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Catégorie : Politique des transports
Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports
L’Ile-de-France se lance dans les bus électriques articulés
La RATP et le Stif lancent ce 13 février un nouvel appel d’offres pour l’expérimentation d’autobus électriques. L’autorité organisatrice et l’exploitant veulent commander des bus électriques standards 12 mètres mais aussi, et pour la première fois, en option, des bus articulés 18 mètres qui pourraient équiper des bus à haut niveau de service (BHNS).
Ce nouveau marché doit aussi permettre à la RATP et au Stif d’expérimenter de nouvelles technologies en matière de confort climatique. C’est l’un des grandes difficultés des bus 100 % électrique, le chauffage, s’il dépend de l’énergie de traction, consommant en effet trop d’énergie, ce qui nuit à l’autonomie des batteries (voir le dossier publié dans le numéro de février de VR&T). Le Stif et la RATP veulent aussi tester la performance des dernières générations de batteries, et s’assurer de l’interopérabilité entre les bus et les bornes de charge.
Ce marché porte sur deux ans, pour un montant minimum de 10 millions d’euros et maximum de 40 millions d’euros. Il comprendra deux lots identiques et chaque lot sera attribué à un titulaire différent.
C’est à la fin de cette année que des appels d’offres massifs vont être lancés par la RATP, à la demande du Stif, pour un déploiement plus large de bus électriques sur le réseau francilien.
La ligne 341 est désormais, selon le Stif et la RATP, équipée intégralement en bus électriques et une commande récente de 20 bus, passée à Bolloré comme la première, doit permettre de tester la recharge partielle des batteries en terminus.
L’Etat et la région Ile-de-France signent un avenant au CPER
Avec l’arrivée de nouveaux exécutifs régionaux et les évolutions de compétences liées aux dernières réformes territoriales, l’Etat et la région Ile-de-France ont décidé de réviser ce contrat de plan 2015-2020. Revu à la hausse, le CPER représente désormais un montant d’investissements conjoints de 7,4 milliards d’euros (dont 4,4 milliards pour la région). A fin 2016, l’Etat a engagé 687 millions d’euros, soit 24 % des montants prévus, la région 978 millions d’euros, soit 22 % du montant prévisionnel. 5,3 milliards de l’enveloppe totale seront consacrés aux transports, l’avenant ayant ajouté 60 millions d’investissements pour le réseau routier francilien, destinés notamment à financer le contournement de l’aéroport de Roissy par l’est, ou les aménagements de l’autoroute A86, qui subit une congestion chronique. Sur le volet mobilité, la révision prend en compte le bouclage du financement du prolongement d’Eole à l’ouest, l’électrification de la ligne P Paris – Troyes, le tram-train Massy – Evry et le tramway T9.

Grand Paris : que faire de 43 millions de tonnes de déblais ?
Les travaux du Grand Paris ont débuté. Ils vont occasionner 43 millions de tonnes de déblais qu’il va falloir traiter. Lors d’une réunion de son club, Ville Rail et Transports a cherché à savoir comment ces matériaux allaient être triés, acheminés, tracés et recyclés. «La gestion des déblais n’est pas née avec le Grand Paris, mais l’ampleur du chantier met cette problématique sur l’avant de la scène », constate Frédéric Willemin, directeur de l’Ingénierie environnementale à la Société du Grand Paris. Pour créer les 200 km du futur réseau, 43 millions de tonnes vont être excavées au cours des dix prochaines années. La moitié sera extraite par des tunneliers, à raison de 2 000 tonnes par jour et par machine. Sachant que sur la ligne 15 Sud il y en aura dix, dont huit en fonctionnement simultané, cela donne une idée des volumes attendus. « Les déblais du Grand Paris vont augmenter de 10 à 20 % la production annuelle d’Ile-de-France, relativise M. Willemin. C’est important, mais ce n’est pas un bouleversement complet de l’économie. » La SGP a pour ambition de valoriser au maximum ces matériaux. « L’intérêt des déblais excavés par les tunneliers sera d’être non pollués et d’avoir un potentiel de valorisation importante, à condition de déterminer à l’avance leurs caractéristiques », précise M. Willemin, conscient que « même si on parvient à une valorisation importante, il restera des déchets ». Les travaux préparatoires aux chantiers ont mis en évidence la variabilité dans la composition des matériaux. Certains, du fait de leur teneur en composants naturels, ne pourront pas être valorisés de manière aussi simple que la SGP pourrait le souhaiter. Frédéric Willemin prévoit que sur les 43 millions de déblais, 1 à 2 % seront pollués par des hydrocarbures, des métaux lourds ou des solvants. Un pourcentage faible, quelques centaines de milliers de tonnes tout de même qui ne sont pas celles qui posent le plus de soucis. « Pour les traiter il y a des filières, même si cela entraîne un coût. Techniquement, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. » Pour le reste la SGP table sur 40 % de matières inertes, qu’elle espère valoriser au maximum, 40 % de déblais non inertes et non polluants pour lesquels la destination sera plus délicate, et 20 % de déblais sulfatés dont l’exutoire pourra être le réaménagement des carrières de gypse. « Dans ce projet nous nous sommes fixé trois objectifs : le report modal, la traçabilité et la valorisation, détaille M. Willemin. Comme le déblaiement se fera dans un contexte urbain contraint, la question de la logistique se pose et nous souhaitons limiter au maximum l’évacuation par la route. Malgré les avantages de ce mode de transport, il ne nous semble pas être la solution optimale d’un point de vue environnemental. » Pour optimiser ses chances de tenir cet engagement, la SGP a passé une convention avec Haropa pour anticiper et favoriser l’évacuation des déblais par voie fluviale. « Nous avons prévu cinq plateformes de transbordement et d’évacuation pour faire face aux besoins des chantiers du Grand Paris. » Elles seront situées là où les déblais seront excavés : deux seront dédiées à la ligne 15 Sud à Pont-de-Sèvres et Vitry-sur-Seine et une à Grésillons/Gennevilliers sera dédiée à la ligne 15 Ouest et deux autres seront en bordure de canal, à Aubervilliers sur le canal Saint-Denis pour la 16 et l’autre sur le canal de l’Ourcq à Bondy pour la ligne 15 Est.
