Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Un dirigeant de proximité de la SNCF mis en examen pour le déraillement de Brétigny

    Un dirigeant de proximité de la SNCF mis en examen pour le déraillement de Brétigny

    Le parquet d’Evry (Essonne) a annoncé qu’un cadre de SNCF Réseau avait été mis en examen pour « homicide et blessures involontaires » dans le cadre de l’enquête sur le déraillement d’un Intercités à Brétigny-sur-Orge, confirmant une information du Parisien.

    L’accident avait provoqué la mort de sept personnes et blessé une trentaine d’autres le 12 juillet 2013. Ce dirigeant de proximité (DPX), qui était responsable de la dernière tournée d’inspection de la voie où a eu lieu le déraillement, était jusqu’alors un témoin assisté. Les magistrats ont estimé que ce dirigeant n’avait pas rempli correctement sa mission.

    C’est la première fois que les juges d’instruction poursuivent physiquement une personne dans cette affaire. Jusqu’à présent, seules deux personnes morales, la SNCF et RFF (Réseau ferré de France, devenu SNCF Réseau), étaient poursuivies depuis septembre 2014 pour les mêmes chefs d’accusation. Deux autres cheminots, des adjoints de l’encadrant qui vient d’être mis en examen, sont sous le statut de témoin assisté, rappelle Le Parisien.

  • Paris écarte la gratuité totale des transports publics

    Paris écarte la gratuité totale des transports publics

    Après avoir reçu début janvier 2019 le rapport sur « un big bang de la tarification des transports dans le Grand Paris », Anne Hidalgo a décidé de rendre les transports publics gratuits aux enfants de 4 à 11 ans ainsi qu’aux Parisiens handicapés de moins de 20 ans. Ils le sont déjà pour les moins de 4 ans. La maire de Paris a également décidé de rembourser à hauteur de 50 % le passe Navigo des collégiens et lycéens parisiens, en complément du coup de pouce déjà accordé par la région, et de proposer gratuitement l’abonnement Vélib’ aux Parisiens de 14 à 18 ans.

    Ces mesures, qui seront mises en œuvre à partir de septembre 2019, « seront financées en 2019 par des redéploiements à hauteur de cinq millions d’euros », précise un communiqué de l’Hôtel de Ville. En année pleine, elles représenteront 15 millions que la Ville prévoit d’autofinancer « par exemple grâce aux recettes du nouveau marché de mobilier urbain d’information qui débutera en 2020 ».

    Les transports gratuits victimes de leur succès

    Anne Hidalgo reprend ainsi à son compte quelques-unes des préconisations formulées dans le rapport par trois de ses adjoints (Emmanuel Grégoire, Christophe Najdovski et Jean-Louis Missika). Ce faisant, elle exclut, comme ils le recommandent, la gratuité totale des transports publics. Selon les trois adjoints en effet, une telle mesure serait très onéreuse : les dépenses annuelles de fonctionnement et d’investissement des transports collectifs franciliens sont évaluées à 12,4 milliards d’euros (soit 1 000 euros par habitant et par an). « En Ile-de-France, la mise en place de la gratuité totale des transports pour les usagers viserait principalement à réduire drastiquement les nuisances liées à la circulation des automobiles. Or, il apparaît que non seulement l’impact d’une telle mesure sur le trafic automobile serait très faible mais qu’elle risquerait également d’engendrer un report important des modes actifs vers les transports en commun », écrivent-ils.

    A titre d’exemple, ils citent la ville d’Hasselt en Belgique, qui l’a mis en place et a constaté que plus de la moitié des nouveaux utilisateurs des transports publics étaient des cyclistes et des piétons. Pas malin quand les transports publics sont déjà surfréquentés. « De plus, l’impact économique de son financement, difficile à assurer, ne peut être occulté. Aussi, force est de constater que cette politique ne permettrait pas de répondre aux enjeux prégnants de la mobilité francilienne », ajoutent-ils. « Pour les villes ayant mis en œuvre une politique de gratuité totale des transports en commun en réponse aux préoccupations environnementales, le bilan est donc très mitigé dans la mesure où les effets sur le trafic automobile sont faibles voire marginaux alors que dans le même temps, le report modal depuis les modes actifs n’est pas négligeable », concluent-ils.

    Anne Hidalgo explique de son côté, dans une interview à Libération du 9 janvier, qu’elle propose aussi « à l’Etat et à la région de s’engager à nos côtés, en modulant le remboursement du passe Navigo des salariés en fonction de leurs revenus ». Concrètement, poursuit la maire de Paris, « les plus hauts revenus continueraient à bénéficier du remboursement de 50 % de leur carte Navigo par l’entreprise, mais les plus bas revenus bénéficieraient d’un remboursement plus élevé, jusqu’à 100 % remboursés pour les personnes qui ­touchent jusqu’à 1,5 fois le Smic. Une mesure équivalente pourrait être envisagée pour les familles ­monoparentales ».

