulons que le degré de libéralisation sur le régional soit le même sur les grandes lignes sans quoi les autres opérateurs continueront d’être désavantagés », dit Matthias Gastel. La DB détient actuellement plus de 90 % de part de marché sur les grandes lignes. Les rares concurrents de la DB, comme Flixtrain, se plaignent d’obstacles bureaucratiques insurmontables. Pour simplifier les procédures, les Verts comptent réformer la loi de régulation des transports ferroviaires (Eisenbahnregulierungsgesetz). « Notre objectif n’est pas de démanteler le rail comme l’a fait la Grande-Bretagne », précise Matthias Gastel.

    « Nous voulons au contraire réactiver 3 000 kilomètres de lignes fermées et moderniser le réseau dont 60 % n’est toujours pas électrifié », dit-il. La DB a supprimé 5 400 kilomètres de lignes ferroviaires depuis 1994, ce qui représente 16 % de l’ensemble de son réseau (33 000 km). Enfin, la relance des trains de nuit est également au programme des écologistes allemands.

    L’objectif est de faire progresser la part du rail dans le transport de personne de 10 % à 20 % d’ici 2030 et de 18 à 30 % pour les marchandises.

    Christophe Bourdoiseau

  • La directrice générale de Gares & Connexions s’inquiète d’un processus de « régionalisation des infrastructures »

    La directrice générale de Gares & Connexions s’inquiète d’un processus de « régionalisation des infrastructures »

    Le projet de loi 4d (pour Différenciation, Décentralisation, Déconcentration et Décomplexification), qui revient devant l’Assemblée nationale, suscite quelques inquiétudes du côté de Gares & Connexions. Ce texte prévoit en effet la possibilité de confier aux régions la gestion de quelque 200 gares d’intérêt local sur les 3 000 gares réparties dans le pays.

    Interrogée ce matin sur le sujet devant la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale, Marlène Dolveck, la directrice générale de Gares & Connexions, a d’abord indiqué que « cette loi ne pose pas de problème, étant d’un impact assez limité puisqu’elle concerne surtout des haltes ferroviaires non ouvertes au public ou peu desservies et elle ne présente pas d’enjeu économique majeur puisque ces 200 gares représentent sept millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 0,5 % du total engrangé par Gares & Connexions ».

    Les confier aux régions ne modifiera donc pas le modèle économique du gestionnaire des gares, a-t-elle conclu, tout en nuançant : « Cela ne pose pas de problème dès lors que les lignes concernées peuvent être dissociées du réseau ferré national sans le menacer ».

    Et d’ajouter : « Mais je souhaite attirer votre attention sur le fait que cette loi fait craindre le début de la régionalisation dans la gestion des gares. Il est logique que les autorités organisatrices soient impliquées. Mais ce processus de régionalisation des infrastructures risque d’affaiblir notre structure. Il existe un réseau ferré national homogène, interopérable et fluide du point de vue du client. Le risque de la régionalisation est de le rendre moins solide et moins cohérent ». La patronne des gares pointe les risques qui pèsent sur « un système de sécurité, un système d’informations voyageurs qui se parlent et qui permettent de réaliser des investissements ».

    Selon elle, cette tendance au morcellement va contre l’esprit qui animait la loi ferroviaire de 2018, cherchant « à réunifier la gestion des quais ». Marlène Dolveck affirme vouloir « contribuer au développement équilibré des territoires », en s’appuyant notamment sur la péréquation : les grandes gares finançant les plus petites. D’où sa volonté de signer des contrats de performance avec les régions.

    Marie-Hélène Poingt

  • Première rentrée à « l’école du Rail » belge

    Première rentrée à « l’école du Rail » belge

    Sa construction s’est achevée il y a neuf mois, mais c’est ce 1er septembre que la nouvelle « école du rail » belge a organisé sa première rentrée, contexte sanitaire oblige… Edifiés à Molenbeek-Saint-Jean, à faible distance de la gare de Bruxelles-Ouest, les bâtiments de l’« Infrabel Academy » ont ouvert leurs portes en présence de Benoît Gilson (CEO Infrabel), Bernard Clerfayt (ministre bruxellois de l’Emploi et de la Formation), Rudi Vervoort (ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale) et Georges Gilkinet (ministre fédéral de la Mobilité).

    Sur 8 700 m² d’espaces intérieurs et 7 500 m² en extérieur, Infrabel Academy proposera quelque 300 formations et cours divers, menant à une quarantaine de métiers (poseur de voies, contrôleur de la circulation ferroviaire, soudeur, spécialiste des caténaires…) Le gestionnaire du réseau ferré belge ajoute qu’une « attention particulière sera aussi accordée à ce que l’on appelle les « softs skills », comme les formations en leadership ».

    A l’intérieur du bâtiment se trouvent 40 salles de cours, des bureaux flexibles, une salle de premiers secours, plusieurs espaces techniques et un auditoire d’une capacité de 200 places. « Chaque jour, près de 400 étudiants pourront suivre des cours à l’académie », mais « il va sans dire qu’avec les mesures sanitaires actuelles, il n’y aura pas de leçons à pleine capacité », précise Infrabel : « la distance sociale nécessaire sera toujours respectée ».