La SGP veillera à la traçabilité des déblais de manière à vérifier que l’exutoire final soit conforme avec leur nature et la réglementation. « Nous voulons minimiser les incidents et les interrogations des riverains, faire en sorte que tout soit transparent », précise le représentant de la SGP qui ajoute « la valorisation des matériaux dépend d’une bonne traçabilité, car il faut que l’utilisateur final ait confiance sur la provenance des matières premières ».
Les déblais de travaux, Haropa sait les évacuer. Sur les 20 millions de tonnes transitant chaque année en Ile-de-France, 15 à 20 % sont transportés par voie fluviale. « C’est pour nous un marché important, qui arrive derrière celui des matériaux du BTP qui représentent 60 % du trafic », précise Karim Lalmas, responsable filière Logistique vrac de la branche Industrie chez Haropa. La quantité de déblais prévue sur les chantiers du Grand Paris va demander de massifier les flux, et Haropa entend se positionner comme étant à même de proposer une solution efficace pour évacuer ces déchets. Outre les cinq plateformes dédiées aux chantiers, M. Lalmas évoque des projets de plateformes de transit, plus éloignées des sites de production. « La SGP a souhaité apporter sa contribution en mettant à disposition du foncier pour construire des sites supplémentaires sur lesquels des prestataires de recyclage pourront intervenir directement, et qui compléteront le réseau existant », précise M. Willemin. « Six millions de tonnes transportées par voie fluviale, c’est 300 000 poids lourds évités sur les routes », ajoute M. Lalmas pour démontrer l’intérêt environnemental du report modal.
« Valoriser un tel volume est d’autant plus compliqué que la mise en valeur des matériaux recyclés souffre encore d’un déficit de perception », regrette François-Régis Mercier, directeur régional Matériaux routiers franciliens d’Eurovia. « On a tendance à leur conférer une moindre valeur. Il se faut se battre contre cette image. Ce qu’un changement de statut pourrait contribuer à faire. Car pour l’heure même recyclés ces matériaux conservent un statut juridique de déchet », regrette-t-il. Le directeur régional Ile-de-France Travaux souterrains et Réseaux d’Eiffage, Pascal Hamet plaide pour une « action du maître d’ouvrage pour faire évoluer la réglementation sur la façon de considérer les déchets. Pour le terrassement on parle de déblais remblais, c’est plus positif que déchets ou déblais termes péjoratifs. » « La réglementation évolue, constate M. Willemin, nous avons aujourd’hui la possibilité d’utiliser des déblais sulfatés pour réaménager des carrières de gypse sans dérogation. » Mais il admet qu’en mettant l’étiquette déchet sur des déblais naturels comme la terre, on n’encourage pas sa valorisation. « Dans les pays limitrophes, Belgique ou Pays-Bas notamment, la terre n’est pas un déchet et sa valorisation facilitée. C’est pourquoi nous avons saisi le ministre de l’Ecologie pour demander une évolution réglementaire. » Pour M. Mercier, « il faut mettre au point des filières de valorisation. Cela prend du temps et il faut avancer à pas comptés pour ne pas faire courir de risque à ces filières émergentes parce qu’on aurait commis des erreurs sur la qualité des produits. »
L’acceptabilité des chantiers demande aussi des efforts en terme de technique de caractérisation des déblais et de recours aux transports alternatifs. Mais M. Mercier précise que « le report modal vers le rail ou le fluvial, demande de caractériser davantage les produits à la sortie de l’ouvrage pour contrebalancer le manque de flexibilité de ces transports. Gagner du temps et éviter de stocker sur les plateformes permettra de compenser ce manque d’adaptabilité ». Pascal Hamet assure mener des discussions avec la SGP pour bénéficier de souplesse et ne pas s’en tenir à un seul mode de transport. Précisant : « dans un projet de prolongation de la ligne E, nous utiliserons une première plateforme avec évacuation terrestre, mais quelques centaines de mètres plus tard on recréera une plateforme pour utiliser le fleuve. On cherche à utiliser le transport alternatif, mais le rail ne présente pas encore la souplesse correspondant aux attentes. »