    Ces mesures pourraient ­figurer, selon elle, dans la future loi d’orientation des mobilités (LOM) et seraient prises en charge par les entreprises. Une proposition qui n’a pas manqué de faire réagir Jean-Louis Schilansky, le président du Medef Paris, qui s’est demandé sur « quelle étude d’impact » la maire de Paris s’appuyait pour réclamer de nouveaux efforts financiers aux entreprises. Et de rappeler que « les entreprises contribuent directement à 41 % du financement des transports en commun en Ile-de-France sans compter leur contribution de plus en plus importante aux infrastructures du Grand Paris Express. Les entreprises sont déjà taxées à hauteur 3 000 euros par salarié et par an pour financer les collectivités territoriales franciliennes et l’autorité organisatrice de transports ».

  • L’Etat prépare la mise en concurrence des Intercités sur Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon

    L’Etat prépare la mise en concurrence des Intercités sur Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon

    Le gouvernement veut donner l’exemple. Le ministère des Transports a en effet annoncé le 9 janvier qu’il préparait la mise en concurrence des Intercités (également appelés trains d’équilibre du territoire, TET) sur Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon. L’État, autorité organisatrice de huit lignes d’aménagement du territoire (dont deux lignes de trains de nuit), publiera dans les prochains jours au Journal officiel de l’Union européenne un avis de pré-information officialisant cette démarche,. Chose faite le 14 janvier. Le ministère des Transports, précise aussi un communiqué qu’au cours de cette procédure, « tous les opérateurs candidats pourront faire valoir leurs atouts et propositions ».

    Les TET sont actuellement exploités par SNCF Mobilités dans le cadre d’une convention signée avec l’État et qui arrive à échéance en 2020. Ils devront être ouverts à la concurrence à partir de décembre 2019, de façon progressive, comme le prévoit le nouveau pacte ferroviaire adopté en juin 2018. L’État a décidé dans un premier temps de n’ouvrir à la concurrence que ces deux lignes car elles viennent de bénéficier d’un renouvellement complet de leurs trains. « S’agissant de toutes les autres lignes TET dont l’État restera autorité organisatrice, elles feront l’objet d’un renouvellement ou d’une modernisation de leur matériel au cours des prochaines années, il ne serait donc pas opportun pour le bon fonctionnement de ces lignes de procéder à leur mise en concurrence durant cette même période », justifie le ministère des Transports.

    « C’était attendu, on va se battre pour gagner », a commenté Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités lors de ses vœux à la presse de la SNCF. Selon lui, « ces deux belles lignes d’aménagement du territoire ne sont pas déficitaires : les recettes commerciales ne sont pas suffisantes pour couvrir les coûts, il y a donc une contribution publique. L’opérateur qui sera sélectionné gagnera de l’argent du fait de cette contribution publique ». Un cadre de la SNCF explique aussi qu’en plus d’un parc renouvelé, « la ligne Nantes – Bordeaux devrait retrouver une vitesse satisfaisante après les travaux de modernisation menés sur une centaine de kilomètres sur la ligne qui obligent à ­limiter la vitesse à 60 km/h ». Tout cela devrait contribuer à améliorer l’exploitation future de ces deux lignes qui assurent le transport annuel de plus d’un million de voyageurs et nécessitent 25 millions d’euros de subventions publiques.

    Ces affirmations sont reçues avec beaucoup de circonspection par des opérateurs alternatifs. Après l’échec de son offre pour l’exploitation des trains du CDG Express, Transdev se montre tout particulièrement prudent. « Nous attendons de voir le cahier des charges que produira l’État. Nous voulons connaître leurs critères de choix, leurs attentes et le niveau de subvention prévu avant de nous décider à y aller », souligne un cadre de Transdev. Pas question, selon lui, de se lancer tête baissée dans la compétition si l’opérateur alternatif n’a pas la garantie qu’elle sera loyale. Surtout que répondre à un appel d’offres coûte cher en argent et en temps. Pour CDG Express, le travail réalisé a nécessité de dépenser plusieurs millions alors que l’État ne rembourserait les frais qu’à hauteur de 200 000euros environ, toujours selon cet interlocuteur.

    L’appel d’offres ne devrait pas intervenir avant les années 2020-2021, avec l’objectif d’un début d’exploitation en 2022. L’État indique encore que les collectivités locales et les associations d’usagers seront associées à la définition du service et que le matériel roulant sera, comme aujourd’hui, mis à disposition par l’État, qui en a assuré le financement en tant qu’autorité organisatrice de ces lignes. M.-H. P.