    Et à l’extérieur, dix installations ont été aménagées afin d’effectuer des formations « en toute sécurité ». Ces installations comprennent notamment un tracé de voie, une caténaire à hauteur d’homme, un équipement de signalisation, un mât GSM-R, des équipements ICT et un passage à niveau. A ces installations fixes s’ajoute un « train-école », qui permet de former le personnel, de manière didactique, aux différentes technologies « plus ou moins récentes » utilisées dans les cabines de signalisation.

    P. L.

  • Siemens réalisera le « canal de Suez ferroviaire » à travers l’Egypte

    Siemens réalisera le « canal de Suez ferroviaire » à travers l’Egypte

    Sept mois et demi après la signature d’un protocole d’accord, c’est un contrat de 4,45 milliards de dollars (3,75 milliards d’euros) pour la conception, l’installation et la mise en service d’une ligne électrifiée « à grande vitesse » entre la Méditerranée et la mer Rouge qu’ont signé l’Autorité nationale égyptienne des Tunnels (du ministère des Transports) avec un consortium regroupant Siemens Mobility, la société locale Orascom Construction S.A.E. et The Arab Contractors (Osman Ahmed Osman & Co.).

    Longue de 660 km et desservant 21 gares, cette ligne reliera Alexandrie et Marsa Matrouh (sur la Méditerranée, à mi-chemin entre El Alamein et la frontière libyenne), avec Ain Soukhna (sur la mer Rouge, à moins de 50 km au sud de Suez). Ouverte tant aux trains grandes lignes (30 millions de voyageurs annuels sont attendus) qu’au fret, cette première ligne a été qualifiée de « canal de Suez ferroviaire » par Roland Busch, PDG de Siemens AG. Ce dernier a précisé que la part de Siemens dans le contrat est de l’ordre de 3 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) et comprendra en particulier le matériel roulant.

    Ce contrat, dont la signature a été annoncée le 1er septembre, comprend également la maintenance des nouvelles infrastructures pendant 15 ans et ses signataires se sont entendus pour poursuivre les discussions en vue de réaliser deux autres lignes, l’une entre Le Caire et Assouan, l’autre reliant Louxor à Hurghada et Safaga, sur la mer Rouge. Avec la première ligne entre Méditerranée et mer Rouge, l’Egypte disposerait ainsi d’un nouveau réseau « à grande vitesse » qui pourrait atteindre 1 825 km de long.

    P. L.

  • Premier semestre difficile pour Getlink, mais prometteur pour Europorte

    Premier semestre difficile pour Getlink, mais prometteur pour Europorte

    C’est encore un semestre totalement hors normes qui vient de s’achever pour le trafic transmanche. Après l’entrée en vigueur de l’accord sur le Brexit, ces six mois se sont poursuivis par un troisième confinement côté français et par des mesures limitant plus généralement la liberté de mouvement entre les deux rives de la Manche, avant un retour à une situation un peu plus normale, mais encore éloignée de celle de 2019.

    Dans un tel contexte, les résultats de Getlink, la maison-mère du lien fixe transmanche Eurotunnel et de l’opérateur fret Europorte, ont été quelque peu contrastés au premier semestre 2021. S’élevant à 326 millions d’euros, le chiffre d’affaires du groupe a baissé de 12 % par rapport à la même période l’an passé, déjà marquée par un premier confinement, avec un EBITDA de 100 millions d’euros, en baisse de 19 %. Mais si le lien fixe affiche des baisses plus importantes en pourcentage (-17 % pour le CA, de 260 millions d’euros, et -24% pour l’EBITDA, de 86 millions d’euros), les hausses sont très marquées pour Europorte (+14 % pour le CA, de 66 millions d’euros, et +42 % pour l’EBITDA, de 14 millions d’euros). Et avec une trésorerie à 549 millions d’euros fin juin 2021, Yann Leriche, directeur général de Getlink est satisfait vu les circonstances : « la trésorerie est comparable à celle avant la crise, les coûts ont été réduits et le yield est optimisé ». Il faut ajouter que Getlink disposait d’une trésorerie record fin 2020, après remboursement par l’Etat français des équipements réalises dans le cadre du Brexit, alors que les deux plans Shield (stricte gestion du cash) et WAYforward (amélioration de la productivité) donnent des résultats, avec 45 millions d’euros économisés au premier semestre par rapport à la même période en 2019.