Maud Tarnot de l’Union nationale des exploitants du déchet (Uned), branche de l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem), en charge de la Gestion des déchets, et par ailleurs responsable des Affaires publiques de Lafarge, revient sur les objectifs que s’est fixés la Société du Grand Paris. « Recourir à des transports alternatifs à la route, c’est une bonne chose pour l’acceptabilité des grands travaux. Mais compte tenu des volumes en jeu, ce ne sera pas suffisant. Cela peut être un complément si on sait embrancher les chantiers, mais cela nécessite aussi de trouver un équilibre économique, car cela coûte souvent plus cher de recourir au fluvial ou au rail. Il faut que tout le monde accepte de payer pour éviter d’ajouter aux huit millions d’euros annuels que coûte la congestion routière. » Elle poursuit : « La collectivité a besoin de gestion exemplaire des déchets et la traçabilité est à ce titre très importante. » Précisant que si l’Uned respecte parfaitement la réglementation, « avec le ministère on s’est aperçu qu’une installation de stockage sur deux n’était pas dans les clous et qu’on ignore où vont 20 % des déchets inertes ». D’où l’intérêt de s’assurer que les déchets vont vers une installation autorisée. Enfin, Si Maud Tarnot reconnaît que ces déchets peuvent être valorisés notamment pour des installations paysagères, des aménagements de territoire, des parcs urbains, elle ajoute « sans connaître tous les projets existants, il n’y en aura pas assez pour écouler les volumes à venir, il faudra stocker. » Et ce sont les volumes en jeu qui inquiètent Pascal Hamet : « Les chantiers du Grand Paris étant sur des sites urbains denses, c’est une contrainte pour les entreprises qui interviendront. Et comme toutes les ruptures de charge ont un coût, il faut chercher à les éviter en amont. » Il regrette donc qu’il faille attendre « cinq jours pour obtenir les résultats de caractérisation des matériaux excavés après analyse, obligeant à conserver les matériaux sur place ». Ce qui sera un défi lorsque chaque tunnelier produira 1 000 m3/jour en moyenne et jusqu’à 2 500 m3 en période de pointe. « Il faut adapter les emprises et la caractérisation aux débits de pointe. » Les laboratoires d’Eiffage y travaillent en menant des recherches de précaractérisation rapide destinée à permettre l’envoi direct vers les exutoires appropriés.
M. Willemin justifie ses exigences : « Quand on démarre un chantier on fait un sondage tous les 250 mètres pour déterminer la nature du sous-sol. Mais lorsque les travaux débutent, nous demandons des tests tous les sept mètres à partir des matières excavées, parce qu’on ne peut caractériser les matériaux qu’une fois qu’ils sont sortis. Pour valoriser au maximum, nous avons besoin d’une connaissance fine, or la qualité des déblais peut être hétérogène au sein d’une même formation géologique. Plus on fait de petits tas, plus on peut isoler ceux qui vont coûter cher en valorisation. Si on ne fait pas ces analyses, cela peut nous conduire à envoyer une part importante de nos déblais vers une filière sécuritaire. Nous ne sommes pas obligés de faire des analyses, mais s’il y a un problème ce sera notre responsabilité. » Il ajoute : « Nous n’avons pas une position dogmatique et fermée sur ces taux d’analyse, mais notre objectif est de trouver un équilibre entre la valorisation et l’optimisation des coûts. » Car les participants au débat rappellent que la valorisation des déchets est environnementale et pas économique. « Le traitement des déblais est un coût à plusieurs centaines de millions d’euros, voire davantage », assure M. Willemin. Et c’est au producteur des déchets de payer pour s’en débarrasser. D’où l’intérêt de trouver des solutions de recyclage de proximité et de trier pour limiter les frais, car le coût des filières varie d’un à dix en fonction du degré de pollution. La SGP souhaite minimiser la part de stockage des déchets en valorisant 70 % des déblais. « Cet objectif arrive à un moment où les acteurs ont la volonté de faire de l’économie circulaire », constate Aude Tarnot. Mais Pascal Hamet relativise la possibilité de réutilisation des matériaux : « Il y a abondance de capacité. L’offre est bien supérieure à la demande. » Ce qui pose la question du stockage et des capacités disponibles pour le faire. La SGP ne s’inquiète pas outre mesure. « Il peut y avoir un risque de pénurie sur une période donnée, mais c’est difficile à évaluer car nous ne sommes qu’un maître d’ouvrage parmi d’autres », précise M. Willemin. Si les déchets n’ont pas vocation à voyager, le fait de recourir au transport fluvial ou ferroviaire rend plus facilement envisageable de trouver des points de stockage distants et d’envisager de la valorisation y compris à l’étranger. Concernant la valorisation des matériaux extraits derrière le tunnelier, M. Hamet rappelle que « le traitement peut occasionner des difficultés, car les déblais malaxés ne peuvent plus être comparés à de la matière noble. Réutiliser des matériaux nécessite des changements de mentalité. Pour favoriser ce réemploi, une piste serait de définir des exigences sur la matière établie de manière plus pragmatique, en fonction des qualités techniques attendues ». Le responsable d’Eiffage souligne que « dans la route, la notion de recyclage est mise en œuvre depuis longtemps », et se dit favorable « à ce qu’on puisse utiliser une partie des matériaux récupérés derrière les tunneliers avec des liants pour constituer la plateforme dans le tunnel, en substitution du béton ». Eiffage réalise des essais pour étudier également la possibilité d’utiliser ces matériaux en rechargement. « Quand on construit un tunnel, il y a un vide annulaire, qu’on pourrait combler avec ces déblais en réemploi. C’est une piste d’utilisation qui permettrait une économie substantielle dans l’élaboration de nos projets. »