  • Les cheminots allemands obtiennent 6,1 % d’augmentation de salaire

    Les cheminots allemands obtiennent 6,1 % d’augmentation de salaire

    Après avoir signé en décembre un accord salarial avec le syndicat majoritaire des cheminots, l’EVG (qui représente 160 000 salariés), la Deutsche Bahn a signé un accord équivalent le 4 janvier avec le deuxième syndicat de l’entreprise, celui qui représente principalement le personnel roulant (GDL, représentant quelque 36 000 salariés, dont 19 000 conducteurs) : les deux syndicats ont obtenu une hausse de salaire de 6,1 % en deux temps et sur deux ans (en partie transformable en temps libre) ainsi qu’une prime unique de 1 000 euros. Les heures supplémentaires non volontaires ont été limitées à 80 par an.

    Alors que la DB s’apprête à engager une profonde réforme structurelle, ces accords offrent à la direction une période sans grève jusqu’en 2021. Par ailleurs, si l’augmentation est lourde financièrement (les frais de personnel représentent 45 % des coûts), elle a été jugée incontournable pour rendre plus attrayants les offres d’emploi de la DB, notamment chez les conducteurs. La pénurie de main-d’œuvre devient en effet menaçante pour l’avenir de l’entreprise.

    Christophe Bourdoiseau

  • Des facteurs pour surveiller les petites gares

    Des facteurs pour surveiller les petites gares

    La SNCF a lancé une expérimentation dans les Hauts-de-France pour faire surveiller 19 de ses petites gares par des… postiers.

    Le test, mené depuis octobre et baptisé « Vigie gares halte » d’après un document que s’est procuré l’AFP, prévoit en effet de confier aux facteurs « une mission de surveillance dans des gares haltes sans personnel SNCF ». Selon ce document, « seules les gares haltes placées sur le trajet d’une tournée » de facteur « pourront faire l’objet d’une mission de vigie ». Le facteur ne se rendra « que dans les zones accessibles au public » et devra « vérifier qu’il n’y a pas d’anomalies », se référant à une liste établie. Les « gares haltes » ont « rarement plus de deux quais » et contiennent des équipements « limités au strict nécessaire », précise également le document. Le facteur n’aura donc pas à effectuer de manipulations quelconques, ce soin étant laissé aux agents de l’entreprise ferroviaire.

    « Ce sont des nouveaux services proposés aux facteurs qui ont de moins en moins de courriers à distribuer mais qui continuent à arpenter les rues de France », explique La Poste. De son côté, la SNCF devrait tirer les conclusions de cette expérimentation au cours du premier trimestre. Selon SUD Rail, qui a dévoilé l’information à la fin de l’année dernière et dénonce l’externalisation des emplois, « ce sont près de 2000 gares qui seront éligibles à ce dispositif dans un premier temps ».

  • L’Etat va reprendre la main sur le transfert des personnels ferroviaires

    L’Etat va reprendre la main sur le transfert des personnels ferroviaires

    Il n’y aura pas d’accord avec les syndicats sur les modalités de transfert des personnels dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des services publics de transport ferroviaire. Après six mois de négociations, l’Unsa Ferroviaire a été le seul syndicat à signer à la fin de l’année dernière avec l’UTP un projet d’accord. Cette unique signature est insuffisante pour valider l’accord puisque l’Unsa représente 24 % des salariés, en deçà des 30 % nécessaires à la conclusion d’un accord,

    C’est donc l’Etat qui doit prendre, dans les trois mois, un décret pour « fixer les modalités et critères de désignation des salariés transférés par catégorie d’emploi, les conditions d’appel prioritaire au volontariat, les modalités et délais d’établissement des listes de salariés transférés », en cas de changement d’opérateur de service public de transport ferroviaire, précise l’UTP.

    Une situation regrettable, estime encore l’organisation patronale qui explique avoir proposé, au cours des six mois de négociations, différentes versions intégrant des évolutions importantes et « de nombreuses demandes des organisations syndicales relatives à la promotion et à la priorité donnée au volontariat », comme « la prise en compte, au-delà de ce que prévoyait la loi, des critères sociaux pour la désignation des salariés à transférer, ou encore une large information de chacun des salariés potentiellement concernés par un éventuel transfert à chaque étape de la procédure ».