    De plus, la famille Getlink est heureuse d’annoncer la naissance d’un nouveau membre : le câble électrique ElecLink, entièrement posé dans le tunnel sous la Manche au cours du premier semestre, dans le respect du calendrier. Reste à faire les essais pour en lancer l’exploitation à la mi-2022 si tour se passe comme prévu. Cet investissement devrait être rentabilisé en une dizaine d’années. Le lien fixe et son exploitation ont donné lieu à d’autres innovations, pour la plupart déjà en service (Eurotunnel border Pass, avec tous les documents des camions en ligne, lancement d’une application pour les passagers des automobiles, Passenger Wallet pour le passage de la frontière dans un contexte de pandémie, retour du duty-free côté britannique) ou sur le point de l’être (duty-free côté français).

    « Le semestre a été dur mais on a tiré le maximum des cartes », résume Géraldine Périchon, Directrice Administrative et Financière de Getlink. Sur cette période, le trafic des voitures a connu une chute de 55 %, avec beaucoup de réservations de dernière minute… et une part de marché record de 78,8 % pour Eurotunnel. Ceci alors que le trafic camions n’a globalement baissé que de 3 % sur l’ensemble du semestre, qui avait pourtant commencé par une chute de 32 % par rapport à 2019 à cause de la mise en place du Brexit, alors que la part de marché du lien fixe est « proche des niveaux historiques », de 38,9 %. Bien plus impacté a été le trafic Eurostar (202 000 voyageurs sur six mois, moins 90 %, le niveau actuel de service étant de 3 allers-retours Paris – Londres et d’un aller-retour Londres – Amsterdam par jour), alors que le fret ferroviaire transmanche s’est honorablement maintenu (873 trains), progressant même de 2 %. Autre aspect du fret ferroviaire en hausse pour Getlink, mais cette fois en France, ainsi que vers la Belgique et l’Allemagne : Europorte, dont le CA et les bénéfices sont supérieurs au niveau d’avant Covid-19.

    Quelles perspectives pour la suite de l’exercice 2021 et au-delà ? « Nous avons décidé de n’a pas donner de prévisions de trafic, ça n’a pas de sens, mais nous avons plusieurs scénarios, plusieurs hypothèses », répond Yann Leriche, qui précise toutefois qu’Eurotunnel a la flexibilité nécessaire pour tirer le meilleur du marché. « Nous sommes capables de mettre 100 % de capacité si le besoin existe », souligne le directeur général de Getlink : « quand il y a eu la réouverture l’an passé, nous avons battu des records cinq semaines d’affilée ». Et à plus long terme, dans un contexte où « les clients veulent des transports verts », Getlink veut encore réduire ses émissions, et ce, sans acheter de certificats carbone, alors que l’entreprise est déjà moins polluante que les ferries et les avions : « nous comptons en milliers de tonnes de CO2, nos concurrents en millions ». Un des exemples les plus récents de cette politique « verte » est l’essai du biocarburant issu du colza sur une locomotive fret, depuis le 6 juillet, apparemment « bien accepté » et n’entraînant aucune surconsommation. Et enfin, il y a le partenariat Régionéo, avec RATP Dev, pré-qualifié pour les TER dans les Hauts-de-France et le Grand Est…

    P. L.

  • Forts investissements requis pour les zones  à faible émission

    Forts investissements requis pour les zones à faible émission

    En 2019, la loi d’orientation des mobilités (LOM) a instauré l’obligation de mettre en place une zone à faible émission (ZFE) lorsque les normes de qualité de l’air sont régulièrement dépassées. Efficace, mais contraignant pour la mobilité des urbains, et très gênant pour les plus pauvres.

    Camille Combe, pour La Fabrique de la Cité se demande : sommes-nous en train de construire des villes inaccessibles ? Dans la logistique urbaine, où le parc de véhicules est plus âgé que le parc automobile privé, le coût de l’adaptation aux normes devrait favoriser les grandes entreprises. Grandes difficultés aussi concernant les personnes, même si la littérature scientifique est rare sur le sujet. Cela n’empêche pas d’avoir quelques indications.

    Par exemple, note Camille Combe, « la nécessité d’acheter un véhicule neuf pour continuer à pouvoir se déplacer au sein de la ZFE, faute d’alternative aussi efficace, pèse davantage sur les finances des habitants des communes périphériques, dont les revenus moyens sont moins importants que ceux des habitants de zones denses ». Une étude conduite par la DREE Ile-de-France en 2019, indique ainsi « que près de 5 % des ménages franciliens seraient affectés par la mise en place d’une ZFE à l’échelle de l’autoroute A86 et que, parmi eux, près de 25 % n’auraient pas les moyens de changer de véhicules (28 846 ménages). De même, au sein de ce dernier échantillon, 60 % ne peuvent pas se reporter vers d’autres modes (17 307 ménages) ».

    La mise en place des ZFE doit s’accompagner de mesures en faveur des plus pauvres, d’installation de bornes pour les véhicules électriques et d’extensions des services de transport public. Car l’enjeu n’est pas uniquement « d’améliorer la qualité de l’air en ville mais d’atteindre cet objectif sans accroître les inégalités socio-économiques ». A envisager tout de suite pour les finances publiques.

    Lire « Zones à faibles émissions : sommes-nous en train de rendre les villes inaccessibles ? », La Fabrique de la Cité.