Pour conclure le débat, chacun des participants a précisé ce qu’il souhaite pour améliorer le traitement des déchets des chantiers du Grand Paris. « On a besoin de visibilité, de connaître les volumes en jeu, leurs caractéristiques et le calendrier pour répondre à la demande et faire les investissements », a répondu Maud Tarnot. « Il faut clarifier la réglementation, savoir où l’on va. Donner de la souplesse, permettre la simplification des cahiers des charges afin de pouvoir tester des solutions fiables et économiques », a plaidé Pascal Hamet. « Ce qui manque c’est savoir quelle est la volonté de l’Etat. On sent que sa logique reste linéaire, il faut arriver à raisonner en circulaire », a ajouté François-Régis Mercier avant que Karim Lalmas n’encourage à un plus grand recours aux structures fluviales en Ile-de-France, rappelant « il y a encore de la place disponible sur des emprises portuaires pour répondre aux marchés ». Quant à Frédéric Willemin il a conclu : « Nous sommes convaincus que les chantiers du GP seront une source d’innovation. Il y a des choses mûres pour évoluer. Nous avons reçu 75 dossiers de propositions de démarches innovantes de gestion des déblais dans le cadre de l’appel à projets que nous avons lancé sur ce sujet précisément. Nous allons les analyser et sélectionner les plus propices à avancer et mener des expérimentations dès 2017. »
Valérie Chrzavzez-Flunkert

CDG Express à tout prix ?
La loi relative à la liaison CDG Express a été adoptée fin 2016. Si elle permet de lancer la desserte aéroportuaire, des questions demeurent sur son financement et son utilité. CDG Express : enfin !
Par Dominique Bussereau, ancien ministre, député LR et président du conseil départemental de Charente-Maritime, président de l’Assemblée des départements
de France, vice-président du Gart.Jacques Douffiagues, ministre des Transports entre 1986 et 1988 a proposé une décision essentielle pour l’aménagement du territoire : l’interconnexion des lignes existantes ou à construire Sud-Est, Est et Nord avec un barreau desservant l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Ce choix historique a mis fin aux défauts de notre réseau étoilé et non interconnecté autour de Paris, même si des ceintures, petites et grandes relient ou ont relié les branches de l’étoile.
Depuis le début des années 2000, il existe un projet reliant la gare de l’Est à CDG mais il s’est heurté à de nombreuses difficultés :
– Des réticences conjointes mais pour des raisons bien différentes, jamais avouées naturellement dans le langage public, de la SNCF et d’Aéroports de Paris.
– Des partis pris idéologiques : pourquoi construire une ligne nouvelle pour les « riches » (terme idéologique désignant les voyageurs aériens) alors que les besoins de modernisation du réseau RER traditionnel sont criants ?
– Une mauvaise volonté évidente de la Ville de Paris, créant des difficultés pour le passage porte de la Chapelle et un manque d’enthousiasme de la part de la précédente majorité de la région Ile-de-France
– Et bien sûr et surtout le financement !
J’ai longtemps cru, lorsque je siégeais au gouvernement, à la possibilité d’un partenariat public-privé mais le peu d’enthousiasme (expression diplomatique) du partenaire désigné et le peu d’intérêt des collectivités locales ont conduit à un échec que je regrette mais assume pleinement.
Aussi les solutions nouvelles auxquelles travaille l’actuel gouvernement ont-elles mon assentiment, à quelques nuances près.
En effet la loi Macron a permis de débloquer la situation par une ordonnance du 8 février 2016.
Son texte confie la conception, le financement, la réalisation et l’exploitation de la nouvelle infrastructure à une société de projet, filiale de SNCF Réseau et d’ADP dans le cadre d’un contrat de concession de travaux.
La loi ratifiant cette ordonnance, adoptée en décembre par le Parlement elle permet également d’associer la Caisse des dépôts au montage financier.
Parallèlement le gouvernement prépare un appel d’offres pour désigner l’exploitant : un appel à manifestation d’intérêt doit être prochainement publié.
Tout cela est bel et bien mais appelle néanmoins quelques remarques :
– Il est navrant que l’Etat et les collectivités ne soient pas appelés au financement d’un projet aussi indispensable pour notre pays.
Roissy-Charles-de-Gaulle est le seul aéroport mondial de ce niveau à ne pas bénéficier d’une desserte dédiée en site propre (à la différence de Lyon-Saint-Exupéry), alors que les clients aériens en ont un besoin impératif de même que tous celles et ceux qui travaillent sur le site de CDG ou à proximité.