    Ces derniers temps, l’UTP ne se faisait plus trop d’illusions sur la possibilité de conclure un accord. Car certaines demandes des organisations syndicales revenaient selon l’organisation professionnelle, à « réécrire la loi », ce qui n’était pas envisageable, ajoute-t-elle en invitant désormais le gouvernement « à reprendre, autant que possible, les principes contenus dans le projet d’accord signé le 20 décembre 2018, qui est, pour l’UTP, le meilleur compromis possible ».

    En attendant, les négociations relatives aux classifications et rémunérations continuent, tandis que celles sur les garanties sociales (qui concernent notamment les facilités de circulations, le logement, la protection sociale…) vont s’engager.

    M.-H. P.

  • Occitanie : des aides nouvelles à la mobilité

    Occitanie : des aides nouvelles à la mobilité

    La région Occitanie récompensera les usagers les plus fidèles de ses TER (abonnés annuels) en leur reversant une part des 400 000€ de pénalités dus par la SNCF au titre du non-respect de ses engagements de qualité et de ponctualité. C’est une des décisions annoncées lors de l’adoption, le 20 décembre, de son budget 2019. Elle octroiera aussi aux foyers modestes* une prime de 1000€ pour l’achat de véhicules électriques ou hybrides d’occasion et de 100€ pour l’achat d’un vélo à assistance électrique. Elle lancera aussi une étude en vue de créer une aide à la conversion des véhicules essence au GNV. L’an dernier, la Région avait baissé d’un tiers l’abonnement aux TER pour les moins de 26 ans et développé les billets à 1€ sur tout le territoire.

    CS

    * 1,3 millions de foyers sous le seuil du barème de l’éco-chèque logement, soit 38 500€ de revenus pour un couple avec deux enfants.

  • Le Luxembourg envisage la gratuité des transports publics en 2020

    Le Luxembourg envisage la gratuité des transports publics en 2020

    Le nouveau gouvernement luxembourgeois mis en place le 5 décembre et dirigé par le libéral Xavier Bettel s’est engagé dans le cadre d’un accord de coalition (signé par le parti libéral, le parti socialiste et les Verts) à rendre les transports publics gratuits sur l’ensemble du territoire au cours du premier trimestre 2020.

    La gratuité existe déjà dans le Grand-Duché pour les étudiant et les moins de 20 ans. Plus de 100 millions de passagers ont emprunté les transports publics en 2016 dans ce petit pays prospère qui compte un peu moins de 600 000 habitants. Le ministère des Transports évalue à 491 millions d’euros le coût de fonctionnement des transports publics, tandis que les recettes rapportent 40 millions d’euros annuels.

  • Transdev remporte un contrat de lignes maritimes en Suède

    Transdev remporte un contrat de lignes maritimes en Suède

    L’opérateur français a annoncé le 12 décembre que l’autorité des transports publics du conseil départemental de Stockholm avait attribué à Blidösundsbolaget, une compagnie de navigation acquise par Transdev Suède début 2018, l’exploitation de vedettes maritimes de Waxholmsbolaget dans l’archipel de Stockholm. Ce contrat d’une durée de neuf ans et d’une valeur de 12 millions d’euros annuels débutera en décembre 2019. Il comprend l’exploitation de 15 lignes transportant environ un million de passagers par an.

  • La Cour des Comptes juge préoccupante la situation financière de SNCF Réseau

    La Cour des Comptes juge préoccupante la situation financière de SNCF Réseau

    Malgré les réformes et la reprise d’une partie de sa dette par l’Etat à l’horizon 2022, SNCF Réseau reste dans une situation financière fragile, estime la Cour des comptes dans un rapport publié le 4 décembre. La hausse importante des coûts dus au renouvellement du réseau et de faibles gains de productivité pèsent notamment sur ses comptes, précise la Cour qui rappelle que « SNCF Réseau a eu massivement recours à l’emprunt, provoquant la dérive de sa dette, qui atteignait 46,6 milliards d’euros en 2017 et devrait s’élever à 62,6 milliards d’euros en 2026 ».

    De ce fait, la rénovation du réseau, pourtant priorité de l’entreprise, est menacée car l’Etat « a trop peu accompagné les besoins de financement » nécessaires au programme de renouvellement. Selon la Cour, Réseau ne pourra pas assumer sa mission « sans augmentation de l’aide de l’Etat ».

    Mais les Sages pointent aussi l’insuffisance des gains de productivité et de la qualité de service, estimant que SNCF Réseau « n’a pas pu ou su améliorer sa gestion » ni « trouver les modes d’organisation les plus efficients ».

    Anticipant les conclusions de ce rapport, le PDG de SNCF Réseau Patrick Jeantet avait annoncé il y a quelques mois un projet d’entreprise, baptisé « Nouvel ‘R », visant à industrialiser la gestion du réseau ferré pour poursuivre sa rénovation à moindres frais.