– Il y a eu des exagérations de langage à propos de la taxe initialement prévue sur les billets d’avion afin de financer cette nouvelle infrastructure et dont la mise en œuvre est reportée à l’ouverture théorique de la ligne, soit 2024.
Je comprends les réticences d’Air France et du monde aérien en difficultés économiques, mais plus de souplesse quant à la mise en œuvre de cette taxe aurait permis une réalisation plus rapide des travaux, au bénéfice d’une meilleure attractivité de CDG et des compagnies aériennes desservant la plate-forme.
Enfin, le choix de l’exploitant sera essentiel car le monopole accordé jusqu’alors à la SNCF a fait capoter les projets précédents par crainte des mouvements sociaux réguliers hypothéquant toute rentabilité.
Il est vraisemblable que la SNCF et la RATP seront candidats soient directement soit par le biais de leurs filiales mais il serait légitime que Transdev et des opérateurs étrangers puissent également concourir sans obstacles.
En conclusion, je me réjouis de voir enfin ce projet sortir des limbes et j’en félicite le gouvernement. Tous ces retards, ces difficultés, ces polémiques, sont consubstantiels au mal français : manque d’ambition collective, conservatisme camouflé derrière le progressisme ou l’écologie, difficulté de mener des politiques intermodales quand le caractère public des entreprises de transport les sclérose ou quand l’Etat n’est pas assez courageux ou stratège.
Le dilemme de CDG Express : ligne d’intérêt privé ou d’intérêt public ?
Par Gilles Savary, député PS de la Gironde et ancien vice-président de la commission Transport du Parlement européen.
Le Parlement vient de voter la loi autorisant le gouvernement à créer une société de projet pour la réalisation d’une liaison ferroviaire entre l’aéroport Charles-de-Gaulle et la gare de Paris-Est.
L’objection majeure qui a longtemps bloqué ce projet n’était pas tant son coût évalué à 700 millions d’euros, que la qualité de service en dégradation continue de la ligne B du RER qui transporte chaque jour 900 000 banlieusards, sans qu’il ait été entrepris à l’époque de l’améliorer significativement !
Depuis, la conjonction du projet de Grand Paris Express avec la réalisation des extensions de la ligne 14 et la réalisation de la ligne 17, mais aussi la priorité donnée à la rénovation de la ligne B ont d’autant plus affaibli cette objection politique que le nouveau projet de CDG Express provisionne 500 millions d’euros pour la rénovation des 24 sections communes du RER et de la future liaison express !
Pour autant l’équation financière de CDG Express est loin d’être limpide, tellement l’inflation de son coût prévisionnel, aujourd’hui établi à 1,7 milliard d’euros, est impressionnante !
La société de projet qui sera constituée entre SNCF Réseau, Aéroport de Paris et la Caisse des dépôts et consignation a déjà nécessité une entorse législative malencontreuse à la « règle d’or » qui plafonne les capacités d’endettement de SNCF Réseau.
Malgré cela, le compte n’y est pas. Il a donc été imaginé la mise en place d’une taxation des billets aériens, à destination ou au départ de CDG, pour sécuriser l’exploitation vis-à-vis du pool bancaire.
Alors qu’Air France est dans la panade et qu’à l’inverse ADP affiche des résultats insolents (recette de ses 58 850 m² de surfaces commerciales et de services de l’ordre de 917 millions d’euros en 2015), la question se pose de savoir qui, des plus fragiles (Air France pour l’essentiel) ou du plus opulent (ADP) doit assurer le risque trafic ?
D’autant que la taxe envisagée a vocation à constituer la recette d’ajustement de l’équilibre d’exploitation en cas de surestimation des hypothèses de trafic ou d’aléas de fréquentation.
Cela, alors que la situation financière de SNCF Réseau (44,1 milliards de dette) lui interdit d’envisager la moindre prise de risque supplémentaire.
Certes, ADP a entendu ces objections et, pour éviter le précédent d’une ponction dans son « trésor » commercial, a consenti à hausser sa mise initiale en capital à 500 millions d’euros (400 millions sur fonds propres et 100 millions « d’avances remboursables ») !
Le coût considérable du projet comme les sérieuses inconnues qui planent sur son financement et sa viabilité, continuent d’alimenter un fort scepticisme sur son opportunité en regard des immenses besoins de régénération du réseau ferré de l’Ile-de-France et d’amélioration de la qualité de service des trains de banlieue.
En principe, il ne les compromet en rien, puisque le casse-tête de son financement tient précisément à une disposition législative inédite pour un tel investissement ferroviaire qui proscrit tout financement public.
Il eut suffi, comme pour les LGV, que l’Etat et les collectivités locales prennent une part significative de l’investissement, pour sécuriser les conditions d’exploitation de CDG express ! C’est bien parce qu’il n’en est pas question qu’une mise en concession s’est avérée infructueuse et que l’on cherche encore la quadrature du cercle d’un financement crédible !
Cette affaire, qui procède typiquement du goût français pour la complication des problèmes simples, renvoie à ses motivations politiques.
Il est incontestablement extravagant qu’une plate-forme aéroportuaire comme Paris, irriguant l’une des capitales les plus touristiques du monde, ne dispose pas d’un lien fixe rapide et sans arrêt avec le centre-ville. Il suffit de se rendre à Rome, Stockholm, Francfort ou Vienne, pour apprécier la plus-value de telles liaisons pour le rayonnement international des villes concernées.
Et il est vrai que les RER, notamment à l’heure de pointe, sont mal adaptés aux transports de passagers aériens, souvent lestés de lourds bagages.
La candidature de Paris aux JO 2024 et à l’Exposition universelle 2025 constitue l’occasion de lancer enfin le projet de cette liaison rapide.
Il reste qu’en matière de grands projets d’infrastructure, notre pays est celui du « tout ou rien », et que demeure la question de savoir si une alternative moins coûteuse et moins risquée pouvait répondre au même cahier des charges…
Elle n’est jamais apparue clairement.
Construisons, construisons, il en restera toujours quelque chose…

La SNCF part à la conquête des jeunes
La SNCF a lancé le 25 janvier TGVmax, un abonnement illimité qui s’adresse aux jeunes de 16 à 27 ans. « TGVmax, c’est le pouvoir de voyager en illimité sur tous les TGV et Intercités à réservation obligatoire, vers toutes les destinations, tous les jours sans exception. Même les jours de grands départs », assure la SNCF. Mais tout de même avec une restriction : « les trains de très forte affluence, très prisés par les professionnels ne sont pas ouverts », ajoute-t-elle. Les Ouigo et les iDTGV ne sont pas accessibles avec cette carte. Un simulateur permet de visualiser les trains accessibles avec cet abonnement pendant le mois à venir.
L’abonnement est vendu au prix de 79 euros par mois. Pour son lancement, la SNCF le vend à un euro jusqu’au 28 février. Seule contrepartie, l’abonnement se fait sur douze mois et prévoit un engagement de trois mois minimum. Faute de quoi des frais de dossier de 15 euros seront prélevés. Une fois passé ce délai, l’abonnement peut être résilié ensuite à tout moment. Sinon, sa reconduction se fait tacitement.
TGVmax est totalement digitalisé : il s’achète sur un Internet et on peut annuler son voyage juste avant le départ du train choisi. Le voyage se fait en seconde classe. On peut faire jusqu’à six réservations simultanément mais on n’a le droit d’effectuer qu’un seul trajet par jour au départ de la même ville.
Le nombre de ces TGVmax mis en vente ne sera pas limité contrairement à ce qu’a déjà fait la SNCF dans le passé avec les forfaits illimités à utiliser sur le réseau des iDTGV : en janvier 2015, elle avait ainsi lancé 10 000 forfaits iDTGVMax à 59,99 euros qui étaient partis comme des petits pains. Un ballon d’essai avant ces nouveaux abonnements illimités spécifiquement dédiés aux jeunes. Un public qui a une fâcheuse tendance à se détourner des trains au profit du covoiturage et que la SNCF a bien l’intention de reconquérir avec des produits moins chers et plus simples.
M.-H. P.
Strasbourg teste le GTL, substitut du gazole
La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) vient de tester pendant cinq mois un carburant issu du gaz naturel, le GTL (Gas to liquids), utilisé sur dix véhicules Agora (Euro III) comme substitut du gazole.
Réputé plus propre que le diesel, le GTL n'a nécessité aucune transformation des moteurs, ni adaptation des infrastructures de la CTS. Depuis le début de l'expérimentation, les véhicules n'ont pas connu de panne ni de défaut lié à ce carburant. L'espacement des entretiens aurait même été sensiblement rallongé. « Le GTL élimine tous les produits qui peuvent être considérés comme des résidus du gazole. On constate un encrassement moindre des filtres à particules », rapporte Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS. Autres bénéfices immédiats : l'élimination des odeurs et la réduction des émissions d'oxyde d'azote (NOx), en baisse de 15 % en moyenne selon une étude réalisée par Shell.
« Le surcoût de 5 % sur le prix du carburant livré peut être récupéré par un entretien allégé », calcule Jean-Philippe Lally, qui souhaite poursuivre et élargir l'expérimentation. La CTS s'est engagée depuis plusieurs années à remplacer ses autocars diesels par des motorisations moins polluantes, au rythme d'une dizaine de véhicules par an. 62 % de la flotte (247 véhicules) fonctionne au GNV. « Nous serions prêts à utiliser le GTL sur la totalité du parc diesel restant », promet Jean-Philippe Lally. Problème : la fiscalité ne le permet pas. Le carburant alternatif proposé par Shell n'est pas éligible à la récupération de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE). « Cela représenterait un manque à gagner de 200 000 euros pour la CTS », calcule Jean-Philippe Lally. « Nous avons besoin du soutien des élus locaux pour pousser le gouvernement à valoriser les avantages du GTL dans le cadre de sa politique de transition énergétique. Nous avons déposé des amendements et proposé une réduction de taxes dans le cadre du projet de loi de finances. Malheureusement, ils ont été rejetés », regrette Vincent Baril, président de Shell France.
Olivier Mirguet
La ville de Paris prête pour la dépénalisation du stationnement
Un an avant l’entrée en vigueur de la décentralisation du stationnement et de la dépénalisation en cas de non-paiement, la ville de Paris a déjà précisé ses intentions. La guerre est ouverte contre les – nombreux – fraudeurs à l'horodateur ! La mairie de Paris annonce la couleur dans un communiqué du 10 janvier : le forfait de post-stationnement (FPS), autrement dit ce qu’on nomme aujourd’hui le PV, passera à 50 euros dans les 11 arrondissements centraux et à 35 euros dans les arrondissements périphériques au 1er janvier 2018. Pour rappel, une amende pour défaut de paiement coûte actuellement 17 euros, somme insuffisamment dissuasive au regard du tarif horaire qui atteint 4 € dans le centre de la capitale. Et d’ailleurs, selon la municipalité le taux de respect du stationnement rotatif n’est que de 9 %, entraînant un manque à gagner de quelque 300 millions d'euros par an.
Officiellement, la hausse est justifiée par une intensification de la lutte contre la fraude « éliminant ainsi phénomène de voitures ventouses ». Il faudrait en moyenne 21 minutes pour trouver un emplacement où se garer en voirie à Paris, selon les données de l’application mobile Polly, en dépit d’un nombre de places importants : 150 000 auxquelles s’ajoutent 15 000 emplacements réservées aux véhicules spécialisés (handicapé, livraisons, transports de fonds…). La direction de la voirie et des déplacements évalue à 80 000 le nombre de places squattées par le même véhicule durant toute une semaine, incluant ceux qui paient un forfait au tarif résidents.
C’est pour ceux qui ne paient pas, que la nouvelle tarification se veut dissuasive. La ville souligne que aussi que les tarifs à l’horodateur ne bougeront pas, qu’elle offre en complément « la gratuité pour les véhicules électriques » et que « des tarifs réduits mis en place pour les professionnels ». La hausse semblera vertigineuse aux automobilistes, mais l’adjoint chargé des transports, Christophe Najdovski ajute : « A titre de comparaison, cette amende est de 96€ à Londres, de 90 € à Barcelone ou encore de 55,5 € à Amsterdam ».
A noter enfin, des rabais pour paiement dans les 72 heures : 35 € en zone I et à 24,5 € en zone II au lieu de 50 € et 35 €. Et la durée maximale du stationnement passera de 2 à 6 heures, chaque heure supplémentaire au delà des deux premières coûtant un peu plus cher que la précédente. Qu’on ne s’y trompe pas, cet allongement n’est pas pour faciliter la vie des automobilistes, mais plutôt pour répondre à une exigence de la loi Maptam de 2014 qui dépénalise le stationnement payant sur voirie et affirme que le FPS ne peut être supérieur au tarif maximal de stationnement dans une journée…
Naturellement, ces nouveaux tarifs s’accompagnent d’une délégation de service public pour les opérations de contrôle. Mesure qui « permettra là aussi d’améliorer le taux de rotation des véhicules et permettra aux automobilistes de rouler moins longtemps à la recherche d’une place libre. Les modes de paiement seront aussi modernisés : paiement mobile (déjà effectif), possibilité de prolonger à distance la durée de son stationnement », conclut l’adjoint à la maire. Elle permettra aussi une plus grande efficacité, puisque des moyens tout aussi “modernes“ de contrôle seront sans nul doute mis en œuvre, comme la lecture automatisée des plaques notamment…
C. N.

Keolis gère toutes les mobilités à Dijon
L’opérateur historique du réseau dijonnais a été reconduit le 22 décembre pour une nouvelle DSP de six ans. Depuis le 1er janvier, Keolis gère les bus et tram Divia, mais aussi les vélos, en libre service (400) ou location (800), les services PMR, les 9 parkings, le stationnement sur voirie et même… la fourrière. style= »margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt »>
L'opérateur historique du réseau dijonnais souligne qu’il s’agit du premier contrat de délégation de service public (DSP) englobant toute l’offre de mobilité. Chiffre d’affaires cumulé attendu : 435 millions d’euros, correspondant à un engagement de 145 millions d’euros de recettes.Pour gérer cette offre globale de mobilité portée par le Grand Dijon, communauté urbaine de 255 000 habitants et 24 communes, le groupe s’appuie sur ses filiales : Cykleo pour les vélos, Effia pour le stationnement (8000 places dont 4500 sur voirie) et EGS (fourrière). Autre première en France : la création de la première fourrière à vélo de France. « Ce projet de mobilité entend effacer l’opposition fréquente entre utilisateurs de la voiture et usagers des transports collectifs et autres modes alternatifs, afin de privilégier la gestion partagée de l’espace public », explique la filiale de la SNCF dans son communiqué.
Côté engagements, Keolis devra assurer le renouvellement du parc de 400 vélos en libre-service (VLS) des 40 stations, ainsi que celui des bus non hybrides à l’horizon 2019 (Divia compte déjà 102 bus hybrides sur une flotte de 200 bus), mais aussi rénover les parkings ‑ 7,2 millions d’euros d’investissement sont prévus – et le matériel de transport des PMR. L’exploitant s’engage aussi à remplacer la navette DiviaCity du centre-ville par des véhicules 100 % électriques et promet de mettre son expertise en matière de mobilité connectée et d’open data au service de la collectivité « pour accompagner activement sa politique de mobilité ambitieuse et novatrice et faire de la future métropole une smart city ».
Il est déjà prévu de lancer dès cette année un nouveau site web avec application unique pour tous les services de mobilité qui seront accessibles grâce une carte de transport unique. Il sera également possible de payer son transport directement avec sa CB ou son smartphone. « Avec ce contrat unique en France, Keolis confirme sa capacité à relever les défis de la mobilité du quotidien : accessibilité, transition énergétique et intégration multimodale pour faciliter les déplacements des citoyens », a commenté Frédéric Baverez, le directeur exécutif groupe France.
Avec 750 salariés, Keolis Dijon Mobilités proposera 11,4 millions de km par an sur les lignes Divia bus (18 lignes) et tram (2 lignes), qui ont permis 47,3 millions de voyages l’an passé. La marque se déclinera en DiviaPark, DiviaVélo (location), DiviaVelodi (VLS), Divia VéloPark (vélostations), Divia Pouce (auto-stop organisé) et DiviaFourrière.
La société Keolis était la seule et unique candidate à l'appel d'offres après l’abandon de Transdev et malgré le recours en annulation de l’appel d’offres lancé en juin 2015 engagé par trois gestionnaires de parking (dont Q-Park et Indigo) qui avaient obtenu gain de cause devant le tribunal administratif au printemps. Décision cassée par le conseil d’Etat en septembre dernier qui met en avant la liberté de la collectivité de choisir le périmètre d’une délégation de service public.
Une situation qui a été déplorée par l’opposition. Lors du vote en conseil communautaire le 22 décembre, l’Union de la droite et du centre s’est ainsi abstenue en regrettant notamment que la création de deux nouveaux parkings-relais n’ait pas été prévue, à l’ouest et au sud de l’agglomération. De son côté, le groupe Alliance et projets pour le Grand Dijon a voté contre, son président Emmanuel Bichot ayant toujours défendu une DSP en plusieurs lots ou bien l’examen d’un passage en SPL. Selon lui, il n’est « pas souhaitable de négocier avec un seul interlocuteur en position de force pour dicter ses conditions ».
C. N.

Anne Hidalgo présente la suite de son plan antivoiture
Objectif : diviser par deux en moyenne le trafic automobile polluant dans le cœur de la capitale. Lors de ses vœux aux élus, le 6 janvier, la maire (PS) de Paris a donné les lignes directrices de la poursuite de son programme antivoiture, qu’elle a dans la foulée détaillé au JDD. BHNS sur les quais hauts de la Seine rive droite de Parc-de-Saint-Cloud à Gare-de-Lyon prévu pour la fin 2018, piste cyclable bidirectionnelle rue de Rivoli de Concorde à Bastille, portions de rues – notamment la place du carrousel du Louvre – réservées aux piétons, vélos et transports en commun et taxis… Ce sont les grandes lignes d'un cocktail visant à diviser par deux en moyenne le trafic automobile polluant dans le cœur de la capitale.
Baptisée « tramway olympique » dans le cadre de la candidature aux jeux Olympiques de 2024, la nouvelle ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) doit remplacer l'actuelle ligne 72 de la RATP, une ligne que la présidente du Stif, Valérie Pécresse (LR), avait elle aussi citée dans son plan bus en demandant à la RATP de faire en sorte de la rendre électrique.
Le projet municipal envisage des bus articulés s’inspirant des T Zen franciliens ou encore ou encore des BHNS de Metz ou de Hambourg conçus par Van Hool, mais dans une version 100 % électrique. « Un tel projet nécessite des aménagements de voirie assez légers et relativement peu coûteux par rapport à un tramway : 35 millions d'euros TTC déjà budgétés », a assuré Anne Hidalgo. Son prolongement à l'est, après 2020, nécessitera des travaux plus importants sur les quais de la Rapée et de Bercy, pour un coût estimé de 104 millions d'euros.
Il ne subsistera alors qu’une ou deux files de circulation sur les quais, la portion d’un kilomètre entre la place de la Concorde et le pont Royal, devrait même être fermée à la circulation, le trafic étant reporté sur la rue de Rivoli, qui serait mise à double sens. Le projet comprend également la création de pistes cyclables bidirectionnelles sur les Champs-Elysées et la rue de Rivoli.
« L'idée est d'aller, petit à petit, vers une piétonnisation du centre-ville, qui, à terme, restera ouvert aux véhicules des riverains, de police, de secours ou de livraison, mais pas au tout-venant. Nous assumons complètement la diminution significative du trafic automobile, comme le font toutes les grandes villes du monde. Il faut constamment rappeler cette évidence : moins il y a de voitures, moins il y a de pollution », a encore précisé au JDD Anne Hidalgo.
C. N.
